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SPASME DE LA VESSIE

Cette affection, décrite par Bokay, réside dans l’occlusion spasmodique du sphincter vésical, qui rend la miction difficile et douloureuse. Chez les nouveau-nés, le spasme de la vessie peut être dû aux infarctus uriques; plus tard, il sera produit par l'uricémie (suralimentation azotée), par la concentration des urines (lièvre, catarrhes intestinaux). Enfin dans la seconde enfance, le spasme de la vessie paraît dépendre souvent d’un refroidissement.

Le diagnostic chez les enfants très jeunes sera difficile : les cris, les pleurs, les coliques n’indiqueront pas le siège du mal; il faudra tenir compte de la rareté, de la suppression des mictions. Plus tard, l’enfant renseignera sur le siège des douleurs et des difficultés qu’il éprouve à uriner. La maladie est courle et bénigne.

TRAITEMENT

On cherchera à diluer l’urine par des boissons abondantes, le lait coupé de tisane de chiendent, de graines de lin, de queues de cerises, d’eau de Vichy. On appliquera des cataplasmes sur le bas-ventre, on mettra l’enfant dans un bain tiède. On peut encore donner des lavements froids, des suppositoires avec :

% Beurre de cacao 3 grammes.

Extrait de belladone 0 gr. 10.

On fera porter des caleçons de laine pour éviter les refroidissements.

SPERMATORRHÉE

Par 'pertes séminales involontaires', ou par spermatorrhée , dit Trousseau, on entend des pertes ou des évacuations de la liqueur spermatique qui se font sans qu’il y ait aucune excitation érotique, ou du moins sans que cette, excitation ait été suffisante.

L’étude de la spermatorrhée doit accompagner celle de 1 ona-

SPERMATORRHÉE.

nisme; c’est une névrose génitale du môme genre, se rencontrant souvent chez les mêmes sujets. Mais, tandis que l’onanisme est surtout un vice de l’enfant, la spermatorrhée est une maladie de l’âge adulte. Tel qui était masturbateur avant la puberté, deviendra spermatorrhéique après.

La pollution nocturne peut se rencontrera l’état physiologique chez les sujets jeunes, vigoureux, trop continents; elle survient alors rarement et à la suite de rêves plus ou moins lascifs, et elle ne laisse après elle aucun trouble morbide. Mais vient-elle à se reproduire fréquemment, on peut craindre qu’elle, n’aboutisse à l’incontinence spermatique véritable, dont la gravité est assez grande.

Chez les spermatorrhéiques avérés, les pollutions surviennent souvent sans excitation extérieure, sans rêves érotiques et elles se font spontanément, sans éréthisme, sans sensations voluptueuses. Elles sont alors suivies de malaise, de courbature, de fatigue générale, d’accablement. De nocturnes qu’elles étaient primitivement, les pollutions deviennent diurnes et causent alors un grand émoi. Ce n’est pas que la pollution, même diurne, ne puisse s’observer à l’état physiologique; la constipation opiniâtre, les efforts qu’elle exige peuvent, chez les sujets sains et vigoureux, provoquer la spermatorrhée accidentelle et passagère au moment de l’expulsion du bol fécal. Cette spermatorrhée mécanique disparait avec la cause qui lui a donné naissance.

Mais si la spermatorrhée accompagne la miction, si le sperme se mêle aux urines, le cas est plus grave, comme Lallemand (de Montpellier) en avait fait la remarque L

« Ces pertes survenant pendant la miction, dit-il, sont les plus graves de toutes, les plus rebelles à la médecine. »

Lallemand, tombant dans le même excès que Tissot à propos de l’onanisme, croyait que la spermatorrhée pouvait déterminer un certain nombre de névroses et de vésanies. Trousseau a remis les choses à leur place et fort bien apprécié le fort et le faible de la doctrine du médecin de Montpellier. « 11 n’a, pas assez vu, dit-il, que les pertes séminales sont, non pas la cause des névroses diverses qu’il a décrites dans son livre, mais, dans

1. Lallemand. — Des Pertes séminales involontaires, 3 vol. Paris, 1836-1842.

bon nombre de cas, l’expression d’un désordre nerveux qui, se traduisant d’abord par la spermatorrhée, revêtira plus tard des formes beaucoup plus graves. »

Sans dramatiser, comme on l’a fait, la spermatorrhée, il faut reconnaître que des pertes séminales répétées peuvent entraîner de graves désordres. D’abord les malades ne tardent pas à arriver à la frigidité absolue et à l’impuissance; souvent même ils sont inféconds, rendant un liquide peu riche en spermatozoïdes, ces animalcules eux-mêmes étant déformés et doués d’une faible vitalité.

Les expériences de Brown-Séquard ont d’ailleurs démontré que la liqueur spermatique avait une réelle puissance dynamogénique; la perte incessante de cette humeur ne saurait être inoffensive. Et de fait on voit les spermatorrhéiques présenter à la longue un état de faiblesse et de dépérissement inquiétant. Ils sont sans force et sans énergie, incapables de se livrer à une occupation quelconque; leur fatigue est extrême, leur visage pâle, leurs yeux sont enfoncés dans les orbites, les traits tirés et amaigris; ils accusent une grande sensibilité au froid; la digestion se fait mal, l’appétit est diminué, on note des crampes d'estomac, des coliques intestinales, des névralgies diverses, de la constipation, de la flatulence; ajoutons à cela les palpitations, les essoufflements, les vertiges, les bourdonnements d’oreille, les troubles de la vue, etc. Ce qui domine en somme, ce n’est pas la cachexie comme on la voit chez les phtisiques, mais la neurasthénie avec toutes ses conséquences, l’hypochondrie, la mélancolie, la lypémanie, la tendance au suicide.

Si la spermatorrhée bien souvent n’est qu’une névrose des organes de la génération, une hypochondrie génitale, on a signalé des cas où elle semblerait reconnaître une influence locale : la longueur exagérée du prépuce, le phimosis, l’irritation du gland par le smegma, l’arrêt de développement des corps caverneux, la monorchidie, la cryptorchidie, l’hypo et l’épispadias; mais toutes ces anomalies génitales ne sont pas purement accidentelles et elles accusent, pour la plupart, une tare nerveuse profonde et héréditaire.

Dans quelques cas la spermatorrhée dépend de la constipation et guérit avec elle; elle peut être liée aussi à la présence d’hémorroïdes, d’oxyures vermiculaires, d’ascarides, etc.

SPERMATORRHEE.

Trousseau a bien montré que l’ataxie locomotrice pouvait s’annoncer par des pertes séminales involontaires.

Mais dans la généralité des cas, il y a, comme l’a bien fait voir Trousseau, un rapport étroit entre les névroses et les troubles génito-urinaires tels que spermatorrhée, onanisme, incontinence d’urine; on voit très souvent ces diverses manifestations se succéder chez le même sujet ou chez des membres de la même famille; ou bien l’on trouve, chez les ascendants ou les collatéraux, d’autres névroses, l’épilepsie, l’hystérie, les vésanies.

TRAITEMENT

D’après Trousseau, le mécanisme de la spermatorrhée est comparable à celui de l'incontinence d’urine. Tantôt il y a contraction trop énergique des organes sécréteurs, tantôt atonie, et la spermatorrhée serait, suivant les cas, active ou passive.

Cette distinction peut servir de base au traitement.

S’il y a contraction exagérée des vésicules séminales, il sera indiqué de donner les antispasmodiques, le bromure de potassium , le bromure de camphre , le phosphure de zinc, le lupulin, la belladone, les bains chauds, les douches sulfureuses chaudes.

Si l’on soupçonne l’atonie, on prescrira le seigle ergoté , la noix vomique, la strychnine , la liqueur de Baume, les douches froides, les bains de mer , le massage , Y électrisation périnéale, etc.

Lallemand considérait la spermatorrhée comme une maladie de cause locale et il pratiquait dans tous les cas la cautérisation au nitrate d’argent de la partie prostatique de l’urètre au niveau du veru montanum, c’est-à-dire de l’embouchure des canaux éjaculateurs. Mais cette thérapeutique est loin d’être applicable à la généralité des malades; il est même rare que la spermatorrhée dépende d’une urétrite, quoique la blennorragie chronique puisse être suivie parfois de pertes séminales involontaires.

La cautérisation de la portion prostatique de l’urètre sera donc réservée aux cas où elle est formellement indiquée, c’està-dire aux blennorrhées chroniques avec cystite du col, etc.

Parmi les remèdes locaux qui se sont montrés le plus efficaces, il faut citer la compression de la prostate par la voie ano-rectale.

Chez un jeune homme de 26 ans, spermatorrheique, sur le point de se marier, et en proie au plus grand désespoir, Trousseau employa une sorte d’embout de bois semblable à celui du spéculum, que le patient devait porter dans le rectum, en le maintenant avec des serviettes. Après quinze jours de cette compression prostatique, il y avait une grande amélioration, et après un mois, une guérison suffisante pour permettre le mariage et la consommation du mariage. Encouragé par le succès, Trousseau perfectionna son instrument; il fit construire par Mathieu une sorte de bondon de métal, ayant la forme d’une olive très allongée, du volume d’un œuf de pigeon ou d’un œuf de poule suivant les cas. Ce bondon allait en s’amincissant en bas sous forme de goulot de 5 millimètres de diamètre, soudé à l’extérieur à une tige plate qui s’appliquait en avant sur le périnée et en arrière sur le coccyx. De cette manière, l’instrument introduit dans le rectum tenait tout seul, sans bandage.

Le même Trousseau raconte qu’il a vu guérir un jeune Irlandais spermatorrheique par la dilatation forcée de l’anus; ce traitement serait rationnel si la spermatorrhée dépendait d’une fissure anale.

Il faut se rappeler ces moyens mécaniques et chirurgicaux qui pourront trouver leurs indications et soulager les malades; en général, ils ne préviennent pas la récidive, car la névrose subsiste; c’est elle qu’il faut attaquer.

Tous les malades se trouveront bien d’un traitement tonique dont l’hydrothérapie formera la base. Le changement d’air, une cure à Gérarclmer , à Divonne, au bord de la mer, la vie à la campagne, pourront leur apporter un grand soulagement.

Les ventouses sèches et scarifiées le long de la colonne vertébrale, les frictions sèches ou térébenthinées sur le corps, le massage sont des moyens d’une certaine efficacité à conseiller. Trousseau préconisait encore les badigeonnages de teinture d'iode , les moxas, et les cautères sur la colonne vertébrale. Il s’est bien trouvé dans quelques cas des bains de siège très chauds, des sachets de sable chaud sur le périnée ; ces derniers moyens réussiraient surtout dans la spermatorrhée active, la

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