‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 110 sur 363 · DILATATION 1)E L ESTOMAC · texte numérisé non relu

DILATATION 1)E L ESTOMAC

dose plus forte (1 gramme) peut être donné au même titre que les antiseptiques ; il sert à nettoyer l’estomac. Le lavage direct du ventricule est un procédé plus sûr, mais non plus souvent indiqué. On pourra toujours l’essayer et le renouveler, si la sonde ramène des aliments non digérés.

Quelquefois les alcalins réussissent mieux que les acides : ou fera prendre à l’enfant l’eau de Vichy ou de Vais, coupée de lait (50 à 100 grammes par jour).

On combattra la constipation (Voyez ce mot).

On prescrira des frictions quotidiennes sur tout le corps ar^ec le gant de laine, des bains salés ou sulfureux, voire des douches froides, à titre de stimulants généraux de la nutrition.

L’enfant ne sera pas gardé à l’appartement : on le fera sortir, on l’excitera aux jeux de plein air. En été on le conduira à la campagne ou aux eaux de Vais, Vichy, Condillac, Fougues, Plombières, Châtel-Guyon, Royat.

Pour prévenir les accès d 'asthme dyspeptique, on insistera sur le carbonate de magnésie, bon absorbant des gaz intestinaux.

Comme régime alimentaire, on s’appliquera, dans la seconde enfance, à réduire la quantité des boissons; certains enfants boivent beaucoup pendant les repas et en dehors des repas; on leur interdira toute ingestion liquide en dehors des trois ou quatre repas réguliers prescrits suivant Page.

Comme boisson, aux plus jeunes convient le lait ou le képhir, parfois très bien digéré. Aux plus grands (à partir de (i ans), on permettra les boissons fermentées très diluées (la bière coupée d’eau par moitié, le vin blanc étendu de 3/4 ou 4/5 d’eau).

Un grand verre (200 grammes) sera suffisant pour chacun des deux principaux repas.

Les repas seront au nombre de 3 (si l’enfant a dépassé 10 ans), de 4 au-dessous de cet âge. Deux de ces repas, celui du matin (7 ou 8 heures) et celui de l’après-midi (4 heures), seront très légers : une soupe ou potage, épais, un œuf à la coque, une marmelade de fruits avec une faible quantité de pain grillé.

Les deux autres (11 heures et 7 heures) seront plus substantiels. Yoici les aliments permis : pain grillé, biscottes de Bruxelles, en petite quantité; potages épais au pain, aux pâtes, au tapioca, au riz, au sagou, à la semoule ; bouillies de racahout, farine séchée au four, arrow-root ; œufs peu cuits, à la coque, sur le plat, brouillés, pochés, crèmes ; poissons d’eau douce bouillis, merlans, soles ; viandes blanches et noires très tendres, rôties ou braisées ; purées de viande, gelées, cervelles, ris d’agneau, ris de veau ; purées de légumes secs (haricots, pois, lentilles, flageolets) ; légumes verts très cuits, peu de pommes de terre (purée au lait) ; fromages frais ; fruits cuits (compotes et marmelades) : fruits crus bien mûrs (raisins, pêches, bananes, fraises); gâteaux secs, gaufrettes.

Voici les aliments défendus :

Viande de porc, charcuterie, gibiers faisandés, homards etpoissons de mer, coquillages, ragoûts etsauces épicées, fritures, crudités (salade, radis, artichauts), choux, choux-lleurs, navets, oignons, poireaux, ail, cornichons, pâtisseries feuilletées, vin rouge, vin pur, thé, café.

DIPHTÉRIE

La diphtérie (SupTépa, membrane ) est une maladie infectieuse et contagieuse, caractérisée par la présence de fausses membranes blanchâtres sur les muqueuses

DIP 11 T K n IE.

de la gorge ou du larynx, et parfois aussi sur les muqueuses de la bouche, des fosses nasales, des yeux, des organes génitaux externes, et même sur la peau dénuée d’épiderme.

Ces fausses membranes recèlent un microbe spécial, découvert par Klebs, étudié ensuite par Lœ filer, Houx et Yersin, qui est l’agent spécifique de la maladie. Ce microbe a la même longueur que le bacille de la tuberculose, mais il est plus épais; il se/ colore facilement par le violet de méthyle, el se cultive bien dans le sérum de bœuf à 37". On trouve parfois aussi un streptocoque associé au microbe de Klebs et renforçant sa virulence. 11 existe même des angines à fausses membranes, sans bacille de Klebs, ne contenant que le streptocoque et, dans quelques cas plus rares, le pneumocoque, le staphylocoque. La bactériologie seule permet de faire le diagnostic différentiel de ces angines diphtéroides.

L'herpès de la gorge, ou angine couenneuse commune, se distingue de l'angine couenneuse vraie par son début bruyant, par ses points vésiculaires initiaux, parla coexistence d’herpès labial.

L’angine pultacée offre des exsudais crémeux peu adhérents, qui se dissocient facilement dans l’eau.

La membrane diphtérique est tenace, fibrineuse, adhérente; agitée dans l’eau, elle résiste et ne se dissout pas. La scarlatine se complique souvent d’angine couenneuse ; tantôt l’exsudât ne présente que des streptocoques (angine du début), tantôt il contient des bacilles de Lœftler (angine scarlatineuse tardive).

Le muguet de la gorge se distingue de la diphtérie par la présence de spores et de bâtonnets faciles à voir à un faible grossissement.

Dans les cas douteux, l’examen bactériologique s’im-

pose : avec un écouvillon d’ouate hydrophile, on prend un fragment de fausse membrane qu’on essuie sur du papier buvard et qu’on frotte sur des lamelles de verre. On passe ces lamelles à la flamme, on colore au bleu de Lceffler ou au violet de gentiane, on lave à l’eau et on examine avec un objectif à immersion. On voit alors, entre les mailles fibrineuses, de petits amas de bacilles tassés les uns contre les autres et souvent parallèles. Si l’examen est douteux, on ensemence du sérum gélatinisé, qu’on porte à l’étuve (37u), et au bout de 2-i heures on a des colonies caractéristiques.

On constate parfois les bacilles dans le mucus buccal avant l’apparition des fausses membranes.

TRAITEMENT GÉNÉRAL

Quelles que soient la forme et la localisation de la diphtérie , il faut s’occuper de l’état général, tonifier l’enfant par une hygiène et des remèdes appropriés, favoriser l’élimination des poisons.

L’enfant sera placé dans une chambre vaste, aérée, pas trop chauffée (16° à 18°), chargée de vapeurs d’eau. On pratiquera fréquemment la ventilation de cette pièce, en protégeant l’enfant contre le refroidissement. On l’alimentera le plus possible, à l’aide du lait, des bouillons, des potages, du jus de viande, de purées, de crèmes, etc. Si la déglutition est impossible, on donnera des lavements de peptone.

L’alcool, sous forme de vin généreux (Malaga, Bagnol, Xérès) ou d’eau-de-vie, sera donné à la dose quotidienne de 20, 30, 40, 50 grammes, suivant l’âge de l’enfant, dans un julep gommeux, dans l’eau sucrée, ou tout autre véhicule. On pourra ajouter l’extrait de quinquina, à la dose de 2 à trois grammes.

DIPHTERIE.

% Eau de menthe 40 grammes.

Sirop de gomme 40 —

Cognac 20

Extrait de quinquina 2

Une cuillerée à soupe de 2 en 2 heures.

ou bien :

% Infusion de café 12o grammes.

Sirop de gomme 40 —

Extrait mou do quinquina 4

Une cuillerée à soupe de 2 en 2 heures.

Le D1 Trideau (d’Andouillé, Mayenne) a employé le copahu, puis le cubèbe, à l’intérieur, avec un réel suecès1. Le copahu a un goût trop désagréable pour être accepté par les enfants. Au contraire, le poivre cubèbe, fraîchement pulvérise, est d’une administration facile. Yoici quelques formules :

% Poivre cubèbe

Sirop simple

Vin de Malaxa ) ~

12 grammes.

20 grammes.

Pour un enfant de 6 ans, 12 à 20 grammes de cubèbe par 24 heures.

S’il survient de la diarrhée, on ajoute quelques cuillerées à café de sirop diacode (Trideau).

On peut ajouter à cette potion les pilules suivantes (autant de pilules que l’enfant a d’années) :

% Copahu solidifié officinal 30 centigrammes.

Cubèbe 20 • — •

Pour une pilule.

Ces pilules seront émiettées ou mêlées à delà pomme cuite, du raisiné, etc.

1. Traitement de l'angine coucnncuse par les balsamiques, Paris,

On provoque ainsi, assez souvent, un érythème scarlatiniforme qui serait de bon augure.

On peut encore donner le cubèbe en lavement :

% Cubèbe fraîchement pulvérisé. ... 6 grammes.

Décoction de racines de guimauve . 200 —

Pour un lavement qu’on répétera toutes les six heures.

(Trideau.)

C. Paul prescrit quatre cuillerées à café par jour de la poudre suivante délayée dans l’eau :

% Extrait de cubèbe par l’eau, l’alcool

et l’éther 1 partie.

Poudre de sucre 1 —

Poudre de gomme 2 —

Ce saccharure d’extrait de cubèbe serait bien accepté par les enfants.

Voici une formule de J. Bergeron :

% Baume do copahu 1/2 à 2 grammes.

Alcool 10 grammes.

Hydrolat de menthe 100 —

Sirop d’écorces d’oranges 20 —

Par cuillerées à soupe de deux en deux heures.

Sanné prescrit :

% Julep gommeux 120 grammes.

Oléo-résinc de cubèbe 2 —

Par cuillerées de deux en deux heures.

Quelques auteurs, à titre de remède tonique, donnent le percblorure de fer, à la dose de X à XX gouttes par jour dans un peu d’eau sucrée ou de vin de Malaga. Kourtchinsky prescrit :

% Perchlorurc de fer 8 grammes.

Glycérine pure 15 —

Eau 180 —

Uno cuillerée à café d’heure en heure.

Les partisans les plus convaincus du perchlorure de fer sont : J. Simon, Goldschmidt, Watelet.

Lescurc (d’Oran) conseille de laisser tout ouvertes les fenêtres de la chambre, depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher. Quelques médecins, allant plus loin, ont conseillé de sortir les enfants atteints de diphtérie. On peut, sans tomber dans cet excès, favoriser l’hématose et la combustion des toxines par les inhalations d’oxygène. Quand le temps le permettra, les fenêtres de la chambre resteront ouvertes ou ei\(r’ouvertes nuit et jour. Lescure prescrit, outre le lait, le café, le thé, deux potions stimulantes et toniques, dont voici la formule :

% Alcoolature d’eucalyptus 3 à 10 grammes.

Eau gommeuse 90 grammes.

Sirop d’écorces d’oranges 80 —

A prendre par cuillerées dans les 24 heures.

% Alcoolé de noix vomique XX gouttes.

Extrait de quinquina 3 grammes.

Vin de Malaga 200 —

Sirop d'écorces d’oranges 100 —

Trois cuillerées à soupe par jour.

Le brome associé au bromure de potassium a été prescrit par Redenbacher :

% Bromure de potassium 4 grammes.

Brome . . 0 gr. 30.

Sirop simple 30 grammes.

Décoction de guimauve 120 —

Je n’oserais conseiller ce médicament.

La formule suivante de Letzerich est plus rationnelle :

% Benzoate fie soude 3 à 10 grammes.

Eau distillée I ~ ,,,

„ , , fia. . 40 grammes.

Eau de menthe )

Sirop d’oranges 40 —

Par cuillerées à dessert d’heure eu heure.

Gulmann fait prendre toutes les heures une cuillerée à café de la potion suivante :

% Chlorhydrate de pilocarpine 0 gr. 02.

Pepsine 8 grammes.

Acide chlorhydrique XII gouttes.

Eau distillée 80 grammes.

Autre formule :

% Chlorhydrate de pilocarpine 0 gr. 02.

Eau distillée. . 50 grammes.

Vin d’Espagne 50 —

On pourrait aussi faire des injections sous-cutanées avec un centigramme de pilocarpine par gramme d’eau distillée. Mais l’emploi du jaborandi et de son principe actif n’est pas sans inconvénient.

Comme autre traitement général débilitant dont il faut se défier, je signalerai l’usage des mercuriaux : calomel à doses fractionnées dans du lait, pour provoquer la diarrhée; onguent napolitain en frictions sur la gorge et les engorgements ganglionnaires, jusqu’à salivation. On a même fait des injections sous-cutanées de sublimé. Jacobi a conseillé une cuillerée à dessert toutes les heures, dans un peu de lait ou d’eau sucrée, de:

% Liqueur de van Swieten 20 grammes.

Cognac vieux 15 —

Eau distillée 85

En même temps fumigations de calomel.

Le chlorate de potasse à l’intérieur, surtout à fortes doses, n’est pas sans danger chez les enfants, et son efficacité est trop incertaine pour lui conserver la place qu’il avait usurpée.

L’iodure de potassium, à la dose de 2 à \ grammes par jour, a été essayé; son emploi ne s’est pas vulgarisé.

DIPHTERIE.

En résumé, nous ne connaissions pas avant la sérumthérapie de remède spécifique qui, introduit dans l’économie, pût neutraliser le poison de la diphtérie. L'inoculation du microbe de l’érysipèle, faite par un médecin russe, n’a pas trouvé d’adhésions. Nous devons nous borner à soutenir le malade par une bonne hygiène alimentaire, par l’aération, par l'alcool, le quinquina, le café. Le seul médicament qui mérite de survivre est le cubèbe, qu’on continuera à donner suivant les formules de Trideau. Enfin oninsisterafsur les diurétiques; on prescrira par exemple :

% Caféine 0 gr. 50.

Benzoate do soude 2 grammes.

Oxymcl scillitiquc 15

Sirop des cinq racines la —

Décoction de chiendent 100 —

A prendre dans la journée.

Si l’enfant est constipé, on le purgera avec la scammonée (30 centigr. dans du lait). S’il a la diarrhée, on fera l’antisepsie intestinale avec le bétol ou le benzonaphtol (‘2 grammes en 6 doses). Au début, on donnera l’ipéca (I 2 à 1 gr.), qui servira à nettoyer l’estomac des produits déglutis et favorisera l’expulsion des fausses membranes.

Mais il ne faut pas abuser des vomitifs, qui affaiblissent.

Le traitement local a définitivement pris le pas sur le traitement général, et il mérite d’attirer toute notre attention.

TRAITEMENT LOCAL

Si la diphtérie siège à la peau, à la vulve, sur un point superficiel et accessible, le traitement local est des plus simples; quelques badigeonnages de teinture

d’iode suffisent parfois à détruire le foyer morbide. S'il s’agit d’une plaie de vésicatoire un peu étendue, on fera un pansement avec l’iodoforme, le salol, le dermatol, employés largement et maintenus par une bonne couche d’ouate aseptique. Dans les cas rebelles, les attouchements avec le phénol ou le naphtol camphré seront nécessaires.

Si la diphtérie siège dans les fosses nasales, on fera des irrigations avec l’eau phéniquée à 1 p. 100, l’eau chloralée à 1 p. 100, ou l’eau salicylée à 1 p. 1 000, et on les répétera plusieurs fois par jour. Dans l’intervalle des irrigations, on insufflera de l’iodoforme ou du salol.

On peut, au pinceau, toucher la muqueuse avec la pommade suivante :

% Vaseline 20 grammes.

Soufre sublimé 3 —

ou bien :

% Résorcine Glycérine

ou bien :

% Bromol 1 gramme.

Glycérine 23 —

On a conseillé l’introduction de bougies à base d’acide borique et de cocaïne :

% Chlorhydrate de cocaïne 0 gr. 01.

Acide borique 1 gramme.

Gomme arabique pulvérisée. ) ~ n ,n

Amidon 1 aa' •

Glycérine 0 gr. 10.

En même temps, on placera toutes les heures, pendant 5 à 10 minutes, le visage de l’enfant devant un pulvérisateur à vapeur chargé d’eau boriquée.

La conjonctivite diphtérique sera traitée par l’eau

3 grammes.

DIPHTERIE.

de chaux, l'acide lactique dilué, les irrigations antiseptiques.

Les topiques seront aisément portés sur les plaques buccales, et la diphtérie de la bouche est d’un traitement facile.

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