‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 207 sur 308 · PALUDISME · texte numérisé non relu

PALUDISME

tides (fosses, égouts). Cette infection pseudo-malarienne sera traitée comme la vraie.

TRAITEMENT

Au moindre soupçon de paludisme, il faut prescrire le sulfate de quinine, ou un autre sel de quinine, à dose suffisante. Si l'enfant est assez grand pour avaler sans lutte les médicaments, on prescrira en une fois 40 à 50 centigrammes de sulfate de quinine ou de bromhydrate dans un peu de miel, de confiture ou en cachet. Le café sucré, le jus de réglisse, masquent bien le goût de la quinine.

Si l'enfant est trop jeune et trop indocile, on administrera la quinine en lavement ou en suppositoire :

2^ Chlorhydrate de quinine 0 gr. 50

Beurre de cacao 3 gramm'es.

Pour un suppositoire.

% Chlorhydro-sulfatc de quinine.. . . 0 gr. 50

Antipyrine 0 gr, 50

Laudanum de Sydenham I goutte.

Eau tiède lUU grammes.

Pour un lavement.

Dans les cas urgents, il faut faire des injections souscutanées :

% Bichlorhydrate de quinine 5 grammes.

Eau distillée Q. s. pour 10 ce.

Injecter une seringue de Pravaz de cette solution.

% Lactate de quinine 2 grammes.

Eau distillée Q. s. pour 10 ce.

Une à deux seringues de Pravaz.

% Chlorhydro-sulfatc de quinine ... 5 grammes. Eau distillée Q. s. pour 10 ce.

Une seringue de Pravaz.

Les frictions sont moins efficaces, cependant elles peuvent servir d'adjuvant ; on fera des frictions sous

les aisselles, sur le ventre, avec la pommade suivante :

% Axonge fraîche 40 grammes.

Valérianate de quinine 4 —

Chlorure d'ammonium 2 —

L'usage de la quinine doit être continué longtemps après la disparition des accès; le médicament, en cas d'urgence, sera administré le plus tôt possible ; dans les autres cas, on le donnera longtemps avant l'accès futur (3 ou 4 heures), et jamais à dose fractionnée^ toujours à dose unique et forte (20 centigrammes à un an, 40 centigrammes à deux ans, 50 centigrammes à partir de trois ans). L'enfant devra quitter le pays où il aura contracté la maladie ; le déplacement, le changement d'air est d'ailleurs favorable à la cure.

Pour combattre l'anémie et la cachexie, qui succèdent parfois au paludisme, on prescrira les douches froides, le quinquina, le fer, Tarsenic :

% Sirop de quinquina "300 grammes.

Arséniatc de soude ....... 0 gr. 15

Une à trois cuillerées à café par jour suivant l'âge.

On conseillera le régime lacté.

Si la maladie résiste, on enverra l'enfant aux bains de mer, à la Bourboule, à Plombières ou à Royat.

La prophylaxie de l'infection malarienne et pseudomalarienne consiste dans la suppression du foyer morbide ou l'éloignement de l'enfant.

PARALYSIE DIPHTÉRIQUE

La paralysie diphtérique est généralement un accident tardif qui survient deux, trois ou quatre semaines après la guérison de la diphtérie. Elle se reconnaît aisément au milieu des épidémies et par les commémoratifs. Elle peut atteindre des personnes qui n'ont

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pas eu d'angine couenneuse appréciable, et qui ont été cependant assez intoxiquées pour présenter la paralysie (diphtérie fruste).

D'ordinaire, la paralysie atteint d'abord le voile du palais, et se traduit par le nasonnement, le reflux des liquides par le nez, la dysphagie, l'impossibilité de siffler, de souffler,etc.Elle s'étend ensuite ou peut s'étendre aux membres, qui deviennent inertes, ou simplement impotents (parésie), aux organes des sens (diplopie),au diaphragme, aux muscles du cou, de la langue.

Le malade chancelle, trébuche en marchant; sa main tremble et ne peut serrer les objets. Ces troubles, par eux-mêmes, sont déjà assez caractéristiques; ils le deviennent bien plus quand on apprend que le malade a eu une angine ou un mal de gorge.

TRAITEMENT

Les enfants étant profondément débilités et anémiés, on les alimentera le mieux possible avec des purées de viande, des gelées, des crèmes, des œufs, du lait. Au besoin, on se servira de la sonde œsophagienne. S'il se présentait des difficultés insurmontables, s'il y avait des vomissements, on donnerait des lavements nutritifs. Par exemple :

% Bouillon de poulet 100 grammes.

Peptone sèche 10 —

Jaune d'œuf no 1

Ou encore (Archambault) :

% Salep 2 grammes.

Bouillon sans sel loO —

Jaune d'œul" n" 1 ou 2.

Archambault conseille encore, comme aliment et boisson, la préparation suivante :

% Lichen bien mondé 40 à 50 grammes.

Bouillon consommé très peu sale. . 250 — Faire réduire à 150 grammes, sucrer et faire prendre en gelée épaisse.

Concurremment, on donnera le fer, l'arsenic :

% Teinture de Mars tartarisée .... 10 grammes.

Liqueur de Fowler 10 —

V gouttes matin et soir dans un peu de vin ou de lait.

L'alcool, sous forme de vin généreux (grenache, malaga) ou de potion de Todd, sera prescrit à dose modérée mais suffisante (20 à 30 grammes d'eau-de-vie par jour). On pourra ajouter 2 grammes d'extrait mou de quinquina.

La strychnine sera donnée sous forme de teinture de noix vomique (X à XX gouttes par jour) ou de sulfate de strychnine.

Le sirop de sulfate de strychnine sera pris à la dose de 2 à trois cuillerées à café par jour. Si l'on prescrit des granules de sulfate de strychnine (1 milligramme), on ne dépassera pas 2 ou 8 en 24 heures. On peut faire des injections sous-cutanées avec :

% Sulfate de strychnine 0 gr. 01

Eau distillée 10 grammes.

Une à deux demi-seringues de Pravaz par jour.

Dans les cas de paralysie généralisée, Archambault faisait passer un courant continu par le tronc : pôle positif à la nuque, pôle négatif au bas du dos ou sur les membres.

C'est surtout contre la paralysie du diaphragme qu'il faut mettre en œuvre l'électricité ; de même s'il y a aphonie, strabisme, ptosis.

On peut employer aussi les courants induits, les bains électriques, les massages, les frictions avec le gant de laine, avec le baume de Fioravanti, l'alcool camphré, la térébenthine, l'alcoolat de lavande. On peut faire construire (Archambault) un sac de flanelle qu'on maintient par son ouverture au-dessus d'un brasier sur lequel on a jeté des baies de genièvre : on met

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