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ÉRYTHÈME INDURÉ DES JEUNES FILLES

Les jeunes filles strumeuses qui restent longtemps debout, les blanchisseuses par exemple, offrent quel-

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quefois au niveau des mollets des plaques rouges, diffuses, dures, que Bazin a décrites sous le nom d'érythème induré. Ces plaques diffèrent de l'érythème noueux par leur diffusion, leur durée très longue, leur siège. Elles rappellent quelquefois les gommes scrofuiotuberculeuses, et j'ai vu un cas où la confusion fut faite: l'érythème induré aboutit alors à la suppuration et à la formation d'ulcères arrondis, cratériformes.

TRAITEMENT

Localement, on fera la compression ouatée, élastique, des jambes malades. On conseillera le repos horizontal (jambe étendue sur une chaise ou sur un lit); les stations debout prolongées seront interdites. On peut essayer aussi le massage, les douches chaudes, sulfureuses.

Comme traitement général, on insistera sur l'usage prolongé de l'huile de foie de morue ou des sirops iodo-tannique et antiscorbutique, etc.

ÉRYTHÈMES INFANTILES

Les enfants du premier âge sont très sujets à toutes les variétés d'érythème. Ce sont surtout les nourrissons mal nourris (biberon, alimentation prématurée) qui sont exposés à l'érythème; cependant on voit des enfants bien portants, de belle apparence, présenter de l'érythème des fesses, des parties génitales, des plis cruraux et inguinaux. Je distinguerai quatre variétés principales d'érythème :

i° Ery thème simple et intertrigo, caractérisé par de la rougeur intense des téguments, au niveau des fesses, des cuisses, des plis inguinaux, cruraux, du creux poplité, et accessoirement du cou, du tronc, etc. Cet

éryihème n'a généralement pas de gravité, à moins qu'il ne soit compliqué d'autres lésions.

2° Erythème papuleux posl-érosif et syphiloïde, bien décrit par Sevestre et Jacquet, caractérisé par des vésicules qui se rompent, et laissent à leur place de petites papules saillantes, simulant la syphilis lenticulaire.

3° Erythème desquamatïf, scarlatiniforme, occupant le même siège que les précédents, et s 'accompagnant de desquamation étendue de la peau, par larges plaques ; il semble que les fesses aient été revêtues de collodion.

4" Erythème vacciniforme (intertrigo vacciniforme de Besnier, vaccino-syphiloïde de Fournier, herpès vacciniforme, erythème papuleux vacciniforme, dermatite vacciniforme d'Hallopeau). Cette variété trompeuse occupe les plis cruraux et ano-génitaux et se distingue de la syphilis par l'évolution rapide, l'absence de spécificité, la guérison par des moyens simples.

Toutes ces variétés d'érythème, quand elles sont négligées, quand elles atteignent des enfants chétifs, athrepsiés, mal nourris, peuvent se compliquer d'ulcérations, d'ecthyma, d'eschares même, et laisser à leur suite des cicatrices fessières et sacrées indélébiles qu'il ne faudrait pas prendre pour des stigmates syphilitiques.

Le traitement de tous ces érythèmes est le même, quelle que soit la variété à laquelle on ait affaire.

TRAITEMENT

, Traitement général. — Le traitement général ou indirect vise la cause présumée de l'érythême, la mauvaise alimentation, les troubles digestifs (diarrhée ou constipation), etc. L'allaitement naturel bien réglé, par une nourrice bonne et convenant à l'enfant, est à la fois le meilleur traitement et le meilleur préservatif de l'érythême. Si l'enfant au sein a de l'érythême, on cher-

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chera s'il ne tette pas trop souvent ou trop longtemps, si la nourrice n'a pas un lait trop vieux ou trop caséeux, si elle ne fait pas abus des spiritueux, des épices, etc., et on remédiera à tous ces desiderata.

Si l'enfant est au biberon, on recommandera la propreté absolue et le nettoyage aseptique de cet ustensile, l'usage du lait bouilli ou stérilisé coupé d'eau stérilisée en proportions convenables, au besoin additionné d'eau de chaux ou d'eau de Vais. S'il y a de la diarrhée, de la constipation (voyez ces mots), on traitera ces états morbides, qui souvent sont en cause.

Traitement local. — L'enfant devra être tenu très proprement, changé chaque fois qu'il sera souillé par les urines ou les matières fécales, lavé à l'eau tiède, à la décoction de feuilles de noyer, à l'eau boriquée, puis poudré largement avec le talc, le lycopode, l'oxyde de zinc, etc. On n'abusera pas des lavages, et surtout on procédera avec douceur, pour ne pas irriter la peau. Les bains de son, d'amidon, de feuilles de noyer, de sublimé (1 gramme par bain), seront employés avec discrétion. On insistera surtout sur les poudres absorbantes et antiseptiques; l'enfant sera poudré, après chaque lavage, avec :

% Poudre d'amidon 100 grammes.

Craie préparée 40 —

Alun 0 —

Acide borique 5 —

ou bien avec :

% Magnésie calcinée 25 grammes.

Talc oO —

Acide salicylique. i ^

— borique. j ^^ ^ ~

Essence de lavande XX gouttes.

S'il y a des ulcérations, du suintement, on poudrera avec le salol, le bétol, le dermatol, au besoin l'iodo-

forme, dont la valeur antiseptique est supérieure à celle des poudres ordinaires.

Dans le cas d'intertrigo, on isolera les parties malades, non seulement avec de la poudre, mais aussi avec de petits bourdonnets de coton hydrophile. Dans quelques cas, il y aura avantage à enduire les parties malades avec une pommade :

% Vaseline 30 grammes.

Salol, oxyde de zinc ou acide borique. 3 —

ÉRYTHÈME NOUEUX

L'érythème noueux ou dermatite contusiforme est une maladie infectieuse, fébrile, non contagieuse, caractérisée par la présence^ sur le devant des jambes, des cuisses, et parfois aussi sur les avant-bras et les bras, de nodosités dermiques ou sous-dermiques, avec coloration rouge violacée, vineuse, des téguments. Ces nodosités érythémateuses, variables de nombre et de volume, sont très douloureuses à la pression; il existe aussi quelquefois des douleurs spontanées, articulaires ou abarticulaires, qui ont pu donner le change et faire considérer l'érythème noueux comme une éruption rhumatismale. Peu à peu les nodosités se ramollissent, se diffusent; la coloration vive des premiers jours s'atténue, et présente toutes les dégradations des ecchymoses, de sorte que l'enfant semble avoir reçu des coups, des contusions [dermatite contusiforme). En même temps existent des symptômes généraux plus ou moins accusés : fièvre, embarras gastrique, anorexie, courbature, anémie. Des complications viscérales (pleurésie, endocardite) ont été observées chez l'adulte; chez l'enfant, l'érythème noueux m'a toujours paru bénin.

Les dcrmatologistes de l'école de Vienne font rentrer l'érythème noueux dans Y éi'ythème j)olymo7'plie ùe, Hébra.

EXCITABILITE NERVEUSE. 289

TRAITEMENT

L'enfant sera gardé à la chambre et même au lit; les parties malades seront enduites de baume tranquille et recouvertes d'ouate. Si la langue est saburrale, on donnera un purgatif (huile de ricin 15 grammes, scammonée 50 centigrammes). Si la fièvre est notable, on prescrira la quinine (30 à 50 centigrammes par jour). On combattra la faiblesse et l'anémie consécutives à l'érythème noueux par le sirop d'iodure de fer, l'huile de foie de morue, l'extrait de quinquina granulé (quinium granulé)^ les bains salés ou sulfureux.

ÉRYTHÈME PERNIO (Voyez Engelures.)

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