ASTHME
L’asthme est une névrose de l’appareil respiratoire, tantôt héréditaire (arthritisme), tantôt innée ou acquise et en rapport avec une lésion de l’appareil nasal.
Cette maladie se traduit par des accès de dyspnée épouvantable qui reviennent plus ou moins souvent suivant les cas. Elle peut débuter dans la première enfance, et s’annoncer par un catarrhe suffocant. On croit alors à la bronchite capillaire ou à la broncho-pneumonie ; mais, outre l’absence de fièvre vive et le peu de fréquence des mouvements respiratoires, la terminaison favorable et rapide fait écarter ce diagnostic.
Méconnu au premier accès, l’asthme ne le sera pas au second. Chez, certains dyspeptiques, il y a des accès asthmatiformes, qu’on doit distinguer de l’asthme vrai, et qui sont liés aux troubles digestifs. De même, dans les pays marécageux, la malaria peut revêtir le masque de l’asthme. Enfin il existe une rhinite spasmodique dite asthme des foins qui doit être distinguée de l’asthme vrai.
TRAITEMENT
Avant tout traitement symptomatique ou diathésique, on fera examiner le nez des malades pour se mettre en garde contre l’asthme d’origine nasale. Cela fait, on aura à traiter à la fois les accès d’asthme, et la maladie elle-même.
Contre l’accès, il existe des palliatifs assez nombreux :
L’ipéca d’abord, qui, à la dose moyenne d’un gramme pris dans du sirop ou de l’eausucréc, atténuera beaucoup la grise. On y ajoutera les ventouses sèches, le datura stramonium dont les
feuilles servent à faire des cigarettes que les enfants un peu âgés peuvent fumer; on peut aussi faire brûler ces feuilles près du malade, qui se trouve ainsi soumis passivement aux fumigations. Projetez sur une pelle rougie près du malade :
% Poudre de feuilles de stramonium. ... 10 grammes.
— de belladone 10 —
— de nitrate de potasse 2 —
— d’opium 0 gr. 50.
Le papier nitré remplit le même but.
Les inhalations d’oxygène, de pyridine, d’iodure d’éthyle (quelques gouttes sur le coin d’un mouchoir) sont à essayer. Les injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine sont plus efficaces, mais d’un maniement dangereux chez les enfants ; on pourra cependant prescrire :
% Eau de laurier-cerise. . 10 grammes.
Chlorhydrate de morphine 0 gr. 10.
Sulfate d’atropine 0 gr. 01.
Faire, à un enfant de 5 à 10 ans, une injection sous-cutanée avec la cinquième partie de la seringue de Pravaz (soit deux milligrammes de morphine) ; on répétera la dose, si elle est bien tolérée, deux, trois, quatre fois dans les vingt-quatre heures.
La belladone, mieux tolérée que l’opium, est un bon médicament de l’asthme. On peut la donner en sirop (10 à 20 grammes par jour suivant l’âge), ou en pilules :
% Extrait de belladone 0 gr. 01.
Poudre de belladone 0 gr. 01.
Excipient et glycérine q. s.
Pour une pilule à prendre chaque jour.
Von Noorden (Congrès de Düsseldorf, 1898) conseille l’atropine. On commencera par un granule de un quart de milligramme, en augmentant tous les deux ou trois jours de un quart de milligramme, jusqu’à 3 ou i milligrammes par jour. Puis on diminue. Après une cure de un mois à six semaines, on laisse reposer l’enfant pendant six mois, et on recommence.'
Moncorvo a vanté la teinture de Lobelia inflala :
% Teinture de lobelia XX gouttes.
Sirop d’althœa 20 grammes.
Eau de tilleul 60 — ,
Par cuillerées dans les 24 heures : on peut aller jusqu’à 100 gouttes
et au delà.