‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 127 sur 308 · FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

FIÈVRE TYPHOÏDE

La fièvre typhoïde est une maladie infectieuse (microbe d'Eberth), peu contagieuse, mais cependant transmissible parles déjections des malades. 11 faut surtout se défier des eaux potables qui ont pu être con-

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taminées par les typhiques. Les enfants au sein ne sont pas exposés à contracter la maladie ; s'ils sont nourris au biberon, ils peuvent recevoir le germe de la fièvre typhoïde avec le lait, quand il n'est pas bouilli ou stérilisé : il suffit que les récipients aient été lavés avec de l'eau impure ou que le lait ait été coupé avec cette eau.

La fièvre typhoïde se caractérise par la céphalalgie, l'insomnie, les épistaxis, la diarrhée, l'anorexie, et surtout les taches rosées (8"" au 10° jour).

L'enfant est abattu. La diarrhée est moins commune chez les jeunes sujets que chez les adultes; de même l'épistaxis. D'ailleurs tous les symptômes sont généralement atténués dans l'enfance. Mais les symptômes nerveux, hyperestht'sie cutanée et oculaire, raideur de la nuque et du dos, convulsions, s'observent assez souvent chez les enfants.

Le diagnostic est parfois très difficile avant l'apparition des taches rosées ou en leur absence. L'embarras gastrique fébrile, la grippe, la pérityphlite, la méningite tuberculeuse, la pneumonie centrale, l'ostéomyélite aiguë (typhus des membres, la phtisie aiguë (typhobacillose), la méningite cérébro-spinale, peuvent donner le change. On s'attachera surtout à la présence ou à l'absence des taches rosées, aux commémoratifs, à la coexistence d'autres cas dans le même milieu, etc. Parfois l'examen bactériologique des matières fécales ou du sang de la rate lèvera les doutes.

TRAITEMENT

Quand la fièvre typhoïde est légère , il n'y a pas lieu d'instituer une médication bien active: on veillera à la propreté du malade, en le changeant de lit, en le lotionnant fréquemment s'il n'est pas soumis aux bains

froids. L'emploi de ceux-ci peut être systématisé chez les enfants, comme chez les adultes, quand ils ont dépassé 5 ou 6 ans. On donnera, sinon 8 bains en 24 heures, au moins 3 ou -4 bains à 25°; on pourra même, dans les cas graves, hyperthermiques et ataxoadynamiques, donner des bains à 20°, toutes les trois heures, pendant 10 à 15 minutes, quand les enfants ont atteint Fâge de 8 ou 10 ans, quand ils réagissent bien, quand ils se réchauffent après le bain.

Dans tous les cas, on donnera des boissons abondantes : tisane vineuse ou limonade, lait, bouillon léger; si le lait n'est pas digéré, on s'adressera au koumys ou au képhir.

La chambre de l'enfant devra être vaste, aérée, souvent ventilée, pas trop chaude (17° à 18°).

S'il y a de la constipation, on donnera un léger purgatif :

% Sulfate de soude 10 grammes.

Eau 100 —

Sirop de limons 30 —

La fièvre élevée indique l'usage du sulfate de quinine, qu'on prescrira à la dose quotidienne de 20, 30, 50 centigrammes, suivant l'âge des enfants. On donnera ce médicament par la bouche, dans un peu de café très sucré, ou de jus de réglisse. Si l'enfant refuse d'avaler, on mettra la quinine dans un suppositoire :

% Beurre de cacao 3 grammes.

Sulfate ou bromhydrate de quinine. 0 gr. 20 à 50. Pour un suppositoire qu'on introduira chaque soir.

Demme conseillait, comme antithermique, le sulfate de thalline (1 centigramme de 3 à 4 ans, 2 de 5 à 10 ans, 3à5dell àl5 ans):

% Sulfate de thalline 0 gr. 10

Julep gommeux 100 grammes.

Une à quatre cuillerées à dessert, suivant l'âge.

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On donnera peu d'alcool; la potion de Todd convient surtout aux adultes; aux enfants on se contentera de donner un peu de vin sucré , de malaga coupé d'eau.

S'il y a beaucoup d'agitation, J. Simon conseille la potion suivante :

% Hydrate de chloral 0 gr. 30

Teinture de musc XX gouttes.

Eau de tilleul 80 grammes.

Sirop de fleurs d'oranger 20 —

S'il y a de la céphalalgie, il donne un peu de sirop de codéine (10, 15 à 20 grammes).

Si le pouls faiblit, s'il y a des menaces de collapsus, on fera des injections de caféine, d'éther sulfurique, de sulfate de spartéine :

% Caféine 2 gr. 50

Benzoate de soude 3 grammes.

Eau distillée, q. s. pour 10 centimètres cubes.

Une demi-seringue de Pravaz doux fois par jour. % Sulfate de spartéine 0 gr. 20

Eau distillée 10 grammes.

Une à deux seringues de Pravaz.

On donnera, à défaut d'injections, la digitale sous forme de sirop (5 à 10 grammes) teinture (Y à X gouttes), infusion (5 à 10 centigrammes de poudre de feuilles). Dans tous les cas, on insistera sur l'antisepsie intestinale :

% Benzo-naphtol 1 gr. oO

Julcp gommeux 80 grammes.

Une cuillerée à dessert toutes les deux heures, après avoir agité la bouteille.

S'il survient une complication bronchitique ou broncho-pneumonique, on appliquera des ventouses sèches, on fera respirer de l'oxygène, et on suspendra l'usage des bains froids.

S'il y a hémorrhagie intestinale, on cessera également

les bains froids, on appliquera une vessie de glace sur le ventre , on donnera un lavement avec II à V gouttes de laudanum, de la limonade sulfurique, du perchlorure de fer (X à XX gouttes dans un peu d'eau sucrée), du bouillon, du lait glacé pour tout aliment.

L'alimentation liquide devra d'ailleurs être continuée longtemps après la guérison.

Pour combattre l'anémie de convalescence et la faiblesse qui résulte parfois de la fièvre typhoïde et d'une poussée de croissance, on enverra les enfants à la campagne ou aux eaux d'Auvergne reconstituantes, comme laBourboule, Royat, Saint-Nectaire.

On veillera sur l'alimentation des enfants; on ne leur donnera que de Teau bien filtrée ou même bouillie (en temps d'épidémie); le lait sera toujours stérilisé par la chaleur. Dans les hôpitaux, dans les familles môme, si cela est possible, on isolera les malades et on empêchera toute communication entre eux et les enfants indemnes.

Les déjections seront désinfectées de la manière suivante : le vase sur lequel ira l'enfant contiendra une solution de sublimé à 1 p. 1000, ou phéniquée à 5 p. 100, ou un lait de chaux, ou une solution de chlorure de zinc ou de sulfate de cuivre à o p. 100. Les linges souillés par les enfants seront trempés dans l'eau bouillante ou le sublimé à 1 pour 1000, avant d'aller au blanchissage. Les personnes de l'entourage veilleront à la propreté de leurs mains et de leurs vêtements qui pourraient être souillés par le malade : ils passeront une blouse par-dessus leurs habits, et se laveront les mains au sublimé à 1 p. 1000, après chaque contact.

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