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ARYTHMIE CARDIAQUE

L’irrégularité des battements du cœur et du pouls, les faux pas, les intermittences, les inégalités dans la fréquence, la force et le rythme, sont des phénomènes passagers ou permanents qu’on rencontre assez souvent dans le jeune âge, quand on veut bien les chercher. Je ne parlerai pas de l’arythmie qui résulte d'une maladie organique du cœur (endocardite, péricardite, myocardite aiguë ou chronique), je laisserai de côté également l’arythmie de la méningite, de la lièvre typhoïde, de la diphtérie, etc. Dans tous ces cas d’arythmie secondaire, le symptôme fait partie du tableau morbide. J’ai en vue surtout les cas où l’arythmie existe à l’état isolé, sans lésion du cœur, sans état fébrile, à l’état durable ou permanent. Or, en pareil cas, il ne m’a pas semblé que l’arythmie impliquât un pronostic fâcheux.

J’ai observé tout récemment 10 cas d’arythmie chez des enfants âgés de six à douze ans (7 filles et 3 garçons).

Sur ces 10 enfants n’ayant pas de fièvre, 7 étaient en traitement pour une chorée légère ; 1 avait eu jadis des convulsions; 1 (une fillette de huit ans et demi) était entré à l’hôpital pour une varicelle; le dernier (fille de douze ans) avait de la cyanose des mains avec hypéridrose, de la dyspepsie, de l’apathie physique et intellectuelle. Il semble que l’arythmie soit un trouble d’innervation cardiaque sans gravité et sans portée, s’observant surtout chez des enfants nerveux.

TRAITEMENT

J’ai essayé d’agir sur l’arythmie par la digitale (X, XX gouttes de teinture par jour), par le bromure de potassium (2 grammes), par l’antipyrine (3 à 5 grammes). Aucun de ces médicaments n’a pu triompher de l’arythmie. L’antipyrine, donnée à tous les choréiques, a été absolument impuissante contre l’arythmie, même aux doses énormes que j’ai employées.

Il convient donc de surveiller ce symptôme sans s’inquiéter et sans vouloir le réduire à tout prix.

ASCARIDES LOMBRICOÏDES

Les ascarides lombricoïdes sont des vers cylindriques analogues aux vers de terre. Leurs extrémités sont amincies, leur corps est strié transversalement ; la tête présente une dépression circulaire surmontée de trois valvules mobiles armées de crochets. Le mâle, long de 15 à 16 centimètres, présente une extrémité postérieure recourbée, et munie d’un double pénis arqué. Les femelles, plus longues (20à25 centimètres), sont trois ou quatre fois plus nombreuses que les mâles. Les œufs, innombrables, sont ovoïdes, formés de deux enveloppes : l’externe mamelonnée et mûriforme, l’interne lisse. Ils ont 75 u. de long sur 58 g de large. Ces œufs expulsés avec les matières fécales peuvent souiller les sources, et pénétrer de nouveau dans le corps humain avec l’eau potable et les légumes arrosés par elle. Les lombrics, inconnus chez les nourrissons au sein, sont communs dans la seconde enfance, surtout à la campagne où les eaux d’alimentation sont mal captées, mal défendues contre les infiltrations et non filtrées. Ils habitent l’intestin grêle, mais peuvent émigrer dans l’estomac, l’œsophage, la bouche, les voies aériennes, etc.

Le diagnostic, vu la complexité des accidents directs et indirects attribués aux lombrics, doit reposer uniquement sur la constatation directe des vers ou des œufs ; on examinera les matières fécales au microscope.

TRAITEMENT

La première indication est de tuer et d’expulser le ver; la

ASCARIDES LOMBRICOÏDES.

seconde, de combattre les accidents qui en dépendent ; la troisième, d’en prévenir le retour. Tous les purgatifs, en provoquant les contractions intestinales, peuvent contribuer à chasser les lombrics ; au premier rang de ces purgatifs, figurent le calomel et l’huile de ricin.

Mais on ne les emploie généralement pas seuls, on leur associe les vermicides , dont l’action est souveraine.

Le plus célèbre et le plus sûr des vermicides est le semen contra ou son principe actif la santonine.

On peut prescrire :

% Semen contra 2 grammes.

Sucre en poudre . . . ' 2 —

Pour un paquet à prendre dans un peu de lait.

% Semen contra en poudre 2 grammes.

Mousse de Corse 2 —

Valériane 1 —

Calomel 0 gr. 20.

Pour 2 paquets ; un le matin, pendant deux jours de suite.

% Mousse de Corse 8 grammes.

Semen contra 4 —

Faites infuser dans lait 125 —

Ajoutez Sirop de mauve 30 —

Prendre le matin à jeun, pour un enfant de 8 à 10 ans.

(Veillard.)

% Mousse de Corse 10 —

Infusez dans eau 100 —

Passez et ajoutez sirop 20 —

A prendre en 3 fois.

% Mousse de Corse 5 grammes.

Sucre 20 —

Lait bouillant 100 —

Prendre le matin.

La santonine est très employée ; on fait des pastilles contenant 1 à 2 centigrammes de santonine ; on en prescrira 3 à 6 par jour, suivant l’âge de l’enfant (5 à 10 ans). Parfois il y a des accidents dus à la santonine, la xanthopsie notamment.

% Santonine 0 gr. 18.

Calomel à la vapeur 0 gr. 18.

Sucre de lait 4 gr. 50.

Faire 9 paquets, 3 paquets le matin à une heure d’intervalle pendant 3 jours consécutifs.

(Demme.)

% Semen contra pulvérisé 5 grammes.

Calomel à la vapeur 2 —

Extrait d’absinthe et glycérine q. s.

Pour 40 pilules, 3 à 6 par jour suivant l’âge.

% Poudre de semen contra . . . 1

Poudre d’absinlhe j aa. . . 10 grammes.

Calomel 5 —

Prendre, le matin à jeun, un gramme de ce mélange dans un peu de lait ou de miel.

% Semen contra en poudre 0 gr. 08.

Calomel à la vapeur 0 gr. 02.

Camphre 0 gr. 03.

Sirop simple q. s.

Pour une pilule, 2 à S le soir.

(Chaussier.)

On peut associer le semen contra à la mousse de Corse qui est lin bon vermicide.

% Semen contra ' 10 grammes.

Infusez dans eau bouillante . 100 —

Passez et ajoutez sirop de mousse de Corse. 30 Prendre en une fois le matin.

% Santonine ) ~

Sulfate de fer j aa. . .

Sucre vanillé

Pour 10 doses, une le matin.

0 gr. 50.

5 grammes.

% Santonine ....

Calomel à la vapeur Sucre de lait . . .

0 gr. 10.

0 gr. 15.

1 gramme.

(Bouchut.)

A prendre en une fois, pour un enfant de 10 ans.

Après l’administration de la santonine ou de la mousse de Corse, on peut balayer l’intestin avec le purgatif suivant :

% Calomel 2 grammes.

Poudre de rhubarbe 2 —

— de scammonée . . 2 —

Sucre 5 —

(Bull.)

30 à 60 centigrammes en une fois dans une cuillerée de lait.

Le Dr Smith (de Moscou) recommande les solutions huileuses de santonine de préférence aux poudres, pastilles, etc.

% Santonine 0 gr. 20.

Huile d’amandes douces 60 grammes.

Extrait de semen contra, IV gouttes.

Une cuillerée à soupe deux fois par jour.

ASCITE.

Comme adjuvant, on prescrira la tisane suivante faite avec 10 grammes pour 500:

% Absinthe \

Tanaisie ' ( « 2 pt MO

Fleurs dé camomille j * ’ * & '

Semen contra j

Les lavements sont moins efficaces, on a prescrit :

% Semen contra S grammes.

Eau bouillante 100 —

Pour un lavement.

% Mousse de Corse 15 grammes.

Semen contra 10 —

Eau bouillante 200 —

% Santonine 0 gr. 10.

Alcool de menthe 10 grammes.

Eau tiède 200 —

% Feuilles sèches de tabac 2 grammes.

Eau bouillante 250 —

Le naphtol, pris à la dose de 45 centigrammes en trois fois, a fait rendre, aune fille de 16 ans, 34 ascarides lombricoïdes (Dubois, de Villers-Bretonneux).

On a vu des paquets de lombrics déterminer des accidents d’obstruction intestinale. Dans ces cas, les vermicides ne suffisent plus, on les fera suivre de purgatifs assez énergiques. On a été conduit parfois à faire la laparotomie (D. Simon). S’il y a des convulsions, on agira comme il est indiqué à l’article Convulsions.

Pour prévenir le retour des ascarides, on a conseillé les préparations ferrugineuses, l’huile de foie de morue, le quinquina. Mais ce qui est plus important, c'est de ne faire usage que d’une eau purifiée par l’ébullition ou par le filtre.

Après l’expulsion des vers, on examinera de temps à autre les selles des enfants; s’il y a des œufs, on recommencera le traitement.

ASCITE

L’ascite est un épanchement de sérosité dans la cavité péritonéale; elle jouait autrefois un grand rôle en pathologie, et

on admettait une ascite primitive, essentielle, des jeunes sujets ; le traumatisme, le froid, la dysménorrhée, ont été ensuite invoqués. Puis on a fait intervenir avec plus de raison les affections cardiaques, le brightisme, la cirrhose, la syphilis, le paludisme, la tuberculose, les infections diverses du péritoine. Il faut bien admettre aujourd’hui que l’ascite est presque toujours un syndrome, une manifestation secondaire d’un état morbide local ou général. A côté de ces ascites de la première et de la seconde enfance, il faut faire une place à l’ascite congénitale. On voit des enfants naître avtec un ventre énorme, qui met parfois obstacle à l’accouchement. Le liquide se déplace suivant la position du ventre, il y a une sensation très nette de flot, à la surface se voient des veines très grosses. Quand on ponctionne, on retire un liquide citrin albumineux, en plus ou moins grande abondance. Dans un cas observé par R. Simonini (// Murgagni, 1898), un enfant naît avec peine, présentant un ventre énorme ; la ponction, pratiquée quarante-deux heures après la naissance, donne 600 grammes de liquide citrin. Plus tard on note de P albuminurie, des petits calculs ; l’enfant succombe à la fin du troisième mois. On trouve 360 grammes de liquide brunâtre dans le péritoine, des calculs dans les parties déclives; ces calculs, ayant un volume variable (tête d’épingle, baies de genièvre) étaient sortis du rein gauche par une brèche conduisant dans une cavité pleine de sang, de pus, de calculs ; uretère gauche dilaté, oblitéré par des calculs vers la moitié de son trajet. Ces calculs étaient uratiques. Voilà donc un exemple de lithiase rénale intra-utérine s’étant compliquée d’ascite.

TRAITEMENT

L’abondance de l’épanchement ascitique conduit à faire une ponction évacuatrice ; cette ponction se fait avec un trocart propre sur le milieu d’une ligne allant de l’ombilic à l’épine iliaque antéro-supérieure. On évacuera lentement afin de ne pas décomprimer trop brusquement les viscères.

Outre ce traitement mécanique, .cette ponction d'urgence à laquelle on sera souvent obligé de revenir, il faut chercher à atteindre la cause de l’ascite. En premier lieu, on visera la syphilis hépatique et on soumettra l’enfant aux frictions mer-

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