‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 214 sur 308 · Talamon. Appendicite, 1 vol · texte numérisé non relu

Talamon. Appendicite, 1 vol

PÉRITYPHLITE. 451

lerées à café par jour), ou les suppositoires au chloral :

% Beurre de cacao 3 grammes.

Hyd. de chloral 0 gr. oO.

Pour un suppositoire; deux à trois par jour.

ou bien des lavements avec IV à V gouttes de laudanum pour 100 grammes de véhicule.

Pour calmer les nausées et les vomissements, on donnera des boissons glacées, du Champagne, la potion de Rivière.

Contre l'inflammation, on appliquera des sangsues (6 loco dolenti], une vessie de glace sur Tabdomen.

L'usage des purgatifs est très discuté; il ne faut pas en abuser, mais il n'est pas mauvais de donner un purgatif doux, après les sangsues, pour vider l'intestin . On prescrira 15 grammes d'huile de ricin, ou 30 centigrammes de calomel, ou 5 grammes de magnésie dans un peu de lait sucré.

M. Bouchard conseille avec raison l'antisepsie intestinale : on fera, deux fois par jour, une irrigation du gros intestin avec :

% Eau "JOO grammes.

Borate de soude. ,

Teinture de benjoin. ^ âîi 2 gr. 50.

Alcool camphré. )

On portera cette solution à 38°.

On fera prendre par la bouche 5 ou 6 cachets par jour contenant :

% Benzo-naphtol 0 gr. 20.

Magnésie 0 gr. 20.

Pour un cachet.

Le repos au lit est de rigueur; l'enfant sera mis à la diète lactée ou au bouillon; pas d'aliments solides.

Quand ces moyens restent inefficaces, l'intervention chirurgicale s'impose ; il ne faut pas la précipiter, sauf les cas d'urgence; le moment opportun pour opérer ne

se présente guère avant le huitième ou neuvième jour; Talamon dit que Finstant le plus favorable est du 8^ au 12\jour.

On fait généralement une incision parallèle au ligament de Poupart, dans la fosse iliaque droite, longue de 15 centimètres environ, laissant en dedans l'artère épigastrique. Le péritoine étant incisé par en haut, on refoule en dedans le cœcum, et on va à la recherche du pus.

Tantôt on découvre l'appendice malade et on le résèque, tantôt on le laisse dans la plaie ; on lave la cavité, on place un drain, ou bien on panse à la gaze iodoformée.

Pour éviter l'éventration consécutive, on fait plusieurs sutures, et plus tard on prescrit le port d'une sangle ou ceinture abdominale.

Dans la pérityphlite à rechutes, l'opération doit être différée ; elle ne sera indiquée qu'en présence de Tinefficacité absolue des moyens médicaux et de la certitude de nouvelles rechutes.

Parfois le changement d'air, le transport des malades à la campagne, réussit dans ces formes chroniques désespérantes par leur durée et leurs retours incessants.

Dans ces formes chroniques et à rechutes, les eaux de Plombières ont une action résolutive et sédative très salutaire.

A défaut de Plombières, il faut conseiller Ghâtel- Guyon.

PERLÊCHE

La perlêche, ou bridou, décrite par le D^ Justin Lemaistre, est une affection parasitaire (streptococcusplicatilis)de la seconde enfance caractérisée par un épaississement de l'épithélium qui recouvre les commissures

PERLÊCHE. 453

labiales. Le seul diagnostic différentiel à faire est celui des plaques muqueuses commissurales. Dans les deux cas, il y a prolifération et gontlement de l'épithélium de revêtement; dans les deux cas, il y a une sensation de gêne qui porte les enfants à se pourlécher incessamment les lèvres; dans les deux cas, la lésion est longue, sujette à récidive. Mais les plaques muqueuses des lèvres sont plus épaisses, plus humides, plus débordantes sur la peau du voisinage ; quand l'enfant ouvre la bouche, on aperçoit des fissures assez profondes, à fond rougeâtre. La lésion syphilitique, en un mot, sans parler des commémoratifs et des accidents concomitants, est beaucoup plus profonde que la lésion de la perlêche.

TRAITEMENT

Le traitement est purement local; il faut attaquer et détruire par les antiseptiques le foyer microbien caché dans les commissures. On y parvient aisément avec la teinture d'iode, le nitrate d'argent, le sulfate de cuivre, l'acide lactique, etc. Je me sers habituellement de la teinture d'iode pure : on prend un petit écouvillon d'ouate hydrophile ou un pinceau de charpie taillé court, on l'imbibe de teinture d'iode, et on badigeonne les deux commissures, l'enfant ayant la bouche ouverte. On répète l'opération tous les deux ou trois jours. La guérison ne se fait pas attendre. On peut aussi toucher la perlêche avec un crayon de nitrate d'argent mitigé ou de sulfate de cuivre.

On proscrira, dans les écoles, l'usage commun des gobelets, cruches ou robinets de fontaine destinés à abreuver les enfants.

La maladie, en effet, est très contagieuse, et se pro-

page, dans les agglomérations scolaires, par la communauté des ustensiles. D'après Lemaistre, le microbe de la perlêche se retrouverait dans l'eau de certaines sources et certains puits ; il sera indiqué de nettoyer, purifier ou abandonner ces sources quand elles seront contaminées.

PHARYNGITE CATARRHALE

L'inflammation subaiguë et chronique de la muqueuse pharyngée n'est pas rare chez les enfants lymphatiques ; elle accompagne souvent l'hypertrophie amygdalienne, les granulations, les végétations adénoïdes. Elle entraîne une sécrétion muco-purulente qui tombe sur la paroi postérieure du pharynx et menace l'entrée du larynx, d'où la toux réflexe habituelle.

Ce catarrhe de la gorge est lié souvent à un coryza postérieur, et mérite le nom de catarrhe naso-pharyngien.

TRAITEMENT

Outre le traitement général par l'huile de foie de morue, le sirop iodo-tannique, les cures minérales sulfureuses ou arsenicales, on fera des pulvérisations quotidiennes avec l'eau d'Enghien ou de Challes, et on badigeonnera le pharynx avec un écouvillon d'ouate trempé dans :

% Iode pur 0 gr. 25.

lodure de potassium 2 grammes.

Glycérine 20 —

Essence de menthe IV gouttes.

(Vladimir de Holsteln.)

Dans les cas rebelles, on conseillera une cure à Challes, Saint-Honoré, Bagnères-de-Bigorre, Luchon, Marlioz, Cauterets, etc.

PHARYNGITE GRANULEUSE. 455

PHARYNGITE GRANULEUSE

Sous ce nom je décrirai les granulations de la gorge, c'est-à-dire l'hypertrophie des follicules clos du pharynx. Le fond de la gorge est pour ainsi dire tapissé de tissu adénoïde, et l'enfant est naturellement prédisposé aux maladies de ce tissu : hypertrophie des amygdales, angine glanduleuse, tumeurs adénoïdes rétro-nasales.

L'angine glanduleuse se traduit objectivement par la saillie de nombreux follicules qui apparaissent au fond de la gorge comme des grains de chènevis ou des pois enchâssés dans la muqueuse. Celle-ci est rouge, violacée, couverte de mucosités purulentes. L'enfant tousse, surtout le matin, par quintes avortées, et rend des crachats épais et abondants. L'état général laisse à désirer; les enfants sont pâles, anémiques, amaigris. Ils offrent les traits du tempérament lymphatique. L'abaisselangue, avec un bon éclairage, assure aisément le diagnostic.

TRAITEMENT

Le traitement doit être général et local.

Général, il vise la faiblesse constitutionnelle, l'anémie, le lymphatisme. On donnera l'huile de foie de morue à haute dose, le sirop d'iodure de fer, iodo-tannique, antiscorbutique. On prescrira une alimentation réparatrice, le séjour au grand air, à la campagne, les cures aux eaux sulfureuses d'Enghien, Saint-Honoré, Ghalles, Gauterets, Luchon, Eaux-Bonnes, ou arsenicales de la Bourboule, du Mont-Dore.

Localement, on conseillera les pulvérisations et les gargarismes à domicile avec ces mêmes eaux; mais surtout on attaquera directement les granulations. J'ai

porté, à l'aide d'un pinceau taillé court ou d'un écouvillon, les liquides suivants dans le fond de la gorge :

% Teinture d'iode 5 grammes.

Glycérine 10 —

% Acide lactique 10 grammes.

Glycérine 10 —

J'ai quelquefois aussi touché les granulations avec la teinture d'iode et l'acide lactique purs.

On peut aussi se servir d'une solution de nitrate d'argent à 1 p. 50, ou du crayon mitigé.

Mandl a conseillé des badigeonnages quotidiens avec la mixture suivante :

% Glycérine 100 grammes.

lodure de potassium 4 —

Acide phénique. j ~

T 1 ., ,,. } aa 1 gramme.

Iode métallique. ) *=

Mais ces procédés échouent bien souvent, et il faut avoir recours au thermo-cautère ou mieux au galvanocautère, qui permet de détruire toutes les granulations, ou du moins celles qui sont les plus apparentes et les plus volumineuses.

On fera suivre la cautérisation ignée de lavages et d'irrigations antiseptiques : acide salicylique à 1 p. iOOO.

Les stations thermales à recommander en pareil cas sont : Bagnères-de-Bigorre,Ghalles, Saint-Honoré,Allevard, Luchon, Gauterets, Marlioz, Enghien, Pierrefonds, etc.

Page 1