HÉMOPTYSIES
Les hémoptysies ou crachements de sang sont plus rares dans la tuberculose infantile que dans la tuberculose d'adulte; elles sont également plus difficiles à reconnaître, car l'enfant déglutit le sang comme les crachats, il crache dans son estomac, d'où l'hématémèse et le mélccna remplaçant l'hémoptysie et la dissimulant.
TRAITEMENT
Repos au grand air, dans le calme physique et mo-
rai; rassurer l'enfant, lui promettre la guérison rapide. Appliquer des sinapismes aux cuisses et aux mollets, des ventouses sèches sur la poitrine. Donner des boissons glacées par petites quantités.
Faire quelques injections de morphine (1 à 5 milligrammes suivant l'âge).
Donner l'ergotine en potion :
% Ergotine 1 gramme.
Sirop de ratanhia 30 —
Eau distillée de menthe 70 —
Par cuillerées à soupe d'heure en heure, ou en injections sous-cutanées 1/2 à 1 seringue.
Si l'hémoptysie continue, essayer le vomitif, 1 à ;2 grammes d'ipéca dans un quart de verre d'eau sucrée. Donner 10 à 15 gouttes de teinture de Bestucheff, qui contient :
% Liqueur d'Hoffmann 7 grammes.
Perchlorure de fer sec 1 gramme.
On peut aussi faire des pulvérisations de perchlorure de fer.
Sirop de térébenthine 20 —
Sirop de cachou 10 —
Sirop diacode 10 —
Par cuillerées de deux en deux heures.
On fera prendre, matin et soir, une pilule contenant :
% Ergotine 0 gr. 10
Sulfate de quinine 0 gr, 05
Plus tard on traitera la tuberculose pulmonaire (voyez ce mot), et si les enfants ont une forme congestive, attestée par le retour des hémoptysies, on conseillera les eaux du Mont-Dore, qui sont moins excitantes que les eaux sulfureuses des Pyrénées (Eaux-Bonnes en particulier).
HÉMORRHAGIES MÉNINGÉES. 323
HÉMORRHAGIES MÉNINGÉES
Les hémorrhagies méningées peuvent siéger entre la dure-mère et les os du crâne (céphalhématome interne), en dedans de la dure-mère (pachyméningite, hématome, hémorrhagie intra-arachnoïdienne), sous l'arachnoïde (hémorrhagie sous-arachnoïdienne), dans les ventricules. L'hémorrhagie peut occuper à la fois plusieurs sièges (mixte). C'est une maladie assez fréquente chez les nouveau-nés. La symptomatologie est des plus vagues et le diagnostic des plus difficiles. L'hémorrhagie méningée des nouveau-nés peut se traduire par l'asphyxie, les convulsions, le coma, la mort peu d'instants ou peu de jours après la naissance. Plus tard, on note de la céphalée, des convulsions limitées ou des contractures d'un membre, de la face, d'une moitié du corps. Les paralysies sont incomplètes à cause de la présence des fontanelles qui cèdent et empêchent la compression du cerveau.
Reconnaître le siège de l'hémorrhagie est presque impossible. L'hémorrhagie cérébrale et le ramollissement se distinguent par l'apoplexie initiale, l'hémiplégie bien nette, les signes d'un foyer limité. La tumeur cérébrale a pour elle ses accès épileptiformes et ses intervalles de santé relative ou absolue.
TRAITEMENT
Chez les nouveau-nés porteurs d'une hémorrhagie obstétricale et en état d'asphyxie, on ne peut que faire la respiration artificielle, Tinsufflation, qui raniment quelquefois l'enfant et donnent au moins un répit. Plus tard, on agira comme dans la méningite (voyez ce mot) : glace sur la tête, sangsues aux apo-
physes mastoïdes, ventouses scarifiées, vésicatoire à la nuque ou sur la tête rasée.
On donnera des laxatifs (manne, 30 grammes dans un peu de lait), des calmants (bromure de potassium, chloral, 1/2 à 1 gramme dans un peu de sirop).
On ne peut faire que la médecine des symptômes ; cependant, si le moindre doute existe, si la syphilis est possible, on agira, sans perdre de temps, par les frictions cutanées avec l'onguent napolitain et par Tiodure de potassium (50 à 50 centigrammes dans du lait sucré ou du sirop). Le céphalhématome interne pourrait être atteint et guéri parla trépanation.
HERPÈS CIRCINÉ
L'herpès circiné ou tricophytie circinée est une maladie des parties glabres produite par le môme parasite que la teigne tondante : le tricophyton tonsurans. Mais les spores de l'herpès circiné seraient plus grosses que celles de la teigne vulgaire.
L'éruption procède excentriquement : c'est d'abord un point herpétiforme ou eczématiforme qui s'agrandit peu à peu, en formant un cercle, dont le centre s'éteint pendant que la périphérie évolue. Ce sont surtout les parties découvertes, face, cou, nuque, mains, qui sont le siège de l'herpès circiné. On le distingue aisément de l'herpès ordinaire, dont les vésicules sont groupés irrégulièrement, et non en cercle; de l'eczéma, qui ne procède pas avec tant de régularité et ne guérit pas au centre en même temps qu'il s'aggrave à la périphérie; du pityriasis rosé, par les mêmes caractères, sans parler de la multiplicité des taches et placards formés par ce dernier.