‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 72 sur 363 · CHORÉE ÉLECTRIQUE · texte numérisé non relu

CHORÉE ÉLECTRIQUE

Sous le nom de chorée électrique, J. Bergeron a décrit une maladie caractérisée par des secousses rythmiques rappelant plus la chorée hystérique que la chorée de Sydenham, quoiqu’elle puisse coïncider avec cette dernière.

Quelquefois la suggestion, l’électricité faradique guérissent facilement la chorée électrique; dans d’autres cas, il faut recourir à l’émétique.

CIRRHOSE I)U FOIE.

Ou prescrit :

% Tartre stibié 0 gr. ()!j.

A prendre en une fois le matin à jeun dans un peu d'eau sucrée, pour un enfant de 8 à 10 ans. Faire suivre cette prise de quelques gorgées d’eau chaude.

Si ce traitement échoue, essayez les traitements usités dans la chorée de Sydenham (Voyez ce mot).

Sous le même nom de chorée électrique, un médecin milanais, Dubini, avait décrit une maladie souvent mortelle, qui n’est probablement qu’une maladie infectieuse cérébro-spinale ou une forme pernicieuse do l'impaludisme.

CIRRHOSE 1)1 FOIE

La cirrhose du foie n’est pas aussi rare chez les enfants qu’on aurait pu le croire; elle se traduit par les mêmes signes que chez l’adulte : gros ventre, ascite, veines abdominales très développées, urines briquetées, cachexie progressive, grosse rate, etc.

Comme causes, on a relevé Y alcoolisme (1,4 des cas), la syphilis héréditaire , les maladies infectieuses (impaludisme, rougeole, variole, scarlatine, fièvre typhoïde, diphtérie).

Lutin llutinel a signalé une forme de cirrhose hypertrophique yraisseusc due à la tuberculose. Le diagnostic est difficile. Un enfant présente de l’ascite : on pense d’abord à la tuberculose péritonéale; mais s’il y a beaucoup d’ascite, une circulation collatérale très développée, un peu d’ictère, le foie est mis en cause. L ascite d’origine cardiaque sera reconnue à l’examen du creur. Reste le diagnostic de la cause : alcoolisme, syphilis, impaludisme, tuberculose. Un consultera les

antécédents, la marche de la maladie, les stigmates, l’effet du traitement.

TRAITEMENT

La syphilis sera tout d’abord incriminée, car cela permet d’instituer le traitement spécifique : 1 à 5 grammes d’iodure de potassium en potion, 2 grammes d’onguent napolitain en frictions cutanées.

Même en l’absence de la syphilis, on continuera longtemps l’usage de l’iodure de potassium.

Le calomel sera donné, à petites doses (1 centigramme le matin), pendant 8 jours consécutifs suivis de 8 jours de repos, etc.

On cherchera à favoriser la diurèse à l’aide du régime lacté, des tisanes diurétiques (chiendent nitré, queues de cerises, stigmates de maïs).

Si le lait est devenu intolérable, on le coupera avec l’eau de Vais ou de Vichy. On s’abstiendra de vin et de tout liquide alcoolique; mais on pourra donner le café.

L’enfant prendra, en deux jours, la potion suivante, prônée par M. M illard :

% Infusion de baies de genièvre. . . . 200 grammes..

Sirop des cinq racines . . ) ~ ...

Oxymel scillitique . . . . )

Nitrate de potasse ....) — 9

Acétate de potasse.

On a conseillé aussi l’électuaire suivant (Kortum) :

% Conserve de c.ochléaria 60 grammes.

Extrait sec do chiendent 30 —

Extrait de pissenlit 20 —

Acétate de potasse 20

Deux cuillerées à café par jour.

Si la maladie fait des progrès, si l’ascite, pardon volume, entrave la respiration, on fera une ponction

COLIQUES HEPATIQUES.

évacuatrice avec un trocart propre et après avoir aseptisé la peau.

Comme prophylaxie, Laure conseillait de ne pas abuser de la médication alcoolique chez les enfants atteints de maladies aiguës. Il y a peut-être là en effet une cause méconnue de cirrhose hépatique.

Les coliques hépatiques, épisode aigu de la lithiase biliaire, ne jouent pas un très grand rôle en pathologie infantile; cependant elles se rencontrent dans la seconde enfance, et même, quoique exceptionnellement, dans la première. Elles s’annoncent par des douleurs plus ou moins vives au creux épigastrique, avec irradiations vers le côté droit, par des vomissements, de l’anorexie, de l'ictère.

Je dois dire que les symptômes m’ont paru toujours moins bruyants chez les enfants que chez les adultes d'où une certaine hésitation dans le diagnostic. Le foie est souvent gros, douloureux à la pression.

On traitera la colique hépatique par les moyens habituels : cataplasmes sinapisés ou laudanisés sur le ventre, bains lièdes prolongés, inhalations de chloroforme, compresses de chloroforme, suppositoires calmants :

On pourra aussi, chez les enfants de 10 à là ans, faire une injection de morphine :

COLIQUES HEPATIQUES

TRAITEMENT

% Antipyrine ou chloral Beurre de cacao . . .

1 piamnie.

KiS

% Eau de laurier- cerise 10 grammes.

Chlorhydrate do morphine 0 gr. 10.

Sulfate d’atropine 0 gr. 01.

On injectera 1/5 ou 1/4 de seringue de Pravaz, pour commencer (soit 2 à 2 milligrammes et demi de morphine).

Puis on essaiera l'huile d’olive (100 à 200 gr.) ou la glycérine, qui a donné chez l’adulte des succès à M. Ferrand :

% Infusion de fleurs d’oranger 100 grammes.

Eau chloroformée 20 —

Glycérine pure 15

Par cuillerées à soupe d'heure en heure.

On donnera un purgatif, calomel (20 centigrammes) ou sulfate de soude (lîfà 20 grammes). L’antisepsie intestinale ne sera pas oubliée :

% Benzonaphtol 0 gr. 20.

Bicarbonate de soude 0 gr. 20.

Pour un paquet; cinq ou six par jour dans un peu de lait ou

d’eau sucrée.

Voilà pour le traitement de la colique hépatique; il faut ensuite traiter la lithiase biliaire, le tempérament morbide, dont la colique n’est qu’une révélation passagère, mais sujette à retours.

Le régime alimentaire sera composé de pain grillé, viandes blanches ou noires, légumes verts ou secs, fruits peu sucrés, vin léger coupé d’eau alcaline ; on recommandera de manger peu de pain, de pommes de terre, d’œufs, pas de pâtisseries ni mets sucrés, pas de graisses, pas de carottes, oseille, tomates, crustacés, sauces épicées, fromage avancé, alcool, vin pur, etc. Exercices modérés, vie au grand air, pas de surmenage cérébral ou de sédentarité.

Pour compléter la cure, on enverra les enfants faire une saison à Vichy, ou, si cette station paraît débilitante, à Pougues, dont les eaux bicarbonatées calciques

ont une action analogue, mais moins déprimante pour les organismes en formation.

Les eaux chlorurées magnésiennes de Châtel-Guyon se recommandent aussi aux enfants arthritiques sujets à la congestion du foie et à la lilhiaise biliaire.

Le remède de Durande (éther et térébenthine) a été conseillé' pour obtenir la dissolution des calculs biliaires; il réussit bien rarement.

Page 1