MÉNINGITE AIGUË
TRAITEMENT
On applique une ou deux sangsues aux apophyses mastoïdes ou à l’anus, on met de la glace sur la tète, un vésicatoire à la nuque. On assure la liberté du ventre par un purgatif, surtout par le calomel :
% Calomel 0 gr. 10.
Poudre de rhubarbe. 1 gramme.
Pour 8 paquets; 6 par jour.
(Descroizilles.)
% Calomel 0 gr. 30.
Scammonée 0 gr. 10.
Sucre de lait . 4 grammes.
Faire 10 paquets ; un d’heure en heure jusqu’à ce qu’on ait deux selles.
(H. Roger.)
En même temps on fait des frictions mercurielles et on prescrit l’iodure de potassium :
% Iodure de potassium . . 0 gr. 50.
Sirop de fleurs d’oranger 25 grammes.
Eau distillée 60 —
Par cuillerées à café d’heure en heure.
% Onguent mercuriel double 50 grammes.
Extrait de belladone 10 —
Frictions matin et soir sur les tempes et derrière les oreilles avec gros comme une noisette de cette pommade.
(II. Roger.)
On associe souvent le bromure et l'iodure de potassium dans la môme potion :
% Bromure de potassium 2 grammes.
Iodure de potassium 1 —
Teinture de valériane XX gouttes.
Sirop d’écorces d’oranges 40 grammes.
Eau distillée 100
Une cuillerée à dessert d'heure en heure.
Si le bromure ne calme pas, on donnera le cbloral (1 à 2 grammes) en potion ou en lavement.
Dans les cas d’agitation extrême et d'hyperthermie, on donnera les bains froids ou tièdes (25° à 30°). La chambre sera vaste, aérée, peu chauffée, les volets seront fermés, afin que l’enfant ne soit pas excité par une lumière trop vive.
MÉNINGITE CÉIIÉBRO SPINALE
La méningite cérébro-spinale ou typhus cérébro-spinal est une maladie épidémique qui frappe tantôt les corps de troupe, tantôt la population civile. Dans ce dernier cas, on voit souvent les enfants payer un large tribut à la maladie. Elle se caractérise par de la céphalalgie, de la raideur de la nuque, des convulsions, de l’opisthotonos, le coma. Il y a souvent aussi un herpès labial qui peut mettre sur la voie du diagnostic et faire écarter l’idée de méningite tuberculeuse. Les organes des sens sont souvent atteints : otite, kératite, choroïdite. La maladie évolue rapidement et peut tuer en trente-six heures, mais il y a des formes prolongées et subaiguës qui durent beaucoup plus longtemps.
TRAITEMENT
L’hyperexcitabilité sensitive et sensorielle des malades indique de les tenir dans une chambre obscure, à l’abri de tous les bruits et de toutes les causes d’excitation.
On mettra sur la tête une vessie de glace, on appliquera des pointes de feu à la nuque et de chaque côté de la colonne vertébrale.
A défaut de pointes de feu, on posera un vésicatoire à la nuque ou des ventouses scarifiées. En même temps on assurera la liberté du ventre, en faisant prendre trois fois par jour, dans une cuillerée de lait, le mélange suivant :
% Calomel 0 gr. 05.
Poudre de jalap 0 gr. 10.
Sucre en poudre 1 gramme.
On pourra donner aussi un lavement purgatif avec :
% Sulfate de soude • 10 grammes.
Follicules de séné 5 —
Eau bouillante 200 —
On agira, contre l’agitation et les spasmes, par les bains tiôdes prolongés (.30° à 32°), ou même chauds (36°, 38°, 40°), par le chloral en lavement ou en suppositoire (1 gramme), par l’opium (un demi-centigramme d’extrait d’opium toutes les
MENINGITE SPINALE.
trois heures, 1 à 5 milligrammes de chlorhydrate de morphine en injections sous-cutanées).
Contre la lièvre, parfois si vive, on donnera l’antipyrine (1 à 3 grammes), la quinine (0sr,5 à 1 gramme), le salicylate de soude (2 à 4 grammes).
On a prescrit parfois l’iodure et le bromure de potassium :
% lodure de potassium . .
Bromure de potassium .
Sirop d’écorce d’orange .
Eau distillée
aa. . . 1 gramme.
Deux à trois cuillerées à dessert par jour.
On aura soin de ne pas donner en même temps le calomel et l’iodure de potassium.
La ponction lombaire a pu servir au diagnostic de la maladie ( méningocoque dans le liquide céphalo-rachidien), mais sa valeur thérapeutique est à peu près nulle.
On isolera les malades, car la maladie est infectieuse et contagieuse.