ALLAITE.MENT
Avant de changer la nourrice, on essaiera de modifier la qualité du lait par un régime approprié.
Une nourriture trop animalisée, trop riche en albuminoïdes (viandes) rend le lait trop gras et moins sucré ; il faut conseiller un régime mixte, des ragoûts, des soupes, des lentilles, haricots, des légumes farineux; les boissons trop alcoolisées seront interdites (alcool, vin pur); on donnera l'eau rougie, la bière, le cidre, suivant l'origine et les goûts de la nourrice. On écartera les aliments ou les condiments de haut goût, les oignons, l'ail, les asperges, choux, salades, qui pourraient modifier la saveur du lait. On conseillera les promenades au grand air, aussi bonnes pour la nourrice que pour le nourrisson.
Si la menstruation reparaît, il n'est pas rare de voir la sécrétion lactée diminuer ; faut-il changer la nourrice pour ce motif? Oui, si l'enfant est trop jeune (moins de 6 mois) et si la quantité de lait qu'il trouve au sein est insuffisante, non seulement pendant les règles, mais encore pendant la période intercalaire. Non, dans le cas contraire. Si la nourrice devient enceinte, il ne faut pas avoir peur du mauvais lait que le nourrisson est exposé à téter, ni prendre une détermination précipitée. Le lait d'une femme enceinte, quand il ne tarit pas, est aussi bon qu'avant la conception, et à coup sûr il n'est pas nuisible. Mais le sevrage, aussitôt que la grossesse est avérée, doit être préparé.
Quand la sécrétion lactée, en dehors de la grossesse et de la menstruation, devient insuffisante, avons-nous des remèdes qui permettent de la ramener à un taux normal ou suffisant?
La bière, dans certains cas, paraît avoir une action galactogène, et on ne manquera pas d'y avoir recours.
Un médecin irlandais a vanté le chlorate de potasse,
à la dose de 3 à i grammes par jour; on peut essayer ce médicament, tout en se défiant de sa toxicité dans quelques cas.
Deux confrères argentins (E. del Arca et J. Sicardi, de Buenos-Ayres) ont préconisé le tasi [mori^enia brachystephana), plante de la famille desasclépiadées, dont on prend les feuilles ou la racine :
^ Racine de tasi 30 grammes.
Eau bouillante 200 —
Prendre cette infusion par cuillerée à soupe dans les 24 heures.
On peut encore administrer une décoction de 40 gr. de fruit de tasi dans Î200 grammes d'eau. Sur 15 femmes, M. del Arca aurait obtenu 11 résultats favorables, 2 douteux, 2 négatifs.
En France, on a essayé surtout le galega et l'ortie, puis le cumin, l'anis, le fenouil. Le galega a été prescrit par M"^ Griniewitch, par M. Garon de la Garrière.
On peut donner l'infusion :
^ Feuilles de galega 50 grammes.
Eau bouillante 1000 —
Sirop 100 —
Mais on préfère généralement l'extrait aqueux, à la dose de 1 à 4 grammes par jour :
^ Extrait de galega 50 grammes.
Sirop simple 1000 —
Quatre à cinq cuillerées à soupe par jour.
^ Extrait de galega 0 gr. 25.
Excipient q. s.
Pour une pilule, 1 à 4 par jour.
% Extrait de salcga 65 grammes.
Alcool à 60° 1000 —
Prendre 50 à 100 gouttes de cette teinture trois à quatre fois, par jour.
i^ Extrait d'ortie 200 grammes.
Alcool à 60° 1000 —
250 à 500 gouttes par jour.