URÉMIE
Sous le nom d’urémie, on désigne les accidents produits par l’intoxication qui résulte de l’insuffisance de dépuration urinaire. Ces accidents se présentent, chez les enfants, comme chez les adultes, sous diverses formes : éclampsie, coma, dyspnée, vomissements et diarrhée. Ils sont l’aboutissant précoce ou tardif des néphrites et du mal de Bright.
URETRITE DES GARÇONS.
Pour faire le diagnostic de l’urémie, il est de toute nécessité d’analyser les urines : l’albuminurie d’une part, l’anasarque de l'autre, accompagnent habituellement l’urémie.
TRAITEMENT
Le régime lacté est de rigueur.
Si l'enfant est atteint de dyspnée urémique, de coma, de convulsions, si le cas est grave, on n’hésitera pas à pratiquer la saignée au pli du coude et à retirer 150 ou 200 grammes de sang chez un sujet de 5 à 10 ans.
On prescrira les inhalations d’oxygène, 30 à 40 litres par jour.
Enfin on donnera les purgatifs, la scammonée à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme dans du lait.
Si le purgatif était vomi, on donnerait le lavement suivant :
% Follicules de séné 10 grammes.
Faire infuser dans eau bouillante .... ISO —
Ajoutez sulfate de soude 10 —
Après l’accès urémique et à titre prophylactique, on maintiendra le régime lacté, on couvrira les reins de ventouses sèches, on fera des frictions avec le gant de laine, la térébenthine, l’alcool.
On continuera les inhalations d’oxygène préconisées avec tant de raison par M. Jaccoud.
URÉTRITE DES GARÇONS
La blennorrhagie, si commune chez les adultes, n est pas inconnue dans l’enfance; l’urétrite des jeunes garçons peut être gonococcique ou non.
Dans ce dernier cas, elle est due à une infection banale, à une propagation de balanite ou balanoposthite, d’eczéma du prépuce, à une irritation par les calculs rénaux, à la masturbation peut-être. Abt a vu des cas où elle coïncidait avec des troubles intestinaux, de la fièvre, etc. Les urines étaient très uratiques pendant la période fébrile, du pus sortait de l’urètre, puis tout disparaissait en quelques jours.
L’urétrite gonococcique est bien connue aujourd’hui, grâce
aux travaux de Bokay, Kamer, Rona, Koplik, Abt, Imerwol (. Arch . f. Kincl. , Bd XXV, 1898). Ce dernier cite d ix cas, entre 18 mois et 11 ans. Bokay en a vu cent neuf cas, vingt-sept dans la première année, trente-six entre 1 et 3 ans, trente-deux de 3 à 7 ans, quatorze de 7 à 14 ans. Von Arsdale signale un cas à lü mois, deux autres à 1 et 4 ans.
La cause peut être un contact impur, médiat ou immédiat; les enfants sont souvent souillés par les domestiques, ou bien ils sont contagionnés en partageant le lit de personnes plus âgées ayant la blennorrhagie, de leurs sœurs atteintes de vulvo-vaginite, etc.
Le diagnostic se fait à l’examen du pus; quand l’urétrite est simple, on ne trouve que des streptocoques ou des staphylocoques ; si elle est spécifique, on trouve en abondance les gonocoques.
Comme complication, il faut signaler la redite gonococcique dont Abt a vu un cas chez un garçon de 27 mois; la cystite, X hémorragie urétrale, le rétrécissement (un cas de Kamer chez un enfant de 2 ans et demi, six mois après l’urétrite), l’orchite (un cas de Rona à 13 mois), le rhumatisme blennorragique, les balanites, balano-posthites, lymphangites de la verge.
TRAITEMENT
En cas d’urétrite simple, des lavages à l’eau bouillie ou boriquée, à l’eau blanche, etc., suffisent. S’il y a gonococcie, le traitement sera aussi rigoureux que chez l’adulte : repos, diète lactée, lavages quotidiens de l’urètre avec la solution tiède de permanganate de potasse à 1 p. 3 000; dans les cas rebelles, on élèvera le titre de la solution à i p. 4 000 ou p. 2 000. Dans un cas Abt a fait des injections d’ichtyol à 1 p. 100. Le traitement local sera préféré à l’usage interne des balsamiques : santal, cubôbe, copabu qu’on pourra cependant donner, dans quelques cas, aux enfants déjà grands :
Cubèle ( üa. . . 10 grammes.
Sirop de lolu )
Eau de (leurs d’oranger . . . . 1 ~
Eau de menthe j
Gomme arabique pour émulsion Q. s.
Prendre 3 à 0 cuillerées à café par jour.
URICÉMIE.
Contre la rectitc, les injections d’eau oxygénée diluée à moitié ont donné un succès à Abt. On pourrait aussi employer le nitrate d’argent à 1 p. 200. S’il y a des érections douloureuses, on donnera des bains prolongés et on fera prendre à l’intérieur le bromure de potassium, l’extrait de belladone ou de jusquiame (1 à 5 centigrammes par jour suivant l’àge). Ces antispasmodiques peuvent être donnés en suppositoires.
URICÉMIE
L’uricémie est un état de l’organisme caractérisé par la présence en excès de déchets azotés. On trouve dans l’urine beaucoup d’urée et d’acide urique.
Cette diathèse est héréditaire ou acquise. Héréditaire, elle se rencontre chez des enfants nés de parents arthritiques et nerveux. Acquise, elle dérive d’excès alimentaires, d’abus azotés (viandes saignantes, etc.). Les symptômes sont variables. L’état général laisse à désirer : pâleur, maigreur, lassitude, découragement, douleurs vagues dans les membres. Puis viennent des accès, des paroxysmes de siège variable; tantôt ce sont des céphalalgies subites, aiguës, provoquées par le travail, la lecture, l’écriture ( céphalalgie uricé inique)’, tantôt des crises de vomissements ( cyclic vomiling ); ailleurs des douleurs articulaires sans fluxion, avec craquements dans les mouvements; parfois des accès de lièvre, de l’insomnie; dans quelques cas des poussées d’eczéma, de prurigo, etc. (Consultez le livre du Dr Gigot-Suard : l’Uricémie, Paris, 1875.)
Dans tous ces cas, il faudra demander l’analyse des urines.
Il faut viser deux choses : l’état nerveux, la dyscrasie. On prescrira le repos physique et cérébral; pas de fatigue, pas d’écriture ni de lecture, cure d’air.
On se trouvera bien des applications quotidiennes de drap mouillé (une demie à une heure), des frictions sèches sur le corps.
Comme régime on écartera l’alcool, le vin, la bière, le café, le thé, les épices, les viandes rouges. On recommandera l’usage
des viandes blanches et des farineux (régime végétarien mitigé).
On combattra la constipation : laxatifs, lavements de glycérine, fruits cuits, salades cuites.
On recommandera la vie à la campagne, les altitudes moyennes plutôt que la mer.
Comme médicaments on donnera des alcalins, bicarbonate de soude, magnésie (20 centigrammes de chaque trois fois par jour).