‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 27 sur 308 · HYPERTROPHIE DES AMYGDALES · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE DES AMYGDALES

Ces moyens ne sont que des palliatifs qui conviennent aux cas légers; quand l'hypertrophie est considérable, il faut la réduire chirurgicalement.

L'ignipuncture avec le thermo-cautère ou le galvanocautère est d'un usage difficile chez les enfants; elle exige un grand nombre de séances et beaucoup de docilité. On se sert d'un abaisse-langue ou d'un spéculum spécial ; on éclaire le fond de la gorge avec le miroir frontal. Pour rendre Topération moins douloureuse, on la fait précéder d'un badigeonnage avec :

^ Chlorhydrate de cocaïne 0 gr. 50.

Eau distillée 10 grammes.

Les lenteurs et les difficultés de cette méthode la font réserver aux cas d'amygdales enchatonnées, aux enfants hémophiles. Le traitement de choix est l'amygdalotomie, qui peut se faire avec la pince de Museux et le bistouri boutonné, ou mieux avec l'instrument bien connu sous le nom d'amygdalotome. Avec cet instrument on agit très vite et sans douleur; on peut d'ailleurs anesthésier la muqueuse à la cocaïne.

On ajournera l'opération en présence des poussées aiguës, qui exposeraient aux hémorrhagies; il faut opérer à froid. On peut n'enlever qu'une amygdale dans une séance, et la seconde huit jours après. Pour parer aux dangers del'hémorrhagieet de l'inflammation post-opératoires, on fait avaler de petits morceaux de glace, au besoin on comprime l'amygdale avec une pince armée d'ouate hydrophile ou d'amadou. L'enfant gardera la chambre et ne prendra que des aliments liquides et frais (lait).

M. Ruault a imaginé un procédé de morcellement à l'aide d'une pince spéciale, qui exposerait moins àl'hémorrhagie que l'amygdalotomie, et qui n'exigerait pas plus de deux séances. Après chaque séance, on fric-

lionne la surface cruentée avec un tampon d'ouate hydrophile trempé dans :

% Iode. J ,

lodure de potassium. ^^ * Z^^mxx.^.

Eau distillée 6 grammes.

AMYGDALITE AIGUË

L'amygdalite aig-uë, dite simple, est très souvent une maladie infectieuse (streptococcique), qui se traduit par une fièvre vive, et peut se compliquer d'albuminurie, d'endocardite, de purpura, etc. Elle se reconnaît au gonflement des amygdales qui, tantôt restent lisses et rouges, tantôt se recouvrent d'exsudats pultacés, diphtéroïdes. Ces enduits diffèrent des fausses membranes diphtériques par leur faible adhérence, par leur dissociation dans l'eau, par l'absence du bacille de Luffler.

TRAITEMENT

Le traitement sera surtout antiseptique; on fera l'antisepsie générale (sulfate de quinine, 25, 30, 50 centigrammes par jour), et l'antisepsie locale à l'aide des collutoires et des gargarismes suivants :

% Borax 4 grammes.

Salicylate de soude 4 —

Décoction de guimauves 200 —

Sirop de miel 40 —

Pour se gargariser toutes les deux heures.

% Chlorate de potasse 10 grammes.

Sirop de mûres 40 —

. Eau distillée 200 —

Même usage.

% Borate de soude 6 grammes.

Teinture de benjoin 10 —

Infusion de feuilles de ronces. . . 250 —

(Bouchard.)

AMYGDALITE AIGLE. 33

% Acide borique 2à4 grammes.

Sirop de niùres oO —

Eau distillée 100 —

(Trouessart.) Badigeonnez la gorge avec cette solution ou coupez-la d'eau tiède pour gargarisnies.

% Rêsorcine 1 gramme.

Miel rosat 30 —

Eau distillée 200 —

On peut toucher trois fois par jour au pinceau avec :

% Hydrate de cliloral 4 grammes.

Glycérine 40 —

% Teinture d'iode 10 grammes.

Glycérine 30 " —

% Iode métallique 0 gr. 2o.

lodure de potassium 3 grammes.

Glycérine 30 —

% Salol 2 grammes.

Alcool q. s. pour dissoudra

(Eloy.)

% Salol 5 à 10 grammes.

Sulforicinate de soude 95 à 90 —

(Trouess.vrt.)

On peut encore insuffler dans la gorge du salol en poudre, du bicarbonate de soude, du benzonaphtol.

Il est bon, au début de l'amygdalite aiguë, de faire prendre aux enfants un vomitif (50 centigrammes à 1 gramme d'ipe'ca dans un peu de sirop ou d'eau sucrée), ou un purgatif (huile de ricin, 15 grammes).

Régime lacté autant que possible.

Garder la chambre, éviter les refroidissements, entourer le cou d'ouate.

Donner des bains de pied sinapisés, si la dysphagie est forte, si le visage est congestionné. Ou bien appliquer des cataplasmes sinapisés aux jambes, entourer celles-ci de bottes d'ouate.

AMYOTROPHIE

(Voyez Atrophie musculaire)

ANASARQUE

L'anasarque est un syndrome, qui [peut se rencontrer dans le cours ou à la suite de plusieurs maladies, mais surtout dans le mal de Bright et à la suite de la scarlatine.

On l'observe aussi dans les cachexies, les cardiopathies.

C'est un œdème sous-cutané ge'néralisé, facile à reconnaître à la bouffissure de la peau, à sa blancheur, à sa mollesse ; le doigt marque son empreinte sur ce gonflement, ce qu'il ne fait pas dans l'obésité' ou polysarcie.

TRAITEMENT

On traite l'anasarque directement ou indirectement. Directement, par des frictions sèches ou alcooliques, par le massage, par les onctions avec une pommade résolutive :

% Vératrine 1 gramme.

lodurc de potassium 2 —

Axonge 30 —

(PÉCHOLIER.)

Indirectement, on agit d'une manière plus sûre et plus efficace, par le régime lacté, les diurétiques et les purgatifs dont l'action est de dériver vers l'intestin ou le rein l'excès de sérosité qui encombre le tissu cellulaire. Par les sudorifiques (bains de vapeur ou d'air chaud, pilocarpine) on active l'émonction cutanée et on favorise la disparition de l'anasarque.

ANEMIE. 3u

% Infusion de chiendent 500 grammes.

Nitrate de potasse 2 —

Lactose 50 —

A prendre en quatre ou cinq fois dans la journée.

% Infusion de pariétaire 100 grammes.

Acétate de potasse. ) ^

^T-. ^ -i aa 2 —

iSitrate id )

Oxvmel scillitique. i

Sirop des cinq racines [ ^a. . . . lo grammes.

Par cuillerées de deux en deux heures.

Fleurs de genêt. )

Baies de genièvre. X/"^ ^^ grammes.

Eau bouillante 300 —

Sirop de stigmates de maïs .... 40 —

Par tasses dans la journée.

2^ Diurétine 1 gr. 50.

Cognac X gouttes.

Sucre 2 gr. 30.

Eau distillée 100 grammes.

(Demme.) Par cuillerées dans les 24 heures.

S'il y a une maladie de cœur, on donnera la digitale ou la caféine. (Voyez Endocardite.)

Je ne suis pas partisan de Tévacuation directe de la sérosité par les piqûres.

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