SPINA VENTOSA
Le spina ventosa est la tuberculose des os longs des extrémités (métacarpiens, métatarsiens, phalanges).
STOMATITE ÉRYTHÉM ATEUSE. o35
L'os atteint se boursoufle peu à peu, se ramollit, se vide partiellement par des abcès et des fistules. Cependant, au bout d'un temps très long, après suppuration et élimination de séquestres, la guérison s'obtient, non sans cicatrices, déformation, raccourcissement. La forme boursouflée du spina ventosa rend le diagnostic facile; les engelures, dans certains cas, la syphilis héréditaire dans d'autres, pourraient donner le change.
TRAITEMENT
Au début, on fera des révulsions à l'aide de la teinture d'iode, des pointes de feu; on fera des pansements compressifs ou protecteurs avec l'emplâtre de Vigo. S'il y a suppuration, on incisera aseptiquement, et on pansera avec l'iodoforme. Parfois on pourra essayer la méthode sclérogène de M. Lannelongue (injections de chlorure de zinc à 1 p. 20). L'évidement, la résection, l'extraction des esquilles sont indiqués rarement. On peut obtenir la guérison, lente il est vrai, par les moyens médicaux, au premier rang desquels figurent l'huile de foie de morue, les sirops iodés, les bains salés, les bains de mer.
STOMATITE APHTEUSE (Voyez Aphtes.) STOMATITE ÉRYTHÉMATEUSE
L'inflammation simple de la muqueuse buccale, sous l'influence de la dentition, de l'allaitement artificiel, de brûlures légères, se traduit par un gonflement avec rougeur de la muqueuse, salivation, et quelquefois par le dépôt sur les gencives d'exsudats épithéliaux plus ou moins abondants (stomatite pultacée). La stomatite érythémateuse et pultacée est souvent le prélude
OU l'accompagnement de stomatites plus sérieuses, d'ulcérations, etc.
TRAITEMENT
On aura pour but surtout de veiller à l'asepsie de la bouche, à l'aide de lavages au chlorate de potasse ; la salive étant souvent acide, on emploiera concurremment les alcalins :
% Chlorate de potasse 5 grammes.
Bicarbonate de soude 5 —
Eau bouillie 150 —
Faire matin et soir un lavage de la bouche avec un tampon d'ouate hydrophile trempé dans cette solution.
Si la maladie résiste, si la gencive se décolle autour du collet des dents, laissant suinter du sang, du mucopus, on touchera ces points avec un pinceau trompé dans le collutoire suivant :
% Teinture d'iode 10 grammes.
Glycérine 20 —
Si la bouche est douloureuse, on touchera légèrement avec :
% Chlorate de potasse en poudre. . . 10 grammes.
Sirop de mûres 30 —
Teinture d'opium 0 gr. 50
On prescrira en même temps une hygiène alimentaire convenable, le régime lacté (lait bouilli ou stérilisé).
STOMATITE HERPÉTIQUE
(Voyez Herpès.)
Le traitement de la stomatite herpétique (herpès buccal avec inflammation de la muqueuse) ne diffère pas du traitement de la stomatite érythémateuse, de la stomatite impétigineuse, de la stomatite aphteuse et de toutes les variétés simples de stomatites. Il est inutile d'insister.
STOMATITE ULCEREUSE. 537
STOMATITE IMPETIGINELSE
L'impétigo contagiosa des enfants peut, de la face, gagner la muqueuse buccale, et donner lieu à une stomatite diphtéroïde, dans laquelle MM. Sevestre et Gaston ont trouvé le staphylocoque doré. Les ulcérations siègent à la face interne des lèvres, des joues, à la langue, aux gencives; elles sont irrégulières de forme, blanc grisâtre d'aspect; elles coincïdent généralement avec des croûtes d'impétigo larvalis, avec la tourniole, avec la conjonctivite phlycténulaire.
TRAITEMENT
On fera laver la bouche de l'enfant avec la solution
de chlorate de potasse à 5 p. 100, et on touchera les
ulcérations avec le collutoire suivant :
2^ Borax 10 grammes.
Miel blanc 20 —
STOMATITE PLLTACÉE
(Voyez StomxVtite érythémateuse.)
STOMATITE ULCÉREUSE ET ULCÉRO-MEMBRANEUSE
Il y a plusieurs variétés de stomatite ulcéreuse : 1*^ La stomatite ulcéro-membraneuse de J. Bergeron , qui est parasitaire et contagieuse, et se présente sous forme d'ulcérations multiples assez profondes , sur les gencives et les joues, avec salivation, fétidité de l'haleine, adénopathie sous-maxillaire. Un exsudât nécrobiotique recouvre les ulcérations et leur donne un aspect diphtéroïde. Mais cet exsudât n'est pas adhérent, et s'il con-
tient parfois des spirilles, il ne recèle jamais le microbe de Loffler. Il ne rappelle que de loin le noma (voyez ce mot), dont le siège est profond, dont le processus est nettement gangreneux. Les ulcérations de l'herpès, de l'impétigo, de la fièvre aphteuse, de la varicelle, ont beaucoup moins d'étendue et de profondeur, et ne s'accompagnent que rarement d'une adénopathie intense. 2^ Les ulcérations d'origine dentaire provoquées par l'éruption laborieuse des canines ou des molaires de la première ou de la seconde dentition. Toutes ces stomatites peuvent être confondues en thérapeutique; elles sont justiciables des mêmes agents.
TRAITEMENT
Le chlorate de potasse, intus et extra, a été donné comme un véritable spécifique de la stomatite ulcéromemibraneuse.
A l'intérieur, on ne dépassera pas la dose de 2 grammes par jour, pour un enfant de 5 à 10 ans, à cause de la toxicité probable du médicament :
% Chlorate de potasse 2 grammes.
Julep gommeux 100 —
Par cuillerées à soupe de deux en deux heures.
A la rigueur, l'action locale suffit ; on fera des attouchements et des lavages fréquents. Pour lavages de la bouche, on prescrira :
% Chlorate de potasse ou borax ... 5 grammes.
Mellite de roses 30 —
Eau bouillie 200 —
Faire rincer la bouche de l'enfant 5 ou 6 fois par jour.
Pour badigeonnages ou attouchements des ulcérations au pinceau, on formulera ainsi :
% Chlorate de potasse 4 grammes.
Miel rosat 10 —
Glycérine 20 —
Toucher 3 ou 4 fois par jour les parties malades.
STROPHULUS. 539
% Borax 10 grammes.
Bicarbonate de soude 5 —
Sirop de mûres 30 —
% Borate de soude 10 grammes.
Miel blanc 20 —
% Acide salicylique 2 grammes.
Glycérine 20 —
(Barié.)
Dans les cas rebelles, on emploiera la teinture d'iode pure ou mitigée par la glycérine :
% Teinture d'iode 10 grammes.
Glycérine 20 —
Le permanganate de potasse a une action également très efficace :
Permanganate de potasse 1 —
Toucher au pinceau 3 fois par jour.
On prescrira en même temps les pastilles au chlorate de potasse, au nombre de 3 ou 4 à sucer dans la journée. L'enfant sera mis à la diète lactée, et isolé s'il s'agit de stomatite ulcéro-membraneuse.
S'il y a une dent cariée, on procédera à son extraction.
Si l'adénopathie sous-maxillaire suppure, on incisera au bistouri.
STROPHULUS
Le strophulus, ou lichen aigu simple des petits enfants , se présente sous forme de petites papules arrondies ou acuminées, opalines, discrètes, prurigineuses au moins au début , souvent excoriées par les grattages. L'éruption occupe la face, les mains, les avant-bras et différents points du corps. Elle est surtout commune chez les nourrissons dont l'alimentation laisse
à désirer. Le strophulus se distingue de l'urticaire par la petitesse et la dureté de ses éléments, par leur persistance plus grande. Le prurigo a des papules plus petites, plus souvent excoriées; il affecte des enfants plus âgés et présente une durée plus longue; enfin il est beaucoup moins discret. Il y a cependant des cas dans lesquels urticaire, strophulus, prurigo semblent se mêler, se coniondre; ils coexistent ou se succèdent chez le même sujet. Toutes ces éruptions en effet relèvent d'une auto-intoxication gastro-intestinale, et méritent le nom de toxidermies. Le strophulus, comme l'urticaire, peut se transformer et aboutir à cette affreuse et désespérante maladie qu'on appelle prurigo de Héhra.
TRAITEMENT
Pour calmer les démangeaisons du début, on peut poudrer avec le lycopode, l'amidon, le talc, ou avec le mélange suivant :
% Oxyde de zinc ' \^^ ^ ^ 10 grammes.
Sous-nitrate de bismuth. ) *=
Poudre d'amidon 30 —
Menthol 1 —
Si les poudres ne réussissent pas, on fait des lotions avec :
% Menthol 5 grammes.
Eau-de-vie camphrée 100 —
ou des onctions avec :
% Vaseline 50 grammes.
Acide tartrique 1 —
En même temps on surveillera le régime alimentaire de l'enfant, réglant les tettées s'il est au sein, écartant les aliments indigestes et irritants s'il est sevré. Quand il y a de la diarrhée , on la combat par les remèdes appropriés; on donne un laxatif en cas de constipation.
SUETTE MILIAIRE. 54i
Enfin on fait Fantisepsie intestinale :
% Benzo-naphtol 0 gr. 10
Bicarbonate de soiuie 0 gr. 03
Salicylate de bismuth 0 gr, 03
Pour un paquet ; cinq à six par jour dans un peu de lait sucré. (Enfants de 6 à 18 mois.)
SLETTE MILIAIRE
La suette miliaire est une maladie infectieuse , contagieuse, épiclémique, à microbe encore indéterminé, et qui se caractérise par des sueurs profuses, par des taches morbilliformes et par des vésicules miUaires. L'éruption , souvent polymorphe, rappelant à la fois la rougeole et la scarlatine, se termine par une desquamation à larges lambeaux, qui s'étend à la langue.
En même temps, il y a de la fièvre, des étouffements paroxystiques, de Tatonie, du délire. Il peut y avoir aussi des hémorrhagies (épistaxis, purpura, méhnena). Au début, la présence de coryza, de toux, de larmoiement, fait penser à la rougeole ; mais les prodromes sont plus courts que dans cette maladie, et les taches sont surmontées de miliaire. La scarlatine se distingue par la brièveté et la brutalité de son invasion, et par ses manifestations angineuses. Enfin la notion épidémiologique, la propagation de la maladie, sont de nature à lever tous les doutes.
TRAITEMENT
Nous ne connaissons pas le traitement spécifique de la suette; on se comportera à peu près comme dans la rougeole.
On placera l'enfant dans une chambre aérée, chauffée modérément (17*'); on ne le surchargera pas de couvertures. On donnera des boissons froides (lait, bouillon).
Pour atténuer la fièvre et l'adynamie, on prescrira la quinine (50 centigrammes de sulfate, chlorhydrate ou bromhydrate), les lotions froides vinaigrées.
Si la fièvre dépassait 40*^, si l'ataxie et le délire étaient très prononcés, on pourrait essayer les bains froids (20°), comme dans la fièvre typhoïde.
On combattra les étouffements et le catarrhe bronchique par les vomitifs (1 gramme d'ipéca), les sinapismes aux mollets et aux cuisses, les cataplasmes sinapisés sur le thorax, les ventouses sèches. On donnera l'alcool (20 à 30 grammes d'eau-de-vie, 50 à 60 grammes de malaga dans un julep gommeux) , l'extrait de quinquina (2 grammes). On isolera les malades pendant quinze jours au moins et on désinfectera par le sublimé à 1 p. 1000, le soufre, Tétuve à vapeur, les objets et les locaux contaminés.