ENDUITS
^69. Enduits. Dausles intérieurs» les enduits se font en plâtre comme les plafonds (567). Les enduits en mortier se posent à la truelle, et on les dresse avec une taloche de 0",15 sur 0",20. Les enduits en ciment romain se posent à la truelle et se dressent avec le tranchant de cet outil. Lorsque les enduits sont apparents, après la taloche ou la truelle, oq passe la truelle bretée pour terminer la surface (562).
L'application des enduits en mortier hydraulique se fait principale* ment sur Textrados des voûtes et sur les murs de soubassement , afin de préserver la maçonnerie deThumidité et des infiltrations d*eau; on recouvre également de ces enduits tous les mûrs et radiers de réservoirs, de citernes , de fosses, d'aqueducs, etc.
Les mortiers préférables pour Texécution de ces enduits sont ceux de chaux hydraulique, et surtout ceux de ciment romain; la prompte solidification de ces derniers à Tair et dans Teau, et leur degré d'imperméabilité , leur donnent une supériorité incontestable sur tous les autres, surtout lorsqu'il s'agît de résister à la pression d'un liquide (5/i0).
Lorsque l'enduit doit être appliqué sur une maçonnerie neuve hourdée en mortier de chaux , si les parements sont assez bruts pour présenter des aspérités suffisantes pour retenir l'enduit, l'ouvrier commence par dégrader légèrement les joints si l'enduit est en mortier de chaux, et très-profondément s'il est en mortier de ciment, afin qu'on puisse tous les garnir d'un rocaillage, surtout si la maçonnerie est en moellons. Ce dégradage fait , l'ouvrier brosse et mouille les parements pour augmenter l'adhérence de l'enduit.
S'il s'agit au contraire d'une vieille construction dont les parements sont trop unis et couverts de matières nuisibles à Fadhérence du mortier, ou d'une maçonnerie hourdée en plâtre ou en mortier de terre, on dégrade d'abord les joints profondément et carrément, puis on pique à la pioche les matériaux, afin de priver les parements de toutes les parties altérées et y pratiquer des aspérités. Cela fait, on nettoie parfaitement les parements en les frottant d'abord à sec avec des balais très-durs, et en les lavant ensuite à l'eau au moyen de 1}rosses ou de balais, jusqu'à ce qu'ils soient entièrement dépourvus de poussière, qui aurait diminué l'adhérence de l'enduit
Pour lei^ parements supérieurs horizontale, comme lorsqu'il s'agit de radiers, le nettoyage offre plus de difficultés; l'ouvrier éprouve beaucoup de peine pour retirer avec la brosse et la pointe de la truelle tous les détritus qui se logent dans les petites cavités provenant du dégradage. Cependant, le soulèvement des enduits de radiers provenant presque toujours de leur défaut d'adhérence avec la maçonnerie, défaut
774 CHfQUdbU PARTDS.
dû ordinairement aux détritus non enlevés, on conçoit rimportance d'un nettoyage parfait
On nettoie très -bien les parements lorsqu'il y a possibilité de projeter de Teau dessus avec une pompe foulante, par sa grande vitesse, Teau détacbe et entraîne la poussière , les matières terreuses et les parcelles de mortier et de pierre ébranlées lors du dégradage.
Le dégradage et le lavage des parements étant terminés, on commence par remplir les plus grands joints d'an rocaillage, puis on pro^ cède à la pose de l'enduit ( Art. 177 )»
570. Rejointoiement. Il s'opère en creusant les joints avec un crochet jusqu^à une profondeur de 2 à 3 centimètres^ en les nettoyant avec soin au moyen d'une brosse dure ou d'un balai , en les arrosant au besoin » et en les remplissant de mortier que l'on presse bien avec la truelle.
La surface vue des joints peut être plate et efiSeurer le nu du pare* ment; c'est ce que l'on fait pour les pierres tendres, afin de préserver les arôtes, et aussi pour les briques. Ces joints plats se lissent souvent avec une tige recourbée en fer, appelée tire-joinU, que l'on fait glisser le long d'une règle.
Les maçonneries de moellons bruts ou smillés se font quelquefois à joints plats, ou encore à joints arrondis en creux, mais le plus souvent on les fait en boudin. Les joints de cette dernière forme, qui conviennent surtout pour les pierres de taille dures, résistent mieux aux actions de la pluie et de la gelée, et le dégagement des arêtes de la pierre donne de plus aux parements un aspect de solidité et de beauté parfaitement en harmonie avec cette espèce de maçonnerie.
if 71. Corniches en plâtre et moulures de lambris. Pour faire une corniche en plâtre, on commence par former à la place qu'elle doit occuper une masse de plâtre dont la saillie soit un peu moindre que celle de la corniche, des rappointis assurent la fixité' de cette masse; puis on ûxe une règle bien droite contre le mur, au bas de la corniche et parallèlement à. cette corniche. Gela fait, on applique une couche convenable de plâtre clair contre la masse solide, et c'est avec cette couche de pl&tre mou que l'on fait les moulures de la corniche, en passant dessus, à plusieurs reprises, un calibre en tôle ou en bois dont le pourtour est taillé suivant les formes des moulures. Afin que ce calibre soit bien guidé pendant la traîna de la eoraiche, on le fixe par une entaille sur le milieu d'une règle qui porte un angle rentrant. Un bftton oblique, dont une extrémité se fixe dans le calibre et l'autre dans la règle, donne une certaine solidité à leur ensemble. Par cette disposition, en faisant glisser le calibre sur la couche de plâtre, de manière que l'angle rentrant de sa règle suive bien l'angle saillant de la règle fixée contre le mur, on est sûr d'obtenir une corniche bien droite {Art. 315).
On suit une marche semblable pour faire les moulures des lambris.
ô7a. Blanc en bourre, Quand on n'a pas de plâtre, on fait nsage.
pour lea pUfQUdis et enduits, de blanc en bourre^ mortier de terre argileuse et de i/5 à i/6 de cbftux grasse, auquel on a mélangé de la bourre.
II faut éviter d'employer le blanc en bourre pendant les temps de gelée.
La cbaux doit être éteinte depuis plusieurs mois, afin que Ton soit sûr qu'aucune particule n'a écbappé à rextinctioi^; sans quoi , s^près la confection de Tenduit, le poli s'altérerait.
â7S, Stucs. On fait souvent usage d'un marbre artificiel appelé stuc, un distingue :
i** Le stiic en chaux, obtenu en mélangeant en parties égales de la Obaux et du marbre en poudre tamisé; on le pose en couche mince, sur une première couche en plâtre n^élangé à un mortier de chaux et de sable fin.
3*" Le stucenplâtre^ qui n'est autre chose que du plâtre bien pur gâché avec une eau dans laquelle on a fait fondre de la colle de Flandre.
Le stuc en plâtre ne peut s'employer qu'à Tintérjeur ; mais celui ^ la chaux peut s'appliquer â l'extérieur, ep ayant soin de faire l'ébauche ou les premières couches entièrement en mortier de chaux hydraulique.
Si l'on veut donner au stuc en plâtre un aspect de marbre veiné, on incruste dans la masse des veines faites avec du plâtre gâché colorié à l'aide de la couleur que l'on veut obtenir {Art.),
874. Combles. C'est la construction que l'on fait pour préserver de la pluie les parties intérieures d'un édifice.
Quelquefois un comble est assez peu incliné pour qu'on puisse y marcher assez facilement; il prend alors le nom de terrasse.
Ordinairement un toit est formé de deux paqs inclinés en sens contraire et se raccordant suivant une arête qui prend le nom ùq faîte.
Dans les édifices plus longs que larges, le faîte est parallèle à la longueur, et chacun des plans dont se compose le toit prend le nom de long-pan. Quand les longs-pans du toit se terminent aux murs latéraux de l'édifice, ces murs prennent le nom ùs^ pignons. Si le toit se termine par des portions de toit qui s'appuient sur les longs-pans et sur les murs latéraux , ces pans inclinés s'appellent croupes. Quand l'édifice est carré, les longs-pans et les croupes sont égaux et viennent se terminer à un sommet commun ; on a alors un toit en pavillon.
Quand on veut faire de§ logements dans les combles, les pans du toit sont formés de deux parties; Tune inférieure se rapprochant beaucoup de la verticale et dans laquelle on pratique les fenêtres des appart§^ ments, et une partie supérieure , plus inclinée et s'appuyant sur la première et sur le faite. Ge sont les combles à la mansarâs.
Quelquefois le comble est composé d'une seule pente, et prend le nom ^'appentis, nom qui s'étend â tout l'édifice ^ si cet édifice reste
r76 • CiNQUlftHE PARTIE.
ouvert, ou si le comble n'est soutenu que par des poteaux ou des pilastres. Le faite d*un appentis est généralement adossé à un des murs d^un édifice plus élevé.
I(7I(. Fermes. GOmme les matériaux employés pour la couverture sont en petits échantillons et très-minces, pour les soutenir, on construit, tous les trois & quatre mètres, des assemblages solides , appelés fermes, dirigés suivant la largeur de Tédifice. Ces fermes sont quelquefois en maçonnerie, plus souvent en fer ou en fer et fonte, ou encore en f^ et bois, mais ordinairement elles sont en bois.
On doit toujours placer les fermes à Taplomb des trumeaux, c'est-àdire des parties pleines qui séparent les portes et croisées de Tédifice.
1(76. Noms des différentes pièces qui entrent dans la composition
d'une ferme*
Figure 9 , planche III.
7ù ^^« >%v o tnlrait ou tirant. Pièce recelant les assemblages des arbalétriers , el celui du
poinçon quand il n*y a pas d'entrait retroussé; h entrait retrotasé. Il reçoit l'assemblage du poinçon et empêche les arbalétriers de
fléchir sous leur charge; c arbalétrier ;
* „.. uM' ^ poinçon^
' e contre- fiche;
ff jambettes ;
g aisselier; >, il ^v j.U-A faite;
h' lien de fade. Petite jambe île Torce empêchant tout mouremenldu poinçon par rapport au Tattc ;
h" lieme. Pièce destinée à relier los fermes entre elles ;
a pannes. Leur distance varie de 3 mètres à 3"'/30 ; la panne qui se trouve à l'angle de deux parties qui composent un môme pan de toit i la mansarde prend le ' nom de panne de brisis;
kk tasseaux. Quelquefois, entre le tasseau et la panne, on place un coussinet en bois , qui prend le nom de tasseau ; alors , le tasseau prend le nom de chantignole ;
1y sablière;
m blochet ;
n chevrons. Pièces de 9 à 4 1 centimètres d'équarrissage , éloignées entre elles de 0»,40 à 0",45 » et supportant la volige ou le lattis sur lequel on pose la couverture proprement dite;
o coyau.
On appelle chanlate une pièce de bois dont la section est un triangle rectangle, qu'on place au pied des chevrons pour recevoir un égout pendant.
577. Dimensions des différentes pièces d*une ferme» C'est toujours avec le plus grand soin qu'un ingénieur doit étudier les fermes des combles. Par une heureuse disposition, il peut réduire les dimensions des pièces qui les composent, et par suite en diminuer le prix et le poids, tout en obtenant une rigidité plus grande, ce qui n'ajoute pas peu à la solidité des murs [W^àSe^ page 650).
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778 CmQOlftn PARTIE.
Avec le chêne et le sapin, qa?on eiqplole généralement, 11 neconyieat pal d'augmenter les dimensi<n)s consignées au tableau précédent, et en soignant bien les assemblages et en disposant cou venablement les pièces on peut les diminuer.
Pour ^n appentis, les dimensions des différentes pièces seraient k peu près les mêmes que pour une ferme complète d'une portée double. La figure iO, planche III, indique une disposition à adopter.
Dans les dispositions de fermes dont il vient d'être question, on est obligé d'avoir recours à un tirant pour contre-buter la poussée des^rbalétriers sur les murs, poussée qui est d'autant plus grande que le toit est plus surbaissé et que sa portée est plus grande. Gomme 11 y a des circonstances où rentrait qui traverse l'édifice dans toute sa largeur serait embarrassant, on fait alors quelquefois usage du systènie de charpente publié par Philibert Delorme en 1561. Dans ce système, il n*y a pas de ferme proprement dite, ou plutêt chaque chevron est une espèce de ferme circulaire formée par deux cours de bouts de planches placés de champ l'un à côté de l'autre, de manière que les Joints de chaque cours correspondent au milieu des bouts qui composent l'autre cours. Des liernes en bois qui traversent les fermes au milieu de leur largeur servent, par le moyen d'une clavette en bois placée sur chaque face de la ferme et traversant les liernes, à relier toutes les fermes eutre elles. Ces clavettes ont aussi l'avantage de joindre entre eux les deux cours de bouts de planches qui forment chaque ferme, ce que l'on fjsiit encore par des chevilles en bois de chêne de 0"",01 à 0",02 de diamètre, ou, ce qui est plus facile, par des clous d'épingles. On a soin de placer une lierne & l'extrémité de chaque bout de planche, et de manière que moitié de sa hauteur se trouve entaillée dans un bout, et l'autre raoitjé dans le bout en contact, afin de joindre les deux bouts d'un môme cours comme par un tenon. Les bouts de planches ont de 1",30 à 1",40 de longueur, et d'après Philibert Delorme leur section transversale doit être de
sur.
pour une portée de
id.
id.
L'écartement des fermes est de 0'^,65 environ d'axe en axe. Le côté intérieur des planches reste droit, mais celui extérieur s'arrondit légèrement afin que l'ensemble fasse un arc continu.
Pour établir ces combles, on forme au-dessus et à 1 intérieur des murs une retraite dans laquelle on établit une sablière en bois de 0",22 à 0'°,25 d'épaisseur sur une largeur égale à celle des planches. On tient la surface supérieure de cette sablière un peu au-dessous du haut de la corniche, et on y pratique des mortaises pour recevoir des tenons faits
dans les bouts des fermes. Des eoyaux en^ planches raccordent les fermes avec la saillie de la corniche. Une fois les fermes posées, on place .dessus des planches que l'on y fixe et que l'on relie entre elles. Ces planches peuvent, au besoin, dispenser d'employer leslienies dont il a été question ; mais alors on doit réunir les cours dh bouts de planches de chaque ferme avec des pointes ou des chevilles de O^jOS; les chevilles présentant une plus grande surface que les pointes , elles se prêtent moins au glissement des deux cours Tun sur Tautre.
Plusieurs constructeurs et ingénieurs sont arrivés depuis quelquefe années à supprimer le tirant au moyen de fermes curvilignes de toutes portées, composées de planches ou de madriers équarris disposés de différentes manières (678).
S78. Calcul des dimensions des différentes pièces d^une ferme. En étudiant avec attention de quelle manière les efforts se transmettent sur les différentes pièces d'une charpente, on peut calculer très-approximativement les dimensions qu'il convient de leur donner. Pour prendre nne idée de ce genre de calcul , considérons :
1* Une ferme composée seulement de deux arbalétriers et d'un entrait , figure 11, planche III. Soit :
N la réaction horizontale de chacun de* arbalétriers sur l'eitrémité de l'autre ; P le poids de chaque arbalétrier et de sa charge; P est réparti uniforménneot sur
toute la longueur de Tarbalétrier ; l la demi-portée de la ferme; m la hauteur de la Terme ; *
L;=0'4-w* la longueur de l'arbalétrier;
a l'angle que fOnt les arbalétriers avec l'entrait.
Il faut d'abord , pour que le système se maintienne en équilibre, que, pour chaque arbalétrier, les forces P et N, qui tendent à les faire tourner autour des points A ou G, se fassent équilibre autour de ces points, et que l'on ait par conséquent {InL IZiO? et suiv.)
Nxm=Px^, d'où N=Pjr-* 2 2m
L'arbalétrier AB est sollicité par compression, dans le sens de la lon-
p gueur de ses fibres, par la résultante Q des deux forces N et x- appli-
quées au point B. On a [Int. 1360)
Q:| = L:m, d'où Q = P^.
Ayant Q , à l'aide de ce qui a été dit n* 218 , on déterminera les di mensîons à donner à l'arbalétrier AB pour résister à cettç force.
L'arbalétrier Ai dQJt mm résister h la composante Pcosa = P ^
78» GlNQUlfiHC PARTIE.
du poids P, nQtrmale à Tarbalétrier et répartie uniformément sur toute sa longueur* On aura donc, d'après ce qui a été dit n*" 225,
%' & el R ont les mêmes significations qu'au n" 220.
Nous avons vu (220) qu'il convenait de faire varier R entre 550000 et 750 000. Faisant R=r 700000, cette valeur substituée dans Téquation précédente donne
M. Ardant pose [Mémoire sur les combles)
Formule qui ne diffère de la précédente que par le terme en h, que M. Ardant introduit pour tenir compte de la compression due à la force qui agit dans le sens des libres, et que Ton peut négliger près de celui en /.
La valeur précédente de R convient pour les charpentes ordinaires; mais pour des bois secs et bien équarris à vives arêtes on peut faire R = 800 000, et môme R =1 000000 si le bois est de choix.
L'entrait doit résister par traction à l'effort. T =; N = P g— qui lui est
transmis par les arbalétriers dans le sens de sa longueur; on doit donc avoir
- V-^ =bhx6Q0 000 , d'où bk = 0,000 000 833 P -. 2m m
60(H)60 nombre de kilogrammes que peut supporter 1c cliéne par nièlre carré de section (216).
L'entrait tend à se rompre par flexion sous son propre poids; on doit donc avoir, pour qu'il résiste à cet effort, en appelant 8 le poids du mètre cube de bois, et en rémarquant que le poids est réparti uniformément sur toute la longueur (225),
g— =— , d'où bh=-^.
Faisant R = 700 000, on a
Ajoutant cette valeur à ia précédente, afin que l'on soit sûr que la section de l'entrait sera suffisante pour résister simultanément aux efforts de traction et de flexion , on aura en définitive