‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 112 sur 363 · TRAITEMENT DE CHOIX · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE CHOIX

Au début, on peut donner un vomitif, ipéca, ou sulfate de cuivre, qu’on ne répétera pas, pour ne pas affaiblir l’enfant. On disposera d'une chambre vaste, bien éclairée, bien aérée, dépouillée de tentures. On cherchera à soutenir l’enfant par une bonne nourriture (lait, crèmes, purées de viande et de légumes), par l’alcool, le quinquina, le café. S'il y a de la constipation, on donnera un purgatif; on fera l’antisepsie intestinale, on donnera des diurétiques, pour neutraliser et éliminer les poisons. La formule suivante peut être employée comme diurétique :

% Diurétine 3 grammes.

Infusion de chiendent. 1 Uü

Sirop des cinq racines 20

S’il y a du collapsus cardiaque, faites des injections de caféine et d'éther. On vaporisera ou on pulvérisera constamment ou presque constamment dans la chambre un üquide chargé d’acide phénique, salicylique ou borique(Yoir plus haut les doses).

Si l’enfant a une albuminurie notable, on repoussera l’usage de l’acide phénique et du sublimé.

On fera de fréquents gargarismes avec une solution salicylée, phéniquée ou boriquée, en faisant pencher en avant la tête de l’enfant, la bouche largement ouverte, et en se servant d'une grande pression (irrigaleur).

Si l’enfant est trop indocile, on remplacera les irrigations par des pulvérisations à bout portant avec l’appareil de Lucas-Championnière (grand modèle). Ces irrigations et pulvérisations seront réitérées toutes les heures ou toutes les deux heures. La nuit, on respectera le repos des malades, à moins que le sommeil ne soit pas calme et profond. Au lieu de toutes les heures ou deux heures, on n’interviendra la nuit que toutes les trois ou quatre heures.

Les badigeonnages ont une importance capitale: on les fera deux, trois, quatre, cinq fois par jour, suivant la gravité du cas et l’énergie du collutoire employé.

On donnera la préférence à la glycérine au sublimé à 1/20 ou 1/30, au phénol sulfot'iciné à 20 p. 100, au phénol camphré, au naphtol camphré ou suif 'oriciné, à l’ acide salicylique. On s’efforcera de détacher les fausses membranes sans violence et d’aseptiser entièrement les surfaces malades. Pour plus de détails, voyez plus haut les formules usitées et le modus faciendi.

Les traitements locaux sur lesquels je viens d'insister n’ont déjà plus qu’un intérêt historique ; la sérumthérapie (voyez ce mot) est venue les mettre à néant pour la plupart.

La prophylaxie de la diphtérie offre une très grande importance pour l'entourage du malade et pour le voisinage. Elle repose sur Y isolement et V antisepsie.

La diphtérie est une maladie contagieuse au premier chef: il faut donc isoler les malades, et ne maintenir auprès d’eux que les personnes indispensables ; tout enfant sera écarté. Les personnes chargées de donner les soins revêtiront des blouses entoile qu’elles poseront en quittant la chambre ; elles se laveront les mains et

DIPHTERIE.

le visage avec une solution de sublimé à 1 p. 1 000, aussitôt qu'elles auront pris contact avec le malade ou les objets souillés par lui. Elles se gargariseront fréquemment avec une solution de sublimé à 1 p. 10 000, d’acide salicylique à 5 pour 1 000, ou de thymol :

% Thymol I gramme.

Alcool à 90» 20 —

Eau distillée 300 —

En un mot, propreté absolue de la peku et des muqueuses accessibles.

On ne mangera pas dans la chambre du malade. Le germe de la maladie étant très vivace et persistant dans les objets pendant des moiset des années, on pratiquera la désinfection de tout ce qui a été contaminé (objets de literie, tentures, etc.). Tout ce qui est transportable sera passé à l’étuve à vapeur sous pression ; les locaux seront désinfectés, lavés, pulvérisés au sublimé (1 pour 1 000) ou à l’acide phénique (5 p. 100). Les voitures qui auront servi au transport des diphtériques seront également désinfectées. Les objets qui servent aux repas de l’enfant seront trempés dans de l’eau bouillante. Les jouets seront brûlés. Les déjections seront reçues dans des vases contenant une solution de sublimé à 1 p. 1 000 ou un lait de chaux.

L’enfant ne sera rendu à la vie commune qu’après avoir pris des bains antiseptiques (2 à 3 grammes de sublimé par bain , s’être rincé et gargarisé maintes foisla bouche et lagorge, etc. Le microbe pouvant persister dans le mucus buccal et nasal pendant plusieurs semaines, l’enfant sera considéré comme suspect pendant un mois après la guérison, au moins. La diphtérie se propage souvent par les convalescents et les cas légers tropnégligés (Bard). Quelquesmédecins voudraient porter la quarantaine à trois mois. 11 faudra onsemen-

cer le mucus de la gorge des convalescents de temps à autre et ne les rendre à la vie commune que quand ils n’auront plus de bacille de Lœffler.

La prophylaxie sociale de la diphtérie implique la déclaration obligatoire de tous les cas. Enfin, on veillera sur les fumiers de ferme et sur les basses-cours. La diphtérie aviaire est peut-être identique à la diphtérie humaine, et l’on a cité des épidémies humaines engendrées par la diphtérie des gallinacés (poules, dindons, pigeons). Quoique la question soit encore à l’étude, on se défiera des oiseaux qui ont la pépie et de leurs déjections.

On pourra, à titre prophylactique, vacciner les enfants en contact avec un diphtérique par le sérum du Dr Roux, en employant une dose moindre que la dose curative (voyez Sérumtiiérapie).

DYSENTERIE

Rare dans notre pays, où elle ne sévit qu’à l’état sporadique, la dysenterie est une maladie infectieuse et contagieuse qui se traduit par une inflammation ulcéreuse du gros intestin, avec selles glaireuses, mucomembraneuses, sanglantes, ténesme rectal et vésical, épreintes ou faux besoins, etc.

Le diagnostic repose surl’existence de ces symptômes et principalement sur la présence de sang pur dans les garde-robes. Je crois inutile de distinguer de la dysenterie sporadique la côlite dysentérifonne, qui lui est analogue et qui comporte le même traitement.

TRAITEMENT

L’enfant sera mis à la diète lactée rigoureuse; on supprimera les aliments solides, les fruits qui ont pu

DYSENTERIE

être l’origine de la maladie. Quand l’enfant ira mieux, on préviendra les écarts de régime, on ajoutera au lait les œufs, les potages, et plus tard les viandes blanches, la viande crue. On prescrira des bains tièdes quotidiens avec l'amidon, le son ou le tilleul, les cataplasmes de farine de lin laudanisés.

Si les symptômes sont graves, on aura recours à l’ipéca, suivant la méthode brésilienne j

% Ipéca 2 grammes.

Eau bouillante 120 —

Passez et ajoutez : Sirop de polygala. 30 —

par cuillerées à soupe, de deux en deux heures, chez un enfant de 5 à 10 ans.

Le calomel sera donné en une seule dose (30 centigrammes) ou à doses fractionnées (0 centigrammes toutes les deux heures). On peut, après trois ou quatre jours de la potion précédente, terminer par le calomel*

Pour calmer les douleurs et le ténesme, on donne, soit un lavement avec deux à cinq gouttes de laudanum suivant l’àge (3 à 10 ans), soit une potion contenant le sirop diacode ou l’extrait thébaïque :

Eau distillée 60 grammes.

Sirop de fleurs d’oranger 20

Sirop diacodc 10 —

On peut associer l’ipéca à l’opium, sous forme de poudre de Dower (10 à 1o centigrammes en trois doses dans la journée). On peut aussi ajouter le calomel:

% Poudre d'ipéca 0 gr. 10.

— de calomel 0 gr. 11).

Extrait thébaïque 0 gr. 01.

Faire cinq doses; une toutes les deux heures dans un peu de la.il.

Les lavements astringents sont très employés :

% Cachou 8 grammes.

Extrait de feuilles de noyer 2 —

Extrait de bois de campêchc .... 3 —

Eau 200 —

Pour un lavement.

(Jules Simon.)

% Mucilage de coings 250 grammes.

Sous-nitrate de bismuth • ) ~

Salicylate de bismuth. . . j aa'

Lavement employé par L. Revilliod à dose double chez l’adulte.

Le ratanhia (2 grammes), le tannin (1 gramme) sont fréquemment donnés en lavement.

L’azotate d’argent est un bon modificateur de la muqueuse du gros intestin, qu’on emploiera surtout dans les formes chroniques:

% Nitrate d’argent 0 gr. 10.

Eau distillée 100 grammes.

Pour un lavement.

L’iode peut aussi rendre des services :

% Iode 0 gr. 30.

lodure de potassium 1 gramme.

Eau distillée 100 —

Pour un lavement.

Comme lavements antiseptiques, on a conseillé l’eau boriquée à 2 ou 3 p. 100, le sublimé à 1 p. 5 000.

% Sublimé corrosif 0 gr. 05.

Sel marin 2 grammes.

Eau distillée 250 —

L'acide phénique est trop dangereux chez 1 enfant, on ne l’emploiera pas. Mais on peut avoir recours a l’eau naphtolée saturée, ou à la naphtaline.

DYSENTERIE

2£ Naphtaline 1 gramme.

Huile d’olive 30 —

Pour un lavement qui devra être conservé.

La naphtaline se prescrit aussi en suppositoire :

% Naphtaline 0 gr. 20.

Beurre de cacao 3 grammes.

Pour un suppositoire.

Un médecin américain dit s’être biemlrouvé de petits suppositoires faits avec la glace.

En même temps on fera l’antisepsie intestinale avec le naphtol granulé (2 grammes, cinq ou six fois par jour) ou avec le benzo-naphtol :

% Benzo-naphtol ) „„

,, . • au. . . 0 gr. 20.

Magnésie (

Sis de ces paquets par jour dans un peu de lait sucré.

Si l’enfant est affaibli, on donnera un peu d’alcool et de quinquina :

% Julep gommeux 100 grammes.

Cognac 20 —

Extrait mou de quinquina 2 —

3 cuillerées à soupe par jour.

Enfin, dans les formes chroniques de côUtcs dysentériformes, glaireuses, muco-membraneuses, les eaux de Plombières sont formellement indiquées.

On désinfectera les selles des malades, en les recevant dans un vase contenant une solution de chlorure de zinc ou de sulfate de cuivre à 5 p. 100, de sublimé à 1 p. 1 000. On isolera les petits malades. Les linges souillés seront lavés au sublimé ou passés à l’étuve à

vapeur. On agira, en un mot, comme s’il était question d’une maladie infectieuse.

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