MAIGREUR
La maigreur est commune chez les enfants mal nourris, dyspeptiques, souffrant d’une poussée de croissance; elle est inquiétante quand elle dépasse certaines limites. Un amaigrissement rapide, que rien n’explique, devra faire craindre la tuberculose. J’ai vu souvent la maigreur précéder la méningite tuberculeuse. Chez les nouveau-nés, la maigreur est l’indice d’une alimentation insuffisante, ou, ce qui revient au même,
{! d’une alimentation abondante, mais mal digérée. Dans la seconde enfance, elle indique presque toujours une dyspepsie atonique, avec dilatation de l’estomac, constipation, etc. Elle peut compliquer la neurasthénie.
Le traitement de la maigreur est le contraire de celui de l’obésité (voyez ce mot); il faut diminuer les dépenses et accroître les recettes de l’organisme.
On évitera la fatigue musculaire, et tout en préconisant la cure d’air, on insistera sur le repos des organes. Pas de surmenage intellectuel bien entendu. Comme régime, on donnera les
aliments en purée, les viandes, les farineux, les œufs, les fromages, les poissons, etc. On pourra essayer la poudre de viande, les biscottes de légumine ; comme boisson, on recommandera le lait ou la bière. On fera, en somme, de la suralimentation, mais avec mesure. On pourra essayer les injections sous-cutanées d’huile stérilisée, et, de temps à autre, une cure arsenicale (dix jours par mois, 2 à 5 milligrammes d’acide arsénieux).
MALADIE D’ADDISON ou MALADIE BïiONZÉE
La maladie bronzée d’Addison, en rapport avec la tuberculose des capsules surrénales, est plus rare chez les enfants que chez les adultes et ne s’observe guère que dans la seconde enfance (fille de 13 ans, fille de 14 ans et demi observées par le Dr Descroizilles, voyez la Médecine infantile du 13 février 1893, p. 91).
Elle est caractérisée par la coloration brun sale, bronzée, des téguments, par l’asthénie et la cachexie, et à l’autopsie, on trouve des lésions tuberculeuses dans différents viscères, et en particulier dans les capsules surrénales.
La mort est presque fatale.
Toutefois on a signalé des cas de maladie bronzée curable : docteur Zinnis ( Médecine infantile , 13 mai 1894, p. 26G ; docteur Coulon, ibicl., p. 307).
Mais les pigmentations cutanées, qui ont fait porter ce diagnostic chez les enfants de 3 et G ans auxquels je fais allusion, ne suffisent pas. Dans un cas, l’impaludisme était probable; et dans l’autre, une chorée grave avait précédé la pigmentation. 11 y a de vrais et de faux Addisoniens, il faut savoir les distinguer.
TRAITEMENT
Il faut d’abord combattre la faiblesse générale à l’aide d’une bonne nourriture, de l’huile de foie de morue, du vin de quinquina, si l’estomac peut le supporter. Ensuite il faut essayer l’action de l’arsenic sous forme de liqueur de Fowler (V, X, XV et XX gouttes par jour).
MALADIE DE FRIEDREICII.
La créosote ou le gaïacol en injections sous-cutanées, en lavements (solutions huileuses stérilisées), seront également prescrits.
Dans certains cas, on sera autorisé à s’adresser à Yorganothérapie, c’est-à-dire qu’on injectera à l’enfant de l’extrait glycérinéde glandes surrénales d’animal, si on ne lui fait pas ingérer des fragments de ces corps, dont la fonction jusqu’à présent est obscure, mais qui semble nécessaire à l’existence. Je dois dire cependant que les tentatives faites jusqu’à ce jour dans cette voie n’ont pas été satisfaisantes.
Chez un enfant de 14 ans que j’ai observé, l’ingestion quotidienne d’une glande surrénale de mouton a été parfaitement bien tolérée, mais la guérison n’a pu être obtenue.