AMYGDALES (HYPERTROPHIE DES
tation permanente de la gorge appelle les manifestations angineuses, la diphtérie, etc.
On reconnaît l’hypertrophie amygdalienne en abaissant la langue des sujets en face d’un bon éclairage. Les glandes font saillie en dedans des piliers, et arrivent parfois presque au contact. On distingue les inégalités et les lacunes de la glande exagérées par l’hypertrophie. Le traitement doit être à la fois général et local.
TRAITEMENT GÉNÉRAL
Les enfants atteints d’hypertrophie amygdalienne étant pour la plupart lymphatiques et anémiés, on les soumettra à l’usage prolongé de l’huile de foie de morue, du sirop anliscorbutique, iodo-tannique, du fer, de l’arsenic (la Bourboule). Les eaux sulfureuses des Pyrénées peuvent aussi rendre des services; on les fera prendre à domicile, à la dose d’une à deux cuillerées à soupe, dans un peu de lait tiède le matin à jeun. Les enfants iront chaudement vêtus, bien chaussés, bien abrités contre le refroidissement, qui cause trop souvent ces exacerbations aiguës auxquelles l’enfant est prédisposé par le fait même de son amygdalite chronique.
TRAITEMENT LOCAL
On prescrira les pulvérisations d’eau sulfureuse (Enghien. Challes, Labassère, Eaux-Bonnes) faites quotidiennement pendant cinq minutes avec un pulvérisateur à main ou à vapeur ; les gargarismes avec une solution d’alun ou de chlorate de potasse :
% Alun 5 grammes.
Roses de Provins 10 —
Miel rosat 40 —
Eau bouillante 200 —
% Chlorate de potasse S grammes.
Sirop de mûres 40 —
Décoction de feuilles de ronces. . . 200 —
Se gargariser trois ou quatre fois par jour. Quand l’enfant n’est pas assez grand pour se gargariser, on fait des attouchements avec un pinceau de charpie.
On peut employer la teinture d’iode en badigeonnages tous
les deux ou trois jours ou toucher les amygdales tous les jours avec :
% Eau distillée 100 grammes.
Chlorure de zinc 1 —
(Fauvel.)
% Glycérine 10 grammes.
Sulfate de zinc 0 gr. 10.
(Mackenzie.)
Ces moyens ne sont que des palliatifs qui conviennent aux légers; quand l'hypertrophie est considérable, il faut la éduire chirurgicalement.
L’ignipuncture avec le thermo-cautère ou le galvano-cautère est d’un usage difficile chez les enfants ; elle exige un grand nombre de séances et beaucoup de docilité. On se sert d’un abaisse-langue ou d’un spéculum spécial ; on éclaire le fond de la gorge avec le miroir frontal. Pour rendre l’opération moins douloureuse, on la fait précéder d’un badigeonnage avec :
% Chlorhydrate de cocaïne 0 gr. 50
Eau distillée 10 grammes.
Après l’ingnipuncture, Moure prescrit des gargarismes répétés avec :
% Bromure de sodium ) ~
Borate de soude (
Acide phénique
Glycérine
Décoction orge et guimauve. . . .
6 grammes.
Les lenteurs et les difficultés de cette méthode la font réserver aux cas d’amygdales enchatonnées, aux enfants hémophiles. Le traitement de choix est l’amygdalotomie, qui peut se faire avec la pince de Museux et le bistouri boutonné, ou mieux avec l’instrument bien connu sous le nom d 'amygdalotome. Avec cet instrument on agit très vile et sans douleur; on peut d’ailleurs anesthésier la muqueuse à la cocaïne.
Avant l’opération, comme après, on fera de grandes irrigations de la gorge avec l’eau boriquée pour prévenir les infections secondaires. L’asepsie préalable du champ opératoire est de rigueur.
On ajournera l’opération en présence des poussées aiguës
AMYGDALITE AIGUË.
qui exposeraient aux hémorragies; il faut opérer à froid. On peut n’enlever qu’une amygdale dans une séance, et la seconde huit jours après. Pour parer aux dangers de l’hémorragie et de l’inflammation post-opératoires, on fait avaler de petits morceaux de glace; au besoin, on comprime l’amygdale avec une pince armée d’ouate hydrophile ou d’amadou. L’enfant gardera la chambre et ne prendra que des aliments liquides et frais (lait).
M. Ruault a imaginé un procédé de morcellement à l’aide d’une pince spéciale, qui exposerait moins à l’hémorragie que l’amygdalotomie, et qui n’exigerait pas plus de deux séances. Après chaque séance, on frictionne la surface cruentée avec un tampon d’ouate hydrophile trempé dans :
% Iode
lodure de potassium.
Eau distillée
1 gramme.
Les hémorragies graves observées parfois à la suite de l’extirpation sanglante ont fait préférer à beaucoup de spécialistes l’ablation par l’anse, galvanique : à l’aide des accumulateurs, on peut ainsi opérer rapidement, complètement et à blanc. Après l’opération, l’enfant gardera la chambre, se gargarisera avec une solution de résorcine à 1 p. 100 et ne prendra que des aliments liquides et froids (Mounier).
AMYGDALITE AIGUË
L’amygdalite aiguë, dite simple, est très souvent une maladie infectieuse (streptococcique), qui se traduit par une fièvre vive, et peut se compliquer d’albuminurie, d’endocardite, de purpura, etc. Elle se reconnaît au gonflement des amygdales qui tantôt restent lisses et rouges, tantôt se recouvrent d’exsudats pultacés, diphtéroïdes. Ces enduits diffèrent des fausses membranes diphtériques par leur faible adhérence,' par leur dissociation dans l.’eaü, par l'absence du bacille de Loffler.
TRAITEMENT
Le traitement sera surtout antiseptique; on fera l’antisepsie générale (sulfate de quinine, 25, 30, 50 centigrammes par jour),'
et l’antisepsie locale à l’aide des collutoires et des gargarismes suivants :
% Borax 4 grammes.
Salicylate de soude 4 —
Décoction de guimauve 200 —
Sirop de miel 40 —
Pour se, gargariser toutes les deux heures.
% Chlorate de potasse 10 grammes.
Sirop de mûres 40 —
Eau distillée 200 —
Même usage.
% Borate de soude 6 grammes.
Teinture de benjoin 10 —
Infusion de feuilles de ronces . . . 250 —
(Bouchard.)
% Acide borique 2 à 4 grammes.
Sirop de mûres 50 —
Eau distillée 100 —
(Trouessart.)
Badigeonnez la gorge avec cette solution ou coupez-lajl’eau tiède pour gargarismes.
% Résorcine 5 grammes.
Miel rosat 30 —
Eau distillée 200 —
On peut toucher trois fois par jour au pinceau avec :
% Hydrate de chloral 4 grammes.
Glycérine 40 —
% Teinture d’iode Glycérine . . .
10 grammes.
% Iode métallique . .
Iodure de potassium Glycérine
% Salol
Alcool
Glycérine
% Salol
Sulforicinate de soude
0 gr. 25.
3 grammes.
2 grammes, q. s. pour dissoudre.
40 grammes.
(Eloy.)
5 à 10 grammes.
(Trouessart.)
On peut encore insuffler dans la gorge du salol en poudre, du bicarbonate de soude; du benzonaphtol.
AMYOTROPHIE FAMILIALE INFANTILE.
Il est bon, au début de l’amygdalite aiguë, de faire prendre aux enfants un vomitif (50 centigrammes à 1 gramme d’ipéca dans un peu de sirop ou d’eau sucrée), ou un purgatif (huile de ricin : 15 grammes).
Régime lacté autant que possible.
Garder la chambre, éviter les refroidissements, entourer le cou d'ouate.
Donner des bains de pieds sinapisés, si la dysphagie est forte, si le visage est congestionné. Ou bien appliquer des cataplasmes sinapisés aux jambes, entourer celles-ci de bottes d’ouate.
AMYOTROPHIE
(Voyez Atrophie musculaire)
AMYOTROPHIE FAMILIALE INFANTILE
Hoffmann a décrit (Dent. Zeits. f. Nerv., 1893), une amyotrophie spinale familiale débutant dès les premiers mois de la vie, parfois même dès la naissance ou avant la naissance (Sevestre, Soc. de Péd., fév. 1899). On voit peu à peu, ou rapidement, les membres inférieurs, les muscles du dos, ceux des membres supérieurs, du cou, du thorax, se paralyser successivement. Chez le malade de Sevestre, le diaphragme seul fonctionnait encore et la respiration persistait grâce à son intégrité; les côtes étaient enfoncées latéralement et le sternum proéminait. Plus de réflexes tendineux, réaction de dégénérescence; sensibilité conservée. La mort survient dans les premières années de la vie. A l’autopsie, on trouve une atrophie des cornes antérieures de la moelle, des racines antérieures, avec névrite périphérique. Les lésions sont diffuses et symétriques, contrairement à ce qui se passe dans la paralysie infantile vulgaire.
TRAITEMENT
Malgré la gravité de cette (maladie et le peu d’espoir qui reste de la voir rétrocéder, on électrisera avec soin les muscles atteints, on fera des frictions, des massages, on donnera des bains chauds et salés, et on conseillera l’allaitement naturel.
ANASARQUE
L’anasarque est un syndrome qui peut se rencontrer dans le cours ou à la suite de plusieurs maladies, mais surtout dans le mal de Bright et à la suite de la scarlatine. On l’observe aussi dans les cachexies, les cardiopathies. Elle peut être intra-utérine.
C’est un œdème sous-cutané généralisé, facile à reconnaître à la bouffissure de la peau, à sa blancheur, à sa mollesse; le doigt marque son empreinte sur ce gonflement, ce qu’il ne fait pas dans l’obésité ou polysarcie.
TRAITEMENT
On traite l’anasarque directement ou indirectement. Directement, par des frictions sèches ou alcooliques, par le massage, par les mouchetures avec une aiguille ou une lancette stérilisée, par les onctions avec une pommade résolutive :
% Vératrine 1 gramme.
lodure de potassium 2 —
Axonge . 30 —
(Pécholier.)
Indirectement, on agit d’une manière plus sûre et plus efficace par le régime lacté, les diurétiques et les purgatifs dont faction est de dériver vers l’intestin ou le rein l’excès de sérosité qui encombre le tissu cellulaire. Par les sudorifiques (bains de vapeur ou d’air chaud, pilocarpine), on active l’émonction cutanée et on favorise la disparition de l’anasarque.
% Infusion de chiendent 300 grammes.
Nitrate de potasse 2 —
Lactose 50 —
A prendre en quatre ou cinq fois dans la journée.
% Infusion- de pariétaire 100 grammes.
Acétate de potasse ....) — 0
Nitrate - . . . . } aa’ ‘ “ “
Oxymel scillitique . . . . | ~ ^
Sirop des cinq racines . . ) ’
Par cuillerées de 2 en 2 heures.
Sa . . . 10 grammes.
Sirop de stigmates de maïs 30 —
Par lasses dans la journée.
% Fleurs de genêt
Baies de genièvre . . . .
Eau bouillante