‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 118 sur 363 · E AUX MIN K R A L E S · texte numérisé non relu

E AUX MIN K R A L E S

EAUX Al INÉRALES

Les eaux minérales naturelles, dont l'a France offre une gamme si riche et si variée, sont d'un usage fréquent en médecine infantile. Parmi les plus employées, il faut citer les chlorurées sodiques froides (type Saliesde-Béarn ou chaudes (type Bourbonne), les sulfureuses froides type Challes) ou chaudes (type Ludion), les chlorurées sulfurées (type Uriage), les arsenicales (la Bourboule, Mont-Dore), les bicarbonatées sodiques (Vichy, Royat, Saint-Nectaire), les ferrugineuses (Forgesles-Eaux, Bussang, etc.).

A quel âge les enfants peuvent-ils profiter d'une cure thermale ? S’ils sont rachitiques, ils peuvent, dès le premier âge, à LS mois, à 2 ans, être envoyés aux eaux chlorurées sodiques fortes. En dehors de cette circonstance, il est rare qu’un enfant soit déplacé avant 3 ou •i ans.

Il n’est pas prudent, sauf les cas d’urgence, d’exposer les enfants trop jeunes aux fatigues d’un long voyage, à la réaction parfois vive et à l’excitation de certaines eaux sulfureuses, dont je parlerai ultérieurement. Quand on sera consulté sur le choix d’une station, on tiendra compte, non seulement delà maladie qui fournit l’indication principale, mais de l’âge, du tempérament, de l’excitabilité plus ou moins grande du sujet. Un enfant trop jeune, trop nerveux, trop excitable, ne sera pas envoyé aux Eaux-Bonnes, par exemple, ou aux eaux similaires, dont faction pourrait lui être nuisible.

On le dirigera de préférence sur le Mont-Dore.

Par contre, s’il estunpeuâgé, s’il a atteint ou dépassé l'âge de 10 ans, s’il est mou, lymphatique, s’il ne réagit pas, on l’enverra aux Eaux-Bonnes quand l’indication se présentera. M. Jules Simon a insisté avec raison sur ces faits ; cependant il ne faut rien exagérer, il y a là une question de mesure et d’application, et les médecins des eaux sulfureuses des Pyrénées déclarent à l’envi qu’ils peuvent traiter, sans danger, les enfants déclarés trop jeunes (4 à 5 ans), en proportionnant les doses à l'àge des sujets.

Les eaux minérales sont indiquées d’une façon générale dans toutes les maladies chroniques que l'hygiène et les moyens pharmaceutiques ne peuvent guérir ; on verra plus loin que la üste de ces maladies est longue. Quand on enverra un enfant aux eaux, on s’assurera qu'il ne présente pas une poussée aiguë, une exacerbation de sa maladie chronique. Par exemple, un tuberculeux atteint de fièvre, de congestion, d'hémoptysie, ne devra partir qu 'après l'apaisement de ses symptômes ; un eczémateux dont la dermite présentera quelque acuité attendra la sédation de cette poussée avant de se mettre en route. Les eaux minérales employées à contre-temps aggraveraient la situation des malades. Les contre-indications générales sont : les maladies fébriles, le rhumatisme aigu, les maladies organiques du cœur ou d’autres viscères (sclérose du foie, cancer, ramollissement, hémorrhagie du cerveau).

Pour ce qui est des maladies organiques du cœur, l’ostracisme n’est pas unanime. Le Dr de Bosia déclare que les eaux de Bourbon-Lancv peuvent soulager et même guérir des lésions valvulaires.

L’emploi des eaux minérales à domicile est très restreint chez les enfants ; cependant on prescrit assez

EAUX MINERALES.

souvent, même chez les nourrissons, les eaux alcalines en petite quantité, pour faciliter la digestion. Plus tard, on donne assez facilement les eaux ferrugineuses, sulfureuses, arsenicales, pour combattre les états morbides auxquels s’adressent ces eaux. Mais le traitement bvdro-minéral à domicile est bien inférieur à celui de la station même ; il ne saurait lui être comparé, et il ne peut servir que d’adjuvant, d'auxiliaire, (d’appoint.

Le problème des eaux minérales se pose ainsi : Étant donné une maladie ou même un malade qui doit bénéficier d'une cure thermale, à quelle station fauL-il l'adresser?

Pour répondre à cette question, il faut étudier avec soin la maladie et le malade, et la chnique seule peut fournir la solution. Ce que je vais dire ne doit être considéré que comme un aperçu, un guide très général, destiné à montrer au praticien les grandes lignes, en lui laissant le soin de prononcer en dernier ressort.

Je procéderai par maladies et par appareils, pour mettre un peu d’ordre dans le sujet.

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