CONGESTION PULMONAIRE
La congestion pulmonaire aiguë, bien étudiée par M. Cadet de Gassicourt, se distingue de la pneumonie par sa durée éphémère et la fugacité des signes physiques (souffle, râles crépitants) qui la traduisent à l'auscultation. Quelques médecins n'y voient qu'une pneumonie abortive, et, dans un cas, d'Espine et Picot auraient rencontré le pneumocoque. A côté de la congestion pulmonaire aiguë, il faut ranger la splénopneumonie, forme plus durable décrite par M. Grancher,
118 aiALADIES DES ENFANTS.
et simulant par quelques traits la pleurésie. La ponction exploratrice dans ce cas servira au diagnostic. Le traitement des congestions pulmonaires secondaires est exposé à l'article Broncuo-pneumonie.
TRAITEMENT
On pourrait à la rigueur s'abstenir et attendre la défervescence qui survient dans les 24, 36, 48 heures. Mais il est indiqué de soulager le malade anxieux et anhélant par les ventouses sèches, les cataplasmes sinapisés, les vomitifs ou expectorants. On doit, à mon avis, s'abstenir de vésicatoires. Mais si la congestion est violente, je conseille d'appliquer quelques ventouses scarifiées (3 à 6).
Si la dyspnée est forte, on donnera un ipéca (50 centigrammes à 1 gramme dans 50 grammes d'eau sucrée ou de sirop). On fera inhaler de l'oxygène. Un purgatif pourra remplacer le vomitif.
La potion expectorante suivante sera prescrite :
% Eau distilléo 40 grammes.
Sirop de pol^'gala 30 —
Kermès minéral 0 gr. 05.
Par cuillerées à café d'heure en heure pour un enfant de 1 à 2 ans.
L'oxymel scillitique est un bon médicament à prescrire :
% Eau de tilleul 40 grammes.
Sirop de tolu 20 —
Oxymel scillitique 10 —
Par cuillerées à dessert de 2 en 2 heures.
Si la congestion se reproduit trop fréquemment, on donne l'ergot de seigle pulvérisé (20 à 30 centigrammes mêlés à de la confiture) ou l'ergotine :
% Ergotine 0 gr. 20.
Eau de menthe 40 grammes.
Sirop de guimauve 40 —
Par cuillerées dans la journée. — Diète lactée.
CONJONCTIVITES AIGUËS, 119
CONJONCTIVITES AIGUËS
Les inflammations de la muqueuse oculaire sont très communes; je parle ailleurs de la conjonctivite des nouveau-nés (voyez Ophtalmies des nouveau-nés), de la conjonctivite diphtérique (voyez Diphtérie). Les autres variétés reconnaissent pour cause habituelle la contagion, et pour agents pathogènes le staphylocoque et le streptocoque.
On voit souvent l'impétigo contagiosa se traduire à l'œil par une conjonctivite vésiculeuse ou phlycténoïde. On observe fréquemment chez les écoliers une forme de conjonctivite catarrhale très contagieuse , quoique peu grave, qui se traduit par une injection des plus vives, par une sécrétion abondante, avec ou sans photophobie. La varicelle peut déterminer une conjonctivite vésiculeuse.
Les corps étrangers, poussières, le froid peut-être, donnent lieu à une conjonctivite simple. Toutes ces variétés sont bénignes quand elles sont bien traitées; et , quelle qu'en soit la cause, le même traitement convient à toutes.
TRAITEMENT
Outre les soins de propreté à prendre dans tous les cas (lavages fréquents , irrigations avec l'eau boriquée tiède, ou l'eau simplement bouillie), on instillera matin et soir, dans l'œil malade, une goutte du collyre suivant :
^ Sulfate de zinc 0 gr. 10.
Eau distilli'C 10 grammes.
Si l'inflammation ne cède pas, on renforcera le titre de la solution :
^ Sulfate de zinc 0 gr. 20.
Eau distillée 10 grammes.
En même temps on appliquera, sur les bords palpébraux, la pommade suivante :
% Vaseline 0 gi\ 10.
Précipité jaune Û gr. 20.
S'il y a une vésicule , on la touchera avec un crayon de nitrate d'argent mitigé ou de sulfate de cuivre.
Si la vésicule empiète sur la cornée et cause de la photophobie, on instillera une goutte du collyre :
% Eau distillée 10 grammes.
Sulfate d'atropine 0 gr. 03.
Pour garantir les enfants contre les atteintes de la conjonctivite aiguë, on isolera tous ceux qui serontmalades et on les exclura de l'école. La conjonctivite aiguë des écoliers guérit d'ailleurs très vite (8 à 10 jours) avec un bon traitement.
CONJONCTIVITES CHRONIQUES
La conjonctivite aiguë peut passer à l'état chronique, principalement chez les sujets scrofuleux ou arthritiques; elle coïncide souvent alors avec la blépharite. Souvent, en renversant la paupière inférieure, on aperçoit des granulations rouges, fongueuses, friables : c'est la conjonctivite granuleuse.
TRAITEMENT
On insistera sur le traitement général, l'huile de foie de morue, le sirop d'iodure de fer. Localement, on agira par les pommades mcrcurielles :
% Vaseline. ) ,. -
Lanoline, j^^ ^ grammes.
Précipite jaune 0 gr. 20.
S'il y a des granulations, on fera tous les jours ou
tous les deux jours des cautérisations avec le crayon mitigé de nitrate d'argent.
On conseillera les eaux minérales chlorurées sodiques, arsenicales et sulfureuses.
La constipation est commune dans la première et surtout dans la seconde enfance; elle résulte, soit d'une prédisposition héréditaire, soit d'une mauvaise hygiène.
L'allaitement artificiel, qui cause si souvent la diarrhée, amène quelquefois une constipation opiniâtre. Certains enfants restent un ou deux jours sans aller à la garde-robe, cependant leur santé n'en est pas troublée; d'autres sont agités, poussent des cris, ont des vomissements, parfois même de la fièvre.
TRAITEMENT
Chez les nouveau-nés qui n'ont pas rendu leurs méconium, on a l'habitude de donner un peu de sirop de chicorée : cela est inutile le plus souvent; il suffit d'introduire dans le rectum une sonde de Nélaton trempée dans la vaseline, l'huile, ou mieux la glycérine, pour provoquer une évacuation.
Un petit suppositoire au beurre de cacao ou au savon remplit le même but.
J'ai pour principe de n'introduire une drogue dans l'estomac des nouveau-nés que si je ne puis pas faire autrement.
Dans la première enfance, on n'usera des purgatifs qu'avec beaucoup de ménagements, et on s'adressera de préférence aux moyens mécaniques agissant sur l'intestin.
On pourra donner un lavement à l'aide d'une poire
en caoutchouc, de la contenance de 50 à 100 grammes, munie d'une petite canule en os ou en ivoire.
L'eau tiède, la décoction de guimauve, de graines de lin, seront employées de préférence; on ajoutera une cuillerée à café de glycérine, d'huile ou de miel.
% Décoction de racines de guimauve. 60 grammes.
Miel de mercuriale 10 —
Pour un lavement.
Les lavements, à la longue, rendent l'intestin paresseux en le distendant et le paralysant.
Je recommande vivement les suppositoires à la glycérine employés depuis quelques années. On trouve, dans la pharmacie : 1° des suppositoii^es creux au beurre de cacao contenant 50 centigrammes ou un gramme de glycérine suivant l'âge (première ou seconde enfance) ; 2*^ des ovules en glycérine solidifiée; S'' des balles rectales en glycérine solidifiée.
Les suppositoires au beurre de cacao s'introduisent facilement, à cause de leur onctuosité. Les suppositoires en glycérine solidifiée seront préalablement huilés, ou passés à la flamme d'une bougie, avant leur introduction ; ils sont d'un emploi moins facile que les précédents.
Au bout de 5 à 10 minutes, la fusion du suppositoire dans le rectum met la glycérine en liberté et provoque des contractions intestinales.
Si l'effet tarde à se produire , on peut introduire un second suppositoire semblable ou formuler un autre suppositoire plus actif :
% Beurre de cacao 2 grammes.
Glycérine 0 gr. 50.
Aloès 0 gr. 10.
Extrait de belladone 0 gr. 01.
Faire un suppositoire creux avec le beurre de cacao, et y introduire les substances actives énumérées.
Les purgatifs employés chez les enfants nouveau-nés sont : le sirop de chicorée, le sirop de fleurs de pêcher, l'huile d'amandes douces, qu'on peut prescrire par cuillerées à café le matin à jeun.
Le calomel se donne dans un peu de lait, à la dose de 1 à 5 centigrammes.
On prescrira la magnésie associée au sucre ou granulée :
% Magnésie calcinée \ partie.
Sucre 3 parties.
Granulez; 1 à 2 cuillerées à café.
A mesure que l'enfant avance en âge, on aura recours à des purgatifs plus énergiques ou à des doses plus fortes.
L'huile de ricin, malgré son mauvais goût, joue un grand rôle; on peut la faire accepter en l'associant à d'autres substances :
% Huile de ricin lo grammes.
Jaune d'œuf n° 1.
Infusion de café 60 grammes.
Sucre 20 —
Faire une t'aiulsion.
% Huile de ricin 10 grammes.
Glycérine. 10 —
Essence de menthe II gouttes.
% Huile de ricin. )
,,• T > aa lo grammes.
Sirop de gomme. S *=
(Blache.)
Une cuillerée à café tous les matins pour les enfants du premier âge.
On peut encore donner l'huile de ricin mêlée au lait sucré, au jus de citron, au jus d'orange.
La manne se prescrit à la dose de 20 à ;^0 grammes dans un peu de lait tiède ou dans la potion suivante :
% Eau bouillante 100 grammes.
Manne en larmes 30 —
Follicules de séné 4 —
Poudre de café torréfié 10 —
Passez et faites prendre dans la journée.
(Sevestre.)
Monti prescrit :
% Mannite cristallisée o grammes.
Eau distillée 100 —
Une cuillerée à café toutes les heures. Ferrand :
% Manne en larmes 50 grammes.
Magnésie calcinée 10 —
Fleur de soufre lavée 10 —
Miel blanc 30 —
Une ou deux cuillerées à soupe dans une tasse de thé ou de lait chaud.
La scammonée, à cause de son iusipidité, est d'un usage fre'quent chez les enfants; on donne 25 ou 50 centigrammes dans un peu de lait sucré.
Ou bien :
% Résine de scammonée 0 gr, 50.
Sucre blanc . . 20 grammes.
Lait 100 " —
A prendre en une fois.
% Scammonée 0 gr. 20.
Sucre 10 grammes.
Lait 60 —
Pour un enfant de 2 à .3 ans.
% Calomel 0 gr. 10.
Scammonée 0 gr. 30.
Sucre de lait pulvérisé 4 grammes.
Faire 10 prises, une toutes les heures, jusqu'à effet.
(H. Roger.)
On donne également la rhubarbe, en poudre, mêlée au sucre :
% Rhubarbe 1 gramme.
Sucre en poudre 1 —
En une fois dans une cuillerée de lait
% Teinture de Baume I goutte.
— de rhubarbe XX —
Au commencement du repas, dans du lait. % Magnésie calcinée. \
Rhubarbe. | âa ,5 grammes.
Oléosaccharure d'anis. )
Trois pincées par-jour.
(Wyeth.)
Une autre résine, le podophylin, a été prescrite par Bouchut sous cette forme :
% Podophylin 0 gr. Oo.
Alcool rectifié o grammes.
Sirop de guimauve 95 —
Une à deux cuillerées à café.
On peut prescrire aussi les pilules suivantes :
% Podophylin 0 gr. 01.
Extrait de belladone 0 gr. 01.
Excipient et glycérine 5 grammes.
Pour une pilule; une à trois par jour.
Les sels purgatifs suivants sont usités :
% Sulfate de soude 10 grammes.
Sirop de framboises 40 —
Eau 60 -
Ya\ une fois, le matin à jeun.
% Tartrate de soude 10 grammes.
Sirop de limon 30 —
Eau "0 —
% Citrate de magnésie 10 grammes.
Sirop de cerises 30 —
Eau 70 —
Gomme laxatifs, on peut donner la graine de lin ou de psyllium (une cuillerée à café le matin), les pruneaux, le jus ou la tisane de pruneaux.
Parfois le massage abdominal, Télectrisation (un pôle dans le rectum, l'autre sur la paroi abdominale) ont triomphé des constipations persistantes.
Si les enfants sont des fils d'arthritiques, on les enverra à Bourbon-Lancy. Châtel-Guyon se recommande aussi dans le traitement de la constipation chronique.
HYGIÈNE THÉRAPEUTIQUE
L'enfant ne restera pas enfermé; on le fera sortir tous les jours, surtout après les repas. Ceux-ci seront surveillés : l'enfant devra manger doucement, mâcher
avec soin ; il boira peu (eau roiigie, lait, bière étendue d'eau) ; il ne prendra rien en dehors des repas. Les aliments herbacés (épinards, salades cuites, oseille) sont recommandés; de même les fruits cuits (pruneaux, marmelades). Les mets lourds (pâtisserie, charcuterie), les mets sucrés, les bonbons seront interdits, ainsi que les fruits secs et les fromages cuits, les œufs durs, les sauces épicées. On donnera le pain de froment complet avec le son (pain de Graham), le pain d'épices, le miel. Si l'enfant est au sein, on surveillera le régime de la nourrice, qui ne devra pas abuser des spiritueux; elle ne boira pas de vin pur, mais plutôt de la bière; elle s'abstiendra des viandes noires, des fécules en excès, et usera des légumes herbacés, fruits, etc. Après la tettée, on fera prendre quelques gouttes d'eau de Vais ou de Vichy au nourrisson. On réglera le nombre et la durée des tettées. On donnera des bains. On habituera les enfants paresseux à se présenter tous les jours à la garde-robe, à heure à peu près fixe.
Les convulsions (éclampsie infantile) sont des accidents très fréquents et très redoutables dans la première enfance.
Elles se caractérisent par la perte subite de connaissance, avec insensibilité, convulsions des yeux et des membres, écume à la bouche, tous symptômes qu'on retrouve dans l'attaque d'épilepsie. Beaucoup d'enfants sujets aux convulsions sont d'ailleurs épileptiques.
Il est très important, mais souvent très difficile, de savoir la cause des convulsions. Outre les convulsions essentielles, sine materia, d'enfants nerveux, issus de parents nerveux, ou alcooliques, ou dégénérés, il y a
des convulsions dues à la fièvre (début des maladies aiguës), à une lésion du cerveau (syphilis, tubercule, etc.), ou à un traumatisme accidentel. On fera déshabiller l'enfant pour se mettre à l'abri des causes d'erreur, et on tiendra bon compte des commémoratifs, de l'interrogatoire des parents, du régime de l'enfant (allaitement artificiel, etc.).
TRAITEMENT
Au moment de l'attaque, on fera desserrer les vêtements de l'enfant, on le placera au grand air, la fenêtre ouverte. On donnera immédiatement un lavement d'eau de savon ou d'eau salée ; on peut également ajouter à l'eau du lavement une cuillerée de miel, d'huile ou de glycérine.
Voici quelques formules de lavements antispasmodiques :
% Musc 0 gr. 20.
Hydrate de chloral. . .^ 0 gr. 30.
Camphre 1 gramme.
Jaune d'œuf n° 1.
Eau distillée 100 grammes.
% Chloroforme 1 gramme.
Jaune d'œuf n" i.
Délayez, et ajoutez : Gomme. ... 6 grammes.
Eau 100 —
(J. Simon.)
On peut donner un suppositoire avec :
% Beurre de cacao 2 grammes.
Hydrate de chloral 0 gr. 50.
On peut également mettre un peu de sel sur la langue de l'enfant, lui chatouiller la pituitaire avec une barbe de plume.
Si l'accès est intense, on ferarespirer quelques gouttes d'éther ou de chloroforme; on essaiera la compression des carotides.
Le bain tiède ou frais amènera parfois un profond soulagement.
On mettra dans le bain 50 grammes de farine de moutarde.
Si Tenfant est atteint d'indigestion, on prescrit un vomitif; s'il est constipé, un lavement ou un purgatif-
On a conseillé l'apomorphine en injections souscutanées :
% Apomorpliine 0 gr. 01.
Eau distillée 10 grammes.
1/2 seringue de Pravaz.
La scarification des gencives, en cas de dentition laborieuse, ne m'a jamais paru indiquée; mais je m'incline devant l'opinion de confrères autorisés.
Dans les cas graves, une sangsue au niveau des apophyses mastoïdes ou des malléoles peut être prescrite.
Les ventouses scarifiées à la nuque, les ventouses sèches sur la poitrine, sont à recommander.
On n'oubliera pas de flageller le corps et le visage de l'enfant avec un linge mouillé, de faire des frictions avec le baume de Fioravanti.
Après les accès et pour en prévenir le retour, on modifiera l'hygiène de l'enfant, on écartera les causes de dyspepsie et d'indigestion, on changera le mode d'allaitement, on remplacera les aliments indigestes par le bon lait stérilisé.
Comme potion calmante, on prescrira :
% Bromure de potassium 1 gramme.
Musc 0 gr. 20.
Hydrolat de tilleul. 1
Hydrolat de fleurs d'oranger. \ "^^ • ^^ grammes.
Sirop simple 20 —
Une cuillerée à café tous les quarts d'heure.
(J. Simon.)
OU bien :
% Eau de tilleul JOO grammes.
Sirop de fleurs d'oranger 30 —
Sirop de codéine. ...'.'.'.'.". 5 — Bromure de potassium. \
— de sodium. | aa- ... 0 gr. oO.
— d'ammonium. )
Une cuillerée à café toutes les heures.
OU bien :
% Oxyde de zinc en poudre 8 grammes.
Calomel en poudre. ) ~
Valériane en poudre, j "^
F. S. A. 70 prises; 2 par jour dans du lait.
(Blache.)
Bouchut conseillait l'huile volatile de succin, à la dose de X à XII gouttes.
Si la syphilis cérébrale est soupçonnée, on fera, sur les tempes le premier jour, sur le ventre, sur les aisselles, la poitrine, les jours suivants, une friction quotidienne de cinq minutes avec un petit fragment de la pommade suivante :
% Axonge benzoinée 20 grammes.
Onguent napolitain 10 —
lodure de potassium 4 —
Extrait de belladone.
17, ... 1 . • > aa G s-r. 50.
Extrait de jusquiame. j "=
On donnera en même temps une cuillerée à café, toutes les heures, de la potion suivante :
% Eau de tilleul 40 grammes.
Sirop de fleurs d'oranger 20 —
lodure de potassium 0 gr. 50.
Si l'on soupçonnait la présence de vers intestinaux (lombrics ou ténia), on donnerait les médicaments usités en pareil cas (voyez Ascarides et Ténia).
Si l'impaludisme était en cause, ou seulement soupçonné,on ferait des injections sous-cutanées de quinine:
% Chlorhydrate de quinine 1 gramme.
Eau distillée 5 —
Une à deux seringues de Pravaz par jour.
On introduirait tous les jours un suppositoire ainsi composé :
% Beurre de cacao 2 grammes.
Bromhydrate de quinine 0 gr. 20.
Les médicaments précédents agissent à titre prophylactique; il faut y joindre une bonne hygiène : repos absolu, à l'abri de la lumière, des excitations, dn bruit. L'aUmentation sera étroitement surveillée. Si l'enfant a une nourrice, on s'assurera que cette dernière n'abuse pas des spiritueux. Si cette nourrice ne convient pas, on en changera. Si l'enfant est au biberon, s'il digère mal le lait de vache, on fera le possible pour lui procurer une bonne nourrice. Si la chose n'est pas possible, on veillera à la propreté du biberon, à la qualité du lait, à sa stérilisation, etc.
La coqueluche est une maladie infectieuse et contagieuse, dont Afanassiew et Ritter croient avoir découvert le microbe, et qui se caractérise par une toux quinteuse spéciale avec reprise sifflante. Les quintes, variables en nombre et en intensité, sont généralement suivies de l'expulsion de mucosités filantes et parfois de vomissements.
Quand ces quintes manquent, le diagnostic est très difficile et presque impossible; la coqueluche s'annonce comme un rhume ordinaire, et pendant la première semaine on ne peut avoir que des soupçons basés sur la coexistence d'autres cas de coqueluche avérée dans l'entourage de l'enfant. Cependant on remarquera que la toux est plus pénible que dans la bronchite simple, qu'elle s'accompagne d'expectoration et de vomisse-
ments, symptômes de nature à donner l'éveil. A la période des quintes, le diagnostic est très facile quand on assiste à ces quintes. Dans l'intervalle, on pourra constater certains signes, l'ulcération du frein de la langue, la bouffissure du visage, l'ecchymose conjonctivale, qui feront immédiatement penser à la coqueluche. On n'oubliera pas que certaines trachéo-bronchites spasmodiques, que l'adénopathie médiastine s'accusent par des quintes coqueluchoïdes qui peuvent donner le change. Mais la vraie quinte, avec ses saccades expiratoires rapides terminées par des inspirations bruyantes est caractéristique.
TRAITEMENT
Il n'y a pas de remède spécifique de la coqueluche ; les médications données comme spécifiques sont tout au plus palliatives.
L'empirisme nous a légué un certain nombre de remèdes qui atténuent la violence ou abrègent la durée de la maladie. Ces remèdes pour la plupart sont empruntés à la classe des stupéfiants, narcotiques, antispasmodiques. Depuis quelques années, on a beaucoup essayé les antiseptiques, qui ont donné quelques succès sans détrôner leurs aînés. Nous ferons aux uns comme aux autres l'accueil qu'ils méritent.
Vomitifs.
Le vomitif, très employé à toutes les périodes de la coqueluche depuis que Laënnec en a vanté les bons effets, répond à plusieurs indications. Il désobstrue les bronches, il vide l'estomac des crachats déglutis, il calme les quintes, il rompt le spasme. — Mais si l'enfant est trop jeune ou trop faible, s'il présente des signes de broncho-pneumonie, il faut s'abstenir des vomitifs qui,
outre leur action déprimante, exposent encore à la diarrhée. Le vomitif convient surtout à la période catarrhale et spasmodique.
L'émétique, que Laënnec préférait à l'ipéca, est presque banni aujourd'hui de la thérapeutique infantile; il sera réservé pour les enfants déjà grands et robustes (après 7 ans). On prescrira :
% Tartre stibié 0 gr. 02.
Sucre en poudre 1 gramme.
A prendre en une fois dans une cuillerée d'eau ou de lait. Avaler ensuite quelques gorgées d'eau tiède. Répéter la dose un quart d'heure après, s'il n'y a pas eu d'évacuation.
Trousseau préconisait le sulfate de cuivre, qu'il déclarait supérieur à l'émétique et à l'ipéca :
% Sulfate de cuivre 0 gr. 25 à 45.
Eau distillée 100 grammes.
Une cuillerée à dessert toutes les dix minutes jusqu'à effet.
Malgré l'opinion de Trousseau, c'est à l'ipéca qu'on s'adresse généralement; on le prescrira, au-dessous d'un an, à la dose de 25 centigrammes; entre un et trois ans, à la dose de 50 centigrammes à un gramme :
% Poudre d'ipéca 0 gr. 25 à 50,
Sirop d'ipéca 30 grammes.
Par cuillerées à café de cinq en cinq minutes, jusqu'à effet vomitil".
L'ipéca, dans les formes un peu intenses, sera répété une fois par semaine. Quand les quintes iront en s'atténuant et en diminuant de nombre, on en suspendra l'emploi.
Belladone et similaires.
La belladone et son alcaloïde l'atropine ont joui et
jouissent encore d'une grande faveur ; Trousseau quali
fie ce remède ^héroïque. 11 le prescrivait à doses élevées :
% Extrait de belladone 0 gr. 005.
Poudre de belladone 0 gr. 005.
Excipient et glycérine q. s.
Pour une pilule non argentée, une tous les matins à jeun pour les enfants au-dessous de quatre ans; audessus de cet âge, on en donnera deux, ou bien l'on fera des pilules contenant un centigramme d'extrait et de poudre de belladone. Ces pilules peuvent être écrasées, mêlées à de la confiture, etc.
Au dispensaire, je me sers plus volontiers du sirop de belladone, dont je prescris une cuillerée à café par jour pour les enfants au-dessous de trois ans, et deux cuillerées à café pour les enfants plus âgés.
Si l'enfant n'a pas dépassé un an, je coupe le sirop de belladone avec le sirop de tolu :
% Sirop de belladone 30 grammes.
Sirop de tolu 60 —
Une cuillerée à café matin et soir.
M. Cadet de Gassicourt mitigé davantage le sirop de belladone :
% Sirop de belladone 30 grammes.
Sirop de tolu 130 —
Il commence par une cuillerée à café en deux fois pour les jeunes sujets, et il augmente progressivement par demi-cuillerées à café prises à intervalles réguliers dans le cours de la journée, jusqu'à ce qu'il obtienne une sédation. On s'arrête quand on voit les pommettes rougir, les yeux devenir brillants, les pupilles se dilater : ce sont les premiers signes de l'intolérance. Pour les enfants qui ont dépassé sept ans, M. Cadet de Gassicourt commence par deux cuillerées à café par jour et augmente progressivement.
Le sulfate d'atropine, qui peut remplacer la belladone, sera prescrit aux doses suivantes :
% Sulfate neutre d'atropine. ..... 0 gr. 01.
Eau distillée 200 grammes.
On commence par une cuillerée à café (soit 1/4 de milligramme), et on augmente progressivement.
(Trousseau.)
% Sulfate d'atropine 0 gr. 01.
Eau distillée . 10 grammes.
Une goutte trois fois par jour dans une cuillerée à café d'eau pour un enfant d'un an; doubler au bout de quelques jours pour les enfants plus âgés.
(Archambault.)
Quelle que soit la préparation de belladone employée (extrait, teinture, sirop, alcaloïde), il faut fractionner, répéter les doses, et aller jusqu'aux limites de la tolérance. Ce n'est qu'à ce prix qu'on obtient une sédation.
La belladone figure dans une multitude de formules usitées contre la coqueluche; j'en citerai quelquesunes :
% Sirop de belladone. \
— d'opium. f ~. „„
,,,', > aa. . . 20 grammes.
— d etlier. l ="
— de fleurs d'oranger. ]
Une cuillerée à café matin et soir.
% Sirop de belladone, i ~ ^„
^ ■ ^ , ... aa 30 "ranimes.
— de codeuie. ) '^
% Sirop d'cther 15 grammes.
— de fleurs d'oranger 45 —
Eau de laurier- cerise 6 —
Bromure de potassium 3 —
Musc 0 gr. tJO.
Cinq à six cuillerées à café par jour. On peut supprimer le musc si son goût dépiait.
(N. GuÉNEAU DE MUSSY.)
% Teinture de belladone. ) ^ „
„■, . ^ , . ,, ., aa 5 grammes.
Alcoolature de racmes d aconit. ' "^
X gouttes matin et soir.
(J. Simon.)
% Teinture de belladone. \
— d'aconit. [ aa 2 grammes.
— de drosera. )
Teinture de myrrhe 10 —
X gouttes après chaque quinte dans un peu de lait.
(MONIN.)
'X Teinture de belladone 1 gramme.
— de drosera 2 —
Sirop de codéine 10 —
Eau distillée 100 —
2 à 4 cuillerées à dessert par jour.
% Teinture de belladone. ) ~ m c,j.g,mmes
Teinture de Grindelia robiista. \ ^ ' ^
X gouttes matin et soir dans un peu de lait.
On associe parfois la belladone aux expectorants, aux vomitifs, aux laxatifs :
% Kermès minéral 0 gr. 10
Ipéca pulvérisé G gr. 20
Racine de belladone pulvérisée. . . 0 gr. 03 Faire six paquets, un toutes les quatre heures, pour un enfant de 7 à 10 ans.
% Extrait de belladone 0 gr. 10
Extrait de ciguë 0 gr. 10
Tannin 0 gr. lo
Infusion de séné' 40 grammes.
Sirop de gomme 40 —
Une cuillerée à dessert matin et soir.
% Musc pulvérisé 0 gr. 10
Sirop de belladone 20 grammes.
Une cuillerée à café matin et soir.
(H. Roger.)
H. Roger associait volontiers la belladone à la digitale :
% Sirop de belladone 50 grammes.
de valériane, i ~
aa.
— de digitale.
Une à six cuillerées à café par jour suivant l'âge, .a: Teinture de belladone 10 grammes.
— de valériane ou musc. . . 5 —
— de digitale 5 —
Y à LX gouttes, suivant l'âge.
X Poudre de racine de belladone. . . 0 gr. 08
Musc pulvérisé 0 gr. 30
Camphre 0 gr. 30
Sucre blanc 2 grammes.
Faire 8 paquets, un par jour.
(Hecker.)
La dose de musc est trop forte, et cette formule est d'une efficacité douteuse,
% Fleurs de narcisse des prés .... 2 grammes. Racine de belladone pulvérisée. . . 1 —
Oxj'de de zinc sublimé 2 —
Faire 36 paquets ; un toutes les quatre heures,
(Brochin.)
% Hydrolat de laitue 123 grammes.
— de fleurs d'oranger. ... 8 — Sirop de pivoine 50 —
— de belladone 8 —
Ammoniaque liquide VI gouttes.
Par cuillerées à café d'heure en heure. On remplacera l'eau de laitue par l'eau distillée. (Levraï-Perroton.)
% Sirop de tolu 100 grammes.
— de belladone 50 —
Teinture de Lobelia inflata. .... 10 —
Trois cuillerées à café par jour.
% Sirop de tolu 100 grammes.
Extrait de belladone 0 gr. 10
— de jusquiame 0 gr. 13
Deux à trois cuillerées à café par jour.
(TORDEUS
Quand les enfants sont abattus, dans l'intervalle des quintes, on associera le cognac ou le rhum à la belladone :
% Sirop de belladone 30 grammes,
— de tolu 30 —
Cognac ou rhum 10 —
Trois cuillerées à café par jour pour un enfant de 1 à 2 ans.
% Extrait de jusquiame 0 gr. 13
Sirop simple 10 grammes.
Eau distillée 70 —
Une cuillerée à café toutes les deux heures.
(WlDERHOFER.)
% Extrait de belladone 0 gr. 30
— de cannabis indica 1 gramme.
Gljxérine 5 —
Alcool à 90o 5 —
IV à XX gouttes suivant l'âge, matin et soir,
(Vetlesen.)
La terpine, à la dose de 1 gr. 50 par jour, a donné deux succès à M. Sanné,
Bromure de potassium et Narcotiques.
Le bromure de potassium, quand les enfants tolèrent mal la belladone, peut remplacer ce médicament auquel il est généralement inférieur. On a lu plus haut une formule où la belladone est associée au bromure de potassium, à l'éther, à l'opium. On peut le donner seul, ou associé au chloral, au musc, à la valériane, à l'éther, au chloroforme. Enfin on a beaucoup parlé dans ces derniers temps d'une substance également dérivée du brome, le bromoforme. Voici quelques formules :
% Hydrate de chloral 0 frr. 10
Bromure de potassium 0 irr. 20
Sirop de fleurs d'oran|:'er. )
Sirop de tolu. J '"''• ' ' '^ grammes.
Par cuillerées à café dans la journée 'enfant de 2 à 3 ans).
2r Hydrate de chloral 5 grammes.
Sirop d'écorces d'oranges oO —
Eau distillée ioO —
Deux à cinq cuillerées à café, suivant l'âge.
2^ Eau distillée 60 grammes.
Bromure de potassium 0 gr. 30
Sirop d'éther 10 grammes.
Sirop de gomme 20 —
Une cuillerée à café de deux en deux heures (enfants de 2 à 4 ans).
H. Roger prescrivait volontiers le chloroforme; il commençait par VI gouttes :
•y; Chloroforme VI gouttes.
Julcp gommeux 60 grammes.
Augmenter tous les jours de 2 gouttes jusqu'à 30 ou 40.
On a attribué à la cochenille des propriétés calmantes analogues :
% Cochenille en poudre. )
Carbonate de potasse, j '''' ^ gramme.
Sucre 15 —
Eau bouillante 85 —
Trois à quatre cuillerées à café par jour.
Le bromoforme est un médicament dangereux qu'il faut surveiller :
% Bromoforme X gouttes.
Alcool 5 grammes.
Sirop simple 20 —
Eau distillée 80 —
Par cuillerées à café d'heure en heure.
Sous le TiÇ>m.^ antis'pazmme^ Demme (de Berne) a essayé une combinaison de narcéine sodique et de salicylate de soude, poudre très soluble contenant 50 p. 100 de narcéine pure :
% Antispasmine 1 gramme.
Eau de laurier-cerise 10 —
X à XV gouttes dans un peu d'eau sucrée ou de sirop.
Laborde a également conseillé la narcéine :
% Infusion de café noir 12"j grammes.
Sirop de sucre \%\ —
Narcéine 0 gr. 12
Acide acétique q. s.
Trois cuillerées à café par jour.
Antipyrine, Quinine, etc.
Parmi les médicaments nouveaux, l'antipyrine jouit d'une grande faveur ; on la prescrit à la dose de 20 centigrammes pour un enfant de 2 ans, en augmentant de 10 centigrammes par année d'âge, mais cette dose peut être doublée dans los cas intenses :
% Antipyrine 0 gr. 40
Julep gommcux 60 grammes.
En trois ou quatre doses, pour un enfant de 4 ans.
M. Duboiisquet-Laborderie formule ainsi :
% Antipyrine 1 gramme.
Sirop de framboises 20 —
Eau de Vichy 80 —
Par cuillerées à dessert après les quintes.
Galvagno l'associe à larésorcine :
% Solution gommeuse 100 grammes.
Sirop de pin maritime 30 —
Antipvrine ) ~ ,
■r^ , ■ . aa , . . 1 —
Résorcinc
Trois cuillerées à soupe par jour.
Sans aller aussi loin que certains auteurs pour lesquels i'antipyrine serait un spécifique delà coqueluche, il faut accorder à ce médicament une action sédativ^e assez notable dans beaucoup de cas.
Mais, pour que I'antipyrine réussisse, il faut la donner à doses fortes et non fractionnées : 25 centigrammes trois fois par jour à deux ou trois ans, 50 centigrammes au-dessus de cet âge.
La quinine, autrefois très employée, n'est considérée aujourd'hui que comme un adjuvant dans les cas fébriles. Quelques auteurs donnent la quinine à doses fortes et prolongées. En Allemagne, on a conseillé le tannate de quinine. Il faut préférer les sels solubles, comme le chlorhydrate ou le chlorhydrosulfate, qu'on donnera en potion ou en suppositoire, à la dose de 20 à 50 centigrammes par jour :
% Chlorhydro-sulfate de quinine. . . 2 grammes. Eau distillée 100 —
Deux à six cuillerées à cale par jour dans un peu de sirop.
Heimann administre la phénacétine, à la dose de 10 à 40 centigrammes, suivant l'âge, en quatre doses.
Oxymel scillitique et Expectorants.
M. Netter (de Nancy) a prôné l'emploi de l'oxymel scillitique, qui lui aurait donné des succès nombreux et décisifs. Le médicament est bien accepté par les enfants, même les plus jeunes; il n'est pas dangereux, comme la plupart des autres. On le donne loin du repas, entre 5 et 6 heures du soir par exemple, par cuillerées à café de dix en dix minutes : quatre à cinq cuillerées à café de 2 à 3 ans, six cuillerées à café audessus de 3 ans. Chez les enfants à la mamelle, on compte par gouttes (XX à LX par jour).
Ce médicament, de l'avis même de ses partisans, n'est pas un spécifique, mais il abrégerait la durée de la période spasmodique et favoriserait la sécrétion bronchique. L'oxymel scillitique employé doit être de première qualité.
Pour faciliter l'expectoration, Albrecht a eu recours à lapilocarpine, que je n'oserais pas conseiller :
% Chlorhydrate de pilocarpine. ... 0 gi\ 025
Cognac ^ grammes.
Sirop d'écorces d'oranges amèrcs. . 25 —
Eau distillée 70 —
Une cuillerée à café après chaque quinte.
M. de Almeida a essayé la créosote :
% Sirop de tolu 100 grammes.
Créosote 5 —
Trois cuillerées à café par jour.
% Créosote de hêtre 0 gr. 25
Sulfonal 0 gr. 20
Sirop de tolu 150 grammes.
Mêlez. A prendre une cuillerée à café toutes les deux heures ; agiter avant de s'en servir.
COQUELUCHE. lil
Café et Caféine.
L'usage du café dans la coqueluche a été vulgarisé par Jules Guyot ; quoiqu'il ait beaucoup exagéré les effets de cette médication si facilement acceptée par les adultes et même par les enfants, on doit la conserver, surtout dans les cas de vomissements incoercibles, et quand il y a indication de remonter et d'exciter les malades. On a employé tour à tour le café torréfié et le café vert. On fait infuser '20 grains de café vert dans 150 grammes d'eau, et on sucre.
L'infusion de café torrifié se prépare suivant le procédé bien connu des cuisinières.
Cette méthode étant trop banale, on a eu recours à la caféine et à ses sels, particulièrement au valérianate de caféine :
% Valérianate de caféine 1 gr. 50
Eau-dc-vic 20 grammes.
Sirop de café 2.")0 —
Deux à quatre cuillerées à café, suivant l'âge.
% Valérianate de caféine 0 gr. 40
Sucre pulvérisé 4 grammes.
Faire 24 paquets; deux à trois par jour.
(Cadet de Gassicourt.)
Médicaments divers.
En Angleterre, on s'est adressé à un médicament dangereux, qu'il faut manier avec prudence, l'ouabaïne ^ On prend une solution mère ainsi composée :
% Ouabaïne 0 gr. 06
Eau distillée HO grammes.
Avec cette solution, on prépare la potion suivante, dont on donne trois à quatre cuillerées à café par jour :
% Solution mère d'ouabaïne XVIII gouttes.
Sirop d'écorces d'oranges amcres . 30 grammes. Eau distillée 150 —
(1) Voir Crinon, les Médicaments nouveaux.
Ii2 MALADIES DES ENFANTS.
L'acide phénique a été conseillé à l'intérieur; mais les enfants sont trop sensibles à l'action de ce remède, et je m'abstiens de le recommander.
Je ne recommande pas davantage la mixture du D*" Rothe, dite iodo-phénol, et dont voici la formule :
^ Acide phénique.
.,1 1 aa. ... 1 e^rammc.
Alcool. j ^
Teinture d'iode X gouttes.
— de belladone 2 grammes.
Eau de menthe poivrée 50 —
Sirop d'opium 10 —
A donner, par cuillerées à thé, toutes les heures; étendre d'un
volume égal d'eau pour les enfants au-dessous d'un an.'
L'iodure de potassium a été prescrit par de Beaufort :
2^ lodure de potassium 0 gr, 90
Alcoolature d'aconit ■ 0 gr. 75
Sirop de baume de tolu 60 grammes.
Une à huit cuillerées à café suivant l'âge.
D'autres ont vanté le benzoate de soude :
^ Benzoate de soude 5 grammes.
Eau de fleurs d'oranger 10 —
Eau distillée 70 —
Sirop de Désessarts 30 —
Par cuillerées à café d'heure en heure.
Dans les cas de dyspepsie avec vomissements, anorexie, West prescrit :
a: Acide chlorhydriquc dilué XXXII gouttes.
Teinture d'opium IV —
Sirop de mûres 16 grammes.
Eau 60 —
Une cuillerée à dessert trois fois par jour.
La dose d'acide chlorhydrique me semble un peu forte.
Trousseau faisait prendre à l'enfant 1/2 à 1 goutte de laudanum et manger immédiatement après.
On a remarqué que la vaccine, chez un certain nombre d'enfants, abrégeait la durée de la coqueluche et
diminuait son intensité : on s'empressera donc de vacciner les petits coquelucheux qui n'auraient pas été inoculés.
Après cet exposé des principales médications générales de la coqueluche, je vais passer en revue les médications plus directes, les badigeonnages, les pulvérisations, les inhalations, les insufflations nasales, etc.
Badigeonnâmes de la gorge.
M. Labric a obtenu l'atténuation et la diminution de fréquence des quintes coqueluchiales en portant, plusieurs fois par jour, dans le fond de la gorge, un pinceau imbibé de solution cocaïnée à 1 p. !20.
% Chlorhydrate de cocaïne 1 gramme.
Eau distillée 20 —
M. Moncorvo conseille trois badigeonnages par jour de la région épiglottique avec une solution de résorcine à 1 p. 50.
% Résorcine pure 2 grammes.
Infusion concentrée de coca .... 100 —
Cette médication, purement palliative d'ailleurs, ne réussit pas toujours et comporte quelques risques ; les enfants se débattent, le contact du corps étranger peut être l'occasion d'une quinte violente. Bref, il ne faut pas généraliser l'emploi des badigeonnages pharyngiens. Les pulvérisations et inhalations n'ont pas les mêmes inconvénients.
Pulvérisations.
Les pulvérisations ont été très fréquemment employées; elles sont utiles, ne serait-ce qu'en maintenant dans l'atmosphère du malade un certain degré d'humidité. On peut les faire, soit dans la chambre, soit directement, en face du malade, de tehe sorte que la
solution pulvérisée arrive directement dans les voies respiratoires.
On se servira soit d'un pulvérisateur à vapeur, soit d'un pulvérisateur à main.
On dirigera, trois ou quatre fois par jour, dans la gorge du malade, une gerbe des liquides suivants :
% Bromure de potassium fj grammes.
Eau distillée 100 —
OU bien :
% Acide phénique 1 gramme.
Glycérine 50 —
Eau 200 —
OU encore :
% Thymol 10 grammes.
Alcool 250 —
Eau 750 —
(BOUCHUT.
Les pulvérisations d'eau tiède, d'eau boriquée, d'eau salicylée, d'eau naphtolée, peuvent remplacer les précédentes.
Le chloroforme a été utilisé de la façon suivante : On met dans un pulvérisateur à main une cuillerée à soupe d'eau chaude à laquelle on ajoute deux fois autant de gouttes de chloroforme que l'enfant à d'années, et on fait quatre pulvérisations par jour.
Après les tentatives de M. Bergeon, dirigées contre la tuberculose pulmonaire, on a appliqué les lavements gazeux (carboniques ou sulfureux) au traitement de la coqueluche; on fait ainsi une pulvérisation de dedans en dehors.
Inhalations.
Les inhalations gazeuses ont joui d'une très grande faveur ; des médecins de valeur (D'' Gommenge) .ont prétendu que le séjour des coquelucheux dans les
salles d'épuration des usines à gaz avait pour résultat l'atténuation et l'abréviation de la maladie. H. Roger a fait la critique de cette méthode, qui, pour des avantages problématiques, offre de grands inconvénients.
Sans bannir de la thérapeutique de la coqueluche la pratique des inhalations, on doit la restreindre et la fixer au domicile des malades.
C'est pour cela que Garnier a fait brûler des trochisques formés de naphtaline et de charbon dans la chambre des enfants. M. Chavernat a perfectionné le procédé : Mettez 15 à 20 grammes de naphtaline dans un récipient en faïence placé sur un réchaud «ami de charbons ardents : bientôt la naphtaline entre en fusion et dégage des vapeurs argentines que Ton fait respirer aux enfants et qui, d'après l'auteur de la méthode, calmeraient les quintes.
Le passage des enfants dans une chambre où l'on vient de brûler du soufre (20 grammes par mètre cube) serait favorable d'après quelques médecins.
On a encore conseillé les inhalations des vapeurs qui se dégagent en projetant sur une pelle chauffée au rouge une pincée du mélange suivant :
Oliban. \
Styrax. j âa
Benjoin. )
On peut encore faire inhaler de l'eau chloroformée ou quelques gouttes d'éther, de chloroforme, sur le coin d'un mouchoir.
Les inhalations d'oxygène seraient assez efficaces, et à coup sûr inoffensives. Dans le même ordre d'idées' je dois parler des bains d'air comprimé, qui ont fourni des succès dans quelques cas rebelles. On enferme Jes enfants 2 ou 3 heures par jour dans la chambre pneumatique jusqu'à soulagement.
Insufflations nasales.
Michaël (de Hambourg) a mis à la mode un traitement imprévu qui a réussi quelquefois ; il consiste à faire priser aux enfants ou à leur projeter dans les narines, à l'aide d'un insufflateur ou d'un cornet de papier, des poudres diverses : benjoin, quinine, bismuth, etc.
Moizard préconise le mélange suivant :
% Benjoin pulvérisé.
o T 1 . j 1 ■ 41, ( aa . . . . 5 erammes. Salicylate de bismuth. \ ^
Sulfate de quinine 1 —
Guerder mêle l'acide borique au café :
% Acide borique. ) ^ „
Ti , . ^ e- ^ ,«. aa 5 grammes.
Poudre de café torréfie, j ^
Une prise tous les jours.
Guttmann a insufflé le sozoiodol sodique. On peut essayer le mélange suivante :
^ Antipyrinc | Ta . . . 1 eramme.
Chlorhydrate de quinine. )
Acide borique 2 —
Sous-nitrate de bismuth 5 —
Une insufflation tous les jours dans chaque narine.
Marfan conseille de mettre dans chaque narine, trois ou quatre fois par jour, après avoir mouché l'enfant, gros comme un pois de la pommade suivante :
g^ Acide borique 6 grammes.
Menthol 0 gr. Oo.
Vaseline 30 grammes.
L'action sur le nez ou sur la gorge ne m'a pas réussi : les tentatives que j'ai faites sur ces régions prétendues coqueluchogènes n'a eu pour résultat qu'un redoublement de quintes; le point de départ du réflexe est situé plus bas (larynx, trachée, bronches).
Je n'ai pas encore parlé du traitement de la coque-
iuche par les révulsifs cutanés, dont on a abusé jadis et qui sont aujourd'hui abandonnés.
S'il est permis, en cas de bronchite, de dyspnée permanente, de couvrir le thorax de ventouses sèches, de faire des badigeonnages iodés, d'appliquer des cataplasmes sinapisés, il est absolument inutile et il peut être dangereux de faire «ne révulsion plus énergique. Les frictions avec l'huile de croton, avec la pommade stibiée (Autenrieth), n'empêchent pas la coqueluche de suivre son cours, et ont l'inconvénient d'affaiblir les enfants et d'ouvrir la porte à des complications et à des infections cutanées.
L'emploi du vésicatoire n'est justifié que dans les cas de complications inflammatoires (bronchite capillaire, broncho-pneumonie , pleurésie).
Si les frictions révulsives sont à redouter, les frictions calmantes n'offrent pas d'inconvénients. On fera, sur le devant de la poitrine, matin et soir, une friction légère avec la pommade suivante :
2|^ Axonge 30 grammes.
Extrait d'opium 2 —
On peut remplacer l'extrait d'opium par la morphine ou le chloroforme (H. Roger).