HYPERTROPHIE DE LA LÈVRE SUPÉRIEURE
Chez les enfants lymphatiques et strumenx, on observe fréquemment une hypertrophie chronique de la lèvre supérieure, qui tantôt existe seule, et tantôt a été précédée ou est accompagnée d'eczéma labial ou narinaire. M. le D*" Vérité, médecin consultant à la Bourboule, a bien montré la valeur pathogénique des lésions de la pituitaire dans ces œdèmes chroniques de la lèvre et des paupières.
Quelquefois la lèvre supérieure est tellement proéminente, qu'elle donne à l'enfant l'aspect d'un tapir; en même temps elle est dure, résistante, indolore; il y a parfois des fissures à son bord libre.
La lèvre inférieure peut participer à l'hypertrophie, et j'ai vu des enfants atteints d'an véritable iéontiasis des lèvres. 11 faut rechercher la syphilis dans les antécédents des malades.
TRAITEMENT LOCAL'
Le traitement local consiste à faire, à l'exemple de M. Besnier, une compression répétée ou permanente à l'aide d'un morceau de toile fixé par deux liens qu'on attache derrière la tête. On pourrait aussi essayer une malaxation légère ou un véritable massage des lèvres.
S'il y a de l'eczéma impétigineux labial ou narinaire, on le traitera par des pommades à l'acide borique ou à l'oxyde de zinc (1 p. 10).
S'il y a des fissures suintantes, saignantes, croûteuses, et elles se produisent souvent à la suite d'un refroidissement ou d'un accès de fièvre, on les traitera par des applications de vaseline pure ou de cold-cream,
et on invitera l'enfant à ne pas se passer la langue incessamment sur les lèvres. Quelques-uns ont la mauvaise habitude de se mordre les lèvres, et ce traumatisme répété à chaque instant peut, à lui seul, amener l'hypertrophie labiale. Les crevasses des lèvres pourront être amendées ou guéries par les onctions avec :
% Glycérolé d'amidon 50 grammes.
Tannin 10 —
Essence de menthe X gouttes.
OU bien avec :
% Eau de roses 120 grammes.
Glycérine 30
Biborate de soude 3
TRAITEMENT GÉNÉRAL
On donnera l'huile de foie de morue, le sirop iodotannique, le sirop d'iodure de fer. Si la syphilis est soupçonnée, on commencera par l'iodure de potassium (50 centigrammes ou 1 gramme par jour).
L'arsenic rendra des services dans beaucoup de cas.
% Eau distillée 150 grammes.
Arséniate de soude 0 gr. 05
lîne cuillerée à café matin et soir au moment du repas.
On conseillera une cure à la Bourboule ou à Uriage. On traitera, en un mot, la scrofule ou l'herpétisme.
L'hystérie est une névrose héréditaire très commune chez les enfants, garçons ou filles, quoiqu'elle ne se présente pas chez eux avec une symptomatologie aussi riche que chez l'adulte. C'est l'hystérie en formation. Elle n'atteindra que plus tard son épanouissement complet. Les stigmates sont rares; les paralysies, les contractures, l'hémianesthésie manquent généralement, quoiqu'on puisse les retrouver chez quelques
sujets dans la seconde enfance. Mais l'état mental (mobilité de caractère, bizarreries, anorexie, mutisme) est déjà très net, et l'on assiste parfois aux grandes attaques convulsives [hysteria inajo?'). Dans ce dernier cas, le diagnostic se pose entre l'hystérie et l'épilepsie : l'enfant hystérique n'a pas de vertiges, d'absences, de petit mal; quand il tombe en convulsions, il ne se mord pas la langue, il ne se fait pas de mal, il ne perd pas ses urines, il n'a pas de fièvre. On constate souvent chez lui, en dehors de l'attaque, l'anesthésie pharyngée, palatine, gingivale. Enfin, les résultats du traitement viennent témoigner en faveur de l'hystérie. On a vu des cas où l'hystérie simulait la méningite tuberculeuse (Ollivier).
TRAITEMENT
Il faut partir de là que l'hystérie est, avant tout, une maladie mentale, et la soigner en conséquence.
Isoler l'enfant, le soustraire au milieu familial où sa maladie a pris naissance, où il est entouré de personnes qui n'ont plus d'autorité sur lui, le transporter au loin, dans une maison de santé, voilà le vrai traitement de l'hystérie.
Ajoutez à cela une bonne hygiène, des douches froides, le drap mouillé, l'électricité statique, et la guérison ne se fait pas attendre.
Une jeune fille de 13 ans, soignée par Charcot, refusait toute nourriture ; elle était tombée dans le marasme : on obtint Téloignement des parents, elle guérit. Un jeune garçon de 10 ans que j'ai vu avait au milieu de sa famille des crises hystéro-épileptiques fréquentes : on le transporta dans une maison de santé, il guérit rapidement, et aujourd'hui il a pu reprendre ses études au collège, d'où sa maladie l'avait fait exclure.
Le bromure n'a aucune action dans l'hystérie, il faut s'en abstenir. On peut donner, au contraire, les substances anodines qui, jouissant d'une réputation antispasmodique, sont, tout au moins, inoffensives :
% Fleurs de tilleul. \ ^
— de camomille. | aa 1 gramme.
Feuilles d'oranger. )
Eau bouillante 500 —
Sirop oO —
% Fleurs de tilleul. ) — ç,
^ T^ .,, T aa 2 grammes.
Feuilles d oranger. \ °
Eau bouillant'^ 500 —
Sirop 50 —
Les stations à conseiller pour le traitement de l'hystérie sont : Divonne, Bagnéres-de-Bigorre, Néris, Ragatz, Royat, la Malou.
Chez les enfants dont la mobilité d'humeur, l'agitation perpétuelle , les bizarreries intellectuelles font craindre le développpement de l'hystérie, on adoptera une hygiène spéciale qui consistera à fortifier le corps (vie à la campagne, exercices, gymnastique), sans exciter les sens et l'imagination (pas de spectacles, de soirées, de réunions mondaines).
Une mère hystérique à grandes attaques ne devra pas allaiter son enfant; celui-ci, autant que possible, sera confié à une nourrice saine, et élevé à la campagne, oii il sera plus facile de combattre l'influence de l'hérédité.