FIÈVRE GANGLIONNAIRE
avec participation de leur atmosphère celluleuse ; la pression, qui est douloureuse, fait sentir deux ou trois noisettes dures et peu mobiles ; il n’y a rien dans la gorge, rien à la peau. Au bout de 3 à 4 jours, la fièvre tombe, et ensuite le gonflement se résout rapidement.
Le début soudain, la fièvre, le gonflement rapide, la résolution constante distinguent la fièvre ganglionnaire des adénopathies symptomatiques d’angine ou de lésion cutanée.
11 y a bien une infection, probablement streptococcique, mais la porte d’entrée nous échappe. De plus, l’infection est atténuée, car je n’ai presque jamais vu la fièvre ganglionnaire aboutir à la suppuration.
TRAITEMENT
On fera des onctions sur la partie malade avec le Uniment suivant :
% Baume tranquille Chloroforme. . .
Laudanum. . . .
ou avec la pommade ioduréc :
% Vaseline
Induré de potassium
On entourera le tout d’une épaisse couche d’ouate.
L’enfant prendra le sein, ou, s’il ue peut ouvrir la bouche, on le nourrira a la cuiller.
En même temps on attaquera la fièvre par la quinine, en suppositoire de préférence:
% Chlorhydrate de quinine 0 gr. 15.
Beurre fie cacao 2 grammes.
S’il y a de l’insomnie et de l’agitation, on ajoutera 5 centigrammes de chloral à ce suppositoire.
20 grammes.
20 grammes.
L’enfant gardera la chambre jusqu’à la résolution complète ; si celle-ci se fait attendre, on l’activera par des badigeonnages de teinture d’iode.
FIÈVRE HERPÉTIQUE
(Voyez Fièvre éphémère)
FIÈVRE INTERIM ITTENTE
(Voyez Paludisme)
FIÈVRE TYPHOÏDE
La fièvre typhoïde est une maladie infectieuse (microbe d’Eberth), peu contagieuse, mais cependant transmissible par les déjections des malades. Il faut surtout se défier des eaux potables qui ont pu être contaminées par les typhiques. Les enfants au sein ne sont pas exposés à contracter la maladie ; s’ils sont nourris au biberon, ils peuvent recevoir le germe de la fièvre typhoïde avec le lait, quand il n’est pas bouilli ou stérilisé : il suffit que les récipients aient été lavés avec de l’eau impure ou que le lait été coupé avec cette eau.
La lièvre typhoïde se caractérise par la céphalalgie, l’insomnie, les épistaxis, la diarrhée, l’anorexie, et surtout les taches rosées (8e au 10e jour).
L’enfant est abattu. La diarrhée est moins commune chez les jeunes sujets que chez les adultes; de même l’épistaxis. D’ailleurs tous les symptômes sont généralement atténués dans l’enfance. Mais les symptômes nerveux, hyperesthésie cutanée et oculaire, raideur de
FIÈVRE TYPHOÏDE
la nuque et du dos, convulsions, s’observent assez souvent chez les enfants.
Le diagnostic est parfois très difficile avant l'apparition des taches rosées ou en leur absence. L’embarras gastrique fébrile, la grippe, la pérityphlite, la méningite tuberculeuse, la pneumonie centrale, l’ostéomyélite aiguë (typhus des membres), la phtisie aiguë (typhobacillose), la méningite cérébro-spinale, peuvent donner le change. On s’attachera surtout à la présence ou à l’absence des taches rosées, aux commémoratifs, à la coexistence d’autres cas dans le même milieu, etc. Parfois l’examen bactériologique des matières fécales ou du sang de la rate lèvera les doutes.
TRAITEMENT
Quand la fièvre typhoïde est légère, il n’y a pas lieu d’instituer une médication bien active : on veillera à la propreté du malade, en le changeant de ht, en le lotionnant fréquemment s’il n’est pas soumis aux bains froids. L'emploi de ceux-ci peut être systématisé chez les enfants, comme chez les adultes, quand ils ont dépassé 5 ou 6 ans. On donnera, sinon 8 bains en 24 heures, au moins 3 ou 4 bains à 25°; on pourra même, dans les cas graves, hyperthermiques et ataxoadynamiques, donner des bains à 20°, toutes les trois heures, pendant 10 à 15 minutes, quand les enfants ont atteint l’âge de 8 ou 10 ans, quand ils réagissent bien, quand ils se réchauffent après le bain.
Dans tous les cas, on donnera des boissons abondantes : tisane vineuse ou limonade, lait, bouillon léger; si le lait n’est pas digéré, on s’adressera au koumys ou au képhir.
La chambre de l’enfant devra être vaste, aérée, souvent ventilée, pas trop chaude (17° à 18").
S’il y a de la constipation, on donnera un léger purgatif :
% Sulfate de soude 10 grammes.
Eau 100 —
Sirop de limons 30 —
On prescrira un grand lavement d’eau froide matin et soir.
La fièvre élevée indique l’usage du sulfate de quinine, qu’on prescrira à la dose quotidienne de 20, 30, 50 centigrammes, suivant l’âge des enfants. On donnera ce médicament par la bouche, dans un peu de 'café très sucré, ou de jus de réglisse. Si l’enfant refuse d'avaler, on mettra la quinine dans un suppositoire :
Sulfate ou bromhydrate de quinine . 0 gr. 20 à 50.
Peur un suppositoire qu’on introduira chaque soir.
Demme conseillait, comme antithermique, le sulfate de thalline (1 centigramme de 3 à 4 ans, 2 de 5 à 10 ans, 3 à 3 de 11 à 1 5 ans) :
% Sulfate de thalline 0 gr. 10.
Julcp gommeux 100 grammes.
Une à quatre cuillerées à dessert, suivant l’àge.
On donnera peu d’alcool ; la potion deTodd convient surtout aux adultes ; aux enfants on se contentera de donner un peu de vin sucré, de malaga coupé d'eau.
S’il y a beaucoup d’agitation, J. Simon conseille la potion suivante :
% Hydrate de chloral 0 gr. 50. *
Teinture de musc XX gouttes.
Eau de tilleul 80 grammes.
Sirop de fleurs d’oranger 20 —
S’il y a de la céphalalgie, il donne un peu de sirop de codéine (10, 15 à 20 grammes).
FIÈVRE TYPHOÏDE
Si le pouls faiblit, s’il y a des menaces de collapsus, on fera des injections de caféine, d’éther sulfurique, de sulfate de spartéine :
% Caféine 2 gr. 50.
Benzoate do soude 3 grammes.
Eau distillée q. s. pour 10 cent, cubes.
Une demi-seringue de Pravaz deux fois par jour.
% Sulfate de spartéine 0 gr. 20.
Eau distillée 10 grammes.
Une à deux seringues de Pravaz.
(Jn donnera, à défaut d’injections, la digitale sous forme de sirop (o à 10 grammes) teinture (Y à X gouttes), infusion (5 à 10 centigrammes de poudre de feuilles . Dans tous les cas, on insistera sur l’antisepsie intestinale :
% Benzo-naphtol 1 gr. 50.
Julcp gommeux 80 grammes.
Une cuillerée à dessert toutes les deux heures, après avoir agité la
bouteille.
S’il survient une complication bronchitique ou broncho-pneumonique, on appliquera des ventouses sèches, on fera respirer de l’oxygène, et on suspendra l’usage des bains froids.
S’il y a hémorrhagie intestinale, on cessera également les bains froids, on appliquera une vessie de glace sur le ventre, on donnera un lavement avec II à V gouttes de laudanum, de la limonade sulfurique, du per chlorure de fer (X à XX gouttes dans un peu d’eau sucrée), du bouillon, du lait glacé pour tout aliment.
L’alimentation liquide devra d’ailleurs être continuée longtemps après la guérison.
Pour combattre l’anémie de convalescence et la faiblesse qui résulte parfois de la lièvre typhoïde et d’une
poussée de croissance, on enverra les enfants à la campagne ou aux eaux d’Auvergne reconstituantes, comme la Bourboule, Royat, Saint-Nectaire.
On veillera sur l’alimentation des enfants ; on ne leur donnera que de l’eau bien fdtrée ou même bouillie (en temps d’épidémie); le lait sera toujours stérilisé par la chaleur. Dans les hôpitaux, dans les familles même, si cela est possible, on isolera les malades et on empêchera toute communication entre eux et les enfants indemnes.
Les déjections seront désinfectées delà manière suivante : le vase sur lequel ira l’enfant contiendra une solution de sublimé à 1 p. 1 000, ou phéniquée à 5 p. 100, ou un lait de chaux, ou une solution de chlorure de zinc ou de sulfate de cuivre à 5 p. 100. Les linges souillés par les enfants seront trempés dans l’eau bouillante ou le sublimé à 1 p. 1 000, avant d’aller au blanchissage. Les personnes de l’entourage veilleront à la propreté de leurs mains et de leurs vêtements qui pourraient être souillés parle malade : ils passeront une blouse par-dessus leurs habits, et se laveront les mains au sublimé à 1 p. 1 000, après chaque contact.