TRAITEMENT DES ACCIDENTS ET COMPLICATIONS
On est obligé souvent de traiter, d’une manière spéciale, les complications qui viennent trop souvent troubler révolution naturelle de la coqueluche.
Je ne parlerai pas des mictions et défécations involontaires, des vomissements accidentels que les quintes violentes entraînent parfois avec elles.
A. Si les vomissements se reproduisent au point de gêner sérieusement l’alimentation du petit malade, il faut les combattre, comme je l’ai déjà dit, par le café ou la caféine , par Y acide chlorhydrique, par Y oxalate ou le valérianate de cérium (pilules de 0gr, 01 deux ou trois fois par jour), par le laudanum (une goutte après la quinte), par Y élixir parégorique (V à X gouttes après chaque quinte violente), par Y eau de Vichy (une à trois cuillerées à soupe par jour dans du lait).
On a donné aussi contre les vomissements le chlorhydrate de cocaïne à l’intérieur, 5 à 20 milligrammes, suivant l’àge, trois fois par jour (Carré et Wells) ; les quintes elles-mêmes seraient atténuées par ce traitement. Les enfants qui vomissent le plus, dans la coqueluche, sont souvent des dyspeptiques ayant l’estomac déjà malade, dilaté, atone ou intolérant.
Je dirai plus loin (hygiène thérapeutique) comment il faut alimenter ces malades.
B. Pour prévenir le prolapsus rectal , autre accident des quintes, on fera porter un bandage en T et on exercera une compression locale avec les mains au moment des accès.
C. Des bandages appropriés devront maintenir les hernies inguinales ou ombilicales qui pourraient préexister ou se déclarer pendant le cours de la coqueluche.
D. Quand Y ulcération sublinguale se creuse, se diphtérise, s’étend au loin, on doit la panser directement. On la touchera deux ou trois fois par jour avec le collutoire suivant :
% Borax . 2 grammes.
Chlorhydrate de cocaïne 0 gr. 20.
Glycérine 10 grammes.
F. s. a. Collutoire.
Si cela nesuflit pas, on cautérisera avec le crayon de nitrate d'argent mitigé ou avec la teinture d'iode.
COQUELUCHE
E. S’il se déclare une bronchite un peu intense, avec fièvre, râles nombreux dans la poitrine, dyspnée, on maintient l’enfant au lit, on fait de la révulsion sur le thorax, et on prescrit une potion calmante :
Infusion de violettes Sirop d’althœa . . .
— de digitale . .
— d’aconit. . . .
F. s. a. Potion.
30 grammes.
S à 20 grammes.
(H. Roger.)
F. Si la broncho-pneumonie se déclare, on fait appel aux toniques , à Y alcool, au quinquina, à la quinine, aux inhalations < Yoxijgène , aux cataplasmes sinapisés, aux compresses d’eau froide, à la caféine, aux bains chauds (36° à 38°). On prescrira :
% Extrait de quinquina 2 grammes.
Eau-de-vie 20 —
Julep gommeux 60 —
F. s. a. Potion.
Par cuillerées à café de deux en deux heures.
La broncho-pneumonie est la plus grave et la plus commune des complications de la coqueluche; elle est l’expression d’une infection secondaire (pneumocoque, streptocoque) et décime les enfants hospitalisés. Il serait plus facile de la prévenir par une bonne hygiène que delà guérir; dans le milieu hospitalier, elle résiste à tous les traitements. Bien souvent le changement d'air, le transport au loin de l’enfant malade, est lé seul remède à conseiller.
G. Après la broncho-pneumonie, dans le milieu hospitalier, la complication la plus commune est la tuberculose pulmonaire ou ganglionnaire , que nous retrouvons dans la plupart des autopsies; la coqueluche appelle la tuberculose et favorise son évolution.
II. Les autres complications [du côté de l’appareil respiratoire sont : Y emphysème pulmonaire, habituel dans les cas intenses, guérissant le plus souvent ; il peut se compliquer d’ emphysème sous-cutané s accident de la quinte ; de pneumothorax, qui reconnaît le même mécanisme (rupture d’un alvéole).