URINAIRES
La tuberculose des capsules surrénales a été décrite ailleurs (Voy. Maladie brokzée); la tuberculose du rein se présente sous deux formes : granulations ( tuberculose médicale ), caséification massive ( tuberculose chirurgicale).
La première forme n a pas d’intérêt au point de vue thérapeutique ; le rein est touché par la granulie au hasard de la dissémination bacillaire (environ une fois sur sept ou huit autopsies), mais les symptômes propres manquent ou se perdent dans le tableau général.
Parfois la tuberculose est prédominante dans le rein, qu’elle infiltre, gonfle, ramollit, déforme; la caséification suit une marche descendante et envahit l’uretère et la vessie.
À l’autopsie, on trouve le rein transformé en une poche caverneuse pleine de matière plâtreuse; le bassinet et les calices sont dilatés par un liquide puriforme (pyonéphrose). Cette lésion ne se voit que dans la seconde enfance; elle peut être insidieuse, s’annoncer par des hématuries, par des urines troubles ou purulentes.
Dans quelques cas, il y a polyurie, incontinence d’urine. Parfois, on sent une tumeur dans le flanc, tantôt dure, douloureuse, tantôt fluctuante. On devra faire l’examen bactériologique des urines, chercher le bacille de Koch, faire des inoculations au cobaye. L’état général peut rester bon pendant longtemps, puis la cachexie se déclare. Elle est d’autant plus précoce et accusée que la tuberculose a envahi l’uretère et la vessie. Alors il y a des symptômes de cystite très pénibles (pyurie, hématuries, douleurs). Cette cystite tuberculeuse descendante est incurable; car, au moment où elle se déclare, le rein est déjà bien compromis. Si elle est primitive, elle peut être traitée avec quelques chances de succès.
TRAITEMENT
La tuberculose chirurgicale du rein étant de la plus haute gravité, l’on peut courir les chances d’une intervention plus ou moins radicale.
Il faudra d’abord s’assurer qu’un seul rein est pris; on peut le faire aujourd’hui non seulement par la palpation el l’examen des régions lombo-abdominales, mais encore par la cystoscopie.
S’il y a pyonéplirose, on peut soulager et prolonger le malade par la néphrectomie, le lavage, le drainage du foyer purulent; j’ai vu une fillette opérée dans mon service par le docteur Jalaguierqui a pu, grâce à ce moyen, vivre six ou huit mois sans souffrance.
Si un seul rein est malade, ce dont on peut s’assurer par la laparotomie, on est autorisé à l’enlever (néphrectomie).
Dans la cystite tuberculeuse, on prescrira le régime lacté, l’huile de morue, on fera des lavages vésicaux et au besoin la cystotomie sus-pubienne avec curettage des ulcérations de la muqueuse. Cette opération a été faite par Rochet ( Thèse de Lyon, 1897, Armandon).