ENDOCARDITE
angine. Elle s'annonce au début par un redoublement de fièvre, par de l'anxiété, des palpitations, de la faiblesse du pouls ; les battements du cœur sont sourds, prolongés, moins nets qu'à l'état physiologique. Puis un souffle, généralement systolique et siégeant à la pointe, vient s'ajouter à ces symptômes vagues. On soupçonnait l'endocardite, on peut dès lors l'affirmer et en indiquer le siège. S'il y a un état typhoïde et des signes d'embolie dans divers organes, on reconnaît l'endocardite ulcéreuse ou infectieuse. La péricardite se distingue de l'endocardite par la matité, le frottement qui occupe les deux temps et ne se propage pas dans le sens du courant sanguin.
On distingue les souffles organiques (endocardite) des souffles inorganiques (chlorose) à leur siège, à leur propagation, à la concomitance d'autres signes. Dans la chlorose, le souffle est systolique, occupe la base, surtout le côté gauche, et se propage dans les vaisseaux du cou.
Pour renforcer les souffles organiques faibles et rendre le diagnostic plus facile, on peut placer les enfants dans la situation indiquée par Azoulay : membres relevés dans le décubitus dorsal.
TRAITEMENT
Au début, on appliquera un vésicatoire volant ou des ventouses scarifiées; on fera des onctions sur la région précordiale avec :
% Baume tranquille 20 grammes.
Chloroforme o —
En même temps, on prescrira la digitale, pour tonifier le cœur :
X gouttes de teinture entre 3 et 3 ans, ou 0 gr. 10 de j^oudre do feuilles en infusion.
% Poudre de feuilles de digitale . . 0 gr. 10 Faites infuser dans eau bouillante. 80 grammes. Ajouter sirop de groseilles .... 20 — A prendre pendant trois jours consécutifs par cuillerées à soupe de 2 en 2 heures (enfant de 8 à 10 ans).
% Teinture de digitale X gouttes.
Julep gommeux 60 grammes.
En trois fois dans la journée.
Ces préparations sont surtout indiquées dans l'endocardite chronique et à la phase asystolique des maladies du cœur. Si elles échouent, on les remplace par l'extrait de strophantus (1 à 3 milligrammes en 24^ heures), par le muguet, par la caféine :
% Caféine 1 gramme.
Benzoatc de soude 1 —
Sirop des cinq racines 30 —
Eau distillée 70 —
Une cuillerée à soupe matin et soir.
% Extrait de muguet 2 grammes.
Sirop de digitale 20 —
Sirop d'écorces d'oranges amères. 60 — Trois cuillerées à café par jour.
Quand la lésion est compensée, quand le cœur suffit à sa tâche, on donne l'iodure de sodium ou de potassium longtemps continué, à titre de résolutif :
% lodure de potassium 10 grammes.
Sirop d'écorces d'oranges .... 200 — Une cuillerée à dessert matin et soir.
Le fer, sous forme de sirop d'iodure de fer, l'arsenic à faible dose (1 à 2 milligrammes par jour), le sirop de quinquina sont d'excellents adjuvants à conseiller.
Le traitement de l'endocardite chronique comporte en outre une hygiène particulière. L'enfant sera chaudement habillé, abrité contre les intempéries, protégé contre la fatigue et les excès de toute sorte. La nourriture sera légère, le lait entrera pour une large part dans
l'alimentation. S'il y a de la constipation, on aura recours aux laxatifs.
On interdira la marche prolongée, la course, la gymnastique, les jeux violents. Le séjour sur les plages de rOcéan est mauvais pour les cardiaques; très bons au contraire le littoral méditerranéen et les pays d'hivernage tempéré. Les douches froides, les bains froids, les cures minérales ne sauraient profiter aux enfants atteints d'endocardite. Quand ils grandiront et voudront partager les plaisirs des jeunes gens, on les éclairera sur les dangers que leur ferait courir l'abus de l'alcool, du tabac, des bons dîners, des soirées et généralement de tous les plaisirs mondains. La sobriété en tout et toujours est le premier devoir du cardiaque.
Les engelures, érythème pernioy sévissent sur la seconde enfance, dans les écoles, pensions, collèges. Elles se présentent sous forme de plaques rouges, violacées, saillantes, au niveau des extrémités du corps : pieds, mains, oreilles, nez, joues. Ces érythèmes a frigore, qui ne se montrent que pendant l'hiver, se distinguent du lupus par leur durée moins longue, par l'absence de lésions cicatricielles ; ils se distinguent de la maladie de Raynaud (asphyxie et gangrène des extrémités) par l'absence d'eschares. Toutefois il n'est pas rare de rencontrer des engelures ulcérées qui rappellent la maladie de Raynaud et se confondent avec elle. Les enfants scrofuleux, aux chairs molles, à la circulation ralentie, sont prédisposés aux engelures.
TRAITEMENT
Traitement généi'al. — On donnera le sirop iodo-tannique, l'huile de morue, le sirop de quinquina. On
cherchera à réveiller la contractilité des petits vaisseaux par la quinine et les astringents :
% Sulfate de quinine 0 gr, 50
Poudre d'ergot de seigle 0 gr. 50
Extrait de ratanhia 1 gramme.
Glycérine et excipient Q. s.
Pour 15 pilules; une tous les matins.
% Sulfate de quinine et ergotinc ... 0 gr. 05
Poudre de digitale 0 gi'- 001
Extrait de belladone 0 gr. 001
Pour une pilule. 2 à 4 par jour, avant le repas, suivant l'âge des malades.
(Brocq.)
Traitement local. — On protégera les surfaces exposées au froid (gants, bas de laine, foulards, etc.). On recommandera les lavages à Teau tiède et astringente (décoction de feuilles de noyer), les frictions à Talcool camphré, le poudrage avec :
% Amidon 9 parties.
Salicylatc de bismuth 1 —
Les badigeonnages à la teinture d'iode pure ou mitigée sont excellents :
% Glycérine 20 grammes.
Teinture d'iode 10 —
Enduire les surfaces malades tous les soirs avec un pinceau.
Pour calmer les démangeaisons vespérales, M. Besnier conseille les onctions avec :
% Glycérine. ) „„
,^ -^ , aa 50 grammes.
Eau de roses. j °
Tannin 0 gr. 10
On peut encore lotionner avec les préparations suivantes :
% Alun.
r> / aa ij grammes.
Borax. ] °
Eau de roses 300 —
% Glycérine 30 grammes.
Teinture d'iode. / ,
„ . ^ j- • \ fi'i- 1 gramme.
Teinture d opmm. \ ^
Badigeonner trois fois par jour.
(MONIN.)
% Nitrate d'argent 0 gr. 20
Eau distillée 30 grammes.
% Alcool camphré 50 grammes.
Ammoniaque liquid-' 1 —
Essence de cannelle 0 gr, .jO
% Extrait de Saturne 30 grammes.
Eau-de-vie camphrée 30 —
(M)ALHE.j
Quand les engelures sont ulcérées, on emploie les pommades, emplâtres ou collodions :
% Borax "j grammes.
Vaseline 30 —
Onctions matin et soir.
% Huile camphrée 2 grammes.
Lanoline 20 —
(LlEIiREICH.)
% Nitrate d'argent U gr. 10
Pommade rosat 10 grammes.
% Axonge 30 grammes.
Créosote. ) ^ .
Sous-acétate de plomb, j ''''■ ' ' ' ^ %^^^^^^-
Extrait thebaïque 0 gr. 10
(Devergie.)
% Teinture de benjoin 4 grammes.
Glycérine 8 —
Huile de lin i:j —
Cire jaune 8 —
Essence de lavande 1 gr. oO
(Orosi.)
% Baume du Pérou 10 grammes.
Baume nerval 20 —
Eau de Cologne 30 —
% Oxyde de zinc 2 grammes.
Tannin 1 —
Glycérine 10 —
Baume du Pérou 8 —
Camphre 4 —
Pour les engelures du nez, Monin préconise :
% Beurre de cacao 40 gi'ammes.
Huile de noisettes 10 —
Acide citrique 0 gr. 50
Précipité blanc 0 gr. 30
Teinture de musc XX gouttes.
Lotions tièdes avec feuilles de noyer, suivies d'onctions avec cette pommade 3 fois par jour.
On peut encore traiter les engelures ulcérées avec la pommade à l'oxyde de zinc (1 p. 10), le Uniment oléocalcaire, l'emplâtre rouge.
Voici les principaux collodions employés :
% Térébenthine de Venise 12 grammes.
Huile de ricin 6 —
Collodion 30 —
(G. d'Hercourt.)
% Collodion 40 grammes.
Iode métallique 1 —
Badigeonnage quotidien.
(BiLLROTH.)
% lodoforme 1 gramme.
Collodion 20 —
Tous ces traitements sont excellents, mais les engelures ont une durée souvent très longue et ne disparaissent qu'au printemps, malgré les efforts tentés contre elles.