‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 293 sur 308 · SULFATE DE CUIVRE · texte numérisé non relu

SULFATE DE CUIVRE

Le sulfate de cuivre, très recommandé par Trous-

seau, est peu usité. On le donnera à la dose de 10 à 40 centigrammes, suivant l'âge :

% Sulfate de cuivre 0 gr. 10 à 40.

Eau distillée 80 grammes.

Sirop de menthe . 30 —

Par cuillerées à café de 10 en 10 minutes, jusqu'à effet vomitif.

30 TARTRE STIBIÉ

Le tartre stibié, très employé par les médecins de la première moitié du siècle, est un peu délaissé aujourd'hui chez les enfants, à cause de son action déprimante : je ne le donne jamaisdanslapremière et presque jamais dans la seconde enfance; cependant c'est un agent très sûr.

On peut prescrire :

% Emétique 0 gr. 01.

Sucre en poudre 1 gramme.

Pour un paquet ; à prendre en une fois dans un peu d'eau, renouveler de 10 en 10 minutes jusqu'à effet.

% Tartre stibié 0 gr. 03

Sirop de gomme 20 grammes.

Eau distillée 80 —

A prendre en quatre ou cinq fois, toutes les dix minutes.

4° APOMORPHINE

L'apomorphine se donne par la bouche, ou mieux en injections sous-cutanées; ce dernier procédé permet de faire vomir dans le cas où l'ingestion des médicaments est devenue impossible :

% Chlorhydrate d'apomorphine. ... 0 gr. 01

Sirop de polygala 30 grammes.

Acide chlorhydrique II gouttes.

Eau distillée 60 grammes.

Par cuillerées à café d'heure en heure. % Chlorhydrate d'apomorphine .... 0 gr. 05

Eau distillée 10 grammes.

Un quart à une demi-seringue de Pravaz suivant l'âge.

VULVITE ET VULVO-VAGINITE. 611

YLLVITE ET VULVO-VAGIMTE

Les petites filles de tout âge, surtout quand elles partagent le lit de leur mère ou de sœurs plus grandes, quand les mêmes objets (serviettes, éponges) servent à la toilette commune, quand le bain est pris en commun par des enfants, dont les unes sont saines, et les autres atteintes de vulvite (n'y en eût-il qu'une de cette catégorie), ou bien quand le pus d'une conjonctivite est porté par les doigts aux parties génitales, sont exposées à contracter la vulvite et la vaginite. Quoiqu'on ait trouvé le gonocoque de Neisser dans la plupart des cas, l'origine vénérienne de la maladie (viol, attentat à la pudeur) est exceptionnelle.

Dans quelque cas, on ne trouve pas la source de la contagion, les petites filles pâles, strumeuses, ont une leucorrhée cbronique, qui semble relever de l'état général, de la scrofule, autant que de l'état local.

La vulvo-vaginite se reconnaît aux taches jaune verdâtre qui empèsent le linge de l'enfant. Les lèvres sont collées par du muco-pus desséché, les cuisses sont parfois rouges et irritées; quand on examine l'entrée du vagin, on voit parfois, outre la rougeur, la tuméfaction des petites lèvres et du vestibule, une goutte de pus sourdre de l'urèthre (uréthrite) ou de l'orifice hyménial (vaginite). On a vu les oxyures, par leur migration, provoquer la vaginite.

Parmi les complications possibles, mais rares, il faut citer l'arthrite ou rhumatisme blennorrhagique, la péritonite, l'ophthalmie, l'incontinence d'urine.

Quelques maladies aiguës (varicelle, rougeole, impétigo contagiosa) peuvent s'accompagner de vulvite. Enfin Parrot a décrit, sous le nom de vulvite aphteuse,

une variété qui précède la gangrène de la vulve; il l'a observée sur.tout à la suite delà rougeole.

Les commémoratifs, autant que l'aspect des lésions, permettront de distinguer ces variétés.

TRAITEMENT

S'il n'y a que de la vulvite, sans propagation à l'urèthre et au vagin, le traitement est simple et la durée de la maladie assez courte. On fera, trois fois par jour, un lavage des parties avec la décoction de feuilles de noyer, la liqueur de Van Swieten dédoublée, le permanganate de potasse à 1 p. 1 000, le chlorate de potasse à 5 pour 100, ou l'eau de Goulard. On écartera ensuite les lèvres, et on saupoudrera avec le salol ou l'acide borique, matin et soir. Pour assécher les parties et empêcher l'irritation des régions voisines, on appliquera une couche d'ouate hydrophile maintenue par un bandage.

En même temps on prescrira des bains tièdes fréquents, avec l'amidon, le sel marin ou le sulfure de potassium.

Si la vulvite est compliquée de vaginite, le traitement externe ne suffît pas, il faut pénétrer dans le vagin. On fera tous les jours ou tous les deux jours, avec une petite poire en caoutchouc munie d'une canule fine (injecteur), une injection intra-vaginale avec une solution de nitrate d'argent à 1 p. 50, ou de sublimé à à 1 p. 2 000. J'ai également essayé les crayons médicamenteux à la créoline et au salol, dont on introduit un à deux centimètres, tous les 3 ou 4 jours, dans le vagin. On formulera :

% Beurre de cacao 1 gramme.

Salol 0 gr. iO

Pour faire un crayon de 2 à 3 millimètres de diamètre.

YULVITE ET VULVO- V AGIN ITE. 619

On peut remplacer le salol par l'iodoforme.

S'il y a de l'uréthrite, on prescrira, en même temps que le traitement local, les balsamiques (santal, cubèbe en capsules ou en électuaire) :

% Poudre de cubèbe 10 grammes.

Miel blanc 20 —

A prendre en quatre ou cinq jours.

Quand la vulvo-vaginite passe à Tétat chronique, on insiste sur le traitement général, Thuile de foie de morue, le sirop d'iodure de fer, le séjour à la campagne ou sur les bords de la mer.

A la suite de la vulvite, il se forme parfois une adhérence des petites lèvres, une sorte de membrane qui obstrue en partie l'entrée du vagin; derrière cette membrane, l'hymen est intact. Pour traiter cette affection, il suffit d'inciser sur la sonde cannelée, et de tamponner avec la ouate hydrophile s'il y a hémorrhagie ^

Si l'on veut prévenir l'apparition de la vulvite et de la vulvo-vaginite des petites filles, il faut partir de l'idée que la maladie est contagieuse.

Aux femmes qui ont des flueurs blanches ou des écoulements de quelque nature qu'ils soient, on interdira la communauté du lit et des objets de toilette avec leurs filles. On leur conseillera de traiter ces écoulements. On les préviendra sur le danger des contacts entre un enfant atteint d'ophthalmie et une fillette quelconque qui pourrait porter le pus de provenance suspecte non seulement aux yeux, mais à la vulve.

Dans les pensions de jeunes filles, les hôpitaux, les dispensaires, les stations balnéaires, on proscrira les

i. Chipault, Bull, médical, 1891.

620 MALADIES DES EiNFANTS.

piscines et les bains en commun. On nettoiera à l'eau bouillante les baignoires qui ont servi à des fillettes atteintes de vulvite. Les linges souillés seront trempés dans l'eau bouillante ou le sublimé (1 p. 1 000) avant d'être livrés à la blanchisseuse. Les filles atteintes de vulvo-vaginite aiguë seront exclues de l'école.

ZONA

Le zona, ou herpès zoster, est une névrite spéciale qui peut être spontanée et alors ne récidi-ve pas (fièvre zostérienne de Landouzy), ou provoquée par un traumatisme, une lésion vertébrale, une intoxication, etc. La maladie est caractérisée par l'éruption de groupes herpétiformes disposés le long des trajets nerveux : ces groupes forment, au thorax, une demi-ceinture qui ne dépasse pas ou dépasse peu la ligne médiane ; ailleurs ils sont disposés en bandes longitudinales (nerfs des membres) ou en éventail (zona ophthalmique). Le zona se distingue de l'herpès par le groupement régulier de ses éléments sur le trajet des nerfs. Chez l'enfant, la maladie est très bénigne, peu ou pas douloureuse, sans suites fâcheuses, sans névralgies consécutives.

TRAITEMENT

Le traitement est surtout local; cependant, s'il y a de la fièvre et de l'embarras gastrique (le cas n'est pas rare), on commencera par un purgatif : huile de ricin (10 à 15 grammes), scammonée (25 à 50 centigrammes), sulfate de soude (10 à 20 grammes).

On calmera les démangeaisons qui portent l'enfant à se gratter, et qui pourraient aboutir à des lymphangites,

ZONA. 621

adénites et abcès de voisinage, par des poudrages avec l'amidon ou le mélange suivant :

^ Poudre d'amidon 40 grammes.

Oxyde de zinc 20 —

Acide borique porphyrisé 10

On poudre le zona, et on recouvre le tout d'une couche de coton hydrophile. On maintient le pansement par un bandage et on ne l'enlève qu'au bout de 5 à 6 jours : alors la dessiccation est faite et on peut panser les croûtes avec :

^ Vaseline 30 grammes.

Acide borique 4 —

S'il y avait des phlyctènes par confluence des vésicules, on les percerait avec la pointe d'une lancette flambée, et on panserait comme dans les brûlures.

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