‹ Formules, tables et renseignements usuelsChapitre 249 sur 296 · HOO · texte numérisé non relu

HOO

849. Machines à tambour Siemens, Edison, etc. Les machines à tambour ont comme induit une armature Siemens. Cest un noyau cylindrique allongé en fer doux, sur lequel le fU est enroulé longitudinalement et seulement sur la partie extérieure du cylindre.

On évite ainsi la perte occasionnée, dans les bobines de Vanneau Gramme, par la résistance des parties intérieures. Il y a bien encore une petite perte provenant du croisement des fils sur les deux bases du cylindre, car ces portions croisées n'ont pas d'action utile ; mais on a réduit cet effet autant que possible en donnant au cylindre une forme très allongée. L'armature est divisée en huit parties indépendantes, à la façon de Tanneau Gramme. Un collecteur et des balais semblables à ceux de cette dernière machine recueillent les courants produits successivement dans chaque bobine, lorsque le tambour ou armature tourne entre les deux électro-aimants, constituant Tinduit.

Dans la machine Siemens ces électro-aimants ont les pôles de même nom placés en regard, de façon à former deux champs magnétiques orientés inversement.

Les machines Edison ont une armature Siemens à bobines de nombre impair, un collecteur Gramme, etc. Leur particularité consiste dans les fortes dimensions de l'inducteur, constitué par deux bobines verticales très hautes, et réunies à leur partie supérieure par un bloc de fer, ce qui renforce beaucoup Télectro-aimant, qui est excité par une dérivation du courant de la machine. Les machines Edison sont surtout utilisables pour l'éclairage ; celle construite pour l'éclairage de l'Opéra, à

DEDXIËUE PARTIE.

ïveloppe à la vitesse de 350 tours par miaule un courant de

iras aniKi 4 SIX 17/illB

tonner une solution simple ntsDSité du courant qu'elle ire des appareils récepteurs le la machine. Les courants

lux machines dont l'induit ooyau de fer doux. Cbaqae ux extrémités, lorsqu'il est isieurs bobines, elles sont idiculairement. soit psralplan des inducteurs. Les Gérard, de Lontin, etc.

la rubrique de machines à t munière à constituer une iisque, lequel tourne entre fissent uniquement sur les

I aucune pièce en fer dans par un ruban de cuivre de 3<> mètres de long sur O-.oa de large et 0",002 d'épaisseur; elle tourne devant 16 électro- aimants S, N, de forme ovoïde {fig. 144). L'abseuce du fer permet d'augmenter beaucoup la vitesse de rotation de l'armature , qui peut faire jusqu'à 2000 tours & la minute. La résis- , puisqu'elle n'atteint pas 0 tours par minute, dévet alimenter 5000 lampes à

. La plupart peuvcal €tre lé des cas, mais chaque isiruit spécialement pour ilvanoplastie, transport de

règlent sur les conditions En Frauce, les machines

D'après Siemens, le renilies atteint 0,90, et le renatteindrele même chiffre.

ées en un endroit sec, afin

d'empêcher les pertes d'électricité; elles ne doivent pas être installées à proximité d'explosifs ou de poussières inflammables. On doit veiller à la propreté de tous leurs organes.

Les machines courantes marchent à des vitesses de 700 à 1500 tours par minute.

Les forces électromotrices élevées sont l'occasion de grandes diflBcultes; les vitesses doivent être très grandes, l'isolement absolu; les fils sont sujets à l'échaufi'ement, et leur contact est dangereux. On doit s'arranger pour ne pas dépasser 100 à 200 volts, mesurés aux bornes de la machine. Pour des transmissions de force on a été jusqu'à 3000 volts.

Dans une machine, la force électromotrice induite est proportionnelle à Vintensité du champ magnétique; elle est proportionnelle à la lon^ gueur du fil des bobines induites, et elle augmente avec la vitesse de rotation,

La résistance intérieure croît avec le nombre de tours du fil induit.

L'inconvénient caractéristique des machines électriques c'est qu'un moteur initial est nécessaire pour les faire fonctionner. Là où il y a une machine à vapeur, les dynamos sont très pratiques; là où il n'y en a pas, leur installation est très coûteuse, car il faut alors se procurer une machine à vapeur ad hoc. Dans la petite industrie et chez les par« ticuliers les piles, et surtout les accumulateurs (629), peuvent les remplacer dans une certaine mesure.

653. Self-induction. La self-induction ou extra-courant est l'action qu'exerce un courant sur lui-même, ou, plus exactement, l'action d'une partie d'un courant sur une autre partie du même courant. Cette action, qui se traduit, suivant les cas, par une augmentation ou une diminution de la force du courant, est sensible, surtout lorsqu'un con^ ducteur est enroulé plusieurs fois sur lui-même. Les résultats des extra-courants sont, le plus souvent, nuisibles aux machines.

.654. Transformateurs. Les courants produits par une usine centrale peuvent être de différentes qualités et, par suite, employés pour des usages fort différents. Aussi, voit-on la difficulté pour une usine de produire des courants de qualités diverses réclamées par les consommateurs; mais cette difficulté est aujourd'hui résolue par l'emploi des transformateurs, appareils qu'on intercale entre l'usine productive et les appareils qui doivent consommer le fluide produit, de façon à le transformer ou à l'adapter au but proposé. Les transformateurs reçoivent l'énergie électrique et la restituent après en avoir modifié la force électro motrice et l'intensité, sans changer leur produit, qui représente le travail ou la puissance électrique reçue (T = El) (613).

Le premier transformateur est dû à un Français, Gaulard. L'appareil que Gaulard imagina, avec Gibbs^ est constitué par une bobine d'induction formée de deux circuits distincts, enroulés l'un autour de l'autre. Le circuit primaire ou inducteur est parcouru par des courants alternatifs envoyés de la station centrale; ces courants induisent le circuit secondaire, sur lequel sont greffés les appareils où le fluide doit

812 DEUXIÈME PARriE.

être utilisé (lampes, etc.), et y développent d'autres courants alternatifs. Lintensîté et la force clectromotrice de ces derniers dépendent, pour un courant primaire d'énergie connue, des dimensions relatives des deux circuits de la bobine, et peuvent, par suite, prendre les valeurs que l'on désire. D'autres transformateurs ont été imaginés par MM. Zipernowsky, Déri et Blatby, etc.

655. Transport de la force par rélectricité. Les machines électriques sont réversibles^ c'est-à-dire qu'elles peuvent transformer indifféremment le travail mécanique en électricité ou rélectricité en travaiL Aussi, lorsqu'on introduit un courant dans une dynamo par les frotteurs, cette machine se met à tourner et peut servir de moteur (expérience de M. Hippolyte Fontaine, en 1873, à l'Exposition de Vienne).

Pour rendre la chose pratique, on associe deux dynamos réunies par un conducteur. L'une, nommée génératrice^ est mue par un moteur quelconque et envoie le courant produit à l'autre dynamo, nommée réceptrice^ qui est le moteur secondaire, et qui peut commander, par sa courroie, une transmission quelconque. La rotation des deux machines a lieu en sens contraires; elle est indépendante du sens do courant.

La distance entre les deux machines peut être très grande, de sorte que, par ce moyen, on peut transmettre le travail à grande distance.

Lorsque le régime est établi, l'intensité I du courant est donnée par la formule :

E — E', différence des forces électromotrices des deux machines ; R, résistance de la machine génératrice ; R', résistance de la machine réceptrice ; r, résistance des conducteurs.

L'intensité ne dépend que de la résistance à vaincre ; elle est indépendante des forces électromo triées : car si celle de la génératrice augmente, celle de la réceptrice progresse parallèlement.

Le travail de la réceptrice est (en kilogrammètres) :

EM

Le maximum a lieu quand £' = -•; il est donc de 50 p. 100; mais,

dans la pratique, les rendements ne vont guère au delà de 30 à 40 p. 100. Il y a donc une perte sensible de travail en transmettant ce dernier par l'électricité; néanmoins, ce système est applicable dans un grand nombre de cas, comme par exemple pour transporter, sans danger, l'énergie là où l'installation d'un moteur serait difficile ou impossible, ou, vice versa, pour faire pénétrer, dans une usine, le travail produit par un moteur utilisant sur place une force naturelle ou autre qu'on ne peut déplacer, placé à grande distance ou dans une région inaccessible.

L'avenir réserve une grande importance à la découverte de Fontaine; déjà, des expériences entreprises en France par M. Marcel Deprez (de 1882 à 1886) ont donné des résultats appréciables. Dans les dernières expériences, faites entre Creil et la gare de la Chapelle, à Paris (distance 56 kilomètres), le rendement a été de 45 p. 100; mais la pierre d'achoppement, au point de vue pratique, de ce système, est dans la dépense qu'il occasionne. La dernière expérience de Creil (4885-86) a exigé 124880 francs (50000 francs pour la génératrice, 30000 pour la réceptrice, 44880 pour la ligne); c'est beaucoup trop pour encourager, dans les conditions actuelles, Tapplication du procédé. Il demande encore à être grandement amélioré.

656. Éclairage électrique. Unités de lumière (671). Au Congrès des électriciens de Paris (1881), V unité internationale choisie a été Vintensité de lumière émise par 1 centimètre cube de platine élevé à la température de fusion. On la nomme Violle; elle vaut 2 carcels. 1 carcel équivaut environ à l'intensité de 8 bougies Étoile.

En France, on compte en carcels pour les lampes à arcs et en bougies pour les lampes à incandescence.

Le carcel'huile brûle 42 grammes d'huile de colza épurée par heure. Le carcel-gaz consomme 140 litres à l'heure. Le carcel-'àougies use 93(',5 par heure pour les 8 bougies Étoile allumées ensemble (soit 11(',7 de stéarine par chaque bougie).

En Angleterre, on compte par candie, valant 0,879 bougie française. En Allemagne, on compte par kerze de 0,855 bougie française.

Le Congrès des électriciens de Paris, en 1889, a défini la bougie comme étant 1/20 de l'étalon YioUe, et par conséquent 1/10 de carcel.

Historique. Sans remonter trop haut, au XYII* siècle : Otto de Guerike, le D' Wall, puis Hawksbee; au XVIII'': Grey, constatèrent divers phénomènes électriques lumineux. Watson (1746), puis Humphry Davy (1813\ purent s^éclairer en faisant jaillir des étincelles entre des conducteurs électriques. Mais ce n'est qu*en 1841 que MM. Deleuil et Archereau firent à Paris des expériences publiques, où la lumière était produite entre deux charbons, dans un ballon où Ton avait fait le vide, au moyen d'éléments Bunsen. En 1844, nouvelle expérience de M. Foucault. En 1846 eut lieu la première application de la nouvelle lumière au théâtre. 11 faut encore citer les essais de M. Staites, h Londres (1848), de MM. Lacassagne et Thiers, k Lyon (1855); de M. Serrin, à Paris (1861). En 1878 on voit apparaître la bougie Jablochkoff^ qui fut d*abord installée avec succès pour Téclairage de Tavenue de T Opéra et de la place du Théâtre-Français, & Paris. Depuis nous avons eu de nombreuses applications de Téclairage électrique, un grand nombre de voies publiques des grandes villes du monde entier Tont utilisé, et les systèmes se sont multipliés.

La lumière électrique peut être produite par quatre procédés : Varc voltcuque, Vincandescence à air libre, les bougies électriques, et enfin les lampes à incandescence dans le vide,

657. Arc YOltalque. Les lampes à arc voltaïque sont basées sur le principe que la lumière jaillit entre deux charbons légèrement éloignés et reliés chacun à l'un des pôles d'une source électrique (1).

(1) Dans la pratique, ce n*est guère Tare lui-même qui éclaire, mais la lumière produite par rincandescence des charbons.

La traînée lumineuse, qui est très blanche et intense, est constituée par des particules incandescentes qui se détachent des charbons, et qui établissent la continuité du courant entre ces deux charbons. Les charbons employés sont une pâte composée de charbon de cornue, pulvérisé et aggloméré avec du goudron. Le diamètre des crayons de charbon fait varier l'intensité du courant. Un crayon de 2 millimètres donne de 2 à 3 ampères; un crayon de 10 millimètres donne de 11 à 45 ampères, etc.

Pour une source donnée d'électricité, il existe un maximum d'écartement entre les crayons qu'on ne peut dépasser. Les deux charbons doivent être d'abord amenés en contact l'un de l'autre pour que le courant s'établisse, puis éJoignés afin que l'arc se forme. Lorsque les courants sont continus, le charbon positif se taille en cratère, s'use, et deux fois plus vite que le charbon négatif, qui se taille en pointe. Comme l'usure des deux charbons est inégale et que leur écartement normal est la condition indispensable d'une bonne lumière» on est arrivé à réaliser cet écartement normal par Fadjonclion de dispositifs automatiques appelés régulateurs.

658. Régulateurs. Dans le régulateur Serrin, qui date de 1859, le charbon positif est porté par une crémaillère qui, agissant par son poids sur une série d'engrenages, sert de moteur, et tend à rapprocher les deux crayons. Ces engrenages sont calculés de façon que le point lumineux reste fixe; dans ce but, le charbon positif, qui s'use deux fois plus vite que l'autre, descend d'une quantité double de celle dont le charbon négatif remonte. Un électro-aimant, par suite d'une ingénieuse disposition, règle tout le système.

Dans le régulateur Gramme, le charbon supérieur est seul mobile et la tige qui le soutient entraîne, à l'aide d'une crémaillère, une série de

rouages, dont le dernier, mobile, porte une éloile d'encliquetage. L'électro- aimant à fil fin commande une armature chargée d'embrayer cette étoile. Elle porte un interrupteur qui coupe le courant de dérivation chaque fois que l'armature a été attirée et a dégagé une branche de Tétoile. L'action du ressort antagoniste est ainsi plus facile, et l'armature forme une espèce de trembleur qui ne laisse défiler l'encliquetage que deut par dent. Un électro-aimant àgros fil, placé tout en haut de l'appareil, soulève à l'aide de son armature le cadre qui supporte le charbon inférieur, toutes les fois qu'il faut produire l'écart de rallumage.

Kg. 145.

Fîg. 146.

Le régulateur Brush [fig, 145) rentre dans la catégorie des lampes différentielles. Deux bobines AA' sont entourées par un courant qui,

partant de X, entre en K dans le charbon supérieur; les mêmes bobines sont parcourues, mais en sens contraire du premier, par un courant dérivé, de fil fin, qui relie directement X et Y (cette dérivation n*est pas figurée sur notre dessin). Une bague métallique B, commandée par la tige de fer doux F, commandée elle-même par Télectro-aimant AA', règle la descente ouTarrêt du charbon supérieur par le rapport des résistance des deux fils.

Régulateur Cance {fig. 146). Sur une vis V peut courir un écrou A, appelé écroumoteur^ et qui supporte le charbon supérieur. Cet écrou tendrait à descendre par son poids; mais comme il ne peut tourner, puisqu'il est relié aux deux tringles TT, c'est la vis qui tourne de gauche à droite. Un second écrou B, appelé écrourégulateur^ est engagé au sommet de la vis Y; il repose sur un plateau C, calé sur la vis, et qni limite la descente de cet écron, qui est entraîné dans le même sens de rotation que la vis. Un plateau annulaire D, muni de deux bras et placé à peu de distance de récrou- régulateur B, repose par rextrémité de ses bras sur deux tiges de cuivre E, passant chacune au travers d'un cylindre de fer doux G, fixé dans la bobine H. Les tiges E sont reliées à deux noyaux de fer doux F, mobiles dans les bobines. Quand le courant ne circule pas, la pesanteur détermine le contact des deux charbons. Lorsqu'on établit le courant, ce dernier passe d'abord par les charbons, puis par les bobines H; aussitôt, les noyaux de fer doux F s'élèvent, entraînent avec eux le plateau D, et la surface de ce plateau vient adhérer à celle de Técrou régulateur B. Les noyaux F et le plateau D continuant à s'élever, il arrive un moment où l'écrou B ne pouvant plus tourner, puisqu'il fait corps avec le plateau D, c'est la vis Y qui tourne de droite à gauche. Ce mouvement détermine l'ascension de Técrou-moteur A, les charbons s'écartent un peu

et Tare vollaïque se forme : autrement dit, Fallumage se produit. A mesure que les charbons s'usent, leur écartement augmente, et l'allongement de l'arc, qui en est la conséquence, augmente la résistance opposée au passage du courant électrique; mais la disposition du régulateur permet de parer à cet inconvénient : Fintensilé du courant circulant dans la lampe et dans les bobines diminuant, les noyaux mobiles F, ayant alors une puissance magnétique attractive plus faible, descendent, sollicités parleur propre poids et surtout par les ressorts antagonistes R; de môme, le disque D et l'écrou-régulateur B descendent simultanément, et ce mouvement ne cesse que quand le disque D et récrou B ont une adhérence trop faible pour résister à Faction de la pesanteur déterminée par l'écrou-moteur A qui, en descendant, rapproche provisoirement les deux charbons. A mesure qu'une nouvelle usure des charbons se produit, les mêmes mouvements se reproduisent et tendent à maintenir entre les charbons un écartement normal constant, jusqu'à ce que ces derniers soient usés.

Le régulateur dynamo^ très robuste, consiste en un petit moteur électrique Gramme (648) placé dans la partie supérieure, formant cage, du régulateur. Sur l'arbre de l'anneau est monté un pignon engrenant avec une crémaillère, qui supporte le charbon supérieur, qui est seul mobile. La crémaillère tend, par son poids, à faire tourner l'anneau dans un certain sens, qui est justement le contraire de celui dans lequel Tanneau tend à tourner quand le courant passe. La position d'équilibre du système correspond à l'écart normal des charbons; cette position est celle pour laquelle l'effort statique développé par l'anneau magnétique est égal au poids de la crémaillère.

L'arc voltafque convient, à cause de sa puissance, pour l'éclairage des larges espaces, ou pour envoyer un faisceau de lumière à de grandes distances. Les charbons ne durant que quelques heures, il faut souvent les renouveler.

On compte une puissance de lumière d'environ 100 à 200 carcels par cheval-vapeur avec de bons régulateurs.

659. Incandescence à air libre. On a vu les difficultés que présente la régularisation de l'arc voltaïque; aussi a-t-on songé à le supprimer ou,du moins, à le réduire à rinfiniment petit, en faisant buter les deux charbons l'un contre l'autre, de telle sorte que la lumière fût produite exclusivement par l'incandescence des deux et parfois d'un seul. Ce fait se produit quand on met en contact deux charbons de diamètres différents; alors le plus mince seul se consume. Néanmoins, ces systèmes sont plus encombrants que les régulateurs, plus coûteux, et donnent une lumière moins belle; Tintensité lumineuse y est souvent inégale, à cause des ruptures du charbon qui surviennent fréquemment. Cependant la lampe Reynier-Werdermann (1878) a donné de bons résultats. On compte environ 30 carcels par cheval avec ces systèmes.

660. Bougies électriques. Les premiers régulateurs étaient très coûteux et très compliqués; leur application semblait difficile. C'est alors qu'un Russe, M. Jabloehkqf, imagina une disposition nouvelle,

qui sembla remporter sur tous les autres systèmes. Aujourd'hui, il est encore le plus pratique pour Téclairage des usines et lorsque la force motrice est à bon marché. Les bougies électriques Jablochkoff utilisent les courants altematifsy avec lesquels Tusure des deux charbons est la même et qui donne lieu, de la part de chaque pointe, à rémission d^une même quantité de lumière. Les crayons de charbon, au lieu d'être bout à bout, sont côte à côte, et séparés par une matière isolante {colo7nbi7i)] c'est une couche de kaolin ou un mélange de deux parties de sulfate de chaux et d'une partie de sulfate de baryte. Ce mélange se volatilise au fur et à mesure que les charbons brûlent, ce qui permet à la bougie de se consumer lentement et sans mécanisme. Les charbons s'usent donc parallèlement*

Les bougies électriques ayant une courte durée, on a imaginé des

chandeliers à plusieurs bougies, placées dans des pinces à ressort, dont

les branches sont isolées l'une de l'autre et communiquent avec les fils

du circuit; quand une bougie est consumée, un commutateur permet

de lui en substituer une autre.

Les bougies électriques ont l'inconvénient de donner une lumière vacillante. Un cheval-vapeur peut donner de 40 à 60 carcels avec les bougies électriques.

La lampe soleil, système mixte, est une lampe dans laquelle l'arc se produit au fond d'une cavité creusée dans un bloc de marbre ou de magnésie. Ce bloc se porte à l'incandescence et augmente considérablement l'effet produit. La lumière est jauiie et régulière.

661. Lampes à incandescence dans le vide. L'électricité, en traversant des corps bons conducteurs, élève leur température quand ils sont conducteurs insufiisaots, ou quand ils sont trop minces et l'électricité très intense; souvent les fils sont rougis et même volatilisés par suite de cette insuffisance de conductibilité, sur un certain espace du circuit. Les lampes à incandescence sont dérivées de cette propriété, et si, dans un circuit métallique, on intercale des fils fins de charbon, ces derniers, par le passage du courant, sont rendus incandescents, et peuvent, par conséquent, éclairer. Mais cette intensité lumineuse, provenant d'un échauffement considérable, si elle se produit dans un milieu comburant, amène promptement la destruction du charbon au contact de l'oxygène de l'air. Pour remédier à cet inconvénient, qui détruit tout l'effet qu'on veut produire, puisqu'il rompt le circuit, on enferme hermétiquement le filament de charbon dans une enveloppe de verre où l'on a fait le vide, ou dans un milieu non comburant, comme l'azote ou des vapeurs de gazoline. Le charbon étant à l'abri des attaques de Foxygène, il peut être porté à l'incandescence sans se consumer. Les lampes à incandescence peuvent durer alors de 500 à 1 000 heures; elles finissent par une désorganisation moléculaire, causée par le passage du courant dans les filaments de charbon.

Le degré d'incandescence d'une lampe est le quotient des intensités (relatives à la carcei) des radiations de longueur d'onde X = 582, et des radiations de longueur d'onde X = 657,

sJ^

$18 DEUXIÈME PATTIE.

Avec les systèmes précédents» on n'arrivait à produire que de gros

foyers. Au contraire» les lampes à incandescence offrent Tavantage de

permettre de répartir la lumière en un grand nombre de petits foyers,

mais il ne faut pas aller trop loin dans cette divisibilité, car elle entraîne

une perte de travail, puisqu'on n'obtient à égalité de force motrice ioi-

tiale que 1/6 de rinleostté lumineuse que fournirait un arc voltaïque.

Dès 1844, MM. Deleuil et Àrchereau produisaient Tare voltaïque dans

un vase clos, purgé d*air pour ralentir la combustion. En 1873, M. Lo-

dyguine (Russe) reprenait cette idée. Ëdlson, enfin, imagina d'abord,

vers 1879, une lampe avec un fil de platine poussé à rincandescence

dans le vide, puis remplaça ensuite le platine par le cbarbon.

M. Swan inventa sa lampe vers la même époque.

La lampe Edison (fig. 147) est constituée par un charbon spécial C,

obtenu en carbonisant une espèce de bambou du ^' Japon et ayant la forme d'un U. Ce charbon, très

mince, de fabrication délicate, est enfermé dans une ampoule A de verre mince, avec laquelle il est soudé, et qui sert d'enveloppe à la lampe. On fait le vide dans cette ampoule au moyen d'une pompe de Sprengel, après quoi la lampe est soudée au chalumeau, et latée avec du plâtre dans un manchon de cuivre M fileté extérieurement, afin de pouvoir être vissé. Des fils de platine PP', servant de support au charbon C et soudés avec lui, sont mis en relation, l'un avec le manchon de cuivre M, l'autre avec une rondelle de cuivre scellée au milieu du plâtre, à la base de la lampe. Pour installer cette lampe, on la visse dans une douille en bois présentant deux pièces de cuivre qu'on met respectivement en contact avec le manchon de la rondelle, et auxquelles aboutissent les deux conducteurs qui amènent le courant. Dès que le courant passe, le charbon devient incandescent et projette une vive lumière jaunâtre.

Dans la lampe Swan, le charbon est fait en tresse de coton plongée dans l'acide sulfurique étendu d'eau, et on lui donne la forme d'un fer à cheval ou d'une spirale. Afin d'éviter les rentrées d'air dans le globe de verre 9 par suite des différences de dilatation aux points de soudure des conducteurs en platine, on les recouvre de verre sur presque toute leur longueur.

Dans la lampe Maxim, les charbons sont faits avec du carton de papier bristol, carbonisé à l'abri de Fair, comme les charbons Edison et Swan. Dans la lampe A. Gérard, le filament est fabriqué directement avec de la poussière de charbon agglomérée par un système particulier. Ces lampes peuvent être alimentées par des courants continus ou par des courants alternatifs. Les lampes Edison, Swan et Maxim marchent à 100 ou 110 volts, la lampe Gérard à des tensions variant entre 20 et 35 volts, selon sa puissance. On compte de 8 à 10 carcels par chevalvapeur avec ces lampes.

662. Installations de réclairage électrique. Les lampes à incandes-

cence et les régulateurs sont les moyens les plus employés pour produire la lumière électrique.

Les lampes peuvent être différemment disposées sur un circuit; on les met, soit en dérivation ou en quantité, soit en série ou en tension. Dans le premier cas, chaque lampe est alimentée par un branchement issu du circuit général; la force électromotrice est constante, et les intensités de chaque lampe s'ajoutent. Dans la seconde condition , le courant traverse successivement toutes les lampes; l'intensité est constante et égale à celle d'un foyer; la force électromotrice, au contraire, est égale à la somme des forces électromotrices de chaque foyer.

Ces différences s'expliquent par la similitude avec les accouplements de piles (630), et en supposant des lampes à la place des piles et le fil parcouru par un courant produit par une machine électrique.

Pour les phares oix l'on recherche un seul foyer, mais d'une grande intensité, on a recours aux régulateurs (lampes à arc). Quand on doit diviser la lumière, on doit employer de préférence les lampes à incandescence. Cependant, les régulateurs et les bougies Jablochkoff peuvent aussi faire cet office, quoique moins avantageusement, et à cause du peu de fixité de leur lumière. Qu'on n'oublie pas que la lumière coûte d'autant plus cher qu'elle est plus divisée. Où les régulateurs conviennent bien, c'est pour l'éclairage des grands espaces, tels que gares de chemins de fer, chantiers, rues, etc. ; mais un atelier, une petite salle seront infiniment mieux éclairés par des lampes Edison, Swan ou Maxim.

Pour un atelier, une lampe à arc de 8 ampères d'intensité suffit à l'éclairage de 200 à 300 mètres carrés. On doit éviter l'éclairage par une seule lampe, car les ombres sont trop brusques, et, par suite, plus gênantes.

Lampes à arcs : Type n* 1. 30 carcels (240 bougies anciennes) remplacent 8 lampes de 8 bougies, 50 watts x 10 amp. = 500 watts.

Type n» 1 bis. 70X4 = 280 watts.

Type u** % 80 carcels (640 bougies anciennes) remplacent 21 lampes de 8 bougies, 70 watts X 6 amp. =420 watts.

Type n» 3. 150 carcels (1200 bougies anciennes), 70 x 12 = 840 watts.

Lampes à incandescence (d'après G. de CoCtlogon),

1/2 GàRGEL

1 CARGEL

1 CAaCEL 1/2

Page 1