‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfantsChapitre 59 sur 367 · CH R OMI D ROSE · texte numérisé non relu

CH R OMI D ROSE

CHYLURIE.

Sous le même nom de chorée électrique , un médecin milanais, Dubini, avait décrit une affection souvent mortelle, qui n’est probablement qu’une maladie infectieuse cérébro-spinale ou une forme pernicieuse de l’impaludisme.

CHROMIDROSE

Parmi les affections des glandes sudoripares, il n’en est pas de plus curieuse que la chromidrose. Outre l’exagération de la sueur, on note le changement de coloration. La sueur est colorée en bleu, en rouge, en jaune. Ce trouble fonctionnel est parfois familial et peut s’observer chez plusieurs frères ou sœurs. Il indique une tare nerveuse, une dégénérescence plus ou moins accusée. C’est un stigmate d’hystérie.

TRAITEMENT

Le traitement est surtout général; il faut considérer la chromidrose comme une névrose et la traiter en conséquence. On soumettra les enfants à une bonne hygiène, à l’hydrothérapie : douches tièdes ou froides, et surtout drap mouillé répété tous les jours ou même deux fois par jour.

CHYLURIE

La chylurie est une maladie parasitaire des pays chauds due à la présence de la filaire du sang humain ( flaria sanguinis ho minis ) et qui se caractérise par l’émission d’urines troubles, blanches comme du lait, parfois mêlées de sang ( hémato-chylurie ). La maladie peut attaquer les enfants comme les adultes. Elle se complique parfois d’épanchements laiteux dans les cavités séreuses (pleurésies chyleuses, ascites chyleuses, etc.). Chez un nègre de 12 ans observé par Moncorvo fils, à Rio-de-Janeiro ( Primera Reunion del congresso cientifico latino americano, t. IV, p. 736, Buenos-Aires, 1898), il y avait depuis trois mois, au moment de la miction, des spasmes douloureux avec urines troubles, puis blanches, laiteuses, coagulables, et enfin sanglantes. On trouvait des filaires au microscope. On a cité en Europe des cas de chylurie, d’ascites chyleuses, etc., sans filaire.

Le changement d’air, le transport des enfants dans la montagne, ou en Europe, contribuent à la guérison. Moncorvo a essayé l’ichthyol à l’intérieur (1/2 puis 1 et 2 grammes par jour); il a obtenu un succès complet en quinze jours chez l’enfant cité plus haut.

CIRRHOSES DU FOIE

La cirrhose du foie n’est pas aussi rare chez les enfants qu’on aurait pu le croire ; elle se traduit par les mêmes signes que chez l’adulte; gros ventre, ascite, veines abdominales très développées, urines briquetées, cachexie progressive, grosse rate, etc.

Comme causes, on a relevé Y alcoolisme (1/4 des cas), la syphilis héréditaire , les maladies infectieuses (impaludisme, rougeole, variole, scarlatine, fièvre typhoïde, diphtérie).

Enfin Hutinel a signalé une forme de cirrhose hypertrophique graisseuse due à la tuberculose. Le diagnostic est difficile. Un enfant présente de l’ascite : on pense d’abord à la tuberculose péritonéale; mais s’il y a beaucoup d’ascite, une circulation collatérale très développée, un peu d’ictère, le foie est mis en cause. L’ascite d’origine cardiaque sera reconnue à l’examen du cœur. Reste le diagnostic de la cause : alcoolisme, syphilis, impaludisme, tuberculose. On consultera les antécédents, la marche de la maladie, les stigmates, l’effet du traitement.

TRAITEMENT

La syphilis sera tout d’abord incriminée, car cela permet d’instituer le traitement spécifique : 1 à 2 grammes d’iodure de potassium en potion, 2 grammes d’onguent napolitain en frictions cutanées.

Même en l’absence de la syphilis, on continuera longtemps l’usage de l’iodure de potassium.

Le calomel sera donné, à petites doses (1 centigramme le matin), pendant 8 jours consécutifs suivis de 8 jours de repos, etc.

On cherchera à favoriser la diurèse à l’aide du régime lacté, des tisanes diurétiques (chiendent nitré, queues de cerises, stigmates de maïs).

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