‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 3)Chapitre 82 sur 308 · INDICATIONS ET RÉSULTATS · texte numérisé non relu

INDICATIONS ET RÉSULTATS

La couveuse est surtout indiquée pour les enfants nés avant terme, les avortons, ceux qui sont atteints de faiblesse congénitale, qui présentent de l'asphyxie, de l'œdème, du sclérème. L'œdème et le sclérème des nouveau-nés disparaissent avec rapidité, surtout quand l'alimentation est bien réglée.

De 1877 à 1880, à la Maternité, avant l'emploi de la couveuse, 181 enfants moururent avec du sclérème : de 188-2 à 1885 , avec la couveuse, 9 seulemeut succombèrent avec les signes de cette affection.

A la Maternité de Paris, avant la couveuse, les enfants d'un poids inférieur à 2 000 grammes mouraient dans une proportion de 66 p. 100 : depuis la couveuse, la mortalité s'est abaissée à 36,8 p. 100 (Auvard).

CRANIOTABES. 173

Avant la couveuse, tous les enfants nés à 6 mois succombaient : après on en sauvait 30 sur 100.

Yoici des chiffres donnés par M. Tarnier en 1886 : 40 enfants, pesant de 1000 à 1 oOO grammes, mis dans la couveuse, ont donné une mortalité de 70 pour 100 ; 131 (1500 à :2 000 grammes) n'ont fourni que 26,7 p. 100 de mortalité; 42 (2 000 à 2 500 grammes) n'ont donné que 9,8 décès sur 100.

Ces chiffres permettent d'apprécier les services rendus par l'incubation artificielle des nouveau-nés.

CRAXIOMALACIE (Voyez Craniotabes)

CRANIOTABES

Le craniotabes, la craniomalacie, l'occiput mou, servent à désigner un ramollissement de l'occiput, des pariétaux, des temporaux, observé chez les enfants du premier âge. Cette affection, décrite pour la première fois par Elsâsser, est rarement congénitale; elle se déclare dans les premiers mois de la vie, et devient exceptionnelle après un an. Anatomiquement elle se rapproche du rachitisme; c'est une décalcification osseuse avec ramollissement et amincissement des os, qui se laissent déprimer comme du parchemin. Cliniquement le craniotabes est une lésion indifférente, qui peut être isolée, qui n'est pas toujours suivie de rachitisme, et qui n'a rien de commun avec la syphilis héréditaire. On a prétendu sans preuve que le craniotabes exposait au spasme de la glotte et aux convulsions : c'est une lésion indifférente, que le hasard fait découvrir, et qui se montre fréquente quand on sait la chercher.

174 3IALADIES DES ENFANTS.

Le traitement est général et local.

Le traitement général consiste à relever la nutrition de l'enfant, à lui donner, si cela est possible, une bonne nourrice; si l'allaitement artificiel est inévitable, on le réglementera, on cherchera à donner de bon lait, bouilli ou stérilisé, phosphaté même, si l'on en trouve. On combattra de bonne heure les troubles digestifs (diarrhée, vomissements). Si les enfants sont venus avant terme, on pourra les mettre dans la couveuse de Tarnier, les gaver. On prescrira les bains salés quotidiens, de 0 à 15 minutes de durée, suivant la tolérance des enfants (1 kilogramme de sel par bain).

On recommandera les sorties fréquentes , car le grand air et la lumière sont de précieux stimulants de la nutrition générale.

Le traitement local se réduit à peu de chose. Dans les cas de craniotabes limité, aucun danger n'est à craindre ; un simple trou , une surface peu étendue de craniomalacie sont entourés de parties dures qui soutiennent la voûte crânienne et rendent toute compression cérébrale impossible. Si le craniotabes est très étendu, si les os sont très mous, très amincis, très flexibles, on peut craindre que les coups, chutes, pressions des oreillers n'offensent le cerveau : on pourra alors faire porter à l'enfant des casques rigides moulés sur le crâne, en fil de fer, en carton, cuir bouilli, celluloïd ou toute autre matière.

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