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CÉPHALALGIE

En dehors de la migraine (voyez ce mot), qui s'accuse parfois dès la première enfance, le mal de tête est plus rare chez les jeunes sujets que chez les adultes. Cependant, dans la seconde enfance, chez les écoliers des deux sexes, chez ceux qui sont à la fois laborieux et nerveux, qui travaillent beaucoup, qui travaillent le soir à la lumière, on rencontre très fréquemment la céphalalgie qu’on pourrait appeler céphalée scolaire, céphalée par surmenage.

En dehors de ces conditions pathogéniques, la céphalalgie s’observe très fréquemment chez les enfants dyspeptiques, chez ceux qui font abus des liquides, qui ont l’estomac atonique et dilaté ; il y a un lien étroit entre les fonctions digestives et le cerveau, et quand les fermentations gastro-intestinales deviennent anormales ou excessives, la céphalalgie apparaît et manifeste, sinon beaucoup d’acuité, du moins de la continuité, de la permanence. Telle est la céphalée des dyspeptiques. Il y a aussi les céphalées de croissance (voyez ce mot), sans compter toutes les céphalalgies symptomatiques de maladies encéphaliques, de fièvres, d’infections diverses, de maladies oculaires, d’anémie, de neurasthénie, d’hystérie, d’onanisme, d’uricémie (voyez ce mot).

TRAITEMENT

Le traitement sera avant tout hygiénique : repos physique et cérébral, promenades au grand air, sans fatigue; pas de veilles, pas de soirées. L’enfant se couchera de bonne heure et se lèvera tard.

Son alimentation sera celle des convalescents : purées de légumes et de viandes, panades, œufs, laitages, lait, fruits cuits, etc. On rationnera les liquides, on ne permettra rien en dehors des repas. Si la céphalalgie contractée au collège, à la ville, persiste, on conduira l’enfant à la campagne, on le fera changer d’air.

On donnera des bains tièdes et, si l’enfant les supporte, bien.

CÉPHALHÉMATOME.

des douches froides très courtes suivies de massage général, ou mieux le drap mouillé.

Les frictions sèches au gant de crin sont toujours à essayer, elles ne sauraient être nuisibles.

Si l’estomac est atonique, on se trouvera bien d’une cure à la fois alcalinè, amère et antiseptique, continuée dix jours, suspendue dix jours, et reprise dans les mêmes conditions. On prescrira, trois fois par jour, avant le repas, dans une cuillerée de lait ou d’eau sucrée :

% Bicarbonate de soucie \

Craie préparée ( Sa . . .

Benzo-naphtol 1

Poudre de noix vomique

Si l’enfant est arthritico-nerveux, on l’enverra à Néris ou à Bagnères-de-Bigorre : s’il est constipé, il ira à Châtel-Guyon ; s’il a la diarrhée, on le dirigera sur Plombières.

CÉPHALHÉMATOME

Le céphalhématome est une hémorragie sous-périostée du crâne ou sus-dure-mérienne. Cetta dernière variété (céphalhématome interne) se confond, pour la symptomatologie et le traitement, avec les hémorragies méningées (voyez ce mot). Le céphalématome externe est une hémorragie sans gravité et toujours accessible à l’intervention directe; elle résulte d’un traumatisme qui a déterminé la formation d’une poche sanguine, fluctuante, limitée à sa périphérie par un bourrelet osseux. L’indolence, la forme arrondie, les limites de cette collection en rendent le diagnostic facile.

TRAITEMENT

Il convient le plus souvent de respecter cette bosse et d’en attendre la résorption spontanée. Pour la favoriser, on applique une couche d’ouate et un bandage légèrement compressif.

S’il y a tension excessive de la poche, on fait une ponction aspiratrice, avec la propreté désirable. S’il y avait suppuration, on ouvrirait largement, et on panserait avec la gaze iodoformée.

1 centigramme.

CHLOROSE

La chlorose (morbus virgineus) est l’anémie de la puberté; elle est l’apanage du sexe féminin. C’est une maladie d’évolution, de croissance, qui se distingue des autres anémies par l’âge et le sexe des sujets (puberté, filles)1, par la coloration jaune verdâtre du visage, par les souffles vasculaires et cardiaques, par les phénomènes nerveux et dyspeptiques qui lui sont si souvent associés (anesthésie, bizarreries d’humeur, anorexie, pica et malacia, etc.). C’est la chloro-névrose qu’il faut bien distinguer de la chloro-tuberculose ou fausse chlorose; l’examen très attentif des sommets pulmonaires s’impose pour arriver au diagnostic. Virchow a incriminé l’étroitesse congénitale de l’aorte (aorte chlorotique). Duclos (de Tours) et: Andrew Clarke (de Londres) veulent que la chlorose soit d'origine intestinale (constipation, rétention des matières fécales).. Clément (de Lyon) en fait une maladie infectieuse et relève l’hypertrophie de la rate dans la plupart des cas. En réalité, nous ne savons pas ce qu’est la chlorose dans son essence, et son traitement est empirique.

TRAITEMENT

Le fer a été et est encore considéré par la plupart desmédecins comme le remède spécifique de la chlorose. On l’ai donné dans tous les cas et sous toutes les formes, en poudre, en solution, en sirop, en pilules, en injections sous-cutanées :

% Sous-carbonate de fer .... )

Poudre de cannelle > aa. . . 10 grammes.

— de rhubarbe )

Une pincée avant chaque repas.

% Lactate de fer. 1

Poudre de rhubarbe | âa. . . S grammes.

Sucre en poudre )

Une pincée avant chaque repas.

1. J'ai eu dans mon service une petite fille de 5 ans et demi qui était nettement chlorotique ; la maladie est exceptionnelle à cet âge.

CHLOROSE

, % Lactate de fer 0 gr. 50.

Sucrate de fer 2 grammes.

Oléo-saccharure de cannelle 2 —

Faire six doses; deux par jour.

% Protoxalate de fer 0 gr. 10.

Poudre de Colombo 0 gr. 10.

Excipient et glycérine q. s.

Pour une pilule ; deux à trois par jour.

% Chlorure de fer ammoniacal . . ) ~

Galbanum j aa. . . 3 grammes.

Assa fœtida. . . .* 6 —

Castoréum 1 —

Extrait de gentiane q. s.

Pour 100 pilules; trois par jour.

% Iode 4 gr. 25.

Limaille de fer 2 grammes.

Eau distillée 10 —

Sirop de gomme 185 —

Sirop de lleurs d’oranger 200 —

2 à 4 cuillerées à café par jour de ce sirop d’iodure de fer.

On peut associer le sirop d’iodure de fer à la strychnine pour combattre l’atonie intestinale.

% Sirop d’iodure de fer 200 grammes.

Sirop de sulfate de strychnine 20 —

2 à 4 cuillerées à café par jour.

% Élixir de garas 500 grammes.

Citrate de fer ammoniacal 5 —

Un verre à liqueur après le repas.

(Audiioui.)

% Perchlorure de fer desséché 1 gramme.

Liqueur d’Hoffmann 1 —

C’est la teinture de Bestuchef, dont on donne V à X gouttes matin et soir.

Le fer s’associe souvent à l’arsenic.

% Liqueur de Fowler ) ~

Tartrate ferrico-potassique . . j

X gouttes avant le repas.

10 grammes.

Parmi les préparations ferrugineuses bien acceptées par les enfants, il faut citer le fer granulé, le peptonate de fer.

Pour les injections hypodermiques, on a proposé la solution suivante :

% Citrate de fer 1 gramme.

Eau de laurier-cerise 10 —

Les injections sont douloureuses et d’une efficacité incertaine; elles sont peu usitées.

Les eaux minérales naturelles ferrugineuses, dont le nombre est très grand, peuvent servir d’adjuvant à la cure par le fer, mais elles ne sauraient suffire, à cause de la faible quantité de fer qu’elles contiennent. Voici les principales : la Bauche, en Savoie (14 centigrammes de carbonate de fer par litre); Orezza, en Corse (12 centigrammes); Renlaigue, en Auvergne (8 centigrammes); Schwalbach, en Allemagne (8 centigrammes); Pyrmont, en Allemagne (7 centigrammes) ; Spa, en Belgique (19 centigrammes); Forges-les-Eaux, en Normandie (un peu moins de 7 centigrammes); Bussang, dans les Vosges (3 centigrammes). Toutes ces eaux sont ferrugineuses carbonatées. Parmi les ferrugineuses sulfatées, il faut citer Auteuil-Paris, qui contient 71 centigrammes de sel par litre.

D’après M. Hayem, la cure aux eaux ferrugineuses ne guérit pas la chlorose, parce que ces eaux sont d’une digestion difficile, surtout pour des malades dyspeptiques (les chlorotiques le sont presque toutes), parce qu’elles ne contiennent pas assez de fer, parce que les malades, qui auraient besoin de repos, ne peuvent en prendre, et enfin parce que le régime des hôtels n’est pas celui qui convient aux chlorotiques. La chlorose guérirait mieux à domicile, et voici à ce sujet les conseils donnés par M. Hayem :

TRAITEMENT DE LA CHLOROSE (Hayem)

Etant donnée une chlorose bien accentuée, la première chose à faire est le repos absolu , au lit, pendant deux à trois semaines, surtout si l’anémie et la neurasthénie sont très prononcées.

Gomme régime alimentaire, le lait et la viande crue conviennent à la plupart des cas. C’est le régime de l’état hyperpeptique habituel de la chlorose : un verre de lait toutes les

CHLOROSE

heures, 100 grammes de viande crue et râpée à midi et à o heures.

Au bout de huit jours, on commence l’usage du fer : protoxalate de fer , 20 centigrammes en deux pilules au moment des repas. S’il y a constipation, on donne des lavements de graines de lin, des semences de psyllium.

Au bout de quinze jours à un mois, la malade peut se lever; puis elle fait des promenades et des exercices proportionnés à ses forces.

S’il y a hypopepsie, on donnera, dans un demi-verre d’eau sucrée après le repas, une cuillerée à potage de la solution suivante :

% Eau 100 gramm'es.

Acide chlorhydrique 1 —

On ne permettra ni alcool, ni vin, ni café, ni bière, ni thé.

Le fer n’est pas le seul médicament qui convienne à la chlorose : une foule d’autres remèdes ont été employés avec des succès divers.

L’arsenic est un des bons médicaments à essayer dans les cas où le fer a échoué. On peut prescrire des granules d’arséniate de fer (1 milligramme) à doses croissantes, jusqu’à un ou deux centigrammes par jour.

On donne encore la liqueur de Fowler (V, X, XX gouttes par jour), ou une solution d’arséniate de soude :

% Sirop de quinquina 300 grammes.

Arséniate de soude 0 gr. 10.

Une cuillerée à dessert matin et soir.

L’eau de la Bourboule, qui contient 28 milligrammes d’arséniate de soude par litre, sera donnée à domicile par quarts de ■verre (1 verre par jour). La cure à la Bourboule réussit très bien dans quelques cas, et par l’arsenic qu’elle contient et par son altitude (850 mètres). La médication arsenicale doit être suspendue de temps à autre (tous les huit à quinze jours) pour éviter l’accumulation et l’intolérance.

Le manganèse, métal qui se rapproche du fer, a été conseillé dans les cas rebelles à son congénère :

% Carbonate de manganèse 10 grammes.

Extrait de gentiane q. s.

Pour 100 pilules; 2 ou 3 par jour avant les repas.

% Sulfate de manganèse ) __

Iodure de potassium | aa" ’ * grammes.

Miel q. s.

Même mode d’emploi.

% Huile essentielle de thym. . . )

Savon médicinal j aa. . . 0 gr. 0o.

Poudre de guimauve q. s.

Pour une pilule ;Jen prendre trois par jour.

Ces pilules auraient pour effet de faciliter la digestion ; on donne le fer en même temps.

Le sang défibriné a été prescrit par la bouche et en lavement.

Trente et un malades diTservice du Dr Botkine (Saint-Pétersbourg) absorbèrent deux fois par jour 60 à 100 centimètres cubes de sang de veau débarrassé de sa fibrine par le battage ; sous l’influence de ce traitement,, on a noté l’augmentation de poids, d’appétit, d’hémoglobine et de globules rouges, la disparition de la/lyspnée, de la céphalalgie, etc.

A Lyon, M. Teissier a donné le sang de bœuf défibriné en lavements (125 grammes matin et soir). On donne les lavements pendant huit jours, on suspend pendant huit jours, et ainsi de suite.

On note l’augmentation de poids, de forces, d’appétit, la disparition de la pâleur, le retour des globules rouges à l’état normal.

M. Jaccoud recommande les inhalations d’oxygène, qui sont toujours bien tolérées et répondent à une indication précise. D’après lui, les arsenicaux associés aux inhalations d’oxygène guérissent beaucoup de chlorotiques réfractaires aux ferrugineux. Neusser commence par 50 litres d’oxygène par jour et arrive à 100 et 200 litres.

Pour les partisans de l’origine intestinale de la chlorose, le traitement par les purgatifs doit être mis au premier plan ; on y ajoutera l’antisepsie intestinale.

Pour beaucoup, l’hydrothérapie (douches froides, douches

CHLOROSE

écossaises, drap mouillé, bains salés, bains sulfureux) rend de grands services aux chlorotiques. On peut ajouter à ces pratiques le massage, les frictions, même la faradisation. Quelques auteurs ont conseillé les bains chauds, les bains de vapeur : cette sudation provoquée ne me parait pas favorable à la généralité des cas. J’en dirai autant des saignées petites et répétées, qu’on a essayé de faire revivre; ce sont des traitements paradoxaux qui ne méritent pas de nous arrêter.

M. Peter, outre les douches progressivement refroidies, les bains de mer, conseille la gymnastique, le jardinage, l’équitation. On pourrait, au même titre, recommander le vélocipède.

Pour combattre le ballonnement après le repas, il prescrit un des cachets suivants, à prendre après chaque repas :

% Craie lavée i

Poudre de café torréfié .... J Sa. . . 0 gr. 20.

Poudre de rhubarbe )

Limaille de fer 0 gr. 05.

S’il y a de la douleur, il ajoute un centigramme d’opium brut, et un centigramme de poudre de noix vomique si le ballonnement est trop marqué.

Au point de vue du régime alimentaire, il veut qu’on laisse les chlorotiques manger à leur fantaisie la salade, le vinaigre, les cornichons, le jambon et tout ce qui leur plaira.

Pour remplacer le vinaigre, dont quelques-unes sont friandes, il donne une cuillerée à la tin du repas de la potion :

% Acide chlorhydrique officinal VI gouttes.

Eau filtrée . 120 grammes.

Sirop de limon 20 —

En résumé, le fer reste le médicament quasi spécifique de la chlorose; mais il ne faut pas en user toujours et quand même : l’arsenic peut le remplacer.

A côté des médicaments, il faut faire une large place à l’hydrothérapie, au repos, au régime alimentaire.

Les exercices., les jeux au grand air, les efforts, ne conviennent qu’à la période de décroissance de la maladie, et pour parachever la guérison. Les stations d’altitude sont bonnes pour la plupart des chlorotiques.

Le D'( Thibault (d’Angers) termine ainsi une leçon sur le traitement de la chlorose : beaucoup de repos, une alimentation ■choisie, petites doses de fer et pas de vin de quinquina.

11 a raison.

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