BRONCHITE PSEUDO-MEMBRANEUSE
La bronchite pseudo-membraneuse s'observe, très rarement il est vrai, dans la seconde enfance (8 cas entre 8 et 15 ans, — P. Lucas-Championnière) ; elle peut coïncider avec la tuberculose, l'asthme, l'emphysème. Elle a pour caractéristique la formation d'exsudats blanchâtres, pseudo-membraneux, dans les ramifications bronchiques. Elle pourrait être confondue avec la diphtérie prolongée de M. Cadet de Gassicourt; mais outre l'absence de stroma fibrineux et la présence de mucine, elle s'en distinguerait par l'absence de bacilles diphtériques. Les enfants sont sujets à des quintes de toux suffocantes, suivies parfois de l'expectoration de moules ramifiés, d'arborisations membraneuses spéciales. L'auscultation fait entendre, dans quelques cas, un bruit de flottement ou de drapeau, et le plus souvent un silence apnéique dans certaines régions du poumon.
La maladie est essentiellement chronique.
TRAITEMENT
Pour favoriser le détachement des membranes qui causent la dyspnée et menacent l'enfant d'asphyxie, on donnera un vomitif de temps à autre (ipéca). Ventouses sèches, cataplasmes sinapisés, frictions stimulantes.
On prescrira également les balsamiques, tolu, térébenthine, cubèbe, dont l'action sur les muqueuses respiratoires est certaine.
% Extrait oléo-résineux de cubèbe. . 2 grammes.
Sirop de tolu 60 —
Sirop de térébenthine 40 —
Une cuillerée à soupe matin et soir dans une tasse de lait.
% Terpine 0 gr. 60.
Cognac 20 grammes.
Sirop de goudron 20 —
A prendre en trois fois dans la journée.
On insistera sur l'huile de foie de morue, le sirop d'iodure de fer, le séjour dans le Midi pendant l'hiver, les cures d'eaux sulfureuses pendant l'été (Challes, Cauterets, Luchon, Saint-Honoré, AUevard, etc.)
BRONCHO-PNEUMOME
La broncho-pneumonie est une maladie infectieuse, contagieuse parfois, qui sévit principalement sur les enfants du premier âge. Elle peut être due au streptocoque, au bacille de Friedlànder, au pneumocoque. Quelquefois primitive, succédant à une bronchite a frigore^ elle est le plus souvent secondaire à la rougeole, à la coqueluche, à la diphtérie, à la grippe, et c'est ce qui en fait la gravité.
Elle se traduit par des râles de bronchite disséminés et par des foyers fixes ou mobiles de souftle, de râles
crépitants ou sous-crépitants, de submatité. L'état général est plus ou moins gravement atteint; la dyspnée est très prononcée, rabattement notable. Il y a, dans la broncho-pneumonie, une mobilité des signes qui en rend le diagnostic parfois difficile; quand un souffle entendu la veille a disparu ou changé de place le lendemain, on doit admettre |qu'il est dû à la congestion pulmonaire.
Une simple bronchite fébrile avec poussées de congestion pulmonaire peut en imposer pour une bronchopneumonie. Quand la broncho-pneumonie est pseudo^ lohaire, l'étendue de la matité, du souffle, la gravité de l'état général font penser à la pneumonie; mais l'évolution de celle-ci est bien différente.
Le diagnostic de la nature de la broncho-pneumonie est surtout difficile dans les formes traînantes et subaiguës : la tuberculose pulmonaire est alors souvent en cause ; on tiendra un grand compte de la prédominance des signes physiques aux sommets.
TRAITEMENT
Le traitement général tonique et reconstituant est indiqué dans tous les cas ; on alimentera les enfants (lait, crèmes, gelées de viande); on donnera du vin (malaga, grenache, marsala) étendu d'eau, ou une potion au cognac.
% Infusion de mélisse 60 grammes.
Cognac 20 —
Sirop de quinquina. ) ~ , .
— de fleurs d oranger. )
Une cuillerée à café d'heure en heure.
(Roger.)
La quinine servira à abattre la fièvre et à remonter l'enfant; on la donnera à la dose de 10 centigrammes pour un enfant de 12 mois, en augmentant de 5 ou 10
centigrammes par année d'âge. On peut donner les sels de quinine par la bouche, en injections sous-cutanées, en lavements, en suppositoires.
Par la bouche :
% Infusion de café 20 grammes.
Sucre en poudre 5 —
Sulfate de quinine 0 gr. 10 à 20.
Pour un enfant de 1 à 2 ans.
D'après le D'' Créquy, le jus de réglisse masque également bien l'amertume de la quinine.
En injections sous-cutanées, on prescrira :
% Eau distillée 10 grammes.
Chlorliydrosulfate de quinine ... 2 —
Ou bien :
% Chlorhydrate de quinine 1 gramme.
Eau distillée 4 —
i/2 à 2 seringues de Pravaz par jour.
En suppositoires, on formulera :
% Beurre de cacao 2 grammes.
Bromhydratc de quinine 0 gr. 10 à 20.
Au début, quand Tenfant n'est pas déprimé, on peut donner un vomitif (ipéca, sulfate de cuivre, apomorphine). Il ne faut avoir recours à ces remèdes que s'il y a une dyspnée intense avec encombrement bronchique.
On donnera, pour la même raison, le kermès ou l'oxyde blanc d'antimoine :
% Kermès minéral G gr. 10.
Benzoate de soude 1 gramme.
Eau de laurier-cerise 1 —
Sirop de gomme 80 —
Par cuillerées à café de 2 en 2 heures.
L'action diurétique de l'oxymel scillitique peut être associée à l'action expectorante de l'oxyde d'antimoine :
% Oxyde blanc d'antimoine 0 gr. 50.
Infusion de polygala 50 grammes.
Oxymel s'cillitique 15 —
Par cuillerées à café, d'heure en heure.
Ces médicaments conviennent sm^tout pour attaquer la congestion, quand elle prédomine.
S'il y a toux quinteuse avec agitation, on donnera Tantipyrine :
% Antipyrine 0 gr. 30 à 50.
Sirop de quinquina 30 grammes.
Sirop de tolu 30 —
Eau de menthe 30 —
Par cuillerées à café, d'heure en heure, chez un enfant de 3 ans.
S'il y a affaiblissement du cœur, on aura recours à la digitale, à la caféine, à l'éther, en injections sous-cutanées ;
% Poudre de digitale 0 gr. 05.
Infuser dans eau bouillante. ... 60 grammes.
Ajoutez sirop de café 30 —
A prendre par cuillerées à dessert dans la journée pour un enfant de 3 à 6 ans.
Quand il y a tendance à la cyanose, on donnera :
% Acétate ou carbonate d'ammoniaque. 1 gramme.
Rhum 10 —
Sirop d'éther 20
Infusion de mélisse 80 —
Par cuillerées à café d'heure en heure.
En même temps on fera inhaler l'oxygène, on frictionnera l'enfant avec des flanelles chaudes imbibées de baume de Fioravanti, d'eau de Cologne ou d'alcool camphré.
Localement, on usera largement des ventouses sèches, de la teinture d'iode, des cataplasmes sinapisés; quant au vésicatoire, son action m'a paru douteuse: on en usera avec beaucoup de mesure et de discernement à cause de l'affaiblissement qu'il peut entraîner. Il est
absolument contre-indiqué dans la broncho-pneumonie diphtérique. On mettra à l'enfant des bottes d'ouate entourées de taffetas gommé.
L'hyperthermie, l'agitation, le délire seront combattus par les bains froids. On prescrira un bain à 25° toutes les deux ou trois heures, pendant 10 à 15 minutes. On pourra, dans quelques cas, pour les enfants les plus grands, abaisser la température du bain à 20''.
Après le bain, on enveloppe l'enfant dans une couverture de laine, on le frictionne, on lui fait prendre du café ou du grog chaud.
A défaut de bain, on a conseillé le drap mouillé, les compresses glacées sur la poitrine. Le bain tiède est recommandé par M. Cadet de Gassicourt à titre de calmant.
On s'abstiendra de l'opium, à cause de son action stupéfiante et de l'intolérance que les enfants présentent pour ce médicament; M. Cadet de Gassicourt s'abstient également de belladone. S'il y a indication de provoquer le sommeil, on s'adressera au chloral (10, 15, 20, 50 centigrammes en potion ou en lavement). Après guérison, on donnera les reconstituants, l'huile de morue, le fer, le quinquina; on conseillera le séjour à la campagne, une cure aux Eaux-Bonnes ou au Mont-Dore. Dans les formes chroniques, on insistera sur l'huile de morue, l'arsenic :
% Eau distillée 200 grammes.
Arséniate de soude 0 gr. 05.
Une à deux cuillerées à café par jour.
(Cadet de Gassicourt.)
HYGIÈNE THÉRAPEUTIQUE
L'enfant sera maintenu au lit, dans une chambre vaste, aérée, chauffée à 18 ou 20°. On ventilera largement, et au besoin on changera l'enfant de chambre.
Pour entretenir une humidité favorable, on vaporisera de l'eau boriquée sur un fourneau ou avec un pulvérisateur à vapeur. L'enfant sera alimenté, autant que le permettra son état, avec du lait, du bouillon, des crèmes, des potages. On insistera sur l'alimentation au moment de la convalescence, et on joindra aux liquides précédents, des purées de viande et de légumes, des œufs, des panades à la biscotte de Bruxelles ou au pain de légumine.
Tout enfant atteint de bronchite ou même de coryza aigu sera gardé à la chambre, pour éviter les refroidissements et la broncho-pneumonie qui pourrait en être la suite.
Tout enfant atteint de rougeole sera également gardé à la chambre tant que le catarrhe bronchique n'aura pas disparu.
Les coqueluches fébriles et catarrhales seront traitées de la môme façon. Les enfants trachéotomisés seront placés dans une chambre chaude ('20°) ; leur cou sera entouré d'une cravate épaisse de gaze.
Toutes ces précautions ont pour but d'éviter le refroidissement des bronches et du poumon, qui pourrait se traduire par une broncho-pneumonie.
La diarrhée infectieuse pouvant se compliquer de broncho-pneumonie(Sevestre),en traitantcette diarrhée, on fera en môme temps la prophylaxie de la bronchopneumonie.
De plus, on fera l'antisepsie de la bouche, de la gorge, des fosses nasales, chez les enfants atteints de rougeole, fièvre typhoïde , diphtérie (gargarismes , irrigations, pulvérisations avec l'eau boriquée, phéniquée, salicylée). On isolera les enfants atteints de broncho-pneu-
BRULURES. 89
monie, et on désinfectera les locaux habités par eux, les objets souillés par leurs crachats ou leurs déjections.
Dans les hôpitaux, on cherchera à éviter l'encombrement favorable à la production de la broncho-pneumonie, à sa propagation, à son aggravation. L'isolement cellulaire serait l'idéal ; à son défaut, au lieu d'enfermer 20, 30 coquelucheux ou rougeoleux dans la même salle, on fera la prophylaxie de la broncho-pneumonie en ne mettant que i ou o enfants dans la même salle. Il faut en un mot éviter l'encombrement. M. Sevestre a insisté avec raison sur ce point.
BRULURES
Les brûlures sont très fréquentes chez les enfants, et leur traitement s'impose avec urgence à tous les médecins.
TRAITEMENT
Gapitan conseille de laver la plaie à l'eau boriquée (3 ou 4 pour 100) ou au sublimé (1 pour 2 000), de percer les phlyctènes et d'enduire largement avec :
Salol 4 —
Chlorhydrate de cocaïne 0 gr. :?5.
On applique, par -dessus la pommade, de minces gâteaux d'ouate hydrophile imbibés de sublimé à 1 pour 2 000 et exprimés fortement; on superpose plusieurs de ces gâteaux et on enveloppe le tout de taffetas gommé ou de gutta- percha laminée.
On change tous les trois jours.
Fato et Gabatelli conseillent aussi le salol; on lave la partie brûlée, on vide les phlyctènes, et on applique de petits linges enduits de la pommade :
% Lanoline 100 grammes.
Salol 3" —
On renouvelle le pansement deux ou trois lois par jour.
Reclus donne la préférence à l'iodoiorme :
^ lodoforme 1 gramme.
Acide borique. 1 ~ „
Antipyrine. î *^
Vaseline 50 —
Richtmann préconise l'aristol :
% Aristol 3 grammes.
Huile d'olives 20 —
Lanoline 77 —
Wertheimer conseille :
% Eau de chaux 60 grammes.
Huile de lin 60 —
Thymol 0 gr. 05 à 10.
On lave les parties malades à Teaii boriquée tiède ; on applique des couches de gaze hydrophile imbibées du Uniment oléo-calcaire thymolé, eton maintient par une bande de gaze. Renouveler le pansement tous les deux jours.
On peut employer de la même façon :
% Sous-nitratc de bismuth 9 grammes.
Acide borique 4 gr. 50.
Lanoline 70 grammes.
Huile d'olive 20 —
On donne en même temps, matin et soir, une cuillerée à café ou à soupe, suivant l'âge, de la potion suivante :
% Chloral 1 gramme.
Sirop d'écorces d'oranges 15 —
Eau distillée 50 —
Siebel préfère la pommade suivante :
% Europhène 3 grammes.
Huile d'olive 7 —
Vaseline 60 —
Lanoline 30 —
Bidder lave la brûlure avec une solution faible de