‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 15 sur 363 · ALLAITEMENT NATUREL · texte numérisé non relu

ALLAITEMENT NATUREL

L'allaitement naturel par lanière ou par une nourrice commence dès le premier jour de la naissance ; l’enfant peut être mis au sein quelques heures après l'accouchement, mais il peut très bien attendre une demijournée, une journée même, sans danger, et je blâme absolument l’habitude si répandue de lui faire prendre, en attendant la nourrice, du lait de vache ou de l’eau sucrée. De même il faut s’abstenir, pour faciliter l’expulsion du méconium, de donner le sirop de chicorée, purgatif dont on abuse généralement. Si le méconium n’est pas rendu dans les 24 ou 3tî premières heures, l’introduction d’un petit suppositoire au beurre de cacao ou d’une sonde molle enduite de glycérine suffira. Le premier jour, l’enfant ne prend, au sein, en huit ou dix fois, que 25 â 30 grammes de colostrum. Le second jour, il absorbe 100 à 150 grammes, et les jours suivants 100 à 500 grammes (40 à 50 grammes par tétée). <iu s’en assure en pesant l’enfant avant et après la tétée.

Dans le premier mois, la quantité moyenne de lait s’élève par jour a 000 grammes, à 700 grammes les mois suivants, à <S00 ou 900 grammes à partir de cinq mois.

Le nombre des tétées doit être ramené à 7 ou s par 21 heures (fi de jour, I ou 2 de nuit); un intervalle de

2 heures à 2 heures et demie doit séparer les tétées du jour. La tétée dure, suivant les cas (abondance du lait, force de l’enfant), de cinq à quinze minutes ; si elle se prolonge au delà, et si l’enfant vomit, on la fera plus courte (dix minutes en moyenne).

Quand l’enfant -est nourri par une nourrice mercenaire, il prend, les premiers jours, plus de lait qu’il n’en aurait pris s’il avait tété le sein maternel ; car la poussée, la montée du lait ne se fait pas avant le troisième jour. Au lieu de 25 à 30 grammes de mauvais lait (colostrum), il absorbe plusieurs centaines de grammes d’un lait trop riche qui ne lui convient pas encore. 11 peut en résulter des vomissements, de la diarrhée, des éruptions eczémateuses ; on y remédiera en réduisant le nombre et la durée des tétées et en faisant prendre à l’enfant, après chaque tétée, quelques gouttes d'eau alcaline (Vichy, Vais).

Si la mère ou la nourrice, quoique abondamment pourvues de lait, ont un nourrisson qui ne prospère pas (la balance le prouve), il faut faire analyser le lait, A’oir s’il contient trop ou trop peu de caséine, trop ou trop peu de beurre et de sucre, afin d’agir en conséquence (changement de régime, changement de nourrice). Avant de changer la nourrice, on essayera de modilier la qualité du lait par un régime approprié.

Une nourriture trop annualisée, trop riche en albuminoïdes (viandes) rend le lait trop gras et moins sucré ; il faut conseiller un régime mixte, des ragoûts, des soupes, de lentilles, haricots, des légumes farineux ; les boissons trop alcoolisées seront interdites (alcool, Arin pur) ; on donnera l’eau rougie, la bière, le cidre, suivant l’origine et les goûts de la nourrice. Un écartera les aliments ou les condiments de haut goût, les oignons, l’ail, les asperges, choux, salades, qui pourraient mo-

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