‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 336 sur 363 · TUMEURS ADÉNOÏDES DU PHARYNX NASAL · texte numérisé non relu

TUMEURS ADÉNOÏDES DU PHARYNX NASAL

fera des frictions mercurielles et on donnera l’iodure de potassium. Eaux minérales chlorurées sodiques fortes.

T U MEURS A RÉ N O ï DES DU PHARYNX NASAL

Le tissu adénoïde de l’arrière-cavité des fosses nasales s'hypertrophie fréquemment dans la seconde enfance, quelquefois même chez les enfants du premier âge (Lubet-Barbon). Ces végétations obstruent l’orifice postérieur des narines, empiètent sur les trompes d’Eustache, et peuvent causer des désordres fonctionnels sérieux : dyspnée, surdité, otalgie. Quand on voit un enfant qui dort la bouche ouverte, qui ne peut respirer librement par le nez, qui a les yeux saillants, l’air hébété, on pense aux végétations adénoïdes. Mais l’examen direct seul permet de faire le diagnostic : le doigt introduit dans le pharynx rencontre, au-dessus du voile du palais, une niasse molle, friable, qui tapisse la voiïte du pharynx. A l’aide de la rhinoscopie postérieure (miroir), on voit celte masse et on en saisit mieux la grosseur et les limites.

Le l)r Dieulafoy, ayant inoculé aux cobayes des fragments de végétations adénoïdes et d’amygdales enlevées il des enfants sains en apparence, a obtenu la tuberculose dans une proportion inquiétante. Mais M. Corail, par l’histologie et la bactériologie, a montré que la tuberculose était exceptionnelle dans ces tumeurs, et que les inoculations aux animaux ne suffisaient pas . Les adénoïdiens sont bien des lijmjfhatifjucs, mais non pas des tuberculeux .

TRAITEMENT

Un traitement général sera institué contre le tempérament scrofuleux souvent en cause : huile de morue, bains de mer, eaux sulfureuses, la Bourboule. Localement, on sera autorisé à intervenir si l’enfant a de l'otorrhée ou devient sourd. S’il n’a que du ronflement nocturne, il est permis de compter sur la résolution ou l’amélioration par les agents médicaux; quelquefois môme l’ablation des amygdales met un terme aux accidents. On a peut-être trop de tendance aujourd’hui à juger l’amygdalotomie insuffisante et à recourir d'emblée à l’extirpation des végétations adénoïdes.

Le D' Marage a obtenu des succès en touchant les végétations à l’aide d’un tampon d’ouate imbibé de résorcine et eau (parties égales). Six ou dix séances faites tous les 2 ou 3 jours seraient nécessaires.

Trois procédés ont été mis en œuvre :

1° Ecrasement avec le doigt : on se met derrière l’enfant, on fixe sa tête renversée de la main gauche, ef avec l’index droit muni d’un anneau métallique, on va à la recherche du tissu adénoïde, que l’on écrase et que l’on arrache. Cette méthode est aveugle et imparfaite; elle exige plusieurs séances; elle expose aux hémorrhagies, aux accidents inflammatoires.

2° Cautérisation avec le galvano-cautère : cette méthode est d’un maniement délicat et exige plusieurs séances.

3° Ablation avec des pinces spéciales à longues branches et à coudure terminale : ce procédé, adopté par les spécialistes, exige l’anesthésie avec le bromure d’éthyle. 11 faut, dans toute opération de ce genre, faire de fréquents lavages antiseptiques de la gorge et des fosses nasales (eau boriquée à 2 p. 100, salicyléeà

Page 1