MASTOÏDITE
L’apophyse mastoïde, diverticule de la caisse, annexe de l’oreille moyenne, est solidaire de cet organe. On a distingué une périostite succédant à une inflammation du conduit ou du pavillon de l’oreille; et une ostéite plus commune succédant à l’otite moyenne suppurée ou étant infectée avec la caisse dans les lièvres éruptives. Pression très douloureuse, douleur spontanée empêchant le sommeil, fièvre, tels sont les symptômes qui attirent l’attention. Le gonflement extérieur n’est pas constant. Si la maladie est négligée, la mastoïdite devient chronique et le gonflement apparaît avec l’abcès sous-périostique.
TRAITEMENT
En présence d’une mastoïdite, il ne faut pas temporiser; l’ouverture doit être hâtive. On incise jusqu’à l’os, puis on trépane, pour ouvrir l’antre mastoïdien; le curetter, le nettoyer avec une solution de chlorure de zinc à 1/10 (Moure). On se servira de la gouge et du maillet, ou d’une fraise mue par un moteur électrique. L’apophyse mastoïde dénudée, on cherche le spina supra mealum , épine osseuse qui se trouve à la partie postéro-supérieure du conduit auditif; en ouvrant à ce niveau, à un demi-centimètre en arrière du conduit osseux, on tombe dans la grande cellule mastoïdienne. On suture, on draine, on panse aseptiqucment.
MASTURBATION (Voyez Onanisme)
MÉLÆNA
Le mélæna existe quand les selles contiennent du sang pur ou altéré par un séjour plus ou moins long dans l’intestin. Quand le sang est pur, rouge, il provient du gros intestin : cette variété de mélæna s’observe dans l’entéro-colite simple ou dysentérique, l’invagination, la fissure à l’anus (voyez ces mots); elle n’offre pas grand intérêt. Quand le sang est noir, poisseux, goudronneux, sa source doit être cherchée dans l’intestin grêle, l’estomac, la bouche, le nez, ou même le poumon (hémoptysie avec déglutition du sang). Parfois même le sang vient du mamelon de la nourrice (crevasses). Un examen attentif révélera ces différentes origines du mélæna.
Chez les nouveau-nés, dans la première semaine, on observe une variété de mélæna très grave, provenant d’ulcères de l’estomac ou du duodénum, ou d’une congestion de la muqueuse (hémophilie, syphilis héréditaire?). L’enfant pâlit, s’agite, puis s’affaisse et meurt. Parfois il vomit du sang, et l’hématémèse complique le mélæna. Le mélæna des nouveau-nés est mortel dans la moitié des cas au moins.
TRAITEMENT
Outre les moyens indirects (frictions avec des flanelles chaudes, avec la térébenthine, réchauffement par l’eau chaude, la couveuse), on fera absorber par la bouche des médicaments hémostatiques.
% Perchlorure de fer V gouttes.
Eau sucrée 30 grammes.
Par cuillerées à café de cinq en cinq minutes.
"It Ergotine 0 gr. 60.
Sirop de ratanhia 20 grammes.
Hydrolat de menthe 20 —
Par cuillerées à café de quart d’heure en quart d’heure.
On fera prendre des fragments de glace pilée avec du sucre
MÉNINGISME.
dans du lait, du cognac ou du rhum (5 à 10 grammes par jour). On mettra sur le ventre une vessie de glace.
On donnera aussi, pour agir sur les ulcérations gastrointestinales :
% Nitrate d’argent 0 gr. 01.
Eau distillée 40 grammes.
Par cuillerées à café.
Si l’hémorragie ne cède pas, on fera des injections souscutanées d’ergotine (solution Yvon, un quart ou une demiseringue de Pravaz).
Contre le mélæna de la seconde enfance, on emploiera le traitement indiqué aux mots Diarrhée, Constipation, Dysenterie, etc.
MÉNINGISME
Le D1’ E. Dupré a attiré l’attention sur un ensemble symptomatique rencontré assez souvent chez les enfants et simulant la méningite. Cette pseudo-méningite ou ce méningisme peuvent donner le change, car ils se traduisent par des céphalées, des contractures, de l’agitation, du délire, de la fièvre, etc. On a le tableau complet de la méningite, avec cette différence que la guérison vient bientôt lever les doutes et anéantir les prévisions alarmistes.
On peut renconter le méningisme chez des enfants hystériques ou candidats à l’hystérie, à l’occasion d’une maladie infectieuse comme la grippe, la pneumonie, la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, l’impaludisme, le rhumatisme, à l’occasion des vers intestinaux, de la constipation opiniâtre, etc.
Pour expliquer ces accidents, il faut invoquer soit une action réflexe, soit une auto-intoxication agissant sur la corticalité cérébrale et parfois spinale. Dans tous les cas le diagnostic est des plus difficiles, il faut savoir suspendre son jugement et ne pas condamner sans appel tous les méningitiques.
J’ai eu récemment, dans mon service de l’hôpital des Enfants, deux enfants présentant ce syndrome inquiétant (délire, hyperesthésie, raideur de la nuque, coma) et qui ont guéri à la surprise générale.
TRAITEMENT
On traitera les symptômes prédominants; s’il y a de l’hypcrthermie, on donnera des bains à 25° ou à 20° toutes les trois ou quatre heures; contre le mal de tête et l’agitation, on prescrira l’antipyrine à la dose de 1 , 2 et 3 grammes par jour, suivant l’âge, et on aura recours à la vessie de glace. S’il y a de la constipation, on fera prendre une bonne dose de calomel (o centigrammes par année d’àge), et on administrera de grands lavements d’eau froide.
La preuve ou le soupçon de l’existence des helminthes fera donner la santonine ou la fougère mâle, suivant les cas. Enfin, si la possibilité de l’impadulisme se présentait à l’esprit, on se hâterait de donner la quinine (suppositoires, avec 20, 30, oO centigrammes de bichlorhydrate ; injections sous-cutanées du même sel). — (Voyez Quinquina et Quinine.)