‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfantsChapitre 1 sur 367 · LIBRARY · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION

Si les traités de pathologie infantile se sont multipliés en France dans le cours de ces dernières années, il est loin d’en être ainsi pour les Formulaires et les ouvrages exclusivement consacrés à la pratique médicale, à la thérapeutique des maladies de l’enfance.

Cette région si importante de notre art a été négligée, incomplètement explorée, et j’ai cru répondre à un véritable besoin, combler une lacune, en publiant le présent volume.

Ce n’est pas que je veuille dédaigner ou déprécier les deux ou trois formulaires (ils ne sont pas plus nombreux) pour les maladies infantiles qui ont vu le jour depuis quinze ans. Ils ont rendu des services incontestables et peuvent être encore consultés avec fruit.

Mais j’ai cru remarquer qu’ils ne répondaient pas à tous les desiderata de la clinique infantile, qu’ils avaient un peu vieilli; je n’ai pas trouvé, pour mon compte, le guide utile et indispensable que je cherchais, dont je sentais tous les jours le besoin au chevet du malade.

Voilà pourquoi je me suis mis à l’œuvre, heureux si j’ai pu, sinon atteindre le but, du moins le viser et l’approcher.

La médecine des enfants offre des difficultés d’un ordre

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particulier, que les seuls initiés sentent bien. Il y a, dans le maniement des médicaments et dans leur choix, une question de mesure et de tact que la pratique seule peut enseigner.

Les tables publiées par les auteurs sont absolument schématiques et d’un secours négatif. La plus célèbre, celle de Gaubius, vous permet de ne pas nuire à l’enfant, et c’est beaucoup ; mais si vous observez scrupuleusement les doses indiquées, votre action sera à peu près nulle.

L’avantage est donc négatif.

Voici cette table ; la dose de l’adulte étant représentée par 1, on donnera les fractions de doses suivantes :

Au-dessous de 6 mois 1/36

de 1 an 1/15 à 1/12

de 2 ans 1/8

de 3 ans 1/6

de 4 ans 1/4

de 7 ans 1/3

de 14 ans 1/2

de 16 ans 2/3

Cela peut être suffisant pour certains médicaments, mais non pour les plus actifs et les plus utiles.

Dans cette question du dosage, on a trop envisagé l’àge et le poids des sujets, et pas assez la physiologie, l’activité des échanges nutritifs, la rapidité d’absorption et d’élimination. A tous ces points de vue, l’enfant ne saurait être comparé à l’adulte ni au vieillard.

Chez l’enfant, qui s’accroît d’une façon incessante et rapide, la circulation, la respiration, l’émonction pulmonaire, rénale, cutanée, jouissent d’une activité extrême.

Le nouveau-né a un cœur dont le poids représente la 120° partie du corps (au lieu de la 146°, proportion des

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adultes), dont les battements sont deux fois plus fréquents que chez l’homme fait ; un rein dont le poids est relativement double et qui sécrète quatre fois plus d’urine ; des téguments qui fonctionnent avec une énergie extrême, etc. Tout, chez le jeune enfant, traduit ^activité vitale, la facilité d’absorption, la rapidité d’élimination.

Cela dit, on ne sera pas étonné d’apprendre que l’enfant peut subir, sans danger, des assauts thérapeutiques qui feraient péricliter les adultes. A l’exception de l’opium, qu’il faut savoir fractionner et donner à doses minimes, et d’un tout petit nombre de médicaments pour lesquels l’enfant a une susceptibilité particulière, les autres remèdes, et les plus actifs, sont mieux tolérés par les enfants que parles adultes. Le mercure, l’arsenic, la belladone, l’aconit, la quinine, l’antipyrine, l’acide salicylique et ses sels, peuvent être donnés à doses relativement énormes et qui auraient fait trembler Gaubius et ses émules. Les expériences d’un médecin russe, le Dr Satsouta (de Zitomir), nous rendent bien compte de l’innocuité des doses fortes chez les enfants.

Ce médecin distingué donneàdes sujets d’Ages différents, entre 8 et 80 ans, l’iodure (de potassium et le salicylate de soude à la dose de 6 centigrammes pour 10 kilogrammes de poids; par exemple, un enfant de 25 kilogrammes prenait 15 centigrammes de médicament.

Il cherche, dans l’urine, la présence du salicylate et de l’iodure, et, dans la salive, la présence de l’iodure seul. Il trouve que l’absorption est d’autant plus rapide que le sujet est moins âgé. La rapidité d’ absorption et d' élimination des médicaments est en raison inverse de l'âge.

Chez un garçon de 9 ans, pesant 25 kilogrammes, ayant pris 15 centigrammes d’iodure de potassium, l’iode apparaît dans l’urine minutes après l’ingestion ; chez un adulte

de 36 ans, ayant pris 40 centigrammes, le médicament met

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trente minutes à passer dans les urines, zl cinquante-sept minutes chez un vieillard de 76 ans.

Forts de ces expériences et de ces données, nous pouvons aller de l’avant et oser beaucoup, à une condition seulement : c’est de fractionner les doses, pour permettre à la nature d’éliminer le poison, et au médecin de suspendre à la moindre alerte.

J’ai adopté dans ce livre l’ordre alphabétique, qui permet au praticien, sans consulter la table, d’aller tout droit à la maladie qui fait l’objet actuel de ses méditations. Toutes les maladies de l’enfance sont ainsi passées en revue, sans plan déterminé et au hasard du rang que leur assigne la première lettre de leur nom.

Avant d’exposer le traitement et les formules, j’ai cru devoir indiquer brièvement les caractères cliniques de l’affection et les éléments du diagnostic.

On pourra me reprocher d’avoir multiplié les formules et d’avoir encombré un champ qu’il eut fallu plutôt déblayer. Le reproche serait fondé si, pour chaque maladie, nous étions en possession d’un remède spécifique. Malheureusement, la plupart des maladies de l’enfance en sont encore à attendre ce remède tout-puissant.

D’où la diversité des médications et des formules proposées. Je ne pouvais pas passer sous silence la plupart de ces médications ; j ’ai donné l’hospitalité à un très grand nombre de formules, non pas pour dérouter le praticien, mais au contraire pour enrichir son arsenal thérapeutique et pour lui permettre de changer ses armes dans tous les cas difficiles, compliqués, aux indications multiples ou incertaines.

Je me suis efforcé d’être pratique, et j’ai voulu donner aux médecins et aux étudiants un guide sinon infaillible, du moins consciencieux.

Four cela j’ai fait appel non seulement à mon expérience

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