DENTITION
mon avis, une erreur absolue. Sans nier tout malaise dentaire, je me crois en droit de repousser absolument les maladies de dentition. Il y a des maladies pendant la dentition, il n’y a pas de maladies de dentition. C’est dire qu’en présence de convulsions, de diarrhée, d’eczéma, de bronchite, on ne se contentera pas du dicton : l'enfant fait des dents, mais on ira au fond des choses, on cherchera du côté du cerveau, de l’estomac, de l’intestin, du poumon, la cause de la maladie.
La thérapeutique y gagnera.
Mais enfin il faut admettre que [la sortie des d-ents n’est pas toujours régulière, que les gencives peuvent être tuméfiées, douloureuses, ulcérées même ; je ne nie pas les accidents locaux, c’est à eux que s’adresse le traitement.
TRAITEMENT
Trousseau, avec sa grande expérience et son sens clinique profond, avait bien vu l’inutilité de la scarification des gencives pour livrer passage aux dents récalcitrantes. Des médecins très éclairés et très consciencienx n’en restent pas moins partisans de cette opération, dont la nécessité s’impose à l’esprit des sages-femmes, des matrones, des mères de famille. Quoique je ne voie dans cette pratique qu’un préjugé, je m’incline devant les autorités considérables qui la prônent.
Si un enfant crie, s’agite, s’il bave, s’il paraît réellement souffrir des dents, s’il est menacé de convulsions, on prend un bistouri bien propre (trempé dans de l’acide phénique à 1 p. 20) et on fait sur le bord saillant de la gencive une incision longitudinale ou cruciale. On ne se servira jamais de l’ongle.
J’admets qu’on fasse cela dans un cas pressant, mais je le déclare bien haut, je n’ai jamais eu l’occasion, depuis plus de dix ans, sur une clientèle infantile énorme (plus de 70 000 consultations au dispensaire de la Villette), de faire une seule fois la scarification des gencives.
Quand l’enfant bave, porte tous les objets à sa bouche, on a pour habitude de lui mettre dans les mains un hochet en os ou en ivoire. Il serait préférable de lui confier un objet malléable, qui lui permît d’user sa gencive sans se blesser; une racine de guimauve, une croûte de pain dur, un objet en bois, par exemple.
En cas de cris, d’agitation, de signes de douleur, on fera des frictions avec un sirop de dentition :
% Safran .
Tamarin Miel . .
Eau . .
3 grammes.
(Delabarre.)
% Miel rosat ....
Miel de mercuriale Teinture de safran
— de myrrhe de coca .
— de vanille
60 grammes.
(Yvon.)
% Chlorhydrate de cocaïne 0 -gr. 10.
Borax 1 gramme.
Sirop diacode . . S —
Sirop simple 20
% Sirop simple 20 grammes.
Eau de laurier-cerise 6 —
Chlorhydrate de cocaïne 0 gr. 05.
Faire des frictions légères avec le doigt propre ou un petit tampon
d’ouate hydrophile.
% Miel blanc. 10 grammes.
Glycérine 10 —
Chloroforme X gouttes.
% Sirop de Heurs d’oranger 10 grammes.
Sirop de miel 10 —
Teinture de belladone X gouttes.
Chloroforme X —
% Glycérine. 20 grammes.
Borate de soude 1
Chlorhydrate de cocaïne 0 gr. 05.
Laudanum de Sydenham Il gouttes.
Frictionner les gencives quatre fois par jour avec un petit bourdonnet d’ouate hydrophile trempé dans ces mixtures.
% Baume de tolu 1 gramme.
Safran 1 —
Borate de soude 1 gr. 25.
Vanilline 0 gr. 10.
Codéine 0 gr. 05.
Chlorhydrate de cocaïne 0 gr. 15.
Sirop de miel 40 grammes.
Glycérine 210 —
Tremper la pulpe du doigt dans ce mélange et frotter doucement les gencives.
(Combe.)
Pour ce ( 1 1 1 i est du traitement des différentes stomatites qui peuvent compliquer la dentition, voyez les mots Stomatites, Aphtes, Muguet.
DESQUAMATION LINGUALE.
S’il y a de l’agitation, de l’insomnie, on donnera des bains tièdes et on fera prendre 15 à 20 centigrammes de bromure de potassium dans une cuillerée à café de sirop.
DERMATITE CONTUSIFORME
(Voyez Erythème noueux)
DERMATITE EXFOLIATRICE
Outre les dermatoses de la seconde enfance, qui peuvent s’accompagner d'une desquamation de la peau (eczéma aigu, pityriasis rubra, etc.), on a décrit en Allemagne (Ritter) une dermatite exfoliatrice des nouveau-nés dont j’ai vu plusieurs cas et qui se distingue de la desquamation physiologique des premières semaines de la vie. Il se produit d’aborcl une rougeur diffuse de la peau avec démangeaisons ; puis l’épiderme se tissure, se fendille, se ride et tombe par lambeaux; parfois il se forme des vésicules ou des bulles qui crèvent, se dessèchent et desquament. La maladie dure trois ou quatre semaines; l’état général reste bon dans quelques cas ; ailleurs il est très mauvais et la mort survient par une véritable septicémie cutanée.
TRAITEMENT
On poudrera les surfaces suintantes avec un mélange de talc et d’acide borique ; on donnera des bains antiseptiques (sublimé 1 gramme, chlorure de sodium 1 gramme pour 10 litres d’eau dans une baignoire en bois). Enfin on assurera à l’enfant un bon allaitement, si cela est possible. La guérison ne se fait pas attendre quand l’hygiène alimentaire est suffisante.
DESQUAMATION LINGUALE
La desquamation linguale, dite encore glossite exfoliatrice marginée, desquamation en aires, langue géographique, eczéma de la langue (Resnier), est une affection sans gravité de la première enfance, qui n’a rien de commun avec la syphilis,
quoi qu’cn ail dit Parrot, et qui pourrait bien être de nature parasitaire. Elle se présente sous forme de surfaces arrondies, polycycliques, souvent limitées par une marge, un bord saillant, occupant la surface dorsale de la langue; au niveau des parties malades, il est facile de constater que la langue est dépouillée de son épithélium. Il ne paraît d’ailleurs résulter aucune gêne de la présence de cette lésion. Le diagnostic est des plus faciles : impossible de confondre la desquamation linguale avec une autre variété de stomatite.
TRAITEMENT
Le traitement est jusqu’à présent absolument nul;, et, d’ailleurs, aucune indication urgente ne se pose : la découverte de la desquamation linguale est le plus souvent l’effet du hasard. On se bornera à faire de fréquents lavages de la bouche avec une solution de chlorate de potasse ou de borax à o p. 100. On veillera à la propreté des téterelles quand l’enfant sera élevé au biberon : la plupart des nourrissons que j’ai observés, atteints de desquamation linguale, étaient élevés au biberon; les enfants au sein y échappent presque constamment. M. Besnier prescrit la pommade suivante :
% Chlorhydrate de cocaïne Baume du Pérou . . .
Acide borique ....
Vaseline
0 gr. 03.
1 gramme.
Applications locales deux fois par jour.
% Glycérine 30 grammes.
Ilyposulfite de soude . . 4 —
Onctions matin et soir.