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POLYPES DU RECTUM

On désigne sous le nom de polypes du rectum des tumeurs nénignes, pédiculées, implantées sur la muqueuse rectale. Elles peuvent se rencontrer à tous les ûges. Le volume est petit : pois, cerise, noix; la tumeur est rouge, lisse, le pédicule long

POLYURIE.

ou court, parcouru par des artérioles et des veinules; il s’implante en arrière, au-dessus du sphincter, à quelques centimètres de l'anus.

Les polypes sont mous ou durs suivant qu’il se développent aux dépens des glandes, du stroma muqueux ou de la tunique musculeuse (adénomes, adéno-fibromes, myomes, fibro-myomes, lymphadénomes).

Les symptômes sont vagues et insidieux : démangeaisons, défécations douloureuses, suintement muco-sanglant, hémorragies, ténesme, rétention d’urine. Puis on constate à l’anus une tumeur rouge, saignante. Il peut y avoir en même temps des fissures, abcès, du prolapsus, de la rectite.

Si le polype sort, on aura à le distinguer : du bourrelet hémorroïdal , très rare chez l’enfant; du condylome , plus dur et toujours extérieur ; du prolapsus , plus étendu, réductible, etc.

TRAITEMENT

La tumeur étant reconnue, il faut l’enlever. On dilatera l’anus avec le doigt, après anesthésie chloroformique, on saisira le polype, on fera une ligature du pédicule au catgut ou à la soie, et on incisera la tumeur avec les ciseaux au-dessous de la ligature.

En cas d’hémorragie post-opératoire, on bourrera l’anus et le rectum de tampons aseptiques, on injectera de l’eau glacée, du sérum gélatineux, etc.

POLYURIE

La polyurie, ou diabète insipide, est caractérisée par l’émission d’une quantité exagérée d’urine pâle, peu dense, sans augmentation d’urée.

Quand l’urée augmente notablement, il y a azoturie. Cette maladie s’observe surtout chez les enfants de souche nerveuse, chez les dégénérés. Elle peut être occasionnée par un traumatisme crânien, par une émotion, une frayeur, un refroidissement, une maladie aiguë (fièvre palustre).

Le diagnostic repose sur la mesure des urines de la journée, la fréquence des mictions, l’analyse chimique, les stigmates

nerveux. La polyurie s’observe surtout dans la seconde enfance.

Il existerait dans l’Inde, chez des enfants très jeunes (1 à 2 ans), une polyurie spéciale survenant au moment des chaleurs, sujette à récidive, et guérissant bien par la belladone à hautes doses (Brunton, British med. Jonrn., 1892).

TRAITEMENT

L’enfant polyurique sera chaudement vêtu; on fera fonctionner la peau à l’aide des bains chauds, des frictions, des douches chaudes. On donnera les toniques et les amers (quassia, gentiane, quinquina, fer, huile de foie de morue).

Les médicaments à essayer sont : l’opium, qu’on prescrira à doses fractionnées (un centigramme d’extrait thébaïque cinq fois par jour pour un enfant de 10 ans), la valériane (2, 3, i grammes d’extrait, en bols ou en électuaire, avec du miel, de la confiture), la belladone (1 à 5 centigrammes d’extrait, 15 à 20 grammes de sirop), le bromure de potassium (2 à 4 grammes), l’antipyrine (mêmes doses). On peut donner des doses fortes, à cause de la rapidité d’absorption et d’élimination. Dans quelques cas, les courants continus fourniront de bons résultats.

Monti a employé les remèdes suivants, dans les cas de polyurie nerveuse :

% Liqueur de Fowler .

Teinture de valériane

aa. . . 10 grammes.

V à X gouttes trois fois par jour.

% Phosphate de codéine Sirop simple ....

0 gr. 10 à 0 gr. 20.

30 grammes.

Trois cuillerées à café par jour.

% Seigle ergoté 0 gr. 50.

Infuser dans eau 90 grammes.

Sirop de cinnamome 10 —

Quatre cuillerées à soupe par jour.

% Extrait de seigle ergoté 0 gr. 05.

Poudre de réglisse 0 gr. 50.

Pour 10 doses, 3 à 4 par jour.

L’enfant sera mis au repos, à l’abri des fatigues, des émotions, des intempéries.

Autant que possible, on donnera des boissons chaudes, ce qui préviendra l’abus dans une certaine mesure.

PROLAPSUS DU RECTUM.

PROLAPSUS DU RECTUM

Le prolapsus, ou chute du rectum, consiste dans la descente, hors de l’orifice anal, de la muqueuse rectale, ou bien dans l'invagination réelle de la partie inférieure du gros intestin. Le bourrelet rouge, saignant, mollasse, qui fait saillie au dehors, peut donc être composé différemment suivant les cas : dans les cas légers, la muqueuse seule est retournée ; dans les cas graves, toutes les tuniques du rectum sont invaginées, et le boudin extérieur peut atteindre 10 centimètres de longueur et davantage.

Tantôt le prolapsus ne se produit qu’au moment de la défécation, se réduisant de lui-même ou par une pression légère; tantôt il est difficilement réductible; tantôt il est irréductible.

Les causes habituelles sont : la constipation, l’entérite aiguë ou chronique, la dysenterie, la coqueluche ; le rachitisme est une cause prédisposante; âge habituel : 1 à 4 ans.

TRAITEMENT

La première indication est de réduire le prolapsus; la seconde, d’en prévenir le retour. Généralement il est facile de réduire la tumeur à l’aide de la pression digitale ou avec un linge enduit de vaseline. Si l’on éprouve quelque difficulté, on mettra l’enfant dans la position génu-pectorale, ou bien la tête en bas. On maintiendra la réduction à l’aide d’un tampon d’ouate fixé par un bandage en T.

On conseillera, quand l’enfant ira à la selle , de le faire asseoir sur un siège élevé, de façon que ses pieds ne touchent pas le sol. Les efforts seront ainsi moins puissants, et la tendance au prolapsus moindre. On peut encore prescrire le décubitus dorsal au moment de la défécation.

Pour réveiller la contractilité du sphincter anal, on donnera tous les jours un lavement froid; au besoin, on introduira un petit fragment de glace. Le soir, on prescrira un suppositoire ainsi composé :

% Beurre de cacao 2 grammes.

Tanin ) ~ .

Extrait de ratanhia i aa‘

A l’exemple de Vidal, on fera, au voisinage de l’anus, des injections sous-cutanées d’ergotine :

% Ergotine 1 gramme.

Hydrolat de laurier-cerise 10 —

Une à deux seringues de Pravaz par jour.

ou bien :

% Eau distillée 10 grammes.

Sulfate de strychnine 0 gr. 01.

Injecter V à VI gouttes de cette solution au voisinage de l’anus, dans le tissu cellulaire.

L’électrisation peut être mise en œuvre.

En même temps, on prescrira des bains salés ou sulfureux, de l’huile de foie de morue ou du sirop iodo-tannique, à titre de fortifiant et de reconstituant général.

La guérison sera obtenue à la longue, sans intervention chirurgicale, dans la plupart des cas.

Si le prolapsus est irréductible, on sera conduit à cautériser linéairement le bourrelet avec le thermocautère, ou même à le réséquer complètement. Julliard a réséqué avec succès un boudin de 25 centimètres chez un enfant de 9 ans; le péritoine étant ouvert, il fallut suturer les deux lambeaux de la séreuse.

On combattra, par les moyens appropriés, le rachitisme, la diarrhée, la constipation, la dysenterie (voyez ces mots), causes habituelles du prolapsus rectal. On s’opposera aux fausses envies et aux efforts intempestifs de défécation communs chez certains enfants qui en font un jeu.

Si l’enfant a la coqueluche, on le soutiendra au moment des quintes, une main sur le front, l’autre au niveau de la région ano-fessière, quand on aura lieu de craindre la chute du rectu m .

PRURIGO

Le prurigo est une lésion banale, reconnaissant des causes diverses : il peut être parasitaire (poux, gale), ou d’origine interne (prurigo chronique, lichen agrius, prurigo de Hébra). L’éruption est formée par des papules arrondies, excoriées par

PRURIGO.

les grattages, accompagnées souvent de lésions eczématiformes, de croûtes, de fissures cutanées, de pustules, etc.

Le prurigo pédiculaire siège de préférence à la nuque et à la partie supérieure du dos ; le prurigo acarien occupe les mains, les pieds, les fesses; le prurigo de Hébra afFecte surtout les bras, les jambes,, parfois tout le corps. Des démangeaisons fortes, persistantes, atroces parfois, accompagnent le prurigo; elles sont plus fortes la nuit que le jour.

Le strophulus se distingue du prurigo par le jeune âge des sujets, la répartition discrète des papules, leur durée éphémère. L'urticaire procède par plaques rouges ou rosées, plates et larges; mais à la longue, elle peut coexister avec le prurigo ou être remplacée par lui. L’eczéma prurigineux se distinguera par l’apparition, au début, de petites vésicules acuminées, confluentes, qui se déchirent ensuite et font place à des croûtes. Mais, dans le prurigo de Ilébra, toutes les lésions précédentes peuvent se rencontrer, l’éruption est polymorphe.

TRAITEMENT

Le traitement local du prurigo repose sur l’emploi de pommades, lotions, emplâtres :

% Lanoline anhydre 50 grammes.

Vaseline 20 —

Eau distillée 30 —

Mêlez intimement et faites des frictions matin et soir.

% Oxyde de zinc

Sous-nitrate de bismuth. . . .

Menthol

Vaseline

(Klein.) 10 grammes.

% Glycérolé d’amidon 99 gr. 50.

Acide phénique cristallisé 0 gr. 50.

(Besnier.)

% Glycérolé d’amidon 40 grammes.

Acide tartrique 1 —

Onctions tous les soirs.

% Carbonate de potasse 1 gramme.

Eau de laurier-cerise 20 —

Lotions malin et soir.

Si le prurigo est d’origine parasitaire, on ne le guérira qu’en supprimant les parasites (poux, acares).

MA LADIES DES ENFANTS

Quand le prurigo devient chronique, polymorphe (prurigo de Hébra, lichen agrius), on a recours aux moyens suivants :

% Soufre sublimé et lavé

Craie préparée

Huile de l'aine

Savon noir ] __

Vaseline j aa. .

Frictions matin et soir.

% Glycérolé d’amidon 40 grammes.

Goudron ou huile de cade 10

% Naphtol B Vaseline .

Frictions quotidiennes.

On peut encore faire des frictions avec l’huile de foie de morue ; on appliquera des emplâtres faits avec cette huile. Les enveloppements avec les compresses imbibées d’huile de morue ou de Uniment oléo-calcaire réussissent bien.

En môme temps, on donne l’huile de morue, le sirop d’iodure de fer à l’intérieur; on surveille- le régime alimentaire, dont on supprime les aliments épicés, les excitants, le vin, l’alcool, le café. On fait l’antisepsie intestinale.

Enfin on conseille une ou plusieurs cures à la Bourboule, Néris, Luxeuil, Plombières, Uriage, Luchon, Ax, Barèges, Saint-Christau.

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