‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 36 sur 308 · APHTES · texte numérisé non relu

APHTES

'% Borate de soude ^ grammes.

Teinture de myrrhe 8 —

Sirop de mûres 60

% Borax ^ grammes.

Teinture de benjoin 2 —

Eau distillée 10 —

Sirop de miel 20

2J Phosphate de soude 10 grammes.

Eau de roses 25 —

Miel rosat ^0 —

% Chlorure de chaux 2 grammes.

Miel 20 -

(BOUCHUT.)

% Acide salicylique 2 grammes.

Alcool à 60^ 10 —

Glycérine 20 —

% Salicvlate de soude. ....... 20 grammes.

Eau distillée 100 —

(HlRTZ.)

% Chlorate de potasse 3 grammes.

Eau distillée 60 —

On peut aussi toucher légèrement chaque ulcération avec un crayon de nitrate d'argent mitigé ou de sulfate de cuivre.

Le phényluréthane ou euphorine a été employé en

Italie :

% Euphorine 5 grammes.

Alcool 30 —

Toucher les lésions au pinceau deux ou trois fois par jour.

On prescrira le lait houilli ou le lait stérilisé, et la consommation du lait des vaches atteintes de fièvre aphteuse ou cocotte sera rigoureusement interdite. Pour éviter la contagion d'enfant à enfant, on aura recours à Tisolement ou tout au moins à la purification de tous les ohjets contaminés (verres, gobelets, ustensiles de cuisine).

APHTES DE BEDNAR

On désigne, sous le nom d'aphtes de Bednar, de petites ulcérations arrondies occupant la partie postérieure de la voûte palatine, et n'ayant rien de commun avec les aphtes vrais précédemment décrits. C'est une lésion banale, qui peut résulter de traumatismes légers mais répétés (nettoyages intempestifs de la bouche des nourrissons), ou compliquerun état général grave (athrepsie), une stomatite parasitaire ou ulcéreuse. La signification clinique des aphtes de Bednar est des plus restreintes, on a fait trop de bruit autour de cette affection.

TRAITEMENT

Outre, l'hygiène générale (allaitement au sein, biberons très propres, lait stérilisé) qui permet de prévenir ces ulcérations, on conseillera l'attouchement au pinceau avec une solution boratée ou chloratée :

% Chlorate de potasse ou borax. , . 5 grammes.

APPENDICITE (Voyez Pérityphlitè)

L'arthritisme est, chez les enfants, une diathèse ou tempérament morbide héréditaire qui se traduit par des traits plus ou moins accusés et prédispose à des maladies nombreuses et diverses (goutte, diabète, obésité, rhumatismes, névralgies et névroses, asthme, migraine, etc.). Les enfants de souche arthritique, c'est-à-dire les descendants des goutteux, des rhumatisants, des diabétiques, des névrosés, des asthmatiques, calculeux, migraineux, peuvent eux-mêmes présenter

ces différentes manifestations qui permettent de les classer sans hésitation dans le groupe morbide dénommé arthritisme ; mais il est bien rare que la diathèse arrive, dans l'enfance, à son entier épanouissement; elle ne produit tous ses effets qu'à l'âge adulte, et l'enfance n'en présente généralement qu'une ébauche, qu'une esquisse inachevée.

A quoi reconnaît-on le tempérament arthritique chez les enfants ? A des troubles fonctionnels, à des indispositions particulières, à un faciès quelquefois spécial. On soupçonnera l'arthritisme, chez un enfant, à certaines manifestations cutanées qui se reproduisent fréquemment ou présentent une certaine ténacité, aux sueurs faciles de la face et du cou, aux eczémas secs, aux affections prurigineuses; aux fluxions soudaines et récidivantes du côté des muqueuses oculaires et nasales, aux coryzas avec éternuements répétés, aux épistaxis, aux poussées de pharyngite, de laryngite, de bronchite, avec toux spasmodique ; aux perturbations et perversions de l'appétit, de la digestion (boulimie ou anorexie, flatulences, douleurs gastro-intestinales, alternatives de diarrhée et de constipation); aux troubles du système nerveux (irritabilité du caractère, agitation, impressionnabilité extrême, mobilité, nervosisme, céphalalgie). Les arthritiques sont très sensibles au refroidissement, ils sont, dans le bas âge, prédisposés aux convulsions.

TRAITEMENT

Le J)^ H. Cazalis, qui a publié une bonne étude sur l'hygiène et le régime des arthritiques ^ et qui trouve, dans l'arthritisme, une irritabilité spéciale, une déchéance du tissu conjonctif, donne les conseils suivants :

• 1. Paris, 1891.

« La peau, les muqueuses, tout l'ensemble du tissu conjonctif semblant chez Tarthritique des tissus mal constitués d'une étoffe qui s'use et cède aisément, il faudra tout d'abord fortifier, améliorer la peau, éviter aux muqueuses sensibles toutes causes d'irritation. » On stimulera les fonctions de la peau par l'hydrothérapie chaude plutôt que froide, par les frictions au gant de crin ou de laine, par les frictions alcooliques, par le massage, par la gymnastique. L'enfant, étant très sensible au refroidissement, devra porter de la flanelle été comme hiver; on recherchera pour lui une habitation saine, c'est-à-dire sèche, exposée au midi, un climat également sec et chaud (Méditerranée).

Le jeune arthritique devra être sobre ; il mangera à heures fixes, lentement, sans gloutonnerie, sans excès; l'alimentation sera mixte : viandes, œufs, légumes, fruits, lait. Il faut se défier surtout des excès de viande, des viandes rôties saignantes données aux enfants pour les fortifier et des toniques alcooliques en général (vins de quinquina, élixirs, etc.). Les boissons fermentées seront prises avec discrétion et étendues d'eau. On recommandera le grand air, les exercices du corps, les jeux, l'escrime, l'équitation, la bicyclette, etc. On évitera, autant que possible, le surmenage intellectuel et la sédentarité scolaire.

L'été, on conduira les enfants dans une station thermale, dont le choix sera dicté par la prédominance de telle ou telle manifestation morbide. Si l'enfant est gros et gras, s'il a des douleurs, des raideurs articulaires, une tendance à la goutte, à l'obésité, au rhumatisme vague, on le conduira à Aix-les-Bains,oii il sera douché et massé. S'il est nerveux et irritable, il trouvera la sédation désirée à Néris, à Bagnéres-de-Bigorre. S'il est anémique, mou, lymphatique, il ira à la Bourboule,

ASCARIDES LOMBRICOÏDES. 53

à Royat, à Saint-Nectaire. S'il est dyspeptique, s'il a des alternatives de diarrhée et de constipation, du ballonnement du ventre, de la gastro-entéralgie, il trouvera du soulagement à Plombières, Bourbon-Lancy. S'il a le foie gros, le faciès jaune, on le dirigera sur "Vichy ou Fougues. Si ses urines laissent déposer un sable rouge, il ira à Contrexéville ou à Évian. S'il a de la constipation chronique, on essaiera Châtel-Guyon ou Miers.

ASCARIDES LOMBRICOÏDES

Les ascarides lombricoïdes sont des vers cylindriques analogues aux vers de terre. Leurs extrémités sont amincies, leur corps est strié transversalement ; la tête présente une dépression circulaire surmontée de trois valvules mobiles armées de crochets. Le mâle, long de 15 à 16 centimètres, présente une extrémité postérieure recourbée, et munie d'un double pénis arqué. Les femelles, plus longues (20 à 25 centimètres) sont trois ou quatre fois plus nombreuses que les mâles. Les œufs, innombrables, sont ovoïdes, formés de deux enveloppes : l'externe mamelonnée et mûriforme, l'interne lisse. Ils ont 75 u. de long sur 58 p- de large. Ces œufs expulsés avec les matières fécales peuvent souiller les sources, et pénétrer de nouveau dans le corps humain avec l'eau potable et les légumes arrosés par elle. Les lombrics, inconnus chez les nourrissons au sein, sont communs dans la seconde enfance, surtout à la campagne où les eaux d'alimentation sont mal captées, mal défendues contre les infiltrations et non filtrées. Ils habitent l'intestin grêle, mais peuvent émigrer dans l'estomac, l'œsophage, la bouche, les voies aériennes, etc.

Le diagnostic, vu la complexité des accidents directs et indirects attribués aux lombrics, doit reposer uni-

quement sur la constatation directe des vers ou des œufs ; on examinera les matières fécales au microscope.

TRAITEMENT

La première indication est de tuer et d'expulser le er; la seconde, de combattre les accidents qui en dépendent ; la troisième, d'en prévenir le retour. Tous les purgatifs, en provoquant les contractions intestinales, peuvent contribuer à chasser les lombrics ; au premier rang de ces purgatifs, figurent le calomel et Fhuile de ricin.

Mais on ne les emploie généralement pas seuls, on leur associe les ve)'micides, dont l'action est souveraine.

Le plus célèbre et le plus sûr des vermicides est le semen contra ou son principe actif la santonine.

On peut prescrire :

% Semen contra 2 grammes.

Sucre en poudre 2 —

Pour un paquet à prendre dans un peu de lait,

% Semen contra en poudre 2 grammes.

Mousse de Corse 2 —

Valériane 1 —

Calomel 0 gr. 20.

Pour 2 paquets; un le matin, pendant deux jours de suite.

% Mousse de Corse 8 grammes.

Semen contra i —

Faites infuser dans Lait 125 —

Ajoutez Sirop de mauve 30 —

Prendre le matin à jeun, pour un enfant de 8 à 10 ans.

(Yeillard.)

% Mousse de Corse 10 grammes.

Infusez dans Eau 100 —

Passez et ajoutez Sirop 20 —

A prendre en 3 fois.

% Mousse de Corse 5 grammes.

Sucre 20 —

Lait bouillant 100 —

Prendre le matin.

ASCARIDES LOMBRICOÏDES. 55

La santonine est très employée ; on fait des pastilles contenant 1 à ^2 centigrammes de santonine ; on en prescrira 3 à 6 par jour, suivant l'âge de l'enfant o à 10 ans). Parfois il y a des accidents dus à la santonine, la xanthopsie notamment.

% Santonine 0 gr. 18.

Calomel à la vapeur 0 gr. 18.

Sucre de lait 4 gr. 50.

Faire 9 paquets, 3 paquets le matin à une heure d'intervalle pendant 3 jours consécutifs.

(Demme.)

% Semen contra pulvérisé îj grammes.

Calomel à la vapeur 2 —

Extrait d'absinthe et glycérine. . . q. s. Pour 40 pilules, 3 à 6 par jour suivant l'âge.

% Poudre de semen contra. \ ~ .^

-^ ^ . r 1 ■ .1 aa . . 10 grammes.

Poudre d absmthe. ) ^

Calomel 5 —

Prendre, le matin à jeun, un gramme de ce mélange dans un peu de lait ou de miel.

% Semen contra en poudre 0 gr, 08.

Calomel à la vapeur 0 gr. 02.

Camphre 0 gr. 03.

Sirop simple q. s.

Pour une pilule, 2 à 5 le soir.

(Chaussier.)

On peut associer le semen contra à la mousse de Corse, qui est un bon vermicide.

% Semen contra . 10 grammes.

Infusez dans eau bouillante. ... 100 —

Passez et ajoutez sirop de mousse

de Corse 30 —

Prendre en une fois le matin.

% Santonine. / ~ ,. -a

c, 1^ ^ . r. > aa 0 s:r. oO.

Sulfate de fer. \

Sucre vanillé 5 grammes.

Pour 10 doses, une le matin.

% Santonine 0 gr. 10.

Calomel à la vapeur 0 gr. lo.

Sucre de lait 1 gramme.

(BOUCHUT.)

A prendre en une fois, pour un enfant de dix ans.

Après l'administration de la santonine ou de la mousse de Corse, on peut balayer l'intestin avec le purgatif suivant :

% Calomel 2 grammes.

Poudre de rhubarbe 2 —

— de scammonée 2 —

Sucre 6 —

(Bull.) 30 à 60 centigrammes en une fois dans une cuillerée de lait.

Comme adjuvant on prescrira la tisane suivante faite avec 10 grammes pour 500 :

% Absinthe. j

Tanaisie. f ~ 2 nO

Fleurs de camomille. | • • • ë •

Semen contra. '

Les lavements sont moins efficaces, on a prescrit :

% Semen contra 5 grammes.

Eau bouillante 100 —

Pour un lavement.

% Mousse de Corse 15 grammes.

Semen contra 10 —

Eau bouillante 200 —

% Santonine 0 gr. 10.

Alcool de menthe 10 grammes.

Eau tiède 200 —

% Feuilles sèches de tabac 2 grammes.

Eau bouillante 250 —

Le naphtol, pris à la dose de 45 centigrammes en trois fois, a fait rendre, à une fille de 16 ans, 34 ascarides lombricoïdes (Dubois de Yillers-Bretonneux).

On a vu des paquets de lombrics déterminer des accidents d'obstruction intestinale. Dans ces cas, les vermicides ne suffisent plus, on les fera suivre de purgatifs assez énergiques. On a été conduit parfois à faire la laparatomie (D. Simon). S'il y a des convulsions, on agira comme il est indiqué à l'article Convulsions.

Pour prévenir le retour des ascarides on a conseillé

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