ŒDÈME DES NOUVEAU-NÉS
On enveloppera les jambes d'ouate, ou l'on fera prendre un bain de pieds sinapisé. Trousseau conseillait l'insufflation sur l'entrée du larynx de poudre d'alun ou de tannin.
On essayera les pulvérisations avec une solution astringente :
% Alun 0 grammes.
Tannin 5 —
Extrait de ratanhia 10 —
Eau oOO —
Pour pulvériser cinq ou six fois par jour avec un pulvérisateur à vapeur ou à main.
Les scarifications de la muqueuse œdématiée seraient utiles si elles étaient aisément praticables.
Parfois l'application de cataplasmes sinapisés au cou, ou même de sangsues a été suivie de succès; en dernier ressort, la trachéotomie.
ŒDÈME DES NOLVEAL-XÉS
L'infiltration séreuse du tissu sous-cutané peut être congénitale et s'observe alors chez les enfants nés avant terme. Le plus souvent l'œdème est postérieur à la naissance et atteint les enfants délicats, faibles de constitution, pesant peu. 11 est plus fréquent en hiver qu'en été, dans les pays froids que dans les pays chauds, chez les pauvres que chez les riches, dans les asiles d'enfants trouvés que dans les hôpitaux. Il affecte les mollets, la face postérieure des cuisses, les mains, les organes génitaux; il conserve l'empreinte du doigt. Il peut être partiel ou général : dans ce dernier cas, il est plus grave et se complique souvent de refroidissement, d'athrepsie, d'atélectasie, de coma. Il se distingue du sclérème par sa mollesse, l'absence de rigidité du corps; à l'autopsie, la coupe de la peau, dans l'œdème, laisse transsuder la sérosité; dans le sclérème, il ne s'écoule aucun liquide.
TRAITEMENT
Si l'enfant atteint d'œdème est placé dans de bonnes conditions hygiéniques, c'est-à-dire pourvu d'une nourrice, réchauffé par l'enveloppement (ouate, tlanelles chaudes) ou par la couveuse, il peut guérir, quand la maladie n'est pas trop avancée, trop généralisée. On cherchera à activer la circulation par des frictions d'alcool camphré. Billard avait recours à la saignée, moyen abandonné aujourd'hui. Il vaut mieux exciter l'enfant par l'alcool (quelques gouttes d'eau-de-vie dans une cuillerée de lait toutes les heures), parla caféine ou l'éther en injections sous-cutanées, par les inhalations d'oxygène. On peut encore donner des bains sinapisés, masser l'enfant avec de l'huile chaude ou de la teinture d'arnica. On fera les frictions et les malaxations de bas en haut, deux fois par jour au moins, pendant cinq à dix minutes. Si l'enfant est trop faible pour prendre le sein, on le gavera à l'aide de la sonde.
ŒSOPHAGISME
Il existe, dans la seconde enfance, chez certains sujets nerveux, dégénérés, hystériques, un spasme de l'œsophage qui, se révélant au moment de la déglutition, fait penser au rétrécissement organique. Le bol alimentaire passe avec difficulté et l'enfant fait des efforts et des grimaces qui traduisent une dysphagie œsophagienne très accusée. Cependant lecathétérisme montre qu'il n'y a pas de rétrécissement véritable.
Quoiqu'il n'y ait pas de véritable rétrécissement, le cathétérisme répété avec des olives de plus en plus grosses servira à vaincre le spasme ; on pourra même
ŒSOPHAGISME. 407
imbiber les olives du cathéter avec la solution suivante :
% Chlorhydrate de cocaïne 0 gr. 10.
Chlorhydrate de morphine 0 gr. 10.
Eau de laurier-cerise. ....,,. 10 grammes.
Glycérine 10 —
En même temps on prescrira les douches froides ou le drap mouillé, le bromure de camphre (ià6 capsules par jour), le bromure de potassium (3 à i grammes). On visitera les fosses nasales pour se mettre en garde contre l'œsophagisme de cause nasale (Joal).