‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 145 sur 363 · ÉRYTHÈME INDURÉ DES JEUNES FILLES · texte numérisé non relu

ÉRYTHÈME INDURÉ DES JEUNES FILLES

Les jeunes filles strumeuscs qui restent longtemps debout, les blanchisseuses par exemple, offrent quelquefois au niveau des mollets des plaques rouges, diffuses, dures, que Bazin a décrites sous le nom d érythème induré. Ces plaques diffèrent de l’érythème noueux par leur diffusion, leur durée très longue, leur siège. Elles rappellent quelquefois les gommes scrofulotuberculeuses, et j’ai vu un cas où la confusion fut faite:

I érythème induré aboutit alors à la suppuration et a la formation d’ulcères arrondis, cratériformes.

TRAITEMENT

Localement, on fera la compression ouatée, élastique des jambes malades. On conseillera le repos horizontal jambe étendue sur une chaise ou sur un ht); les stations debout prolongées seront interdites. On peut essayer aussi le massage, les douches chaudes, sulfureuses.

Comme traitement général, on insistera sur l’usage prolongé de l’huile de foie de morue ou des sirops iodo-tannique et antiscorbutique, etc.

ÉRYTHÈMES I NFANTI LES

Les enfants du premier âge sont très sujets à toutes les variétés d’érythème. Ce sont surtout les nourrissons mal nourris (biberon, alimentation prématurée) qui sont exposés à l’érythème; cependant on -voit des enfants bien portants, de belle apparence, présenter de l’érythème des fesses, des parties génitales, des plis cruraux et inguinaux. Je distinguerai quatre variétés principales d’érythème :

1° Erythème simple et intertrigo, caractérisé par de la rougeur intense des téguments, au niveau des fesses, des cuisses, des plis inguinaux, cruraux, du creux poplité, et accessoirement du cou, du tronc, etc. Cet érythème n’a généralement pas de gravité, à moins qu’il ne soit compliqué d’autres lésions.

2° Érythème populeux posl-érosif et syphiloide , bien décrit par Sevestre et Jacquet, caractérisé par des vésicules qui se rompent, et laissent à leur place de petites papules saillantes, simulant la syphiüs lenticulaire.

3° Erythème desquamatif , scarlatiniforme, occupant le même siège que les précédents, et s’accompagnant de

ÉRYTHÈMES INFANTILES.

3(Ja

desquamalion étendue de la peau, par larges plaques; il semble que les fesses aient été revêtues de collodion.

i° É rythme vacciniforme (intertrigo vacciniforme de Besnier, vaccino-syphiloïde de Fournier, herpès vacciniforme, érythème papuleux vacciniforme, dermatite vacciniforme d’Hallopeau). Celte variété trompeuse occupe le&mlis cruraux et ano-génitaux et se distingue de la syphilis par l’évolution rapide, l'absence de spécificité, la guérison par des moyens simples.

Toutes ces variétés d’érythème, quand elles sont négligées, quand elles atteignent des enfants chétifs, athrepsiés, mal nourris, peuvent se compliquer d’ulcérations, d’ecthyma, d’eschares môme, et laisser à leur suite des cicatrices fessières et sacrées indélébiles qu’il ne faudrait pas prendre pour des stigmates syphilitiques.

Le traitement de tous ces érythèmes est le môme, quelle que soit la variété à laquelle on ait affaire.

TRAITEMENT

Traitement général. — Le traitement général ou indirect vise la cause présumée de l’érythème, la mauvaise alimentation, les troubles digestifs (diarrhée ou constipation), etc. L'allaitement naturel bien réglé, par une nourrice bonne et convenant à l’enfant, est à la fois le meilleur traitement et le meilleur préservatif de l’érythème. Si l’enfant au sein a de l’érythème, on cherchera s’il ne tette fias trop souvent ou trop longtemps, si la nourrice n’a pas un lait trop vieux ou trop caséeux, si elle ne fait pas abus des spiritueux, des épices, etc., et on remédiera à tous ces desiderata.

Si l’enfant est au biberon, on recommandera la propreté absolue et le nettoyage asopl ique de cet ustensile, l’usage du la’t bouilli ou stérilisé coupé d’eau sté-

riliséc en proportions convenables, au besoin additionné d’eau de chaux ou d’eau de Vais. S’il y a de la diarrhée, de la constipation (voyez ces mots), on traitera ces états morbides, qui souvent sont en cause.

Traitement local. — L’enfant devra être tenu très proprement, changé chaque fois qu’il sera souillé par les urines ou les matières fécales, lavé à l’eau tiède, à la décoction de feuilles de noyer, à l’eau boriquée, puis poudré largement avec le talc, le lycopode, l’oxyde de zinc, etc. On n’abusera pas des lavages, et surtout on procédera avec douceur, pour ne pas irriter la peau. Les bains de son, d’amidon, de feuilles de noyer, de sublimé (1 gramme par bain), seront employés avec discrétion. On insistera surtout sur les poudres absorbantes et antiseptiques; l’enfant sera poudré, après chaque lavage, avec :

% Poudre d’amidon 100 grammes.

Craie préparée 40 —

Alun 5 —

Acide borique 5 —

ou bien avec :

23 grammes.

XX gouttes.

% Magnésie calcinée . . .

Talc

Acide salicylique . . . .

— borique

Essence do lavande. . .

S’il y a des ulcérations, du suintement, on poudrera avec le salol, le bétol, le dermatol , au besoin l’iodoforme, dont la valeur (antiseptique est supérieure à celle des poudres ordinaires.

Dans le cas d’intertrigo, on isolera les parties malades, non seulement avec de la poudre, mais aussi avec de petits bourdonnets de colon hydrophile. Dans

ÉRYTHÈME NOUEUX.

quelques cas, il y aura avantage cà enduire les parties malades avec une pommade :

% Vaseline 30 grammes.

Salol, oxyde de zinc ou acide borique. 3 —

L’intcrtrigo du cou, chez les enfants gras, peut se prévenir par le port de ces colliers d’ambres, si populaires, quPîhïi pêche ni les contacts réciproques de la peau.

ÉRYTHÈME NOUEUX

L’érythème noueux ou dermatite contusi forme estune maladie infectieuse, fébrile, non contagieuse ou peu contagieuse, caractérisée par la présence, sur le devant des jambes, des cuisses, et parfois aussi sur les avantbras et les bras, de nodosités dermiques ou sous-dermiques, avec coloration rouge violacée, vineuse, des téguments. Ces nodosités érythémateuses, variables de nombre et de volume, sont très douloureuses à la pression ; il existe aussi quelquefois des douleurs spontanées, articulaires ou abarticulaires, qui ont pu donner le change et faire considérer l’érythème noueux comme une éruption rhumatismale. Peu à peu les nodosités se ramollissent, se diffusent; la coloration vive des premiers jours s’atténue, et présente toutes les dégradations des ecchymoses, de sorte que l’enfant semble avoir reçu des coups, des contusions {dermatite contusi forme). En môme temps existent des symptômes généraux plus ou moins accusés : fièvre, embarras gastrique, anorexie, courbature, anémie. Des complications viscérales (pleurésie, endocardite) ont été observées chez l’adulte; chez l’enfant, l’érythème noueux m’a toujours paru bénin.

Les dermatologistes de l’école de Vienne font rentrer l’érythème noueux dans Y dry thème polymorphe de llebra .

TRAITEMENT

L’enfant sera gardé à la chambre et même au lit ; les parties malades seront enduites de baume tranquille et recouvertes d’ouate. Si la langue est saburrale, on donnera un purgatif (huile de ricin 15 grammes, scammonée 50 centigrammes). Si la fièvre est notable, on prescrira la quinine (30 à 50 centigrammes par jour). On combattra la faiblesse et l’anémie consécutives à l’érythème noueux par le sirop d’iodure de fer, l’huile de foie de morue, l’extrait de quinquina granulé (quinium granulé), les bains salés ou sulfureux.

ÉRYTHÈME PERNIO (Voyez Engelures)

EXCITABI LITE NERVEUSE

Certains enfants, à hérédité névropathique plus ou moins chargée, manifestent une agitation, une mobilité, une inconstance, qui causent des inquiétudes à l’entourage et font craindre l’évolution de l’hystérie, de l’épilepsie, de la méningite, etc. Cette hyperexcitabilité nerveuse, ce nervosisme des enfants, que M. Jules Simon appelle encore irritai ion cérébrale, exige une hygiène et un traitement sédatifs.

TRAITEMENT

Les enfants seront soustraits à toute excitation extérieure : pas de veilles, pas de soirées, pas de théâtre, pas de réunions nombreuses. On les couchera de bonne heure. On veillera à la liberté du ventre par quelques lavements ou remèdes laxatifs. On pourra donner le soir une pilule avec :

% Podophyllin 0 >rr. 02.

Extrait de belladone. . . ) ~ „ ...

Poudre de belladone. . . j '

EXCITABILITÉ NERVEI’SE.

On donnera des bains tièdes quotidiens et assez prolongés si les sujets s’en trouvent bien. On pourra même essayer la douche tiède et froide. On évitera les bains de mer et le séjour excitant des plages : la campagne, la montagne sont préférables (Bagnères-de-Bigorre).

Les repas seront réguliers et sobres ; pas de vin pur, pas de liqueurs, pas de café ni de thé.

S’il y a de)l'insomnie, on prescrira le soir :

% Uréthano 0 gr. 60 à l gi\

Sirop de fleurs d’oranger 30 —

ou bien :

% Eschscholtzia 2 grammes.

Eau de menthe 30 —

Sirop 30 —

A prendre le soir, en deux ou trois fois.

Pour calmer l’agitation diurne, on donnera deux à quatre cuillerées à café de la potion suivante:

% Eau chloroformée 40 grammes.

Eau de fleurs d’oranger 10 —

Eau de tilleul SO —

Bromure de potassium. . j

Bromure de sodium. . . / na . . . 1 — -

Bromure d’ammonium. . '

Sirop de chloral 10 —

Sirop de codéine 20 —

ou bien :

% Bromure de potassium 5 grammes.

Sirop d’écorces d’oranges amères. . 100 —

Une cuillerée à dessert matin et soir.

ou simplement :

% Bromure de nickel 10 grammes.

Glycérine 15

Sucre 25 —

Eau 120 —

Une cuillerée à café matin et soir.

Dans les cas rebelles et prolongés, on essaiera d'une cure à Néris ou Bagnères-de-Bigorre.

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