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PLATRE I

en pondre. 1

DÉSIGNATION DES MAÇONNERIES

HORTIEE.

Maçonnerie de blocage ou garni de meulière dont le volume

. n'excède pas 0inc.,003 *

Maçonnerie ordinaire en meulière brute, telle .que massifs ou murs dont les parements sont recouverts d'un enduit ou rocaiilôs

Maçonnerie de meulière piquée ou smillée pour parements de murs, de voûtes, etc . .

tu. enb^ 0.450

m. cob.

6SS, Maçonnerie de briques. Il faut éviter de briser les briques pour les employer, et on doit les disposer de manière qu'elles se relient le mieux possible entre elles. Lafig. 2, planche III, représente leur disposition dans une assise d'un mur dont l'épaisseur est égale à la longueur d'une brique ; la fig. 3, planche III , est la disposition, à adopter pour une épaisseur d'une brique et demie, et les fig. 4 et 5, même

HÀÇOimSRIES. 747

planche, sont des dispositions que Ton peut employer pour des murs de répaisseur de deux briques. Dans tous les cas, on a soin de croiser les joints de deux assises consécutives, afin que les briques se relient dans le sens vertical aussi bien que dans le sens horizontal. Il convient de ne mettre la brique en place qu'après lavoir plongée dans l'eau; sans cette précaution , elle absorberait l'eau du mortier ou du plâtre. Cette précaution doit être aussi prise pour les moellons absorbants sortis depuis longtemps de la carrière. L'épaisseur des joints de mortier ou de plâtre ne doit pas excéder 0",01 (Art de construire)»

559. Chaînes en pierre de taille ^ soubassements et baies de portes et croisées dans les constructions en moellons. Ces chaînes peuvent être horizontales ou verticales. Dans le premier cas , sans présenter d'inconvénient, elles ont l'avantage de bien relier les petits matériaux placés au-dessus et au-dessous. Dans le second cas, elles augmentent la solidité et la stabilité aux points où elles se trouvent ; mais elles ont l'inconvénient de produire un gonflement ou un tassement différent des autres parties de la maçonnerie, ce qui occasionne des lézardes quand on n'a pas soin de laisser comme on le fait à Paris, quand on juge convenable de construire en pierres de taille les angles des maisons, du jeu entre les moellons et les chaînes en pierre. Ce jeu permet le gonflement du plâtre qui se cristallise, et ensuite son retrait, ou le tassement da mortier, mouvements qui sont proportionnels au nombre des joints et à leur épaisseur. On ne relie les moellons aux chaînes, et on n'enduit les parements du mur que quand le retrait s'est opéré dans toute la masse.

Il convient qu'un mur en moellons ou en briques soit chaussé d'une assise en pierre de taille, un peu enterrée et s'élevant au-dessus du sol, que l'on nomme soubassement. Dans les murs on doit placer la pierre la plus résistante à la surface du sol.

Un moyen efficace d'empêcher l'humidité de s'élever dans les murs est de placer une couche de bitume sur la première assise au-dessus de la fondation.

Les jambages, les linteaux et les appuis des croisées et des portes se font souvent en pierre de taille, surtout dans les constructions en briques. Il est nécessaire que les pieds-droits soient de plusieurs assises et de pierres d'inégales longueurs, afin qu'ils se relient bien avec leg petits matériaux qui composent les trumeaux.

Les linteaux sont quelquefois formés d'une seule pierre; mais alors il faut construire au-dessus une voûte qui reporte le poids de là maçonnerie supérieure sur les pieds-droits. Il vaut mieux construire les linteaux au moyen de plusieurs pierres disposées en voûte, dite platebande^ que Ton doit appareiller avec soin.

On était dans l'usage à Paris , pour les maisons construites en moellohà, de faire les linteaux en bois; ce qu'il faut éviter, car Tè bois pour-

748 CINQUIÈHB PARTIS.

rissaDt, c'est ordinairement par là que les maisons périssent. Aujourd*liui on fait un usage presque exclusif du fer.

K60. Voûtes d'édifices. Dans les bâtiments civils, on ne fait ordinairement usage de voûtes que pour les étages souterrains. Elles sont généralement en plein cintre, et on les fait en moellons, àVexception des pieds-droits des portes de communication d'un berceau à l'autre , lesquels sont généralement en pierre de taille. Les voûtes de caves sont ordinairement en moellons piqués, ou au moins smillés (556;. Les moellons bruts ne présentent pas une solidité suffisante ; il faut que ]es voussoirs soient appareillés, ou au moins taillés de manière qu*étant posés les joints tendent à Taxe; sans cela, la solidité de la voûte ne consisterait que dans l'adhérence du mortier.

Il arrive cependant quelquefois que l'on construit des voûtes pour les pièces du rez-de-chaussée des édifices publics tels que mairies, halles publiques, tribunaux. Lorsque les pièces voûtées doivent servir de lieu de réunion , on adopte le plein cintre , et il est rare alors qu'on les exécute en pierre de taille; pour réduire la dépense, on les fait le plus souvent en moellons, en briques ou en poterie. Quant aux voûtes d'arêtes, comme toute la poussée se reporte sur les pieds-droits et que les voussoirs inférieurs ont à résister à un effort considérable , on est obligé de les construire en pierre de taille.

Pour les voûtes en petits matériaux, il faut employer le meilleur mortier ou plâtre possible, afin que, reliant entre elles toutes les parties, la voûte et les points d*appui exigent une moindre épaisseur. C'est pour les mêmes raisons que l'on doit employer, surtout pour les voûtes exécutées hors du sol , les moellons de la plus faible densité , ou mieux la brique ,qui fait parfaitement corps avec le plâtre ou le mortier, ou mieux encore la brique creuse ou la poterie , lesquelles, ayant la môme adhérence que la brique, sont beaucoup plus légères (5'i7).

Pour les voûtes, comme pour les murs en élévation, les moellons doivent être disposés par cours d'assise, de manière à faire croiser les joints de deux assises voisines , et de telle sorte que dans une même assise les moellons formant boutisse soient placés entre deux carreaux (550). Si la voûte a une épaisseur de plusieurs moellons, le second rang de moellons doit se relier avec le premier.

On monte les deux côtés de la voûte à la fois, afin que leur poussée se fasse équilibre sur le cintre et ne le détruise pas, et que de plus le mortier prenant la môme consistance des deux côtés, le tassement soit égal. On ne place les planches du cintre qu'au fur et à mesure qu€f Ton élève la voûte, afin que l'ouvrier ait l'ouvrage devant lui et de plus placé à une hauteur convenable pour sa facile exécution.

Quand il ne reste plus que trois assises à poser, on commence à bander et à fermer la voûte par l'une de ses extrémités. On pose de part et d'autre deux ou trois moellons aussi longs que possible que l'on appuie

sur le cintre; une fois en place, on les affermit à coups de marteau sur un bourrelet de mortier soufflant; on recouvre leur face de mortier, et on introduit alors la clef bien taillée d'avance en forme de voussoir dans le vide laissé entre les moellons que Ton vient de poser; on l'enfonce en la frappant avec une dame du poids de 15 à 20 kilog., jusqu'à ce qu'elle s'appuie sur le cintre. 11 est évident que l'on doit prendre les plus beaux et les meilleurs moellons pour former les dernières assises de voussoirs , et surtout la clef.

Lorsque ces premiers moellons sont bien assurés et que le mortier souffle de toutes parts, on introduit dans les joints, à coups de marteau, des éclats de pierre dure. Cette première clef étant bien bandée, on continue à fermer la voûte en opérant de même et en allant à reculons.

Les voûtes en briques peuvent se construire de la même manière que celles en moellons , en leur faisant 'former voussoir sur leur épaisseur, et en les plaçant en carreaux et boutisses si l'épaisseur de la voûte est suffisante. Dans ce cas, on peut les relier avec du plâtre ou du mortier en ayant soin dégarnir les joints à l'extrados avec des éclats d'ardoise ou de pierre mince, à moins cependant que les briques aient la forme de voussoirs.

Quelquefois les briques sont simplement posées à plat sur le cintre, et alors reliées par du plâtre ou du ciment romain ; on emploie ce procédé pour faire des voûtes minces et plates. On prépare dans les murs qui doivent porter la voûte des coussinets dans lesquels la voûte vient s'engager et s'appuyer. Ces voûtes sont le plus souvent formées de plusieurs épaisseurs de briques. *

Pour les voûtes en briques, il faut prendre la précaution indiquée n"* 558, qui consiste à tremper les briques dans l'eau avant de les mettre en contact avec le plâtre, sans quoi elles absorbent l'eau qui a servi à gâcher celui-ci, qui alors ne contient plus la quantité d'eau suffisante à sa cristallisation.

On ne doit jamais fermer la voûte à la clef avant que le plâtre ait fait tout son effet, sans quoi le gonflement du plâtre dérangerait les piedsdroits de leur aplomb.

On doit commencer les voûtes en arc de cloître par la clef, et aller en s'avançant vers les naissances ; sans cette précaution on aurait beau laisser du jour à la clef, comme les quatre parties de la voûte se contre-butent mutuellement entre elles, la poussée due au gonflement du plâtre se transmettrait toujours sur les pieds-droits.

064. Fondations, Lorsque le sol est formé jusqu'à une certaine profondeur de terres végétales qui ont été remuées, ou de matières rapportées, comme il n'offre pas assez de résistance pour supporter sans affaissement les constructions à ériger, on est obligé de le déblayer, et de descendre la fouille jusqu'à ce que Ton ait atteint une couche de ter-

750 CO^QCltBE PAETIB.

rain qui présente une compacité et une résistance suflSsantes. 11 arrive souvent que la couche solide se trouve à une profondeur telle, que Ton doit renoncer à Fat teindre par les fouilles et à y asseoir directement les fondations; alors ou a recours à des moyens auxiliaires pour donner au terrain qui la surmonte la solidité requise. Ces moyens varient selon la nature du sol, nature que Ton détermine, soit par des sondages, soit en creusant des puits.

Malgré le grand nombre de nuances sous lesquelles les terrains se distinguent, si on les considère sous le rapport du plus ou moins de résistance quMls peuvent offrir pour les fondations, on peut les diviser en trois classes principales.

La première classe rcnCerpie les lerraios les plus fa? orables , sur lesquels on peut élablir dîreclemeni les fondaiions ; tels soot les diverses espèces de rocs , les luts, les marnes et les terrains pierreux qu'on ne peut attaquer qu'à la mine ou au pie.

La deuxième classe comprend tous les terrains graveleux et sablonneux, qui ont la propriété d'être Incûmpressihles lorsqu'ils sont encaissés.

La troisième classe renferme tous lus terrains qui prèseBlent des difficultés plus ou moin? grandes, lorsqu'il s'jgit de les consolider et de leur donner une résistanoe uniforme suffisante dans toute l'étendue des fondations. Les terrains mouvants, comme le sont principalement ceux qui sont glaiseux, et les terrains compressibles, tels que c«ix qui sont tourbeux ou fraîchement rapportés , apparUeonent i cette espèce.

Lorsque les fouilles des fondations sont descendues à une profondeur convenable et ont atteint un terrain suffisamment résistant, après en avoir nivelé et dressé parfaitement le fond , on procède à l'exécution de la maçonnerie de fondation. Si cette maçonnerie est en moellons ou en meulière, l'ouvrier choisit les morceaux les plus gros et les plus résistants et il commence son travail en en posant une première assise sur un lit de mortier qu'il a étendu sur le fond de la fouille, en les liaisonnant les uns avec les autres et en les frappant avec sa hachette pour les bien affermir et imprégner de mortier.

Quoique la maçonnerie des fondations soit cachée, on doit avec plus de soin encore que pour celle à parements vus, prendre toutes les précautions qui assureront sa solidité. Une mauvaise exécution occasionnerait des effets très-nuisibles à la stabilité de la construction : les murs se fendraient, perdraient leur aplomb, et il se formerait des crevasses dans les voûtes et dans toutes les parties de l'édifice.

Pour que les fondations soient solides et que le tassement soit uniforme dans toutes les parties de la construction, il faut composer chaque assise de matériaux de même hauteur et de môme dureté , en plaçant les plus résistants dans le bas. Si quelques matériaux sont tendres et dé médiocre qualité, on évite de les employer pour les parties de fondations qui auront à supporter de grandes masses de maçonnerie ou de fortes charges ; ils pourraient s'écraser et compromettre la solidité de la construction, sinon en amener la ruine.

Lorsqu'une fondation repose sur le sol naturel incompressible* U

uffit de lui donner de 0",05 à O^^IO d'empâtement, c'est-à-dire de saillie, sur chaque face du mur qu'elle doit supporter; cela suffit pour que Ton soit sûr que la fondation sera pleine sur une épaisseur au moins égale ai celle du mur et qu'il n'y aura pas de porte-à-faux , malgré le peu de soin que Ton met à bien dresser les parements dans les tranchées, et aussi pour que la résistance soit plus grande en raison de Texcès de charge que supporte la fondation.

Pour des 'piliers isolés supportant de fortes charges , Tempatement précédent O^jOô à O"*,!© de la fondation sup tout le pourtour de chaque pilier est insuffisant ; on est obligé de les fonder sur un mur continu construit comme pour le mur que remplacent ces piliers. Souvent même, afin de répartir la pression des piliers sur toute la longueur du inur de fondation, on dispose ce mur en voûtes renversées dont les naissances sont placées sous les socles des divers piliers. Dans certains cas même, lorsqu'il y a plusieurs rangs de piliers, ceux-ci reposent sur les naissances de voûtes d'arête renversées qui reportent la charge sur toute l'étendue de l'espace qui sépare les piliers. . C'est surtout pour des piliers isolés que l'on doit placer les pierres les plus résistantes au niveau du sol jusqu'à une profondeur de 0'',lô à 0"',20 (n" 559).

Afin que le tassement soit le même dans tous les piliers isolés, on les construit du même nombre d'assises, ^n donne la même épaisseur aux joints, et on taille les lits pleins et bien perpendiculaires à. Taxe.

Dans un but d'économie , quand eu est obligé de descendre à une grande profondeur pour trouver le sol résistant, les fondations peuvent être composées d'une série de piliers convenablement espacés et reliés à leur sommet par des voûtes en plein ceintre ou en arc de cercle, sur lesquelles on érige la construction.

Pour les constructions de quelque Importance, on était dans l'usage de commencer les fondations par une ou plusieurs assises de libages (ÔÔO), mais depuis quelque temps on y a substitué le béton, qui ne coûte qu'environ le quart des bons libages; on donne à la couche de béton de 0",30 à O^jSO d'épaisseur, avec une saillie sur les parements de la fondât, on.

Les fondations en béton doivent être exécutées par couches horizontales. Afin que les parties faites un jour se raccordent bien avec celles qui se posent le lendemain, on termine leurs extrémités par redans inclinés, et lorsqu'on recommence, avant de placer du nouveau béton, on applique une couche de mortier frais sur tout le béton posé la veille et déjà raflermi (5ù5).

Si le sol incompressible est situé sous Veau ou sous des couches compressibl/es à des profondeurs si grandes que Von ne puisse le mettre à découvert sans des dépenses trop considérables, on a recours à Vun des moyens suivants :

752 CINQUltMB PARTIS.

i* Fondation» sur pilotis. Ce moyen consiste à enfoncer, dans toute retendue des fon(&tiODs| des pieux espacés de 0",80 à 1",20 d^axe en axe, selon la charge quMls m)ivent sopporter et suivant leur diamètre, qui est en général te l/2i| dé leur l^nguteui* sans avoir moins de 0*,i8. Ces pieux battus au refus peuvent supporter )usjqu*à 50 kilog. par centimètre carré de section (127 et 218).

Les pieux étant enfoncés en quincJtnce, on les rec^ tous de niveau à une hauteur convenable, o^ enlève entrç eux la terre ameublie par le battage, et on la remplace par un blocage en pierres sèches si l*on opère à sec, ou par du béton oii de la maçonnerie à mortier hydraulique dans le cas contraire. On a soin de comprimer fortement ces matériaux à mesure qu'on les pose, afin^uMls maintiennent bieu les tètes des pieux, qu'ils augmentent les fh)ttémQta1is latéraux s'opposaift à renfoncement, et qu'ils ajoutent le plus pos^ilïle à la rigidité du système.

On pose ensuite un grillage en charpente ft)É|ié de lon'grines reliant les files longitudinales de pieux et detraversirtes s':isst!mblant à mi-bois sur les longrines. On arase le remplissage au niveau du grillage, et sur le tout on établit une plate forme en madriers, sur laquelle on élève rédifice.

Comme la plate -forme unie adhère mal & la maçonnerie, il peut être convenable de la remplacer par une forte couche de béton enveloppant les tètes de pieux, sauf à placer«ur ce massif, si on le juge nécessaire, un ou deux rangs de forts libages pour répartir convenablement la pression.

Ce premier mode peut s'employer soit qu'il s'agisse de fonder sur des terrains secs qui ne sont incompressibles qu'à une certaine profondeur, soit qu'il s'agisse de fonder dans Teau. Les procédés suivants sont spéciaux & ce dernier cas.

2"* Fondations à Vaide de batardeaux. On nomme batardeaux , des digues dont on circonscrit l'emplacement de la fondation, afin de pouvoir épuiser l'eau, et ensuite établir la fondation sur le sol mis à sec, en opérant comme il a été indiqué ci-dessus.

Lorsque la profondeur d'eau ne dépasse pas 1 mètre, le batardeau se fait uniquement en terre, en lui donnant de 0",80 à 1*,20 d'épaisseur moyenne.

Si Teau a une certaine vitesse ou une profondeur de 1 mètre à 1",50, on enfonce avec le mouton une file de pieux, contre laquelle on fixe des madriers joîntifs, et c'est contre ce barrage en charpente, destiné à défendre la terre, que l'on tasse celle-ci pour terminer le batardeau. Quelquefois on a remplacé les madriers par des fascines.

Quand la profondeur de l'eau excède i"',50, le batardeau s'établit encore plus solidement On bat deux files parallèles de pieux espîfcés de 1 mètre environ ; on réunit les pieux de chaque rang par des madriers que l'on cloue horizontalement; contre ces madriers on appuie des pal-

MÀÇONNBRIBS 75S

planches assemblées entre elles k rainure et langu^te, et que Ton enfonce jusqu'à ce que leur extrémité soit inférieure au sol sans consistance. Après avoir enlevé la vase entre les deux cloisons ainsi formées, on remplit leur intervalle avec de la terre. Des entretoises reliant entre elles les deux cloisons ajoutent beaucoup à la solidité du batardeau.

On fait encore des batardeaux en maçonneine bourdée en mortier hydraulique, et dans plusieurs ports de mer on en a établi en béton.

3* Pour fonder à de grandes profondeurs, on emploie encore quelquefois un caisson en bois que Ton amène sur remplacement de la fondation, et sur le fond plat duquel on établit la maçonnerie. Le caisson finit par s'enfoncer jusque près du sol, par suite du poids de la maçonnerie; ^lors, afin de termi^'^échouage convenablement, on laisse pénétrer Teau dans le caifBon. On enlève ensuite les parois latérales du caisson ,^<|^i iff étal|^ "rÊtehiies que par des tirants. Il est évident que le sol a dû être a r^vançe consolidé par des pieux , si cela était nécessaire, et nivelé.

li* Le moyen de fonder par encaissemerd est généralement préféré au précédent à cause de sa simplicité et de son prix modéré. U consiste à former autour de remplacement des fondations une enceinte de pieux et de palpanches ; à draguer dans cette enceinte jusqu'à ce que Ton atteigne un sol suffisamment compressible, et à la remplir de béton, sur lequel on érige ensuite la construction.

Si le fond du lit était un roc dans lequel il y a impossibilité d'enfoncer des pieux, on aurait recours à un caisson sans fond, construit sur le chantier, et dont les parois seraient formées de potaux montants et de ' fortes pal planches, le tout maintenu par plusieurs cours d'entretoises horizontales. On amène le caisson sur remplacement de la fondation , on le fait échouer en le chargeant convenablement, puis on établit le massif de béton

Dans ces derniers temps, pour fonder à de grandes profondeurs sous l'eau, plusieurs ingénieurs, et entre autres M. Pluyette, au pont de Nogent-sur-Marne (Annales des Ponts et Chaussées, année 1856), ont fait usage d'un encaissement en tôle. On commence par draguer jusqu'au terrain solide dans tout l'emplacement de la. pile; on échoue rencaissement, et après avoir dragué à l'intérieur, de manière à unir le fond, on coule une couclie de béton d'une épaisseur suffisante ; quand cette couche est solide , on épuise l'eau , et alors on monte la pile à sec.

Fondations sur un sol compressible. On parvient à donner aux terrains compressibles un certaine degré de résistance en y battant des pieux en bois , ou en y enfonçant de distance en distance un pieu en bois que l'on retire pour remplir l'alvéole qu'il laisse avec du mortier ou du béton que Ton piionne fortement au fur et à mesure de leur pose. On fait autant de ces pieux en béton que cela est nécessaire pour rendre le sol résistant , puis on recouvre ce sçl d'une couche de béton bien pi^

lonné. Lorsque le sel est constamment sec , on peut à la rigueur substituer le sable au mortier ou béton.

La tête du pieu doit être garnie d'une frette en fer pour résister aux chocs du mouton, et percée d'un trou dans lequel on passe une pince ou une barre de fer, qui sert, pendant le battage, à remuer et tourner le pieu au fur et à mesure qu'on renfonce , de manière à lisser les parois de Talvéole et à leur donner une certaine consistance qui permet la pose du béton sans qu'elles s'éboulent ; ce mouvement imprimé. au pieu le rend facile à retirer quand il est entièrement enfoncé.

Si l'espace occupé par la fondation était très-grand, on pourrait, après avoir consolidé le sol au moyen de j)ieux en béton , le couvrir d'un massif de sable de O'.eo à 0"',80 d'épaisseur, que l'on forme par couches successives de 0*,lô à 0",90, parfaitement pilonnées et mouillées d'un lait de chaux très-épais; ce massif, que l'on couvre également d'une couche do béton bien pilonnée est incompressible et offre l'avantage de répartir uniformément la charge sur toute l'étendue de la fondation.

Racinaux. On nomme ainsi des pièces de charpente méplates, de 0*,dO sur O^jiS que Ton place bien de niveau sur le sol compressible, et sur lesquelles on fixe avec des chevilfettes une plate-forme en madriers de chêne de O^.OSô d'épaisseur. Avant de placer cette plate-forme, on a soin de remplir Tintervalle des racinaux avec du béton ou avec des moèllonnailles posées à bain de mortier. C'est sur la plate-forme que l'on établit la fondation.

On conçoit que sur un sol consolidé par des pieux en bois ou en béton on peut encore faire usage d'une plate-forme en bois pour bien répartir la pression ; mais le plus souvent on emploie une couche de béton assez forte pour qu*elie ne puisse se briser.

Quand le sol est très- compressible, on commence par lui donner un certain degré de solidité, soit en le chargeant de pierres qui s'y enfoncent, soit en y faisant entrer des pieux par le gros bout, afin que l'élasticité du terrain ne les soulève pas, soit encore en combinant ces deux moyens, c'est-à-dire en enfonçant des pierres entre les pieux. Sur le sol ainsi préparé, on pose ensuite, soit la plate -forme en bois , soit la couche de béton si l'on ne craint pas sa rupture.

Les fondations sur des sols argileux détrempés par des eaux sont celles qui offrent le plus de difficultés. En vertu de kur viscosité et de leur élasticité, ces terrains se comportent à peu près comme des liquides, ils transmettent la-pression en tous sens ; ils s'affaissent inégalement pour peu qu'ils ne soient pas chargés uniformément ; les pilotis n'y adhèrent pas et tendent à sortir quand on bat les voisins. Il faut, pour construire avec quelque sécurité sur un terrain do cette nature, avoir recours à des plates-formes d'une grande étendue, à de larges empâtements, répartir les pressions avec une grande uniformité, môme pendant l'exécution du travail, et souvent charger par des remblais

llÀÇOlfiniRfBS. 755

provisoires les abords de la construction* Il est même prudent, avant d'élever les parties supérieures de l'édifice, de charger les massifs inférieurs, pendant plusieurs mois, d'un poids au moins égal à celui qulls auront à supporter plus tard.

Les difficultés sont plus grandes encore lorsque ces terrains sont noyés. On est obligé alors d'avoir recours à la fois aux moyens de fonder sous Teau, et à ceux relatifs aux terrains compressibles.

Les enrochements sont des massifs de maçonnerie en pierres sèches, formés en jetant simplement, sans apprêt, des blocs dans Teau, ft dont on entoure les fondations qui peuvent être affouillées, oomme le sont souvent celles des piles dej)onts, des Jetées, etc.

Immersion du béton. Quand la profondeur d'eau n'atteint pas 1",00, le béton s'immerge à talus coulant Cest-i-dire qu'on décharge sur le bord un massif de béton que Ton presse à la dame^ de manièi^ à le faire glisser doucement sous l'eau. On charge successivement le bord du mas&ir ainsi obtenu , et en dressant le bourrelet on fait insensiblement avancer le talus et la masse jusqu'au parfait remplissage de la fouille, en même temps que l'on tasse la maçonnerie à la dame plate, à mesure de l'avancement du travail.

En avant do l'atelier d'immersion, des ouvriers, armés de raclettes en tôle et de larges balais en bouleau , nettoient, par des mouvements doux, le ^ol des fondations au pied du béton,» et entraînent les vases dans des trous, d'où on l'extrait De plus, à chaque reprise du travail, des hommes, munis de larges balais en paille, nettoient, sans agiter l'eau, la surface du béton précédemment coulé. Enfin chaque fois que le béton doit rester exposé sans revêtement à l'action, des eaux , on a soin de dresser, comprimer et lisser, au moyen d'un rouleau en fonte ou en pierre , la couche supérieure du massif.

Quand la hauteur d'eau excède l'',00, plusieurs procédés, différents seulement par leurs détails > peuvent être employés) le plus usité, et celui qui parait dotiner les meilleurs résultats , consiste à opérer l'immersion du béton au moyen de caisses pristnatiques à fond mobile, Contenant chacune environ un sixième de mètre cube, descendues, à l'aide d'un treuil, jusque sur le fond des fouilles, puis remontées seulement de la quantité nécessaire pour en permettre la vidange.

56S. Outils d'un compagnon maçon. Un maçon se sert :

4« De deux auges en bois de 0'",'T5 de longueur en haut et 0«,69 Au fond , lùt^ 9*^50 de largeur en haut et O'^^SO au fond, et de 0'*,9il i 0'^^96 de profondeur j

i* D'une truelle Ae 0",19 de longueur, moins large i rtirlrémilé que prés du manche. A Paris , quand elle sert i prendre le mortier, on rappelle guerluthone; la irveUe est employée pour le plâtre. La guerlucbonn est en fer nt légèrement arrondie à son extrémité ; U truelle est en cuivra el i anglea vifa, «On qu'elle ne soit pai attaquée par le pUtre et que l'on puiiM bien netloftr les anglet éê l'auge «Tuit 4e gâcher du ■oaveiH plâtre;

756 CmQVlion PAtTIS.

9* D'aoe hûchelU qui « une tète carrée d'uo c6tè ; la tête sert à débiter les moettons et à les aiiujeitir lur le lit du mortier, et le tranchant à tailler lei moellons qui n'ont pas des formes conrenables et surtout à rendre les lits horiiootaux. Le tnarteau de maçon n'est autre chose qu'une grosse hachette dont le tranchant est remplacé par un pic trés-allongé ;

4* De cordeaux et de fichei en fer serrant â indiquer la position du mur â constraire. Pour ftier les oordeaai, on éublit , de part et d'autre du mur i ériger, denx liteaux lur lesquels on cloue différentes trayerses qui serrent d'attaches aux flcellef . Quand le mur i établir se raccorde à d'autres existants , les fiches en Ter, que l'on implante dans ces murs, serrent i flxer les cordeaux;

5* D'un fil à plomb qui sert à élever les parements terlicaux. Outre le tronc de cône en fer ou en cuivre, fixé â l'une des extrémités de la ficelle, une plaquette carrée en tôle ou en cuivre , dont le côté est égal au grand diamètre du tronc de c6Be, porte en son milieu un trou dans lequel passe librement la ficelle. De ces dispositions, il résulte que le maçon, appliquant une arête de la plaquette contre le

• parement du mur, le tronc de cène , qu'il a convenablement éloigné de la plaquette, sera tangent au parement dn mur, si celui-ci est d'aplomb; il en sera éloigné si le mur surplombe, et il portera dessus s'il a du fruit;

6* De deux règle» en bois de S mètres de longueur, dont une plate do 0"*,10 sur 0>",03, et une carrée de 0",04 de côté , que le maçon emploie pour battre les nus , faire les arêtes , etc. Six chevillettes i crochet en fer rond , de O'ySO environ de longueur, lui servent à fixer les règles sur place;

7* D'un fitv^aw de maçon. Rectangle formé par quatre règles en bois , au milieu d'un des grands côtés duquel est fixé un petit fil à plomb. Après avoir fait reposer la base de Féquerre sur le lit d'une pierre, si le fli correspond i une marque faite au milieu de cette base, c'est que le lit est horizontal. Pour vérifier si une surface d'une certaine étendue ou deux petites surfaces éloignées sont de niveau, le maçon applique une règle sur ces surfaces, et c'est sur la règle, qui doit avoir une égale largeur dans toute sa longueur^ qu'il applique son équerre. Le luveau de poseur est triangulaire, et le fil à plomb est suspendu à l'un des sommets;

8* D'un oiseau pour le transport du mortier. Il est formé de deux planches clouées à angle droit , sous l'une desquelles se trouvent deux branches de 0",50 environ de longueur, que l'ouvrier met i califourchon sur ses épaules. Pour descendre le mortier dans les fondations , on ^établit une espèce d'auge formée de deux planches clouées à angle droit, allant du bord supérieur de la fouille jusque sur le massif que l'on établit. Le porteur de mortier verunt l'oiseau i la partie supérieure de l'auge, celle-ci amène le mortier au point où il doit être employé. Pour le pUtre , on ne fait pas usage de l'oiseau^ le maçon a deux auges (1«), et pendant qu'il emploie le plâtre qui est dans Tune, le garçon place dans l'autre le , plAtre et la quantité d'eau convenable, sans agiter le mélange, et il l'apporte, en la plaçant sur st tête, au maçon, qui seulement agite bien le plAtre dans l'eau (530) ;

9» D^une taloche. Petite planchette rectangulaire en bois léger, snr l'une des faces de laquelle se trouve une poignée également en bois ; elle sert à appliquer le plâtre contre les parois des murs et contre les lattes des plafonds , et â l'y maintenir jusqu'à ce qu'il ait pris assez de consistance pour y rester adhérent;

iO» D'une truelle bretée. C'est une plaque d'acier rectangulaire, portant un manche perpendiculaire â son plan ; un des grands côtés de la plaque est denté et sert â dresser les surfaces , l'autre est uni et se passe sur le plâtre après le côté denté ;

44» D'un riflard. Ciseau de 0",06 de largeur, avec manche en bois; il sert â couper les repères et les nus , i dégager les cueillies d'angle, etc.;

43« D'un guUlaume. C'est une espèce de rabot en bois dur, taillé en biseau et garni d'une lame d'acier à Pnne de ses extrémités, et évidé de manière à former uii9

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