‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 63 sur 363 · CÉPHALALGIE · texte numérisé non relu

CÉPHALALGIE

En dehors de la migraine (voyez ce mot) qui s’accuse parfois dès la première enfance, le mal de tète est plus rare chez les jeunes sujets que chez les adultes. Cependant, dans la seconde enfance, chez les écoliers des deux sexes, chez ceux qui sont à la fois laborieux et nerveux, qui travaillent beaucoup, qui travaillent le soir ii la lumière, on rencontre très fréquemment la

céphalalgie qu'on pourrait appeler céphalée scolaire, céphalée par surmenage .

En dehors de ces conditions pathogéniques, la céphalalgie s’observe très fréquemment chez les enfants dyspeptiques, chez ceux qui font abus des liquides, qui ont l’estomac atonique et dilaté; il y a un lien étroit entre les fonctions digestives et le cerveau, et quand les fermentations gastro-intestinales deviennent anormales ou excessives, la céphalalgie apparaît et manifeste, sinon beaucoup d’acuité, du moins de la continuité, de la permanence. Telle est la céphalée des di/spepliques. Il y a aussi les céphalées de croissance voyez ce mol), sans compter toutes les céphalalgies symptomatiques de maladies encéphaliques, de lièvres, d’infections diverses, de maladies oculaires, d’anémie, d’hystérie, d’onanisme, etc.

TRAITEMENT

Le traitement sera avant tout hygiénique ; repos physique et cérébral, promenades au grand air, sans faligue; pas de veilles, pas de soirées. L’enfant se couchera de bonne heure et se lèvera tard.

Son alimenta lion sera celle des convalescents : purées de légumes et de viandes, panades, œufs, laitages, lait, fruits cuits, etc. On rationnera les liquides, on ne permettra rien en dehors des repas. Si la céphalalgie, contractée au collège, à la ville, persiste, on conduira l’enfant a. la campagne, on le fera changer d’air.

tin donnera des bains lièdes et, si l’enfant les supporte bien, des douches froides très courtes suivies de massage général.

Les frictions sèches au gant de crins sont toujours à essayer, elles ne sauraient être nuisibles.

Si l’estomac est atonique, on se trouvera bien d’une

cure à la lois alcaline, amère et antiseptique, continuée dix jours, suspendue dix jours, et reprise dans les mêmes conditions. On prescrira, trois fois par jour, avant le repas, dans une cuillerée de lait ou d’eau sucrée :

% Bicarbonate de soude . . )

Craie préparée 1 ââ . . . Ü gr. 20

Benzo-naphtol '

Poudre de noix vomique 1 centigramme.

Si l’enfant est arthritico-nerveux, on l’enverra à Néris, ou à Bagnères-de-Bigorre ; s’il est constipé, il ira à Châtel-Guyon ; s’il a la diarrhée, on le dirigera sur

Plombières.

CÉPHALH ÉMATOME

Le céphalhématome est une hémorrhagie sous-périostée du crâne ou sus-dure-mérienne. Cette dernière variété (céphalhématome interne) se confond, pour la symptomatologie et le traitement, avec les hémorrhagies méningées (voyez ce mot). Le céphalhématome externe est une hémorrhagie sans gravité et toujours accessible à l’intervention directe ; elle résulte d’un traumatisme qui a déterminé la formation d’une poche sanguine, fluctuante, limitée à sa périphérie par un bourrelet osseux. L’indolence, la forme arrondie, les limites de cette collection en rendent le diagnostic facile.

TRAITEMENT

11 convient le plus souvent de respecter cette bosse et d’en attendre le résorption spontanée. Pour la favoriser, on applique une couche d’ouate cl un bandage légèrement compressif.

CHLOROSE

S'il y a tension excessive de la poche, on fait une ponction aspiratrice, avec la propreté désirable. S'il y avait suppuration, on ouvrirait largement, et on panserait avec la gaze iodoformée.

CHLOROSE

La chlorose ( morbus virgineus ) est l’anémie de la puberté ; elle est l’apanage du sexe féminin. C’est une maladie d’évolution, de croissance, qui se distingue des autres anémies par l’âge et le sexe des sujets (puberté, filles) ’, par la coloration jaune verdâtre du visage, par les souilles vasculaires et cardiaques, par les phénomènes nerveux et dyspeptiques qui lui sont si souvent associés (anesthésie, bizarreries d’humeur, anorexie, pica et malacia, etc.). C’est la chloro-nëvrose qu'il faut bien distinguer de la chloro-luberculose ou fausse chlorose ; l’examen très attentif des sommets pulmonaires s’impose pour arriver au diagnostic. Virchow a incriminé l'étroitesse congénitale de l’aorte (aorte chlorotique . Üuclos (de Tours) et Andrew Clarke (de Londres i veulent que la chlorose soit d’origine intestinale (constipation, rétention des matières fécales). Clément de Lyon en fait une maladie infectieuse et relève l'hypertrophie de la rate dans la plupart des cas. Lu réalité, nous ne savons pas ce qu’est la chlorose dans son 'essence, et son traitement est empirique.

TRAITEMENT

Le fer a été et est encore considéré par la plupart des médecins comme le remède spécifique de la c.hlo-

1. •! ai en dans mon service une pr.tile Mlle de ,'i ans cl demi qui H;ûi nettement. chlorotique ; la mala'lir rsi cxccptionncllr à cet .ijjc.

rose. On l’a donné dans tous les cas et sous toutes les formes, en poudre, en solution, en sirop, en pilules, en injections sous-cutanées :

% Sous-carbonate de fer . . j Poudre cle cannelle. . . . Sa.

— de rhubarbe . . . '

1Ü grammes.

Une pincée avant chaque repas.

% La date de fer i

Poudre de rhubarbe . . . • Sa. . . 5 grammes.

Sucre en pondre '

Une pincée avant chaque repas.

% Lactate de fer 0 gr. 50.

Sucratc de 1er 2 grammes.

Oléo-saccharure de cannelle .... 2 —

Faire six doses; deux par jour.

% Protoxalate de fer 0 g1’-

Poudre de Colombo 0 gr.

Excipient et glycérine q. s.

Pour une pilule; deux à trois par jour.

% Chlorure de fer ammoniacal. \ | ~ . 3 grammes

Galbanum \

Assa fœtida

Castoréum

Extrait de gentiane cl- s-

Pour 100 pilules; trois par jour.

Iode

Limaille de fer

Eau distillée

Sirop de gomme

Sirop de fleurs d’oranger. . . .

1 cuillerées à café par jour de ce

. . 4 gr. 25.

2 grammes.

sirop d’iodure de fer.

( )n peut associer le sirop d'iodure de fer a la strychnine pour combattre l’atonie intestinale.

Sirop d'iodure de fer

Sirop de sulfate de strychnine

200 grammes.

2 à 1 cuillerées à café par jour.

CHLOROSE

% Élixir de parus 500 grammes.

Citrate de 1er ammoniacal 5 —

Un verre à liqueur après le repas.

( Audiioui.)

■Z Perchlorure de fer desséché 1 gramme.

Liqueur d'Hoffmann 7 — r

C’est la teinture de Bestuchef, dont on donne V à X gouttes matin et soir.

Le fer s’associe souvent à l’arsenic :

% Liqueur de Fowler )

n, 1 ... . aa . . 1Ü grammes,

iartrate lernco-potassique . )

X gouttes avant le repas.

Parmi les préparations ferrugineuses bien acceptées par les enfants, il faut citer le fer granulé, le peptonate de fer.

Pour les injections hypodermiques, on a proposé la solution suivante :

Z Citrate de fer 1 gramme.

Eau de laurier-cerise 10 —

Les injections sont douloureuses et d’une efficacité incertaine; elles sont peu usitées.

Les eaux minérales naturelles ferrugineuses, dont le nombre est très grand, peuvent servir d’adjuvant à la cure par le fer, mais elles ne sauraient suffire, à cause de la faible quantité de fer qu’elles contiennent. Voici les principales : la Bauche, en Savoie ( U centigrammes de carbonate de fer par litre) ; Orezza, en Corse (12 centigrammes) ; Benlaigue, en Auvergne < 8 centigrammes) ; Schwalbach, en Allemagne (H centigrammes) ; Pyrmont, en Allemagne 7 centigrammes); Spa, en Belgique ( lé centigrammes; ; Forgos-les-Eaux, en Normandie ■ un peu moins de 7 centigrammes ) ; Bussang, dans les Vosges 3 centigrammes). Toutes ces eaux sont l'erru-

gineuses carbonatées. Parmi les ferrugineuses sulfatées, il faut citer Auteuil-Paris, qui contient 7 1 centigrammes de sel par litre.

D'après M. Hayem, la cure aux eaux ferrugineuses ne guérit pas la chlorose, parce que ces eaux sont d’une digestion difficile, surtout pour des malades dyspeptiques (les chlorotiques le sont presque toutes), parce qu’elles ne contiennent pas assez de fer, parce que les malades, qui auraient besoin de repos, ne peuvent en prendre, et enfin parce que le régime des hôtels n’est pas celui qui convient aux chlorotiques. La chlorose guérirait mieux à domicile, et voici à ce sujet les conseils donnés par M. Hayem :

TRAITEMENT DE LA CHLOROSE (Hayem)

Étant donnée une chlorose bien accentuée, la première chose à faire est le repos absolu, au lit, pendant 2 à 3 semaines, surtout si l’anémie et la neurasthénie sont très prononcées.

Comme régime alimentaire, le lait et la viande crue conviennent à la plupart des cas. C’est le régime de l’état hyperpeplique habituel de la chlorose : un verre de lait toutes les heures, 100 grammes de viande crue et râpée à midi et à 5 heures.

Au bout de huit jours, on commence l’usage du fer : protoxalate de fer, 20 centigrammes en deux pilules au moment des repas. S’il y a constipation, on donne des lavements de graines de Un, des semences de psyllium.

An bout de quinze jours à un mois, la malade peut se lever; puis elle fait des promenades et des exercices proportionnés à ses forces.

S’il y a hypopepsie, on donnera, dans un demi-verre d’eau sucrée après le repas, une cuillerée à potage de la solution suivante :

CU LO li OS K.

% Eau 100 grammes.

Acide chlorhydrique 1

Un ne donnera ni alcool, ni vin, ni café, ni bière , ni thé.

Le fer n’est pas le seul médicament (pii convienne à la chlorose : une foule d’autres remèdes ont été employés avec des succès divers.

L’arsenic est un des bons médicaments à essayer dans les cas où le fer a échoué. On peut prescrire des granules d’arséniate de fer (1 milligramme) à doses croissantes, jusqu’à un ou deux centigrammes par jour.

On donne encore la liqueur de Fowler (V, X, XX gouttes par jour), ou une solution d’arséniate de soude:

2J Sirop de quinquina 300 grammes.

Arséniate de soude 0 gr. 10.

Une cuillerée à dcsserl matin ri soir.

L’eau de la Bourboule, qui contient "28 milligrammes d’arséniate de soude par litre, sera donnée à domicile par quarts de verre (1 verre par jour). La cure à la Bourboule réussi! très bien dans quelques cas, et par l'arsenic qu’elle contientetpar son altitude (850 mètres) La médication arsénicale doit être suspendue de temps a autre (tous les 8 à 15 jours) pour éviter l’accumulation et l’intolérance.

Le manganèse, métal qui se rapproche du fer, a été conseillé dans les cas rebelles à son congénère :

% Carbonate de manganèse 10 grammes.

Extrait, de gentiane q. s.

Pour 100 pilules; 2 ou 3 par jour avant les repas.

% Sulfate de manganèse. . . ) lu du rc de potassium . . . ’

Miel

Même mode d'emploi.

10 grammes, q. s.

Huile essentielle de thym.. )

Savon médicinal j

Poudre de guimauve

0 gr. 05.

Pour une pilule; en prendre trois par jour.

Ces pilules auraient pour effet de faciliter la digestion; on donne le fer en même temps.

Le sang défibriné a été prescrit par la bouche et en lavement.

Trente et un malades du service du D1 Botkine (Saint Pétersbourg) absorbèrent deux fois par jour 60 à 100 centimètres cubes de sang de veau débarrassé de sa fibrine parle battage; sous l'influence de ce traitement, on a noté l'augmentation de poids, d’appétit, d’hémoglobine et de globules rouges, la disparition de la dyspnée, de la céphalalgie, etc.

A Lyon, AI. Teissier a donné le sang de bœuf défibriné en lavements (125 grammes matin et soir). On donne les lavements pendant huit jours, on suspend pendant huit jours, et ainsi de suite.

On note l’augmentation de poids, de forces, d’appétit. la disparition de la pâleur, le retour des globules rouges à l’état normal.

M. Jaccoud recommande les inhalations d’oxygène, qui sont toujours bien tolérées et répondent à une indication précise. D’après lui, les arsenicaux associés aux inhalations d’oxygène guérissent beaucoup de chlorotiques réfractaires aux ferrugineux. Neusser commence par 50 litres d’oxygène par jour, et arrive à 100 et 200 litres.

Pour les partisans de l’origine intestinale de la chlorose, le traitement par les purgatifs doit être mis au premier plan; on y ajoutera l’antisepsie intestinale.

Pour beaucoup, l’hydrothérapie (douches froides, douches écossaises, drap mouillé, bains salés, bains

CH I.OliOSIi.

sulfureux) rend de grands services aux chlorotiques. On peut ajouter à ces pratiques le massage, les frictions, môme la faradisation. Quelques auteurs ont conseillé les bains chauds, les bains de vapeur : cette sudation provoquée ne me parait pas favorable à la généralité des cas. J’en dirai autant des saignées petites répétées qu’on a essayé de faire revivre; ce sont des traitements paradoxaux qui ne méritent pas de nous arrêter.

M. Peter, outre les douches progressivement refroidies, les bains de mer, conseille la gymnastique, le jardinage, l’équitation. On pourrait, au môme titre, recommander le vélocipède !

Pour combattre le ballonnement après le repas, il prescrit un des cachets suivants, à prendre avant chaque repas :

S'il y a de la douleur, il ajoute un centigramme d’opium brut, et un centigramme de poudre de noix vomique si le ballonnement est trop marqué.

Au point de v ue du régime alimentaire, il veut qu’on laisse les chlorotiques manger à leur fantaisie la salade, le vinaigre, les cornichons, le jambon et tout ce qui leur plaira.

Pour remplacer le vinaigre, dont quelques-unes sont friandes, il donne une cuillerée a la tin du repas de la potion :

% Acide chlorhydrique officinal .... VI poulies.

K au filtrer 12(1 l'rammcs.

Sirop de limon 20

Limaille de ter

0 gr. 20

0 gr. 05.

toi

En résumé, le fer reste le médicament quasi-spécifique de la chlorose ; mais il ne faut pas en user toujours et quand même : l’arsenic peut le remplacer.

A côté des médicaments, il faut faire une large place à l’hydrothérapie, au repos, au régime alimentaire.

Les exercices, les jeux au grand air, les efforts ne conviennent qu’à la période de décroissance de la maladie, et pour parachever la guérison. Les stations d’altitude sont bonnes pour la plupart des chlorotiques.

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