IDIOTIE
L'idiotie est une infirmité cérébrale qui peut reconnaître des causes multiples agissant soit pendant, soit après la vie utérine. C'est dire qu'il y a des idioties congénitales et des idioties acquises. Bourneville distingue les catégories suivantes :
1° Idiotie hydrocéphalique ;
2° Idiotie microcéphalique ;
3° Idiotie par arrêt de développement des circonvolutions ;
4" Idiotie par malformation congénitale (porencéphalie, absence du corps calleux) ;
5° Idiotie par sclérose hypertrophique ou tubéreuse ;
6° Idiotie par sclérose atrophique portant sur un ou les deux hémisphères, sur un lobe, sur des circonvolutions isolées, sclérose chagrinée;
7° Idiotie méningitique;
8" Idiotie myxœdémateuse (absence du corps thyroïde).
Toutes ces variétés comportent des formes et des degrés qui vont depuis la faiblesse d'esprit (enfants arriérés) jusqu'à l'imbécillité et la démence (enfants gâteux).
TRAITEMENT
On a essayé, dans ces derniers temps, de traiter chirurgicalement l'idiotie, en particulier la variété microcéphalique ; M. Lannelongue a obtenu par la craniectomie quelques améliorations, mais pas de résultats durables. Après ces insuccès relatifs ou absolus, on en revient de plus en plus au traitement médical et pédagogique. On verra plus loin (voyez Myxqedème) que l'idiotie par l'absence du corps thyroïde peut être amendée par les injections de suc et les greffes de corps thyroïde.
Pour les autres, il faut les traiter dans des maisons spéciales, parles méthodes pédagogiques mises en pratique dans le service de M. Bourneville, à Bicêtre, et dans y Institut médico-pédagogique privé qu'il a fondé. Tous les médecins ont entendu parler des ateliers de Bicêtre, et des écoles pour les idiots (leçons de choses, etc.) On arrive ainsi, avec du dévouement, du temps, de la patience, à rendre à la société des individus actifs, capables de gagner leur vie, de se conduire, de remplir leurs devoirs civiques. On réduit ainsi de plus en plus le chiffre des parasites et des non-valeurs.
IMPÉTIGO.
IMPETIGO
L'impétigo, affection très commune chez les enfants, est une maladie auto-inoculable et contagieuse de la peau, qui mérite bien le nom d'impeiigo contagiosa, et qu'on doit distinguer absolument de l'eczéma impétigineux. Au début, on voit se former des vésicules ou des bulles qui se troublent rapidement, se dessèchent et laissent à leur place des croûtes melliformes. Le staphylocoque doré est l'agent pathogène de l'impétigo. L'impétigo, dont le siège de prédilection est la face, peut envahir les muqueuses du nez, des yeux (conjonctivite phlycténulaire), la bouche (stomatite impétigineuse), le conduit auditif externe, la vulve. Il peut donner lieu à la tourniole par inoculation directe. Il peut se compliquer, sous l'influence des grattages, dans un milieu infecté, d'adénites, abcès, érysipèle, ostéomyélite aiguë. Par lui-même il n'a aucune gravité, mais c'est une porte d'entrée qui peut laisser passer des agents infectieux funestes.
Le traitement de l'impétigo est très facile : s'il y a des croûtes épaisses, on commence par les faire tomber avec des pulvérisations tièdes ou un cataplasme de fécule borique ; après quoi, on fait des onctions bi-quotidiennes avec :
^ Vaseline 30 grammes.
Acide borique 4 —
OU bien avec :
^ Vaseline 30 grammes.
Salol 3 —
OU bien :
% Oléo-stéarate de cuivre 1 gramme.
Axonge benzoïnée 40 —
(Jeannel.)
% Vaseline 30 grammes.
Onguent de Vigo 5 —
Acide borique 1 —
Étendre sur un linge fin et appliquer comme un emplâtre i
(E. Besnier.)
Si les placards sont isolés ou en petit nombre, on peut les traiter par l'occlusion avec le diachylon, l'emplâtre rouge, l'emplâtre de Vigo, qui amènent la chute des croûtes et préviennent les auto-inoculations.
Si l'impétigo est généralisé, on donne des bains antiseptiques (sublimé). Quand l'impétigo a pour point de départ (ce qui est fréquent) la pédiculose du cuir chevelu, on coupe ras les cheveux et on fait un nettoyage de la tête. Si l'enfant est lymphatique ou strumeux, on donnera l'huile de foie de morue.
L'incontinence nocturne d'urine {eniiresls noclurna) est une névrose d'évolution de la seconde enfance, en relation héréditaire avec les autres manifestations de la névropalhie. C'est un stigmate de dégénérescence, plus fréquent chez les garçons que chez les filles.
La maladie se traduit par l'émission involontaire des urines pendant la nuit. Quelquefois l'incontinence est à la fois diurne et nocturne; elle peut se comphquer d'incontinence des matières fécales.
Quand un enfant est pris pour la première fois, on peut se demander s'il n'a pas été la victime d'un rêve, ou s'il n^a pas eu une attaque d'épilepsie. La question
ne sera résolue que par une observation ultérieure. Parfois Tincontinence est en relation avec un phimosis, avec une vulvo-vaginite, avec la présence des oxyures vermiculaires; elle peut dépendre aussi de l'onanisme.
TRAITEMENT
Le traitement de Tonanisme, de la vulvo-vaginite, des oxyures, du phimosis, dans ces derniers cas, guérira l'incontinence d'urine. Parfois l'extirpation de végétations adénoïdes du pharynx a amené la guérison.
Dans le cas contraire, on sera en présence de l'incontinence essentielle, produite par l'atonie du sphincter vésical, et le traitement est des plus ingrats.
On recommandera la sobriété, le rationnement des liquides, surtout le soir. On réveillera l'enfant pour le faire uriner, ou bien on le fera coucher le siège élevé par un coussin ou des oreillers.
On traitera l'état général, l'anémie, le lymphatisme qui accompagnent si souvent l'incontinence d'urine, par l'huile de foie de morue, le sirop d'iodure de fer, le sirop iodo-tannique, les bains de mer, les bains sulfureux, les douches froides. Si la diathèse urique est en cause, on donnera les alcalins.
Les médecins qui croient à Virritabilité vésicale prescrivent les stupéfiants, le bromure de potassium , la belladone :
^ Bromure de potassium 2 grammes.
Eau de menthe 30 —
Sirop d'ëcorces d'oranges 30 —
En trois fois, à une heure d'intervalle, dans la soirée.
^ Extrait de belladone 0 gr. 01
Poudre de belladone 0 gr. 01
Glycérine Q. s.
Pour une pilule; en prendre progressivement, une, deux, trois, quatre et cinq par jour.
% Extrait de belladone 0 gr. Oo
Camphre 1 gramme.
Castoréum J —
Pour 10 pilules; une tous les soirs.
(Fauvel.)
% Sirop de belladone 20 grammes.
Hydrolat de tilleul 30 —
En deux ou trois fois dans l'après-midi.
On se trouvera bien parfois de l'atropine en granules de 1/4 à 1/2 milligramme, donnés le soir; après 8 ans, aller jusqu'à 1 1/2 ou 2 milligrammes.
On peut encore donner la belladone en suppositoire :
% Beurre de cacao 2 grammes.
Extrait de belladone. \
— de jusquiame. > Sa. . . , 0 gr. 02
— de stramoine. )
Pour un suppositoire introduit tous les soirs.
On peut essayer aussi le valérianate d'ammoniaque (une cuiller à café de la solution de Pierlot le soir en se couchant).
Quand l'origine psychique est vraisemblable, on peut recourir à la suggestion, qui a fourni de nombreux succès à M. Liébault.
Un interne de M. Colrat (Lyon), M. Deydier, a traité quelques enfants par les injections séquardiennes : les résultats ne sont pas concluants.
Mais l'atonie du sphincter est le plus souvent en cause, et les médicaments suivants sont alors indiqués :
% Extrait de noix vomique G gr. 20
Oxyde noir de fer 3 grammes.
Poudre de quassia 3 —
Sirop d'absinthe Q. s.
Pour 20 pilules, 1 à 3 par jour.
(Grisolle.) % Teinture de noix vomique. j ^^^ ^ grammes.
— de Rhus aromatica. ) ^
V à X gouttes tous les soirs, en se couchant.
Le sirop de sulfate de strychnine se donnera à la dose de 2, 3 et même -4 cuillerées à café par jour. On peut le remplacer par ^2 ou 3 granules de sulfate de strychnine à 1 milligramme.
Vogel, aux enfants de plus de 3 ans, a donné le nitrate de strychnine, depuis 1 milligramme i/'i jusqu'à 7 milligrammes i/2.
L'ergotine, en potion (1/2 à 1 gramme) ou en injection sous-cutanée (1/2 à I seringue de Pravaz), est aussi d'un usage rationnel :
^ Ergotine 0 gr. 10
Poudre d'ignatia 0 gr. 03
Pour une pilule ; une matin et soir.
(Picard.)
En Amérique, on a employé l'extrait fluide de Bhus aromatica, à la dose de V à XX gouttes par jour. Saint-Philippe prescrit le Rhus radicàns :
% Feuilles sèches de Rhus radicàns. 1 partie.
Alcool à 21° Cartier 5 —
Faites macérer pendant 15 jours, passez avec expression et filtrez. Prendre V à XX gouttes matin et soir dans l'eau sucrée. On peut aller jusqu'à XL gouttes après 6 ans.
Enfin on a essayé d'agir directement sur le col de la vessie. M. Guyon électrise le sphincter à l'aide d'une olive métallique portée jusqu'au col et mise en communication avec le pôle négatif d'une pile faradique, le pôle positif étant sur le pubis. On se sert de courants faibles ; séance de 1 à 5 minutes deux ou trois fois par semaine.
D'autres ont conseillé le massage : le patient étant dans la position de la taille, on introduit le doigt dans le rectum, et on masse le col de la vessie à 5 ou 6 reprises.
Un médecin américain (Powers) conseille d'obstruer, au moment du coucher, l'orifice préputial avec du col-
lodion; si l'enfant ne se réveille pas, on trouve le lendemain le prépuce distendu par un peu d'urine; s'il se réveille avec le besoin d'uriner, il peut enlever luimême son obturateur : de cette façon les draps ne sont pas souillés.
Le vésicatoire à la cantharide, par l'irritation vésicale qu'il détermine, et qu'on cherche généralement à éviter, a donné parfois de bons résultats.
Enfin les suppositoires à la noix vomique, combinés avec l'emploi du Rhus toxicodendrum, ont été préconisés par J. Bissel (de New-York) dans l'incontinence d'urine :
% Noix vomique en poudre 0 gr. 01
Beurre de cacao 2 grammes.
Pour un suppositoire; en mettre quatre par jour.
% Feuilles pulvérisées de Wiiis toxi-
codendrum 0 gr. dO
Sucre en poudre Q. s.
Pour 10 paquets; un à deux par jour.
Le même auteur conseille le courant faradique externe (pôles sur le périnée, l'hypogastre ou les lombes).
On a prescrit encore les injections de sulfate de strychnine :
% Sulfate de strychnine 0 gr. 03
Eau distillée 10 grammes.
1 à 2 seringues de Pravaz par jour.
Si l'incontinence résiste à ces diverses médications, on enverra l'enfant faire une cure à Contrexéville ou à Evian.