KYSTES HYDATIQUES DU FOIE
pas rares, même chez les enfants, et leur traitement a une réelle importance. Le diagnostic est assez facile quand le kyste siège à la face convexe du foie et se développe vers la paroi abdominale antérieure, où il forme alors une tumeur arrondie, rénitente ou fluctuante, accessible à la ponction exploratrice. Si le kyste se porte vers le diaphragme ou vers la colonne vertébrale, il est très souvent méconnu. Quant on fait une ponction dans un kyste hydatique, on retire un liquide clair, limpide comme de l’eau de roche, et contenant souvent des crochets. Gela suffit pour le diagnostic : il ne faut pas compter sur le frémissement hydatique.
Le traitement médical par l’iode ou l’iodure de potassium est illusoire : il faut attaquer directement la tumeur. L’enfant étant couché et maintenu ensuite au lit pendant plusieurs jours, on fait une ponction aspiratrice après avoir lavé la peau (sublimé à 1 p. 1000), l’instrument et les mains de l’opérateur. Quand on a vidé la poche, on injecte au plus 10, 15 ou 20 grammes de liqueur de Van Swieten, et on l’abandonne dans la poche.
On pourrait injecter une quantité plus grande, mais il faudrait la retirer, ce qui n’est pas toujours possible, et l’intoxication serait imminente.
On peut aussi, sans vider la poche, retirer seulement I ou 2 grammes de liquide et les remplacer par la même quantité de liqueur de Van Swieten.
Pavy conseille d’introduire le liquide suivant qui tuerait les hydatides :
% Eau distillée 24 "grammes.
Extrait mou de fougère mille. 1 ~ q Liqueur île potasse j ' ’
La ponction simple a aussi donné des succès. Après l’opération, on fera une compression soignée de l’abdomen avec ouate et bandage de corps et on prescrira le repos absolu. L’urticaire, malgré toutes les précautions, peut succéder à l'opération.
Si le kyste est suppuré, on peut agir de deux façons : par la ponction évacuatrice suivie d’injections de sublimé à 1 p. 1000, de sulfate de cuivre à 1 p. 100, d'eau naphtolée saturée. Quand on injectera le sublimé, on aura soin de le retirer et de faire une injection supplémentaire d’eau salée ou alcoolisée.
Tous ces procédés ont donné des succès. Mais il peut y avoir plusieurs poches, le liquide peut se reproduire, des accidents infectieux peuvent se montrer : reste alors la cure radicale, la laparotomie, que beaucoup de chirurgiens préfèrent à la ponction.