‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 361 sur 363 · SULFATE DE CUIVRE · texte numérisé non relu

SULFATE DE CUIVRE

Le sulfate de cuivre, très recommandé par Trousseau, est peu usité. On le donnera à la dose de 10 à 10 centigrammes, suivant l’âge :

% Sulfate de cuivre 0 gr. 10 à 40.

Eau distillée 80 grammes.

Sirop de menthe 20 —

Par cuillerées à café de dix en dix minutes, jusqu’à effet vomitif.

VOM I T I FS.

3" TARTRE STIBIÉ

Le tartre stibié, très employé par les médecins de la première moitié du siècle, est un peu délaissé aujourd’hui chez les enfants, à cause de son action déprimante : je ne le donne jamais dans la première et presque jamais dans la seconde enfance; cependant c’est un agent très sûr.

On peut prescrire :

% Émétique 0 gr. 01.

Sucre en poudre 1 gramme.

Pour un paquet; à prendre en une fois dans un peu d’eau, renouveler de 10 en 10 minutes jusqu’à effet.

ou bien :

% Tartre stibié 0 gr. 03.

Sirop de gomme 20 grammes.

Eau distillée 80 —

A prendre en quatre ou cinq fois, toutes les dix minutes.

4° APOMORPHINE

L’apomorphine se donne par la bouche, ou mieux en injections sous-cutanées; ce dernier procédé permet de faire vomir dans le cas où l'ingestion des médicaments est devenue impossible :

% Chlorhydrate d’apomorphinc .... 0 gr. 01.

Sirop de polygala 30 grammes.

Acide chlorhydrique II gouttes.

Eau distillée Ch grammes.

Par cuillerées à café d’heure en heure.

% Chlorhydrate d’apomorphinc .... 0 gr. 0;i.

Eau distillée 10 grammes.

Un quart à une demi-seringue de Pravaz suivant l’âge.

VULVITE ET VULVO- VAGINITE

Les petites filles de tout âge, surtout quami elles partagent le lit de leur mère ou de sœurs plus grandes, quand les mômes objets (serviettes, éponges) servent à la toilette commune, quand le bain est pris en commun par des enfants, dont les unes sont saines et les autres atteintes de vulvite (n’y en eût-il qu’une de cetle catégorie), quand les vases de nuit sont communs, quand la température rectale est prise avec un thermomètre commun, ou bien quand le pus d'une conjonctivite est porté par les doigts aux parties génitales, sont exposées à contracter la vulvite et la vaginite. Quoiqu’on ait trouvé le gonocoque de Neisser dans la plupart des cas, l’origine vénérienne de la maladie (viol, attentat à la pudeur) est exceptionnelle.

Dans quelque cas, on ne trouve pas la source de la contagion; les petites fdles pâles, strumeuses, ont une leucorrhée chronique, qui semble relever de l’état général, de la scrofule, autant que de l’état local. Il existe aussi des vulvites aiguës simples dues au streptocoque.

La vulvo-vaginite se reconnaît aux taches jaune verdâtre qui empèsent le linge de l’enfant. Les lèvres sont collées par du muco-pus desséché, les cuisses sont parfois rouges et irritées; quand on examine l’entrée du vagin, on voit parfois, outre la rougeur, la tuméfaction des petites lèvres et du vestibule, une goutte de pus sourdre de l’urèthre (uréthrite) ou de l’orifice hyménial (vaginite).

On a vu les oxyures, par leur migration, provoquer la vaginite.

Parmi les complications possibles, mais rares, il faut citer l’arthrite ou rhumatisme blennorrhagique, la cys-

Vil. VITE ET VL'LVO-VAGINI TE.

tite, la péritonite, l’ophthalmie, l’incontinence d’urine.

Quelques maladies aiguës (varicelle, rougeole, impétigo contagiosa) peuvent s’accompagner de vulvite. Enfin Parrot a décrit, sous le nom de vulvite aphteuse, une variété qui précède la gangrène de la vulve; il l’a observée surtout à la suite de la rougeole.

Les commémoratifs, autant que l’aspect des lésions, permettront de distinguer ces variétés.

TRAITEMENT

S'il n’y a que de la vulvite, sans propagation à l’urèthre et au vagin, le traitement est simple et la durée de la maladie assez courte. On fera, trois fois par jour, un lavage des parties avec la décoction de feuilles de noyer, la liqueur de Van Swielen dédoublée, le permanganate de potasse à I p. 1 000, le chlorate de potasse à 5 p. 100, ou Peau de Goulard. On écartera ensuite les lèvres, et on saupoudrera avec le salol ou l’acide borique -Tuai in et suir. Pour assécher les parties et empêcher l’irritation des régions voisines, on appliquera une couche d’ouate hydrophile maintenue par un bandage.

En même temps on prescrira des bains tiôdes fréquents, avec l'amidon, le sel marin ou le sulfure de potassium.

Si la vulvite est compliquée de vaginite, le traitement externe ne suffit pas, il faut pénétrer dans le vagin. On fera tous les jours ou tous les deux jours, avec une petite poire en caoutchouc munie d’une canule line (injecteur), une injection intra-vaginale avec une solution de nitrate d’argent h 1 p. 50, de permanganate de potasse ou de sublimé a 1 p. 2 000. .l’ai également essayé les crayons médicamenteux a la créoline et au salol, dont on introduit I à 2 centimètres, tous les

trois ou quatre jours, dans le vagin. On formulera:

% Beurre de cacao 1 gramme.

Salol 0 gr. 10.

Pour faire un crayon de 2 à 3 millimètres de diamètre.

On peut remplacer le salol par l'iodoforme.

S'il y a de l’uréthrite, on prescrira, en même temps que le traitement local, les balsamiques (santal, cubèbe en capsules ou en électuaire) :

% Poudre de cubèbe 10 grammes.

Miel blanc 20 —

A prendre en quatre ou cinq jours.

Quand la vulvo-vaginite passe à l’état chronique, on insiste sur le traitement général, l’huile de foie de morue, le sirop d’iodure de fer, le séjour à la campagne ou sur les bords de la mer.

A la suite de la vulvite, il se forme parfois une adhérence des petites lèvres, une sorte de membrane qui obstrue en partie l’entrée du vagin; derrière cette membrane, l’hymen est intact. Pour traiter celte affection, il suffit d’inciser sur la sonde cannelée, et de tamponner avec la ouate hydrophile s’il y a hémorrhagie h

Si l’on veut prévenir l’apparition de la vulvite et de la vulvo-vaginite des petites biles, il faut partir de l’idée que la maladie est contagieuse.

Aux femmes qui ont des fleurs blanches ou des écoulements de quelque nature qu’ils soient, on interdira la communauté du lit et des objets de toilette avec leurs filles. On leur conseillera de traiter ces écoulements. On les préviendra sur le danger des contacts entre un enfant atteint d’ophthalmie et une fillette

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