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VARIOLE

pourrait songer à la varicelle; mais cette dernière a des bulles cristallines spéciales; dans les formes hémorragiques, on songe au purpura hémorragique, mais la gravité de l’-état général et la papulation prochaine permettent de reconnaître la variole. Avant l’éruption, le diagnostic est très difficile, et l’on ne peut avoir que des soupçons basés sur l’intensité des symptômes généraux, sur les localisations douloureuses (rachialgie, céphalée), sur le milieu épidémique, sur l’absence de vaccine antérieure.

TRAITEMENT

L’enfant atteint de variole sera isolé dans une chambre vaste, aérée, chauffée à 17° ou 18°. 11 sera soumis à la diète lactée, aux bouillons et boissons acidulés. S’il est abattu, on lui donnera un peu de vin ou de cognac étendu d’eau et sucré.

Du Castel a vanté l’usage combiné de l’éther et de l’opium ; chez l’enfant, ce traitement éthéro-opiacé n’est pas facilement applicable. Il faut user modérément de l’opium; etl’emploides injections d’éther est trop douloureux, on pourra cependant prescrire :

% Eau distillée 80 grammes.

Sirop d’éther 20 —

Extrait thébaïque 0 gr. 05.

Par cuillerées de 2 en 2 heures, chez un enfant de 5 à 10 ans.

Les bains tièdes (25° à 30°) sont très utiles, et on ajoutera 2 à 3 grammes de sublimé par bain ; on les répétera tous les jours ou tous les deux jours, pendant dix à quinze minutes ; ils seront à la fois sédatifs et antiseptiques :

% Sublimé 2 grammes.

Alcool à 90° 10 —

Eau 100 —

Pour mettre dans l’eau du bain (baignoire en bois ou en fonte émaillée).

Talamon a conseillé de traiter localement les pustules à l’aide de pulvérisations faites deux ou trois fois par jour (appareil de Richardson) avec :

% Sublimé )

Acide tartrique j aa. . . 1 gramme.

Alcool à 90° : 5 cent, cubes.

Éther Q. s. pour 50 — —

La durée de la pulvérisation doit être très courte (quinze à vingt secondes). On badigeonne ensuite avec :

% Sublimé 1 gramme.

Glycérine 15 —

On se sert d’un petit pinceau d’ouate.

Ce traitement permettrait d’éviter les cicatrices disgracieuses de la face.

Un médecin espagnol, le Dr Iscar, a vanté l’usage du soufre :

% Soufre sublimé et lavé 10 grammes.

G1ycérine J gs en

Eau de fleurs d’oranger . . . ) • • •

Sirop simple 30 —

Une cuillerée à café toutes les heures.

Si le cas est plus grave, on augmente la dose de soufre :

% Soufre sublimé et lavé 40 grammes.

Glycérine 150

Eau de fleurs d’oranger 50

Sirop simple 50

Pendant la dessiccation et la convalescence de la maladie, on insiste sur l’usage des bains quotidiens et on fait frictionner le malade avec une pommade destinée à enlever les croûtes :

% Vaseline 40 grammes.

Acide tartrique 1 —

Pour frictions quotidiennes après bain savonneux.

Le traitement prophylactique le plus puissant et le plus recommandable est la vaccination, qui doit être rendue obligatoire pour tous, et la revaccination tous les dix ans. En temps d’épidémie, on doit vacciner tout le monde. Même pendant l'incubation de la variole, la vaccine peut être utile ; elle n’empêche pas l’éruption, mais elle l’atténue.

Les enfants atteints de variole doivent être rigoureusement isolés, soignés par des personnes récemment vaccinées, qui prendront toutes les précautions usitées pour ne pas répandre la maladie au dehors (blouses revêtues à l’entrée de la chambre

du malade, quittées à la sortie; lavage des mains au sublimé à 1 p. 1 0Ü0, etc.) On devra se laver et se gargariser fréquemment la bouche et la gorge, ne pas manger clans la chambre du malade.

Toutes les croûtes, poussières, résidus émis par le varioleux seront brûlés ; les vêtements, linges, draps, seront passés à l’étuve à vapeur sous pression. Les locaux seront désinfectés au sublimé, au soufre, etc. Les voitures qui auront servi au transport des malades seront désinfectées.

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