‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfantsChapitre 100 sur 367 · GG · texte numérisé non relu

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d’éther, les inhalations d'oxygène. La strychnine peut rendre de grands services en pareil cas (2 à 5 milligrammes, en granules, en sirop ou en solution aqueuse pour injections hypodermiques). On peut utiliser aussi le sulfate de sparléine (solution de 10 centigrammes pour 10 grammes, une à deux seringues de Pravaz).

Si l’on n’agit pas vite, il est à craindre que le malade ne succombe à des accidents d’asystolie aiguë ou à une syncope.

En même temps qu’on agira par les excitants et les toniques, on évitera au patient tout effort, toute fatigue, on le laissera dans la position horizontale, sans lui permettre de s’asseoir sur son lit. Tout mouvement un peu brusque peut provoquer la syncope redoutée.

La dégénérescence du myocarde est beaucoup plus à craindre que l’endocardite ou la péricardite, véritables raretés dans la diphtérie.

2° Les autres viscères, le rein, le foie, le poumon, le système nerveux peuvent être touchés plus ou moins gravement par le poison diphtérique.

L ’ albuminurie est commune et révèle une néphrite plus ou moins accusée ; elle peut s’accompagner d’oligurie et même d’anurie. Quand elle est très prononcée, il faut écarter les préparations alcooliques et soumettre le malade au régime lacté absolu, en même temps qu’on appliquera des ventouses sèches répétées sur la région lombaire.

S’il y a anurie, on fera boire le plus possible et on donnera de grands lavements d’eau froide ; si ces moyens échouent, on aura recours aux injections sous-cutanées de sérum artificiel , c’est-à-dire qu’on injectera sous la peau, à trois ou quatre reprises dans la journée, 20 centimètres cubes de la solution suivante à 37° ou 38° :

% Eau stérilisée 1000 grammes.

Sulfate de soude 10 —

Chlorure de sodium. 5 —

Dissolvez

3° Du côté de l’appareil respiratoire, le grand danger est la broncho-pneumonie , qu’il faudra s’appliquer à combattre et sur-

DIPHTÉRIE

tout à prévenir, à l’aide de l’isolement, de l’antisepsie des premières voies, etc.

On insistera beaucoup sur les pulvérisations, sur les irrigations de la gorge, des fosses nasales; on renouvellera l’air de la chambre, on fera d’abondantes inhalations d’oxygène.

En même temps, on fera sur le thorax des applications de compresses f roides , de cataplasmes sinapisés, de teinture cl’iode, en s’abstenant de vésicatoire et do tout révulsif qui pourrait entamer la peau.

On donnera l’alcool, le café, les toniques en général ; si la lièvre est forte, on n’aura pas peur du bain froid et on pourra faire des injections sous-cutanées de bichlorhydrate de quinine (20 centigrammes par année d’âge).

A l'hôpital, tout enfant atteint de broncho-pneumonie devra être isolé des autres diphtériques.

Si l’on est obligé d’intervenir par le tubage ou par la trachéotomie, ces opérations devront être faites avec l’antisepsie, la propreté la plus rigoureuse, pour éviter les infections secondaires, dont la broncho-pneumonie n’est qu’une expression justement redoutée.

4° Quand la diphtérie se complique d 'hémorragies répétées par diverses voies (épistaxis, hématuries, mélæna, etc.), cela indique une malignité particulière de la maladie, avec dissolution du sang, lésion profonde et fragilité des capillaires; nous sommes presque désarmés contre cette complication. On insistera, en pareil cas, sur les boissons acidulées, sur le per chlorure de fer (X à XX gouttes toutes les trois ou quatre heures), sur Vergotine en potion ou en injections sous-cutanées, sur les potions cdcooliques, sur la digitale. On sera conduit parfois à faire le tamponnement antérieur des fosses nasales ; mais le fait est assez rare.

5° Parmi les complications les plus communes figurent les paralysies, dont le traitement exige quelques développements.

La paralysie diphtérique est généralement un accident tardif, qui survient pendant la convalescence de la maladie, quelquefois deux ou trois semaines après la guérison.

Elle peut se manifester chez des personnes qui n’ont pas eu d’angine sérieuse et qui ont cependant subi l’empoisonnement diphtérique.

MALADIES des enfants.

Localisée d’abord au voile du palais, entraînant du nasonnement, de la dysphagie, la paralysie peut gagner ensuite les membres, le tronc, les organes des sens, le diaphragme, etc.

La paralysie met souvent obstacle à l’alimentation et l’on doit se servir parfois de la sonde œsophagienne. Il y a quelquefois des vomissements incoercibles, qui inspirent de vives inquiétudes ; dans un cas de ce genre, le médecin anglais Pope a pu faire garder les aliments en les introduisant dans l’estomac par la sonde, sous le chloroforme.

Si ce moyen échouait, on aurait recours aux lavements nutritifs :

% Bouillon de poulet 100 grammes.

Peptone sèche 10 —

Jaune d’œuf n° 1

Pour un lavement.

% Salep 2 grammes.

Bouillon sans sel 150 —

Jaune d’œuf nos 1 ou 2.

Pour un lavement (Archambault).

Le même auteur conseillait de faire réduire à 150 grammes le mélange suivant, de façon à obtenir une gelée épaisse qu’on faisait prendre en la sucrant:

% Lichen bien mondé 40 à 50 grammes.

Bouillon consommé peu salé 250 —

On donnera en même temps l’alcool, sous forme de vin généreux (Malaga, Grenache, Xérès) ou de potion de Todd (20 à 50 grammes d’eau-de-vie par jour). On ajoutera 2 à 5 grammes d 'extrait mou de quinquina.

Le fer , X arsenic, la strychnine seront prescrits dans tous les cas ; on pourra formuler :

% Teinture de Mars tartarisée . .

Liqueur de Fowler

10 grammes.

M. s. a. V gouttes matin et soir dans un peu de vin ou de lait.

% Sulfate de strychnine 0 gr. 01.

Eau distillée 10 grammes.

Dissolvez. Une à deux seringues de Pravaz par jour.

A l’intérieur, on peut donner la poudre de noix vomique, la teinture (X à XX gouttes).

DIPHTÉRIE

Le sirop de sulfate de strychnine sera pris à la dose de deux, trois ou quatre cuillerées à café par jour, au maximum. On peut encore donner des granules de sulfate de strychnine dosés à 1 milligramme (2 à 4 par jour). Ces préparations tétanisantes ne seront pas continuées trop longtemps, pour éviter les dangers de l’accumulation (8 à 10 jours en moyenne).

Contre les troubles de la vue par défaut d’accommodation, Archambault s’est servi de Yésérine :

% Sulfate d’ésérine 0 gr. 10.

Eau distillée. . ; 10 —

I goutte dans l’œil matin et soir.

Dans les cas d q paralysie généralisée et inquiétante, Archambault faisait intervenir les courants continus: pôle positif à la nuque, pôle négatif au bas du dos ou sur les membres.

C’est surtout dans les cas de 'paralysie diaphragmatique qu’on utilisera l’électrisation faradique ou galvanique.

L’ aphonie, le strabisme, le ptosis d’origine diphtérique peuvent être traités par l’électricité. Outre les piles électriques ordinaires, on pourra utiliser les bains électriques.

Les massages, les frictions stimulantes avec le gant de laine ou de crin, avec le baume de Fioravanti, l’alcool camphré, la térébenthine, l’alcoolat de lavande, sont d’un emploi facile et souvent efficace.

J’en dirai autant des bains sulfureux, des bains salés, des douches froides indiquées dans quelques cas.

Archambault préconisait l’emploi d’un sac de flanelle suspendu au-dessus d’un brasier, sur lequel on avait projeté des baies de genièvre ; on placerait l’enfant dans ce sac et on le frictionnerait énergiquement. Quand le malade ira mieux, on complétera la cure par un séjour prolongé à la campagne, au bord de la mer, ou dans une station chlorurée-sodique telle que Salies-de-Béàrn, Biarritz, Salins, Bourbonne , etc.

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