ÉRYSIPÈLE
Avec de petits tampons imbibés d'eau phéniquée, on enlève les caillots, on nettoie la fosse nasale ; si le sang coule en trop grande abondance, on fait un petit tamponnement provisoire, en chassant l'un devant l'autre quelques petits bourdonnets d'ouate. On prépare deux ou trois stylets, dont le bout olivaire reçoit une goutte de nitrate d'argent ou d'acide chromique cristallisé, qu'on a fait fondre à la flamme d'une bougie. On enlève alors les tampons, et on porte le stylet sur le point où l'on voit sourdre le sang, en maintenant quelques instants le contact. Ce procédé arrête et prévient à la fois les épistaxis (Lubet-Barbon).
ERYSIPELE
L'érysipèle est une maladie infectieuse et contagieuse produite par le streptocoque do Fehleisen. Il faut distinguer, chez les enfants, trois variétés d'érysipèle : 1*^ Yérysipèle des nouveau-nés, qui a souvent pour porte d'entrée la plaie ombilicale, et qui, dans les maternités, peut devenir épidémique et coïncider avec le puerpérisme infectieux; il atteint surtout les enfants affaiblis, mal nourris, athrepsiés; il peut se compliquer de péritonite et de septicémie générale; 2° Yérysipèle alom'que, apyrétique, à répétition, des enfants scrofuleux, qui occupe la face et se caractérise par l'absence ou la faiblesse de la réaction, la pâleur relative de Ja peau, l'absence de bourrelet ; 3° l'érysipèle aigu de la seconde enfance, analogue à celui des adultes.
On distinguera l'érysipèle de l'érythème solaire ou pernlo par le siège de ces éruptions, les démangeaisons qui les accompagnent, les causes qui leur ont donné naissance (chaleur ou froid). L'urticaire aiguë de la face simule parfois l'érysipèle; mais, outre la rougeur, il
y a une bouffissure faciale et des démangeaisons sur d'autres parties du corps; les ganglions sous-maxillaires ne sont pas pris.
Le traitement est général et local.
Le traitement général consiste à tonifier l'enfant par une bonne nourriture, l'alcool, le quinquina. Si l'enfant est un nouveau-né au sein, il faut lui donner une bonne nourrice; si l'enfant est plus âgé, on lui donnera la quinine, l'extrait ou le vin de quinquina. L'amertume du quinquina le rend difficilement acceptable pour les enfants : on a tourné la difficulté en granulant l'extrait de quinquina. On prescrira donc :
Extrait de quinquina ou quinium granulé, une cuillerée à café matin et soir dans un peu d'eau ou de vin vieux.
On insistera sur l'alimentation par le lait, le bouillon, les potages.
Aux enfants scrofuleux on donnera le sirop d'iodure de fer, l'huile de foie de morue.
Quand la fièvre sera très forte, on cherchera à la modérer à l'aide de la quinine (80 à 50 centigrammes), de l'antipyrine, de l'acide salicylique ou du salicylate de soude, qu'on donnera à la dose de 1 à 2 grammes dans un sirop gommeux si l'enfant n'a pas d'albuminurie. Localement, on fera un pansement antiseptique; s'il y a une plaie de l'ombilic, on appliquera de la gaze salolée ou iodoformée et une bonne couche de coton hydrophile.
A|la face, on peut faire des onctions avec une pommade antiseptique, ou recouvrir la plaque érysipélateuse avec des compresses trempées dans une solution de salicylate de soude à 1 pour 20, ou pulvériser,