‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 269 sur 308 · TUBERCULOSE INTESTINALE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE INTESTINALE

(Voyez Diarrhée chronique.)

Latuberculoseouphtisiepulmonaire n'est pas plus rare chez les enfants que chez les adultes ; mais elle diffère cliniquement suivant les âges. Dans la première enfance, les tubercules du poumon ont une grande tendance à se généraliser, et la granulie est plus fréquente que la phtisie ulcéreuse; ce qui est le contraire plus tard. Dans la seconde enfance et l'adolescence, la phtisie pulmonaire ne présente rien de spécial dans son évolution ; elle est progressive et chronique, marchant par étapes successives vers la mort ou vers la guérison, sujette aux rémissions, aux rechutes, aux accidents, aux complications habituelles.

Le diagnostic présente souvent des difficultés : la phtisie aiguë peut être prise pour une bronchite capillaire, et inversement; on tiendra compte de la répartition des signes physiques, de leur prédominance au sommet. La broncho-pneumonie chronique simule parfois la tuberculose. Dans les formes granuliques, on peut songer à la fièvre typhoïde, quoique les taches rosées manquent.

TRAITEMENT

Le traitement de la tuberculose repose sur l'emploi combiné des agents hygiéniques et pharmaceutiques.

Hygiène. — Tout le monde est d'accord pour préconiser la cure crair: les enfants seront soustraits aux dangers de lair confiné, dont la toxicité a été démontrée par d'Arsonval. Pas de réunions, pas de classes, pas d'internat. Aération permanente des lieux habités; la nuit, fenêtres entr'ouvertes, même l'hiver, en combattant

le refroidissement par des couvertures, des gilets de laine et un bon feu de cheminée.

En hiver, on peut habiter les bords de la Méditerranée ou les altitudes (Davos, Leysin, le Canigou). Mais le séjour à la campagne peut suffire, et les hôpitaux fondés en dehors de Paris, à Villepinte, Ormesson, Yilliers-sur- Marne, pour les enfants tuberculeux, sont très utiles, à condition que ces enfants ne restent pas confinés dans les dortoirs, mais jouent le plus longtemps possible en plein air.

On fera tous les jours des frictions sèches et stimulantes (alcool, térébenthine, baume de Fioravanti).

La nourriture sera à la fois riche et facilement assimilable (purées de viandes et de légumes, poudres de viande, œufs, lait, crèmes, soupes, poissons, peptones, koumys, képhir).

Le traitement hygiénique, pour être efficace, doit être prolongé pendant des années. L'air de la mer, bon pour les phtisiques dans le Midi, serait funeste dans le Nord, et Berck-sur-Mer, si favorable pour les tuberculoses chirurgicales, ne vaut rien pour la tuberculose pulmonaire.

« Les résidences favorables aux phtisiques, dit Daremberg, doivent être baignées de soleil l'hiver et protégées du soleil en été. » L'air ensoleillé est l'agent microbicide le plus puissant, et surtout c'est un merveilleux excitant de la nutrition (Menton, Cannes, Arcachon, Hyères, Alger, Biskra, le Caire, Pau, Cambo, etc.).

L'été, on enverra les enfants aux Eaux-Bonnes, au Mont-Dore, à la Bourboule.

Thérapeutique. — Le seul agent qui puisse être considéré comme spécifique (et encore !), la créosote, sera donné aux enfants par la voie stomacale, parle rectum ou par la voie endermique.

La créosote peut se donner en pilules :

% Créosote 0 gr. 10

Savon séché au four Q. s.

Pour une pilule; en prendre trois ou quatre par jour.

En potion :

% Créosote 2 grammes.

Cognac 50

Sirop de tolu fiO —

Eau 100 -

Deux à trois cuillerées à soupe par jour.

Ou mêlée à l'huile, à la glycérine, au vin :

% Huile de foie de nior:iP 1000 grammes.

Créosote 20 —

Une à trois cuillerées à soupe par jour.

Si l'estomac se refuse à l'absorption de la créosote, on la donnera en lavements :

% Créosote 0 gr. 50

Jaune d'œuf n" 1.

Huile d'olive 100 grammes.

Pour un lavement que l'enfant devra garder, après avoir reçu un lavement évacuateur.

On fait encore des suppositoires creux contenant 50 centigrammes de créosote : 2 par jour.

Les injections sous-cutanées se feront avec l'huile créosotée stérilisée (1 gramme de créosote pour 15 grammes dliuile), ou avec le ga'iacol iodoformé, suivant la formule de M. Picot :

% Huile d'olive stérilisée 100 ce.

Gaïacol o grammes.

lodoforme 1 —

Injecter tous les jours sous la clavicule ou dans la fosse sus-épineuse une demi-seringue de Pravaz ou une seringue entière suivant l'âge.

On peut encore faire des pulvérisations de créosote dans la chambre des malades ou les faire respirer dans

une atmosphère comprimée de vapeurs créosotées (Tapret) :

% Créosote : . . . 10 grammes.

Alcool . ; . 200 —

Eau 770 —

Pour pulvérisations.

(Tapret.)

L'huile de foie de morue, quand les enfants peuvent la supporter, est un des meilleurs médicaments contre la phtisie : on la fera prendre pure (2, 3, -4 cuillerées à soupe par jour), ou en émulsion, ou en capsules. On doit préférer les huiles colorées aux huiles claires, car les alcaloïdes découverts par Gautier et Mourgues ne se rencontrent que dans les premières.

Contre la toux et le catarrhe bronchique, on donnera les balsamiques et les calmants usités (sirop de tolu, sirop de terpine, sirop de codéine, sirop diacode).

On donnera l'arsenic :

% Sirop de quinquina 200 grammes.

Arséniate de soude 0 gr. 10

Une cuillerée à café matin et soir.

Contre les poussées congestives, Daremberg conseille :

% Sirop de térébenthine. \

Sirop de tolu. / âa. . . . 20 grammes.

Sirop d'ipéca. )

Trois cuillerées à dessert par jour.

ou bien :

% Sirop de térébenthine , . 15 grammes.

Eau de fleurs d'oranger 20 —

Liqueur ammoniacale anisée. ... 2 — Mêmes doses.

En même temps, on usera, suivant les indications, des révulsifs partout employés : vésicatoires, cautères, pointes de feu, mouches de Milan, teinture d'iode, ventouses.

Contre la fièvre, on donne l'antipyrine :

^ Antipyrine 2 grammes.

Bicarbonate de soude 4 - —

Eau-de-vie 10

Eau distillée 10

Sirop simple 40 —

Deux cuillerées à dessert par jour.

Le D'^ D. Labbé a imaginé un appareil qui permet de faire respirer aux petits malades de Vair ozonisé; ce traitement, qui augmente l'hémoglobine, aurait donné des résultats favorables à Thôpital d'Ormesson.

L'ozonothérapie serait appliquée spécialement à Saint-Raphaël.

Les enfants menacés de tuberculose pulmonaire par leur hérédité, leur tempérament, les manifestations locales (abcès froids, tumeurs blanches, adénopathies, etc.) qu'ils présentent, doivent être soumis à un genre de vie spécial.

Et d'abord, les enfants jeunes, quels qu'ils soient, forts ou délicats, bien portants ou malades, seront éloignés des tuberculeux, et soustraits autant que possible à la contagion. Un enfant dont le père ou la mère sont tuberculeux devra être élevé au sein par une bonne nourrice, et le sevrage sera retardé jusqu'à 18 ou :20 mois.

L'enfant sera éloigné des villes, élevé à la campagne; on le laissera croître en liberté, au grand air, sans lui demander trop tôt les efforts intellectuels qu'on demande aux enfants de son âge. Il vivra comme un petit paysan, et ce n'est qu'en modifiant sa constitution originelle par une culture spéciale qu'on pourra éviter réchéance qui le menace.

Quand le moment sera venu de lui donner Tinstruc-

tion dont il ne saurait être privé sans dommage, on le placera autant que possible dans un établissement d'externes, ou mieux on le fera élever près de soi quand on le pourra.

Si l'enfant présente quelques manifestations suspectes de tuberculose locale, on le conduira au bord de la mer, à Berck par exemple, ou dans une station chlorurée sodique (Salies-de-Béarn), ou à la Bourboule, pour fortifier sa constitution et combattre le germe naissant de la tuberculose.

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